Au CE2, on écrit le son [k]
Reconnaître le son [k] dans un mot lu relève du décodage, et le programme situe cet apprentissage au CP et au CE1. Au CE2, le décodage est automatisé : l'objectif change de camp, il devient orthographique.
La rubrique s'appelle « Mémoriser l'orthographe des mots », et elle nomme ses moyens : « écrire correctement sous la dictée les mots réguliers et irréguliers fréquemment rencontrés », « s'appuyer sur des critères morphologiques et analogiques », « copier, y compris en copie différée, des listes de mots par analogie ».
Le mot « dictée » apparaît 39 fois dans le programme du cycle 2, et « analogie » 8 fois. Ce sont les deux gestes centraux du niveau.
Ces cinq fiches suivent ce partage : une règle qui se calcule — celle du c —, une dictée, une copie par analogie, une liste de mots irréguliers à retenir, et un texte à relire.
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La règle de position
Ce qui suit le c décide de ce qu'on entend.
Six mots, et pour chacun deux colonnes : la lettre qui suit le c, puis le son que le c produit. La règle apparaît d'elle-même au bout de trois lignes.
Devant a, o, u ou une consonne, le c se lit [k] : cabane, colère, cube, classe. Devant e ou i, il se lit [s] : cerise, citron.
D'où la conséquence, que la fiche fait énoncer : pour écrire le son [k] devant un e ou un i, le français emploie « qu ». C'est ce qui rend cette graphie si fréquente.
La dernière question boucle la règle par l'autre bout : la cédille fait l'opération inverse, elle adoucit un c qui serait dur.
C'est la seule règle du chapitre qui se calcule.
- a, o, u
- e, i, y
- Le relais du qu
- La cédille
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Écrire sous la dictée
Le premier objectif du CE2, et le plus exigeant.
Six mots à écrire sous la dictée d'un adulte, choisis pour couvrir quatre graphies : c, qu, k et cc.
La liste figure sur la fiche, mais pour l'adulte : l'élève écrit sur son cahier sans la voir, puis la relit pour se corriger seul. Se corriger soi-même fixe le mot mieux qu'être corrigé.
Une question isole le mot qu'aucune règle ne prédit, et une autre fait compter les lettres qui écrivent [k] dans « un accord » : deux.
Trois dictées d'élèves sont ensuite à juger. L'une confond « k » et « qu », l'autre se trompe d'accent — le programme demande explicitement de « tenir compte des accents ».
Se corriger soi-même vaut mieux qu'être corrigé.
- Six mots
- Quatre graphies
- Se relire
- Les accents
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Copier par analogie
Ranger les mots par graphie, puis les copier de mémoire.
Le programme le formule ainsi : « L'élève copie, y compris en copie différée, des listes de mots par analogie. » Deux gestes, donc, et la fiche les sépare.
Le premier range six mots par graphie — mais la grille n'en offre que deux colonnes. Deux mots restent, et la question demande où les mettre : il faut une troisième colonne, celle du k.
Le second est la copie différée : on regarde la liste, on la cache, on écrit de mémoire. C'est ce qui distingue la copie qui apprend de la copie qui occupe.
Une question fait dire pourquoi : recopier lettre à lettre n'oblige jamais à retenir le mot entier.
Deux colonnes ne suffisent pas : c'est le but de la question.
- Trier par graphie
- La colonne manquante
- Copie différée
- Pourquoi ça marche
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Les mots qui ne suivent aucune règle
Ceux-là s'apprennent : aucune règle ne les prédit.
Trois graphies rares du son [k] : le k de « kilo », le ck de « ticket », le ch de « chorale ». Aucune ne se déduit.
La raison est historique et vaut d'être dite aux élèves : ces mots viennent d'autres langues — le grec, l'anglais — et ont gardé leur orthographe d'origine.
Le cas de « chorale » est le plus déroutant : le groupe ch s'y lit [k] et non comme dans « chat ». C'est un des rares endroits où cette lecture s'impose.
Le QCM sépare enfin le régulier de l'irrégulier : « un paquet » s'explique par la règle de position, « un kayak » ne s'explique pas.
Ce qui ne s'explique pas se retient.
- k, ck, ch
- Des mots venus d'ailleurs
- Le cas de chorale
- Régulier ou non
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Écrire un texte sans faute de [k]
Repérer les graphies dans un texte, puis écrire le sien.
Le programme demande une « vigilance orthographique dans des écrits courts qui ciblent spécifiquement l'orthographe lexicale ». Cette fiche organise les deux temps : relever, puis produire.
Un court récit contient les trois graphies principales et un irrégulier. L'élève relève les mots où il entend [k] et note la graphie de chacun.
Une question porte sur « chacun », qui contient un ch lu comme dans « chat » et un c lu [k] : un même mot peut mêler les deux valeurs.
L'élève écrit ensuite trois phrases en employant au moins un mot de chaque graphie, et remplit un tableau de contrôle. La vigilance se relit, elle ne s'improvise pas.
Un même mot peut contenir deux valeurs différentes de la lettre c.
- Relever
- Le cas de chacun
- Produire
- Se relire
Compétences travaillées
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La règle de position
Savoir que la lettre qui suit le c décide de sa valeur, et employer « qu » devant e et i.
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Écrire sous la dictée
Orthographier sans erreur graphophonémique les mots fréquents contenant le son [k].
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Copier par analogie
Ranger les mots par graphie et les copier de mémoire, comme le programme le demande.
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Retenir les irréguliers
Mémoriser les mots dont la graphie ne se déduit d'aucune règle : kilo, ticket, chorale.
Ce qui change entre le CE1 et le CE2
Au CP et au CE1, le travail sur les sons est un travail de lecture : il s'agit d'associer des lettres à des sons pour déchiffrer. Le programme y consacre l'essentiel de la rubrique « Identifier les mots ».
Au CE2, le décodage est automatisé — l'objectif de lecture à voix haute est chiffré à 90 mots par minute. La question du son [k] change alors de nature : elle n'est plus « quel son fait cette lettre ? » mais « quelle lettre écrit ce son ? »
La différence n'est pas mince. La première question a toujours une réponse ; la seconde, souvent plusieurs. « Cabane », « quatre » et « kilo » commencent par le même son et par trois graphies différentes.
C'est pourquoi le programme du CE2 range ce travail sous « Mémoriser l'orthographe des mots » et lui donne des moyens précis : la dictée, la copie par analogie, la copie différée, le raisonnement morphologique.
La seule règle qui se calcule
Sur toutes les graphies du son [k], une seule obéit à une règle vérifiable : celle de la lettre c. Sa valeur dépend entièrement de ce qui la suit.
Devant a, o, u ou une consonne, elle se lit [k] : cabane, colère, cube, classe, crayon. Devant e, i ou y, elle se lit [s] : cerise, citron, cycle.
Il en découle une conséquence que les élèves formulent rarement seuls : puisque le c ne peut pas faire [k] devant e ou i, le français emploie « qu » — quelque, quitter, un paquet, quinze. La fréquence de cette graphie n'est pas un caprice.
Et symétriquement, quand on veut faire dire [s] à un c placé devant a, o ou u, on lui ajoute une cédille : ça, un garçon, il reçut. Les deux procédés répondent au même besoin, dans les deux sens.
Pourquoi la dictée, et pas seulement l'exercice à trous
Un exercice à trous — « une ca__ne » — donne à l'élève la place, la longueur et le contexte. Il lui reste à choisir entre deux ou trois lettres. La dictée ne donne rien : l'élève doit produire le mot entier, y compris ce qu'il n'entend pas.
Le programme du cycle 2 mentionne la dictée 39 fois. Il précise qu'elle n'est pas d'abord un outil d'évaluation : « Loin d'être un outil d'évaluation de l'orthographe, la dictée est bien une activité d'écriture. »
Il ajoute que les erreurs y sont un passage obligé, ce qui suppose qu'on les regarde plutôt qu'on les compte. C'est pourquoi la deuxième fiche fait relire l'élève par lui-même, et la troisième donne à corriger les copies de trois camarades.
L'exercice à trous garde son utilité pour installer une règle. Il ne remplace pas l'écriture d'un mot entier, qui est ce que la vie demandera.
Méthode et vérification
Le programme de référence est l'annexe 3 de l'arrêté du 22 octobre 2024 — français du cycle 2, BO n° 41 du 31 octobre 2024, rubrique « CE2 — Mémoriser l'orthographe des mots ». Le mot « dictée » y compte 39 occurrences et « analogie » 8 ; la version précédente de cet article n'en comportait aucune. Les cinq fiches reprennent les moyens nommés par le texte : dictée, copie par analogie, copie différée, mémorisation des mots irréguliers, vigilance orthographique dans un écrit court. Tous les mots imprimés viennent d'un module qui les tabule avec la graphie écrivant le son [k], et qui refuse à l'import un mot rangé sous une graphie qu'il ne contient pas ou un « c » qui écrirait [k] devant e ou i.