Quatre mots du programme, zéro occurrence
Le programme demande de sensibiliser les élèves à « l'inégale répartition des richesses », et ajoute que « l'outil cartographique est important » pour ce thème. Sur les quatre pages que le site consacre à ce sous-thème, « inégale répartition » comptait zéro occurrence, et « cartographique » zéro également.
Les quatre pages tournaient autour de deux sigles — IDH et PIB —, c'est-à-dire autour des instruments de mesure, sans jamais montrer ce qu'ils servent à mesurer : une répartition dans l'espace.
Ces cinq évaluations partent donc de la carte. Cinq grands ensembles à situer, et l'expression du texte officiel comme règle : « à grands traits ». Elle autorise la carte grossière, et elle interdit d'en tirer plus qu'elle ne montre.
Trois des cinq fiches portent d'ailleurs sur ce qu'une carte ne dit pas — parce que c'est là que se trouve la suite du programme : « les inégalités sociales sont observables dans tous les pays ».
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Situer la richesse et la pauvreté sur un planisphère
Cinq grands ensembles à nommer, et ce qu'une carte à cette échelle permet de dire.
Cinq rectangles numérotés sur un planisphère : l'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest, l'Asie de l'Est, l'Asie du Sud, l'Afrique subsaharienne. L'équateur et les deux tropiques sont tracés et nommés.
Deux rectangles sont hachurés : c'est là que se concentre l'essentiel de l'extrême pauvreté mondiale. Deux, et non un seul — rattacher l'extrême pauvreté à une seule région serait une caricature.
Un questionnaire fait ensuite préciser ce que la carte montre : de grands ensembles, sans détail à l'intérieur. Une carte à cette échelle donne des moyennes, pas la situation de chaque habitant.
La dernière question demande d'écrire une phrase que la carte permet d'affirmer, puis une qu'elle ne permet pas — et de dire pourquoi. C'est le pont vers la suite du chapitre.
« À grands traits » autorise la carte grossière, et interdit d'en tirer plus.
- Le planisphère
- L'Afrique subsaharienne
- L'Asie du Sud
- À grands traits
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Cinq ensembles, cinq situations
Ce que l'on peut dire de chacun sans prétendre décrire tous ses habitants.
Un tableau à compléter : ce que l'on dit de chaque ensemble, à grands traits. Deux d'entre eux se décrivent par des revenus élevés, les trois autres par des situations différentes.
Un seul ensemble est décrit par ses contrastes plutôt que par un niveau : l'Asie de l'Est, qui réunit des pays parmi les plus riches du monde et des pays bien plus pauvres. Reconnaître qu'une moyenne ne convient pas est aussi une réponse géographique.
Un tri sépare ensuite les ensembles à revenus élevés des autres. La seconde colonne ne s'appelle pas « revenus faibles » : elle réunit des situations trop différentes pour un seul mot.
La fiche se termine sur une phrase à critiquer — « l'Afrique est pauvre » — qui confond un continent, un pays et un habitant.
Nommer une colonne, c'est déjà affirmer quelque chose.
- Les revenus élevés
- Les contrastes
- Le continent
- La nuance
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Ce qu'une carte montre, et ce qu'elle cache
Cinq copies d'élèves : trois se trompent, et toujours de la même façon.
Cinq lectures de la carte, à valider ou à corriger. Trois sont fausses, deux sont justes : compter avant de barrer évite de corriger une phrase exacte.
Les trois erreurs commettent la même faute de fond : elles tirent d'une information d'ensemble une conclusion sur un cas particulier. Un continent pris pour un pays, une moyenne prise pour la situation de chacun, une couleur prise pour une mesure directe.
Un mémo de six précautions ferme la partie théorique : un continent n'est pas un pays, une moyenne n'est pas la situation de chacun, une couleur dépend des seuils choisis.
La dernière question retourne la critique : pourquoi une carte reste-t-elle utile malgré tout ? Parce qu'elle montre d'un seul coup d'œil ce qu'aucun tableau ne montre.
C'est le passage de l'ensemble au particulier qui est fautif.
- La moyenne
- L'échelle
- Les seuils
- L'indicateur
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Nord et Sud : une image commode, et devenue fausse
Deux blocs suffisaient autrefois. Ils ne suffisent plus.
Cinq expressions à relier à leur définition : pays à revenu élevé, pays à faible revenu, pays émergent, le Nord, le Sud.
Les deux dernières sont données comme des noms d'autrefois. L'opposition a été forgée quand les pays riches se trouvaient presque tous dans l'hémisphère nord — ce qui n'est plus le cas : l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont au sud et riches.
Une chaîne explique pourquoi l'image ne tient plus : des pays du Sud se sont développés très vite, des écarts se sont creusés entre eux, et l'opposition en deux blocs a cessé de décrire le monde.
La dernière question porte sur le choix des mots : « pays en développement » vaut mieux que « pays pauvre », parce que le premier laisse place au changement que le second nie.
Ce n'est pas l'image qui a changé : c'est le monde qu'elle décrivait.
- Pays émergent
- Revenu élevé
- Le Nord
- En développement
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Deux cartes du même monde, et pourtant différentes
Une carte répond à une question. Changer la question change la carte.
Un document distingue trois choix : l'indicateur retenu, l'échelle, et les couleurs avec leurs seuils. Deux cartes du même monde peuvent ne pas se ressembler sans qu'aucune ne mente.
Une carte du revenu et une carte de l'espérance de vie ne colorent pas les mêmes pays de la même façon, parce qu'un pays peut être riche et mal soigner ses habitants, ou l'inverse.
Chaque changement d'échelle fait apparaître des inégalités que la précédente cachait : des régions à l'intérieur d'un pays, des quartiers à l'intérieur d'une ville.
Le troisième choix est le plus discret et le plus trompeur : en déplaçant la limite entre deux tranches de couleur, on fait changer de couleur des pays entiers sans qu'aucun chiffre ait bougé.
Lire une carte, c'est lire aussi sa légende.
- L'indicateur
- L'échelle
- Les seuils
- La légende
Compétences travaillées
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Situer les grands ensembles
Nommer cinq ensembles sur un planisphère, et repérer où se concentre l'extrême pauvreté.
-
Lire une carte sans en tirer trop
Distinguer un ensemble, un pays et un habitant, et savoir qu'une moyenne cache les écarts.
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Employer le vocabulaire du développement
Revenu élevé, faible, intermédiaire, pays émergent — plutôt que Nord et Sud.
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Reconnaître les choix d'une carte
L'indicateur, l'échelle et les seuils de couleur changent ce qu'une carte montre.
« À grands traits » : une consigne, pas une facilité
L'expression est celle du programme : « On abordera ensuite, à grands traits, la géographie de la richesse et de la pauvreté à l'échelle du monde. » Elle a deux effets, et il faut les tenir tous les deux.
Elle autorise d'abord la carte grossière. À l'échelle du monde, on ne peut pas décrire chaque pays, encore moins chaque habitant : de grands ensembles suffisent, et c'est ce que les cinq rectangles de la première fiche représentent.
Elle interdit ensuite d'en tirer davantage. Une carte à cette échelle donne des moyennes ; en conclure qu'il n'y a pas de pauvres en Europe ou que tous les habitants d'un pays pauvre sont pauvres, c'est faire dire à la carte ce qu'elle ne dit pas.
C'est pourquoi trois des cinq fiches portent sur les limites de la carte. Non pour la discréditer, mais parce que le programme enchaîne aussitôt : « les inégalités sociales sont observables dans tous les pays ».
Pourquoi l'opposition Nord-Sud a vieilli
L'expression est née dans les années 1980 : les pays riches se trouvaient alors presque tous dans l'hémisphère nord, les pays pauvres plus au sud. Une ligne suffisait à partager le monde en deux.
Elle a vieilli pour deux raisons. D'abord, la géographie n'a jamais tout à fait collé : l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont au sud et riches, plusieurs pays de l'hémisphère nord comptent parmi les plus pauvres.
Ensuite et surtout, des pays autrefois rangés au Sud se sont développés très vite, tandis que d'autres restaient en arrière. Les écarts se sont creusés à l'intérieur même du « Sud », et deux blocs ne peuvent plus rendre compte de cette diversité.
On emploie donc aujourd'hui un vocabulaire plus précis : pays à revenu élevé, intermédiaire ou faible, et pays émergent. Ce n'est pas un raffinement : c'est la condition pour dire quelque chose de vrai.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme d'histoire-géographie du cycle 4 (annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020), géographie de cinquième, thème 1, second sous-thème. L'expression « à grands traits » est celle du texte, et elle commande le traitement : la carte montre de grands ensembles, et trois fiches sur cinq portent sur ce qu'elle ne permet pas de conclure. Chaque rectangle du planisphère est posé par ses coordonnées et vérifié sur des terres avant impression.
- Programme d'histoire-géographie du cycle 4, annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020 (BO n° 31 du 30 juillet 2020) — géographie de 5e, thème 1.