Comparer, et non juxtaposer
Deux empires se disent héritiers de Rome, et ils ne le sont pas de la même façon. À Constantinople, l'Empire romain n'a jamais cessé d'exister : c'est une continuité. En Occident, il disparait en 476 et ne reparait qu'en 800, quand le pape couronne Charlemagne — 324 ans plus tard.
Ces cinq évaluations posent aux deux empires les mêmes questions : quelle capitale, quelle langue, quel chef, quelle Église, comment gouverner les provinces, quelle monnaie. C'est ce qui fait une comparaison, et non deux exposés côte à côte.
Les chiffres et les dates ne sont écrits nulle part à la main : ils viennent d'un moteur partagé par les quatre articles de la série. Le siècle d'une année s'y calcule — l'an 800 ferme le VIIIe siècle, il n'ouvre pas le IXe —, et les conversions de la monnaie de Charlemagne aussi.
Le programme demande de définir trois fonctions : le basileus, le calife et l'empereur d'Occident. Les quatre pages précédentes n'en traitaient que deux ; la troisième, le calife, n'y apparaissait pas une seule fois.
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Évaluation 1 — deux héritiers de Rome
La frise des six dates, le vocabulaire, et deux héritages qui ne se ressemblent pas.
Six dates suffisent à tenir le thème : 527, l'avènement de Justinien ; 622, l'Hégire ; 800, le couronnement de Charlemagne ; 843, le traité de Verdun ; 1054, le schisme ; 1258, la prise de Bagdad par les Mongols.
Ces six dates concernent trois mondes — Byzance, l'Occident et l'islam — et non deux. C'est déjà la réponse à la question que pose le titre du thème.
Une question porte sur un piège que le calcul tranche : l'an 800 appartient au VIIIe siècle, qui va de 701 à 800. Un siècle se calcule, il ne se devine pas.
L'exercice de vocabulaire relie six mots à leur sens, dont trois désignent des chefs. Le calife y est à part : il est le seul qui soit à la fois chef politique et chef religieux.
L'empire carolingien uni n'aura pas duré une vie d'homme : 43 ans.
- 527
- 800
- 1054
- 1258
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Évaluation 2 — deux capitales, deux mondes
Une carte de la Méditerranée, un tableau à compléter, et Constantinople.
Quatre lieux sont numérotés sur une carte de la Méditerranée : Constantinople, Rome, Ravenne et Alexandrie. Chacun est placé par ses coordonnées réelles, jamais à la main.
Le cadre de cette carte s'arrête à 47° nord. Aix-la-Chapelle, la capitale de Charlemagne, est plus au nord encore — et c'est une question de l'évaluation : que peut-on en conclure sur le rapport de cet empire à la Méditerranée ?
La réponse est qu'il n'en a guère. L'Empire carolingien est continental, on le parcourt à cheval ; l'Empire byzantin a sa capitale sur un détroit, et il vit de la mer.
Le tableau pose quatre questions aux deux empires : la capitale, la langue, le chef, l'Église. La colonne byzantine est remplie, l'autre est à compléter.
Une carte apprend aussi par ce qu'elle ne montre pas.
- Constantinople
- Rome
- Ravenne
- Alexandrie
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Évaluation 3 — gouverner un empire
Fonctionnaires payés ou comtes récompensés en terres : tout le chapitre tient là.
Huit éléments sont à ranger dans la colonne du bon empire : quatre pour Byzance, quatre pour l'Occident carolingien. Le déséquilibre serait un indice, et il n'y en a pas.
La question centrale suit : lequel des deux empires paie ceux qui le gouvernent ? Byzance a des fonctionnaires salariés, donc dépendants de l'empereur. Les comtes carolingiens sont récompensés par des terres — et une terre, on la garde.
Un texte écrit pour l'évaluation présente les missi dominici, les envoyés du maître, qui vont par deux — un évêque et un grand seigneur — pour contrôler les comtes et se surveiller l'un l'autre.
Sa dernière phrase porte la conclusion : ce système tient tant que l'empereur est craint. C'est l'une des causes du morcellement de l'empire après 843.
Un empire tient par la manière dont il paie ses agents.
- Fonctionnaires
- Comtes
- Missi dominici
- Capitulaires
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Évaluation 4 — la monnaie de Charlemagne
Une livre vaut 20 sous, un sou 12 deniers : le seul vrai calcul du chapitre.
Charlemagne fixe un système que l'Europe emploiera mille ans : une livre vaut vingt sous, et un sou douze deniers — soit 240 deniers pour une livre.
Mais la livre et le sou ne sont pas des pièces : ce sont des façons de compter. Seul le denier d'argent existe, et c'est lui qu'on tient dans la main.
Trois conversions sont demandées, dans les deux sens : combien de deniers vaut une livre, combien font 3 livres 7 sous et 4 deniers, et comment s'écrivent 813 deniers en livres, sous et deniers.
Byzance, elle, frappe une pièce d'or, le nomisma, restée stable des siècles durant — ce qui la fait accepter loin de l'Empire, même par ceux qui n'obéissent pas à l'empereur.
Une monnaie unique est un instrument de gouvernement autant qu'un moyen d'échange.
- 240 deniers
- Le denier
- Le nomisma
- Compter
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Évaluation 5 — deux chrétientés qui se séparent
1054 : la conséquence d'un éloignement, et non sa cause.
Une chaîne montre l'enchaînement : deux Églises qui ne parlent pas la même langue, des désaccords sur qui commande, sur le pain de la messe et sur le texte du Credo, puis les excommunications réciproques de 1054.
La question la plus exigeante est la dernière : le schisme est-il la cause ou la conséquence de l'éloignement des deux Églises ? La conséquence. 1054 n'est que le moment où la rupture devient officielle.
Un document écrit pour l'évaluation raconte la scène de Sainte-Sophie. Sa source dit ce qu'il est : un texte écrit aujourd'hui, et non un document d'époque — et une question porte là-dessus.
Aucun des deux hommes ne pensait rompre pour toujours : chacun croyait punir des personnes. Une conséquence peut dépasser de loin l'intention de ceux qui l'ont provoquée.
En 1204, des croisés d'Occident pillent Constantinople : la rupture devient une blessure.
- 1054
- Le patriarche
- Le pape
- 1204
Compétences travaillées
-
Situer
Six dates, trois mondes, et le calcul du siècle d'une année.
-
Localiser
Quatre lieux placés par leurs coordonnées, sur la Méditerranée.
-
Comparer
Les mêmes questions posées aux deux empires, sans exception.
-
Calculer
La livre, le sou et le denier, dans les deux sens.
Pourquoi l'an 800 n'est pas le IXe siècle
C'est le piège le plus fréquent du chapitre, et il n'a rien d'historique : il est arithmétique. Un siècle va de l'an 1 à l'an 100, donc le VIIIe siècle va de 701 à 800.
L'an 800 en est la dernière année. Le couronnement de Charlemagne, le 25 décembre 800, ferme donc le VIIIe siècle au lieu d'ouvrir le IXe — à six jours près.
La règle se calcule : on retire un à l'année, on divise par cent, on ajoute un. Pour 800 : 799 divisé par 100 fait 7, plus 1 égale 8.
Cette règle vaut pour toutes les dates du chapitre. 1054 est du XIe siècle, 1204 du XIIIe, 1258 du XIIIe également — le siècle où le programme fait s'arrêter le thème.
Trois fonctions, et non deux
Le programme est explicite : les relations entre les pouvoirs politiques, militaires et religieux permettent de définir les fonctions de calife, de basileus et d'empereur. Trois fonctions, trois mondes.
Le basileus est l'empereur byzantin — le mot est le grec pour « roi », puis pour « empereur ». Il protège l'Église orthodoxe et pèse sur le choix de son patriarche.
L'empereur d'Occident est couronné par le pape. Il protège l'Église latine, mais il ne la dirige pas : c'est elle qui l'a fait empereur.
Le calife est le successeur du Prophète, chef de la communauté des musulmans. Il est le seul des trois à être en même temps chef politique et chef religieux — et c'est exactement ce que le programme demande de faire comprendre.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme d'histoire du cycle 4 (arrêté du 9 novembre 2015 modifié, BOEN n° 31 du 30 juillet 2020), classe de 5e, thème 1. Le moteur `byzance_5eme` est partagé par les quatre articles de la série : les dates, les capitales, le lexique et les conversions de monnaie n'existent qu'à un seul endroit. Le siècle d'une année et les écarts entre dates sont calculés ; les positions sur la carte sont projetées depuis les coordonnées réelles, et les distances entre lieux sont mesurées en millimètres sur la feuille.
- Programme d'histoire du cycle 4, arrêté du 9 novembre 2015 modifié — BOEN n° 31 du 30 juillet 2020, classe de 5e, thème 1.