Un indicateur sans sa limite passe pour la réalité
La version précédente de cette page employait IDH neuf fois et PIB quatre fois. Elle ne disait nulle part ce que ces indicateurs ne mesurent pas — et c'est pourtant la moitié de ce qu'il faut en savoir.
Le PIB grandit avec la population : un grand pays a un grand PIB sans que ses habitants soient riches. Le PIB par habitant est une moyenne : il donne ce que chacun aurait si l'on partageait tout également, ce qui n'arrive nulle part. L'IDH réunit trois dimensions en un seul nombre : il ne mesure ni les inégalités internes, ni l'environnement.
Ces cinq fiches font donc travailler les indicateurs par leurs limites. Quatre pays construits pour l'exercice servent de démonstration : celui qui a le plus grand PIB n'est que troisième par habitant.
La dernière fiche tire la conclusion : il n'y a pas de bon indicateur en général, il y en a un par question. C'est la règle qu'un mémo de six lignes fixe.
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Quatre indicateurs, et la limite de chacun
Un indicateur présenté sans sa limite passe pour la réalité qu'il approche.
Un tableau à trois colonnes : l'indicateur, ce qu'il mesure, et sa limite. La troisième colonne est vide — c'est elle que la fiche demande de remplir.
Deux des quatre indicateurs ont la même limite de fond : le PIB par habitant et l'IDH donnent un seul nombre pour tout un pays, et ne disent donc rien de la façon dont la richesse y est répartie.
Une carte mentale range ensuite les indicateurs : ce qui se compte en argent, ce qui va au-delà, l'indicateur qui les réunit, et ce qu'aucun ne dit.
La dernière branche est la plus importante : elle dit pourquoi un seul nombre ne suffit jamais, et pourquoi l'IDH a été inventé alors que le PIB par habitant existait déjà.
Un indicateur naît toujours d'une insuffisance du précédent.
- Le PIB
- Le PIB par habitant
- L'IDH
- Le taux de pauvreté
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Le plus gros PIB n'est pas le pays le plus riche
Quatre pays, deux classements — et ils ne se ressemblent pas.
Un graphique donne le PIB de quatre pays, en milliards de dollars, avec le nombre d'habitants sous chaque barre. Le PIB par habitant de chacun est à calculer.
Le pays au plus grand PIB — trois mille milliards — n'arrive qu'en troisième position par habitant, parce qu'il compte trois cents millions d'habitants. Le plus riche par habitant est celui qui a le troisième PIB.
Une chaîne montre le chemin : le PIB compte toute la richesse produite, on la divise par le nombre d'habitants, on obtient une moyenne — et cette moyenne ne dit pas qui la reçoit.
Les deux classements sont ensuite demandés l'un après l'autre. Seul le dernier pays reste à la même place : dire « le pays le plus riche » sans préciser selon quel indicateur ne veut rien dire.
Diviser donne une moyenne, et une moyenne ne se partage pas dans la réalité.
- La division
- La moyenne
- Le classement
- La population
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L'IDH : trois dimensions en un seul nombre
La santé, l'éducation et le niveau de vie réunis — et rien d'autre.
Quatre questions à choix multiples posent les bases : l'IDH est compris entre 0 et 1, il mesure la santé par l'espérance de vie et l'éducation par la durée de scolarisation.
Quatre affirmations sont ensuite à juger. Trois sont fausses, et la plus instructive est la dernière : l'IDH ne mesure pas les inégalités à l'intérieur du pays.
C'est important à savoir, parce que deux pays peuvent avoir le même IDH avec des inégalités internes très différentes. Croire que l'IDH les mesure ferait passer à côté de tout un pan du chapitre.
Deux questions ferment la fiche : ce qui explique qu'à revenu égal un pays ait un IDH plus élevé, et le fait qu'un pays puisse faire progresser son IDH sans s'enrichir.
L'argent ne se transforme pas automatiquement en santé et en éducation.
- Entre 0 et 1
- L'espérance de vie
- La scolarisation
- Le niveau de vie
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Ce que les chiffres laissent dehors
Un indicateur rend un immense service, et il a toujours un prix.
Un document explique ce que chaque indicateur laisse de côté. Le PIB laisse dehors tout ce qui ne s'échange pas contre de l'argent : le travail d'un parent qui s'occupe de ses enfants n'y figure pas, celui d'une personne payée pour le faire y figure.
Le critère du PIB n'est donc pas l'utilité du travail, mais son paiement. La même activité compte ou ne compte pas selon qu'elle est rémunérée.
Un tri sépare ensuite ce que nos indicateurs mesurent de ce qu'ils laissent dehors. Les trois éléments laissés dehors ont un point commun : aucun ne se compte facilement en argent, et aucun ne tient dans un seul nombre valable pour tout un pays.
La fiche se termine sur une objection à réfuter : « puisque tous les indicateurs ont des limites, ils ne servent à rien ». La réponse attendue reconnaît les limites, maintient l'utilité, et propose d'en employer plusieurs.
Le critère du PIB n'est pas l'utilité du travail, c'est son paiement.
- Le travail non payé
- La répartition
- L'environnement
- Les limites
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À chaque question son indicateur
Il n'y a pas de bon indicateur en général : il y en a un par question.
Quatre questions, quatre indicateurs. « Ce pays produit-il beaucoup de richesses ? » appelle le PIB ; « ses habitants sont-ils riches en moyenne ? » appelle le PIB par habitant.
Les deux premières questions ne diffèrent que par leur objet : le pays entier d'un côté, chaque habitant de l'autre. C'est exactement ce que le graphique de la fiche 2 montrait.
Un mémo de six lignes réunit les quatre indicateurs et deux règles de prudence. Un mémo d'indicateurs sans règle d'emploi serait un mémo dangereux.
La dernière question ouvre l'article suivant : pour savoir si la vie s'est améliorée dans un pays, l'IDH convient — mais il manque encore un indicateur des inégalités à l'intérieur du pays.
La question d'abord, l'indicateur ensuite.
- La question posée
- Le bon outil
- Le mémo
- Ce qui manque
Compétences travaillées
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Nommer quatre indicateurs
PIB, PIB par habitant, IDH, taux de pauvreté — et dire ce que chacun mesure.
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Calculer un PIB par habitant
Diviser la richesse produite par le nombre d'habitants, et comparer les deux classements.
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Connaître les trois dimensions de l'IDH
La santé, l'éducation et le niveau de vie, avec l'indicateur employé pour chacune.
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Choisir son indicateur
Partir de la question posée, et non de l'indicateur que l'on connaît le mieux.
Pourquoi le PIB par habitant ne dit pas qui est riche
Le PIB par habitant est une division : toute la richesse produite dans un pays, partagée par le nombre d'habitants. Le résultat a un sens précis — ce que chacun aurait si l'on partageait tout également — et un seul défaut : cela n'arrive nulle part.
L'exemple des quatre pays de la deuxième fiche le montre par le calcul. Celui qui produit trois mille milliards de dollars, le plus grand PIB des quatre, n'arrive qu'en troisième position par habitant, parce qu'ils sont trois cents millions à se le partager.
Mais même le classement par habitant reste une moyenne. Deux pays peuvent afficher le même PIB par habitant avec des situations internes opposées : dans l'un, presque tout le monde reçoit à peu près cette somme ; dans l'autre, une petite partie de la population reçoit beaucoup et le reste très peu.
C'est la limite que le PIB par habitant partage avec l'IDH, et c'est elle qui rend nécessaire la suite du chapitre : les inégalités sociales sont observables dans tous les pays.
Ce que le PIB ne compte pas
Le PIB compte la richesse produite et échangée contre de l'argent. Ce critère a une conséquence surprenante : la même activité compte ou ne compte pas selon qu'elle est payée.
Un parent qui s'occupe de ses enfants ne fait rien entrer dans le PIB. Une personne payée pour s'occuper de ces mêmes enfants y fait entrer son salaire. Le travail est le même, l'utilité aussi ; seul le paiement diffère.
Le PIB ne compte pas davantage ce que la production coûte à l'environnement. Un pays qui épuise ses ressources pour produire fait monter son PIB, et le compteur ne signale rien.
Ces reproches ne sont pas des raisons de renoncer au PIB. Sans lui, on ne pourrait ni comparer deux pays, ni suivre une évolution dans le temps. Ce sont des raisons d'employer plusieurs indicateurs, et de savoir lequel répond à quelle question.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme d'histoire-géographie du cycle 4 (annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020), géographie de cinquième, thème 1, second sous-thème. Les quatre pays du graphique sont construits pour l'exercice et choisis pour que le classement s'inverse entre le PIB et le PIB par habitant ; les quatre PIB par habitant sont calculés à la production. Aucun chiffre réel de pays n'est affiché : le programme demande d'aborder ce sous-thème « à grands traits », et les fiches portent sur la méthode de mesure.
- Programme d'histoire-géographie du cycle 4, annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020 (BO n° 31 du 30 juillet 2020) — géographie de 5e, thème 1.