Ce que ces fiches font travailler
Relier chaque geste de conquête au milieu sur lequel il se fait et à la trace qu'il a laissée ; distinguer les droits du seigneur selon leur nature ; calculer ce que chaque prélèvement retire à la récolte et ce qu'il en reste ; lire le plan d'un domaine et y séparer ce qui se laboure, ce qui est commun et ce qui est bâti ; et ne plus confondre la seigneurie avec la féodalité.
Aucune valeur n'est écrite à la main : les parts du domaine sont lues sur la géométrie du plan, et les prélèvements calculés en fractions exactes.
Le tout en cinq formats différents, chacun employé exactement deux fois, et aucun des cinq couples n'est employé par les évaluations du même chapitre.
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Fiche 1 — la conquête des terres
On ne crée pas de terre : on en gagne.
Entre l'an mil et le début du XIVe siècle, la population de l'Occident ne cesse de croitre. Il faut nourrir ce monde, et c'est de là que vient tout le reste du chapitre.
On ne crée pas de terre : on en gagne. Les paysans en prennent sur ce qui n'était pas cultivé, et chaque milieu demande son geste — on ne s'y prend pas de la même façon avec une terre boisée, une terre noyée ou une terre que la marée recouvre.
Ces conquêtes ont laissé des traces qu'on voit encore. Certaines sont dans le paysage, d'autres dans les noms mêmes des villages : un nom de lieu peut garder le souvenir d'un défrichement vieux de huit cents ans.
Et l'on cultive mieux ce qu'on a. Des outils nouveaux, un attelage qui n'étrangle plus le cheval, des moulins, et surtout une rotation des champs qui n'en laisse plus qu'un sur trois au repos au lieu d'un sur deux — la question de rédaction fait comparer les deux parts cultivées.
On ne crée pas de terre : on en gagne.
- Six cases à remplir
- Quatre lignes à cocher
- Deux questions sur la conquête des terres
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Fiche 2 — dominer les campagnes
Le seigneur commande des hommes, pas seulement des terres.
Le seigneur ne possède pas seulement des terres : il commande des hommes. C'est ce que le programme appelle la domination des campagnes, et cela se lit dans une série de droits qui n'ont pas tous la même nature.
Certains sont des pouvoirs, d'autres rapportent de l'argent. Et juger n'est pas une seule chose : la gravité de l'affaire décide du tribunal, si bien que ce sont deux droits distincts et non un. Les colonnes à relier de cette fiche les font tous distinguer.
Tous les paysans ne sont pas dans la même situation. L'un peut partir et transmettre sa tenure ; l'autre est attaché à la terre et doit, en plus des redevances ordinaires, des versements qui portent sur sa personne même.
Mais rien de tout cela n'est figé. Aux XIIe et XIIIe siècles, des communautés villageoises obtiennent que ces droits soient écrits et bornés — et elles l'achètent. La question de rédaction porte sur ce point : ce qu'on achète n'est pas un droit nouveau, c'est une limite au pouvoir du seigneur.
Le seigneur commande des hommes, pas seulement des terres.
- Quatre lignes à cocher
- Cinq traits à tracer
- Deux questions sur la domination
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Fiche 3 — ce que le paysan verse
Les parts s'additionnent, elles ne se retranchent pas en cascade.
Une récolte ne reste pas à celui qui l'a faite. Elle est entamée plusieurs fois avant d'arriver dans le grenier de la famille, et chaque part a un nom, un bénéficiaire et une raison.
La première part n'est versée à personne : il faut remettre en terre de quoi semer l'année suivante. On récoltait environ quatre grains pour un semé, et ce qu'on ne garde pas, on ne le récoltera pas — c'est la plus grosse des quatre.
Les autres se prennent sur la récolte ENTIÈRE, et non l'une après l'autre sur ce qui reste. La différence compte quand on calcule : les parts s'additionnent, elles ne se retranchent pas en cascade. Il en reste moins de la moitié, et le module le calcule en fractions exactes.
Mais tout ce que le paysan doit ne se prend pas sur la récolte. Certains versements sont dus quoi qu'il arrive : une bonne année ne les augmente pas, une mauvaise ne les diminue pas. Le tri de cette fiche porte sur cette seule différence, et la question de rédaction sur ce qu'elle change une mauvaise année.
Les parts s'additionnent, elles ne se retranchent pas.
- Quatre traits à tracer
- Six versements à ranger
- Deux questions sur le partage de la récolte
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Fiche 4 — le plan du domaine
Le seigneur a une part des terres, mais ne les laboure pas.
Un domaine n'est pas un champ : c'est un plan. On y trouve des maisons, un château, des terres labourées et des terres qui ne le sont pas — et chaque partie a un statut différent.
Les terres labourées se partagent en deux. Une part est exploitée pour le compte du seigneur ; l'autre est confiée aux familles paysannes, qui la cultivent pour elles-mêmes et versent des redevances en échange. Elles ne sont pas de la même taille, et le plan le montre.
Mais le seigneur ne laboure pas. Sa part est travaillée par les paysans eux-mêmes, au titre des corvées : du travail dû, pas du travail salarié. C'est l'objet de la question de rédaction.
Et tout n'est pas partagé : certaines terres restent communes à tout le village. Les parts affichées dans les copies à corriger sont LUES SUR LA GÉOMÉTRIE du plan, parcelle par parcelle — une copie qui annoncerait la bonne part par hasard ferait refuser la fiche.
Le seigneur a des terres, mais ne les laboure pas.
- Six parcelles à ranger
- Quatre copies à corriger
- Deux questions sur le domaine
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Fiche 5 — seigneurie et féodalité
Deux liens différents, et le même mot de seigneur.
Deux liens très différents portent le même mot de seigneur, et c'est la confusion la plus fréquente de tout le chapitre.
Le premier unit des gens qui ne sont pas du même monde. On y entre sans rien signer, du seul fait de naître et de vivre là ; ce qui s'échange est de la terre contre des redevances et du travail.
Le second unit deux personnes du même monde, et il se crée par une cérémonie. Il faut un geste public pour qu'il existe, et ce qui s'échange n'est ni argent ni récolte : c'est du service, et une terre donnée en retour.
Un seigneur peut d'ailleurs être un homme d'Église. Des abbayes et des évêchés tiennent des seigneuries entières, avec les mêmes droits qu'un noble — à une réserve près : leur état leur interdit de porter les armes, si bien qu'ils chargent un laïc de le faire à leur place.
Un paysan n'est jamais le vassal de son seigneur.
- Quatre copies à corriger
- Six cases à remplir
- Deux questions sur les deux liens
Compétences travaillées
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On ne crée pas de terre, on en gagne
Défricher, assécher, endiguer : chaque milieu demande son geste, et chacun a laissé sa trace.
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Les parts s'additionnent, elles ne se retranchent pas
Les prélèvements se prennent sur la récolte entière : il en reste moins de la moitié à la famille.
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Le seigneur a des terres, mais ne les laboure pas
Sa réserve est cultivée par les paysans au titre des corvées : du travail dû, pas du travail payé.
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Seigneurie et féodalité ne sont pas le même lien
L'une unit un seigneur à des paysans, sans acte ; l'autre deux nobles, par une cérémonie.
Pourquoi ce chapitre commence par la démographie
On pourrait croire que l'ordre seigneurial est d'abord une affaire de châteaux et de serments. Le programme le fait commencer ailleurs : par le fait que l'Europe se remplit.
Entre l'an mil et le début du XIVe siècle, la population de l'Occident ne cesse de croitre. Il faut nourrir ce monde, et il n'y a que deux façons d'y parvenir : cultiver une surface plus grande, ou tirer davantage de la même surface.
Les deux sont employées en même temps. On gagne des terres sur la forêt, sur le marais et sur la mer — et les noms de lieux en gardent la trace jusqu'à aujourd'hui. Et l'on cultive mieux ce qu'on a : des outils nouveaux, un attelage qui n'étrangle plus le cheval, des moulins, et surtout une rotation des champs qui laisse un champ sur trois au repos au lieu d'un sur deux.
C'est ce surplus qui rend possible tout le reste. Sans lui, il n'y aurait rien à prélever, et l'ordre seigneurial n'aurait pas de quoi tenir.
Deux liens, et le même mot
C'est la confusion la plus fréquente de tout le chapitre, et elle vient d'un mot : seigneur. Il désigne deux relations qui n'ont presque rien en commun.
La seigneurie unit un seigneur et des paysans. On n'y entre par aucun acte : on naît dans la seigneurie où l'on vit. Ce qui s'échange est une terre contre des redevances et du travail, et les deux parties ne sont pas du même monde.
La féodalité unit deux nobles. Elle se crée par une cérémonie publique — l'hommage —, elle porte sur un fief, et ce qui s'échange est du service armé et du conseil. Un paysan n'est jamais le vassal de son seigneur.
Le tableau de la dernière fiche fait écrire les trois colonnes côte à côte, et un contrôle vérifie que les deux liens diffèrent sur les trois : si l'un d'eux venait à ressembler à l'autre sur une colonne, la fiche cesserait de montrer ce qui les sépare.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme d'histoire du cycle 4 fixé par l'arrêté du 17 juillet 2020, en vigueur en cinquième. Ces cinq fiches sont le jumeau d'exercices des cinq évaluations publiées sur le même sous-thème : elles ENSEIGNENT là où les autres testent, et chacune porte une leçon en tête. AUCUNE VALEUR N'EST ÉCRITE À LA MAIN. Les parts du domaine sont LUES SUR LA GÉOMÉTRIE du plan, parcelle par parcelle ; les prélèvements se calculent en fractions exactes, sans arrondi, et le reste au paysan s'en déduit ; le gain de l'assolement triennal compare deux fractions au lieu de les affirmer. LES FAITS QUE LES FICHES AFFIRMENT SONT PROUVÉS AVANT L'IMPRESSION : que les parts et le reste fassent exactement la récolte entière ; que la plus grosse part ne soit versée à personne, comme l'indice de la fiche 3 l'annonce ; que les tenures occupent plus de place que la réserve, sans quoi une copie juste deviendrait fausse ; que les cinq droits du seigneur aient des effets distincts et que deux d'entre eux portent sur la justice ; et que les deux liens diffèrent sur les trois colonnes du tableau. LE CYCLE DE FORMATS CONTOURNE UN COUPLE : l'évaluation de l'autre chapitre d'histoire de 5e emploie le tri avec le questionnaire, et le cycle canonique le contiendrait ; celui-ci passe donc par un autre chemin. AUCUN des cinq couples n'est employé par l'évaluation du MÊME chapitre, et le contrôle énumère les articles voisins depuis la base plutôt que de les nommer un par un. Le total de chaque fiche est vérifié à 20 points.
- Programme d'histoire du cycle 4, annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020 (BO nº 31 du 30 juillet 2020), classe de cinquième, thème 2 « Société, Église et pouvoir politique dans l'Occident féodal (XIe-XVe siècles) ». C'est le texte EN VIGUEUR en cinquième à la rentrée 2026-2027. Le premier sous-thème, cité mot pour mot : « L'ordre seigneurial : la formation de la société féodale ». Les estimations de population de l'Europe occidentale et les taux de prélèvement retenus sont ceux qu'on cite le plus couramment pour la France du Nord aux XIIe-XIIIe siècles ; ils variaient d'une seigneurie à l'autre, et les fiches le disent. Le domaine dessiné est un domaine TYPE, construit pour l'exercice : ce qui s'y apprend est la façon de lire un plan, non le cadastre d'un lieu réel.