Une carte mentale, et non un discours sur les cartes mentales
La version précédente de cette page expliquait longuement à quoi sert une carte mentale, pourquoi elle vaut mieux qu'une fiche et comment s'en servir pour réviser — sans jamais en montrer une seule. Le mot y désignait une intention.
Ces cinq fiches en portent une, complète, à quatre branches : qui commande dans chacun des trois mondes, d'où viennent les deux empires chrétiens, comment leurs empires tiennent ou se défont, et ce qui les relie.
Trois mondes, et non deux. C'est le titre du thème lui-même — « Chrétientés et islam, des mondes en contact » — et c'est ce que les fiches oublient : le mot « calife » n'apparaissait pas une seule fois dans les quatre pages de cette série.
Ces fiches ne portent ni barème, ni note, ni question à remplir. Ce sont des pages de leçon, en couleur, et le second document qui les accompagne est une grille de relecture.
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Tout le chapitre en une carte
Quatre branches, et un texte de huit lignes qui dit la même chose autrement.
La carte a quatre branches : qui commande, d'où ils viennent, comment leurs empires tiennent, ce qui les relie. Elle se lit dans cet ordre, et cet ordre n'est pas décoratif.
La deuxième branche porte l'idée la plus difficile du chapitre. Les deux empires chrétiens se disent héritiers de Rome, mais pas de la même façon : à Constantinople l'Empire romain n'a jamais cessé, tandis qu'en Occident il disparait puis reparait — 324 ans plus tard.
Un texte de quatre paragraphes accompagne la carte : un par monde, puis un pour ce qui les relie. La carte se retient, le texte s'écrit.
Son ordre est chronologique, et cela compte : Byzance existe avant l'islam, qui existe avant l'empire de Charlemagne. 527, puis 622, puis 800.
On refait cette carte de mémoire en quatre minutes.
- Qui commande
- D'où ils viennent
- Ce qui tient
- Ce qui relie
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Les mots du chapitre
Quatorze mots, quatorze définitions d'une ligne.
Quatorze mots, chacun défini en une ligne — et c'est voulu : une définition qu'on ne peut pas dire en une phrase n'est pas comprise.
Les quatre premiers désignent des chefs, et il faut savoir lesquels sont religieux, lesquels sont politiques. Le patriarche et le pape sont religieux ; le basileus est politique. Le calife est les deux à la fois.
« Basileus » est un mot grec, « calife » un mot arabe, « imperator » un mot latin. Trois titres, trois langues : chaque monde nomme son chef dans la sienne.
Les six derniers mots portent sur la vie des deux empires : le scriptorium et la minuscule caroline, le nomisma et le denier, le capitulaire et le schisme.
Retenir la langue avec le mot évite de confondre les trois fonctions.
- Les chefs
- L'écrit
- La monnaie
- La rupture
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Trois pouvoirs, trois mondes
Une carte de la Méditerranée, et les trois fonctions que le programme demande de définir.
Quatre villes sont placées sur une carte de la Méditerranée par leurs coordonnées réelles : Constantinople, Rome, Venise et Alexandrie.
Trois autres, essentielles, n'entrent pas dans le cadre : Aix-la-Chapelle au nord, Bagdad à l'est, Cordoue à l'ouest. Cela dit d'abord que le thème dépasse largement la Méditerranée — et ensuite que l'Empire carolingien n'en est pas un empire.
Ce qui distingue les trois pouvoirs, c'est leur rapport à la religion. Le basileus protège l'Église orthodoxe et pèse sur le choix de son patriarche : il est au-dessus d'elle. L'empereur d'Occident est couronné par le pape : c'est l'Église qui le fait empereur.
Le calife, lui, ne se situe ni au-dessus ni en dessous d'une Église, parce qu'il n'y en a pas : il commande directement la communauté des croyants.
À Byzance, l'empereur protège l'Église ; en Occident, l'Église fait l'empereur.
- Le basileus
- Le calife
- L'empereur
- La mer
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Naître, s'unir, se morceler
Six repères, et l'addition des causes qui défait un empire.
Six dates suffisent, et elles couvrent les trois mondes : 527, 622, 800, 843, 1054, 1258. Le programme fait partir le thème du règne de Justinien et le fait s'arrêter à la prise de Bagdad par les Mongols.
Un piège de calcul tombe souvent : l'an 800 appartient au VIIIe siècle, qui va de 701 à 800. Un siècle va de l'an 1 à l'an 100 ; sa dernière année porte son numéro suivi de deux zéros.
Byzance tient par une capitale unique, des fonctionnaires payés, une monnaie d'or et une seule langue. L'Occident carolingien tient par le latin, par les envoyés de l'empereur et par une écriture commune.
La cause de morcellement la plus décisive est celle qu'on oublie : les comtes ne sont pas payés, ils sont récompensés par des terres. Or une terre, on la garde, et on la transmet à son fils.
Le traité de Verdun n'est pas la cause du morcellement : il en est le moment visible.
- 527
- 800
- 843
- 1258
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Deux empires, deux durées
977 ans contre 43 : le rapport est de plus de vingt à un.
L'Empire byzantin dure 977 ans après la disparition de l'Empire romain d'Occident, jusqu'en 1453. L'empire carolingien uni en dure 43, de 800 à 843.
Ce n'est pas une question de chance : c'est la différence entre un État qui paie ses agents et un empire qui les récompense en terres.
La seconde barre ne mesure pas la durée des Carolingiens, mais celle de leur empire uni. Les royaumes issus du partage continuent — et l'un d'eux deviendra la France.
Un texte de fin dit ce que ces sept siècles ont légué : notre écriture minuscule, venue des monastères de Charlemagne ; les chiffres que nous employons, arrivés par le monde musulman ; et une partie du savoir grec, sauvée par un double voyage, du grec à l'arabe puis de l'arabe au latin.
Un mot mal choisi fausse une comparaison : ici, c'est « uni » qui porte le sens.
- 977 ans
- 43 ans
- Payer
- Récompenser
Compétences travaillées
-
Organiser
Quatre branches qui tiennent le thème entier.
-
Nommer
Quatorze mots, dont trois titres de chefs en trois langues.
-
Situer
Quatre villes dans le cadre, trois hors du cadre — et c'est instructif.
-
Expliquer
Ce qui unit un empire, et ce qui le défait.
Pourquoi une carte mentale, et pas une liste
Une liste se récite dans l'ordre où on l'a apprise, et se perd dès qu'on en oublie un élément. Une carte se retrouve par sa structure : quatre branches, et l'on redescend dans chacune.
Surtout, une carte impose un ordre de lecture. Celle-ci se lit qui commande, d'où ils viennent, comment leurs empires tiennent, ce qui les relie.
Cet ordre empêche l'erreur la plus commune du chapitre : commencer par Charlemagne, qui est le plus connu, et raconter ainsi l'histoire à l'envers. Byzance existe avant l'islam, qui existe avant l'empire carolingien.
Le test est simple : refaire la carte de mémoire, sur une feuille blanche, en quatre minutes. Ce qui manque au bout de quatre minutes est exactement ce qu'il faut relire.
Trois mondes, et le troisième qu'on oublie
Le thème s'intitule « Chrétientés et islam, des mondes en contact ». Il en met donc trois en présence, et le programme demande explicitement de définir trois fonctions : calife, basileus et empereur.
Or le mot « calife » n'apparaissait pas une seule fois dans les quatre pages de cette série, qui totalisent pourtant près de 27 000 caractères. Deux fonctions sur trois étaient traitées.
La différence entre les trois se joue sur un point : le rapport à la religion. Le basileus est au-dessus de son Église ; l'empereur d'Occident lui doit son titre ; le calife commande directement une communauté, sans Église entre lui et elle.
C'est aussi ce qui explique le reste du chapitre. En Occident, l'Église peut faire et défaire l'empereur — ce qui pèsera lourd pendant tout le Moyen Âge.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme d'histoire du cycle 4 (arrêté du 9 novembre 2015 modifié, BOEN n° 31 du 30 juillet 2020), classe de 5e, thème 1. Le moteur `byzance_5eme` est partagé par les quatre articles de la série. Le siècle d'une année, les écarts entre dates et les durées sont calculés ; les positions sur la carte sont projetées depuis les coordonnées réelles, et le partage entre les villes qui entrent dans le cadre et celles qui n'y entrent pas est mesuré, non décrété. Le type `cours` est tenu : aucun point, aucune ligne à remplir, aucun support laissé vide.
- Programme d'histoire du cycle 4, arrêté du 9 novembre 2015 modifié — BOEN n° 31 du 30 juillet 2020, classe de 5e, thème 1.