Un recueil qui manquait, et pourquoi il manquait
Les poèmes de nouvelle année que l'on récite le plus à l'école sont ceux de Maurice Carême et de Jacques Prévert. On ne les trouve nulle part en téléchargement libre, et ce n'est pas un oubli : ces œuvres sont encore protégées. En France, une œuvre entre dans le domaine public soixante-dix ans après la mort de son auteur — soit 2049 pour Carême, 2048 pour Prévert.
Le programme de français du cycle 3, lui, demande « un recueil de poèmes et de textes poétiques de siècles différents ». Le mot recueil est au singulier, mais les poèmes sont au pluriel, et la traversée des siècles fait partie de la consigne : c'est l'ensemble qui fait entendre que la langue a changé.
Ce recueil réunit donc cinq poèmes libres de droits sur le thème que la nouvelle année porte vraiment — le temps qui passe et les saisons qui reviennent. Du rondeau de Charles d'Orléans au XVe siècle à la Chanson d'automne de Verlaine au XIXe, avec pour chacun ses mots difficiles et l'édition d'où le texte vient.
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Le recueil : Le temps qui passe
Cinq poèmes, quatre siècles, six pages à imprimer.
Une page de titre qui donne la table des cinq poèmes, chacun avec son siècle, son auteur et ses dates — puis un poème par page.
Charles d'Orléans, « Le temps a laissié son manteau » (XVe siècle). Ronsard, « Mignonne, allons voir si la rose » (XVIe). La Fontaine, « La Cigale et la Fourmi » (XVIIe). Gautier, « Noël » et Verlaine, « Chanson d'automne » (XIXe). Cinq siècles représentés, ce que le programme demande explicitement d'un recueil.
Chaque page porte les mots difficiles au bas, ce que le poème dit en une phrase, et l'édition exacte d'où le texte est tiré. Les trois renseignements servent à des moments différents : le glossaire pendant la lecture, la phrase après, la source si l'on veut vérifier.
Une seconde version, en noir et gris, est disponible pour imprimer sans cartouche couleur — utile quand il s'agit de distribuer un recueil de six pages à toute une classe.
Aucun de ces textes n'a été retapé : chacun est découpé dans l'édition citée et rangé tel quel. Un contrôle relit le PDF produit et vérifie que les quatre-vingt-sept vers y figurent, ainsi que le nom de l'auteur et son édition sur chaque page.
- 5 poèmes
- 4 siècles
- 87 vers
- Couleur et noir et blanc
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Un recueil, et de siècles différents
Quatre mots cherchés dans le texte officiel.
L'extrait du programme cité au mot près, puis un tableau qui dit, pour quatre expressions, combien de fois elles figurent dans le texte officiel du cycle 3. Compter les occurrences vaut mieux que résumer : le compte ne se discute pas.
« Recueil » y est, « récitation » une fois parmi sept activités d'oral, « au moins sept œuvres complètes » aussi. « Par cœur » n'y figure aucune fois. Le décalage entre ce qu'on croit exigé et ce qui l'est réellement apparaît d'un coup d'œil.
Apprendre un poème par cœur reste une pratique de classe utile. Ce n'est simplement pas l'attendu écrit — et la différence compte au moment de décider ce qu'on évalue. Un moyen n'est pas un objectif, et les confondre conduit à noter la mémoire plutôt que la lecture.
Apprendre un poème par cœur reste une pratique de classe utile. Ce n'est simplement pas l'attendu écrit — et la différence compte au moment de choisir ce qu'on évalue.
- Le texte cité
- 4 comptages
- Attendu ou moyen
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Pourquoi ces poèmes-là, et pas ceux qu'on récite
Un calcul en trois temps, et cinq vérifications.
Une chaine de cinq maillons conduit de la date de mort d'un auteur à la réponse : ce poème, puis-je le photocopier ? Soixante-dix ans après la mort de l'auteur, l'œuvre entre dans le domaine public et la reproduction devient libre.
Puis la liste des cinq poètes du recueil, avec l'année où chacun est entré dans le domaine public. Aucun n'est récent : le plus tardif est Verlaine, mort en 1896. Le recueil est donc reproductible sans aucune autorisation, et la page le démontre plutôt que de l'affirmer.
C'est ce qui explique l'absence, partout sur internet, d'un recueil libre des poésies du Nouvel An les plus récitées : ce n'est pas une négligence, c'est que ces textes sont encore protégés. Le calcul des soixante-dix ans est la raison de la composition de ce recueil plutôt que d'un autre.
C'est ce qui explique l'absence, partout sur internet, d'un recueil libre des poésies du Nouvel An les plus récitées : ce n'est pas une négligence, c'est une règle de droit.
- 70 ans
- Le calcul
- 5 vérifications
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La langue change, et cela s'entend
Les cinq poèmes sur la frise des siècles.
Une frise place les cinq poèmes du recueil du XVe au XIXe siècle, chacun avec son titre et son auteur. Vus ensemble sur un même axe, quatre cents ans d'écriture montrent une langue qui bouge.
On lit « laissié », « pluye », « oyseau » chez Charles d'Orléans ; « ceste », « vostre », « beautez » chez Ronsard ; une orthographe déjà presque la nôtre chez La Fontaine. L'écart se voit à l'œil nu, sans qu'on ait à l'expliquer.
Ce n'est pas une leçon d'histoire de la langue : c'est ce que le programme appelle « des siècles différents ». Un élève qui lit ces cinq textes à la suite constate de lui-même que le français s'écrit autrement selon l'époque — et cette constatation vaut mieux qu'un chapitre sur le sujet.
Ce n'est pas une leçon d'histoire de la langue : c'est ce que le programme appelle « des siècles différents ». L'écart se voit à l'œil nu, et il se voit d'autant mieux qu'on lit les poèmes à la suite.
- Du XVe au XIXe
- L'orthographe qui bouge
- Les faux amis
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Cinq temps pour apprendre un poème
Écouter avant de lire, comprendre avant d'apprendre.
Une carte mentale donne les cinq temps dans leur ordre : écouter, comprendre, voir, apprendre par morceaux, redire à intervalles espacés. L'ordre n'est pas décoratif — chaque temps rend le suivant possible.
Les deux premiers ne font rien mémoriser : ils préparent tout le reste. Un enfant qui apprend un poème dont il ne comprend pas les mots retient une suite de sons, et cette suite se défait au premier trou de mémoire, faute de sens pour la rattraper.
C'est l'espacement des reprises qui fixe un poème, non la quantité de répétitions d'un même soir. Chaque jour pendant une semaine, puis une fois la semaine suivante : le même temps total, réparti autrement, produit un résultat qui tient.
C'est l'espacement des reprises qui fixe un poème, non la quantité de répétitions d'un même soir. Chaque jour pendant une semaine, puis une fois par semaine pendant un mois.
- 5 temps
- L'ordre compte
- La reprise espacée
Compétences travaillées
-
Lire
Cinq poèmes de siècles différents, à la suite.
-
Situer
Chaque poème dans son siècle, et sa langue.
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Comprendre
Pourquoi certains poèmes sont libres et d'autres non.
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Apprendre
Un poème en cinq temps, dans l'ordre.
Pourquoi on ne trouve pas les poèmes du Nouvel An en téléchargement
En France, une œuvre entre dans le domaine public soixante-dix ans après la mort de son auteur. On peut alors la copier, l'afficher, la publier, la mettre en musique, sans demander la permission à personne.
Les poèmes de nouvelle année les plus récités à l'école sont ceux de Maurice Carême, mort en 1978, et de Jacques Prévert, mort en 1977. Leurs œuvres entreront dans le domaine public le 1er janvier 2049 et le 1er janvier 2048. C'est la raison, et la seule, pour laquelle aucun recueil libre ne circule : ce n'est pas un oubli des sites pédagogiques, c'est une règle de droit qu'ils respectent.
Le calcul part de la mort de l'auteur, non de la date du livre. Une édition récente d'un texte ancien ne le rend pas à nouveau protégé : le rondeau de Charles d'Orléans est libre, même dans une édition de 1915.
Ce que « de siècles différents » veut dire en classe
Le programme du cycle 3 ne demande pas un poème, mais « un recueil de poèmes et de textes poétiques de siècles différents ». La contrainte n'est pas décorative : elle produit un effet qu'un poème seul ne produit pas.
Lus à la suite, les cinq poèmes de ce recueil font entendre la langue bouger. Chez Charles d'Orléans, au XVe siècle, on écrit « laissié », « pluye », « oyseau », « chascun » — et pourtant on comprend tout. Chez Ronsard, au siècle suivant, il reste « ceste », « vostre », « beautez ». Chez La Fontaine, l'orthographe est déjà presque la nôtre.
L'élève n'a pas besoin d'une leçon d'histoire de la langue pour le voir : il lui suffit de lire les premiers vers de chaque poème dans l'ordre de la frise. C'est exactement ce que le programme appelle « une posture subjective de lecteur, fondée sur la sensibilité à la langue ».
Méthode et vérification
Le programme visé est l'arrêté du 10 avril 2025, français du cycle 3, BO n° 16 du 17 avril 2025. La page du Bulletin officiel renvoyant un 403, l'annexe a été retrouvée par la Wayback Machine puis téléchargée depuis le site du ministère ; elle est conservée dans docs/programme-francais-cycle-3-2025.pdf, et tous les comptages annoncés sur les fiches ont été faits dessus. Les cinq poèmes ne sont pas retapés : chacun est découpé dans l'édition citée, rapatriée de Wikisource, et un contrôle relit le PDF produit pour vérifier que les quatre-vingt-sept vers y figurent. Le domaine public est calculé, non supposé : soixante-dix ans après la mort de l'auteur, et le module refuse de produire le recueil si un texte n'était pas libre. Le nombre de siècles couverts est compté, l'écart entre le premier et le dernier siècle est calculé, et le siècle de chaque poème est dérivé de son année de composition par le module des chiffres romains. Le découpage en strophes est vérifié en recollant les strophes et en comparant au texte d'origine.
- Programme de français du cycle 3 — arrêté du 10 avril 2025, BO n° 16 du 17 avril 2025 (NOR MENE2504620A). Annexe conservée dans docs/programme-francais-cycle-3-2025.pdf.
- Code de la propriété intellectuelle, article L123-1 : les droits patrimoniaux d'auteur persistent soixante-dix ans après la mort de l'auteur.
- Charles d'Orléans, « Le temps a laissié son manteau », rondeau LXIII — Poésies complètes, texte établi par Charles d'Héricault, Ernest Flammarion, 1915, p. 115.
- Pierre de Ronsard, « Mignonne, allons voir si la rose », ode XVII à Cassandre — Œuvres complètes, texte établi par Hugues Vaganay, Garnier, 1923, tome 3, p. 75-76.
- Jean de La Fontaine, « La Cigale et la Fourmi », livre premier — Fables, Bernardin-Béchet, 1874, p. 29-30.
- Théophile Gautier, « Noël » — Émaux et Camées, Lemerre, 1890, Poésies, vol. III, p. 99.
- Paul Verlaine, « Chanson d'automne » — Poèmes saturniens, Vanier, 1902, Œuvres complètes I, p. 33-34.