Histoire · 5ème · Évaluation

Évaluation Histoire 5ème : L'Ordre Seigneurial (PDF + Corrigé)

Cinq évaluations qui suivent les deux mots du programme — « la formation et la domination des campagnes » — et rendent à l'Église la place que le titre du thème lui donne.

5ème Histoire Évaluation
Durée 35 min par évaluation
Barème Sur 20
Format PDF A4
Accès Gratuit
Une barre de cent gerbes partagée : 25 pour les semences, 10 pour la dîme, 12,5 pour le champart, 6,25 pour la banalité du moulin, et 46,25 pour la famille.

Un sujet traité à moitié

Le thème s'intitule « Société, Église et pouvoir politique dans l'Occident féodal ». Sur les 6 244 caractères de la version précédente de cette page, « ecclésiastique » comptait zéro occurrence, « abbaye » zéro, « évêque » zéro, « moine » zéro, « dîme » zéro.

Le sous-thème s'intitule « la formation et la domination des campagnes ». La formation, c'est-à-dire la conquête des terres, que le programme nomme explicitement : « défrichement » zéro, « marais » zéro, « environnement » zéro.

Et le mot « domination » lui-même, comme « féodal », « vassal », « fief » et « hommage », n'y figurait pas une seule fois — sur une page consacrée à l'Occident féodal.

La page n'était pas mauvaise : elle traitait bien la seigneurie, ses parties, ses redevances et ses statuts. Elle en traitait une moitié.

1 sur 5

La conquête des terres

Avant de dominer les campagnes, il a fallu les faire.

Trois estimations de population, de l'an mil à 1300 : l'Europe occidentale passe d'environ 40 à environ 75 millions d'habitants. L'élève calcule le facteur et le pourcentage — ce ne sont pas le même nombre.

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Une question porte sur la méthode : faute de recensement, comment les historiens estiment-ils ? En comptant ce qui se comptait — les feux dans les registres d'impôt, les tenures dans les inventaires.

Une chaîne causale referme la boucle : plus d'enfants, plus de bouches, on défriche, les terres augmentent, les récoltes augmentent, la population augmente encore.

Et le prix : la forêt recule, avec le bois de chauffage, la glandée des porcs, la chasse et le miel. Le programme demande d'envisager « le lien entre êtres humains et environnement » — ce lien va dans les deux sens.

On ne gagne pas de la terre sur rien : on la gagne toujours sur quelque chose.

  • Défricher
  • Assécher
  • Endiguer
  • La forêt qui recule

2 sur 5

Le domaine : réserve, tenures et communaux

Un plan, et trois façons d'occuper la terre.

Le plan est dessiné à l'échelle : la surface d'une parcelle sur le papier est sa part réelle du domaine. La réserve en occupe 24 %, les tenures 45 %, les communaux 25 %.

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D'où une question qu'un plan illustré ne permettrait pas de poser : sur les seules terres labourées, quelle part le seigneur exploite-t-il directement ? Un peu plus d'un tiers.

Un tri sépare ensuite ce dont le seigneur use seul de ce dont tout le village use — le bois mort, la glandée, la vaine pâture. Usage n'est pas propriété : les communaux appartiennent au seigneur.

La fiche se ferme sur l'assolement : passer de deux soles à trois fait gagner un tiers de surface cultivée, sans défricher un arpent de plus.

La réserve et les tenures ne sont pas deux mondes : ce sont les mêmes bras.

  • La réserve
  • Les tenures
  • Les communaux
  • L'assolement

3 sur 5

Ce que le paysan verse, et à qui

Une récolte de cent gerbes, et ce qu'il en reste.

Cent gerbes, et un diagramme qui les partage : 25 mises de côté pour semer l'an prochain, 10 de dîme, 12,5 de champart, 6,25 pour la banalité du moulin. Il reste 46,25 gerbes pour vivre l'année entière.

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Une part ne va pas au seigneur, et c'est le point le plus souvent manqué : la dîme est due à l'Église.

Deux prélèvements ne figurent pas sur le diagramme, parce qu'ils ne se prennent pas sur la récolte : le cens, une somme d'argent fixe, et la corvée, des journées de travail.

La dernière question refait le calcul avec une récolte de cinquante gerbes. Le champart tombe de moitié ; le cens ne bouge pas. C'est le fixe qui écrase, les mauvaises années.

Le mot vient du ban, le droit de commander : une banalité n'a rien de banal.

  • Le cens
  • Le champart
  • La dîme
  • Les banalités

4 sur 5

Le seigneur d'Église

Une abbaye, un évêché : des seigneuries comme les autres, et un revenu de plus.

Une abbaye ne vit pas de l'air du temps : des nobles lui donnent des terres, pour le salut de leur âme. Au fil des siècles, ces dons en font un grand propriétaire.

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Sur ces terres, l'abbé est un seigneur : réserve, tenures, moulin banal, justice, cens et champart. Le programme dit « domination conjointe des pouvoirs seigneuriaux, laïques et ecclésiastiques ».

Il reçoit en plus la dîme, que nul seigneur laïque ne peut percevoir. Et quand la terre manque, ses moines défrichent : les cisterciens installent des granges au milieu des bois qu'ils abattent.

Une chose lui est interdite : porter les armes. Il confie donc à un laïc, l'avoué, le soin de défendre ses terres — et cet avoué se paie sur elles.

Un interdit religieux crée une fonction laïque : voilà comment les deux pouvoirs s'emboîtent.

  • L'abbaye
  • L'évêché
  • La dîme
  • L'avoué

5 sur 5

Dominer les campagnes — et ce que les paysans obtiennent

Le mot du programme est « domination ». Elle n'a pourtant jamais été totale.

Cinq copies d'élèves, dont trois fausses, et deux d'entre elles confondent deux liens différents : la seigneurie, qui unit un seigneur et des paysans, et la féodalité, qui unit deux nobles.

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La confusion vient du mot « seigneur », qui sert dans les deux. Mais on ne prête pas hommage pour une tenure, et un paysan n'est pas un vassal.

Une carte mentale range ensuite le pouvoir seigneurial en quatre verbes : commander, juger, prélever, exiger du travail. Le pouvoir se dit en actions, pas en titres.

Enfin, ce que les paysans obtiennent : la charte de franchise, qui fixe par écrit les droits du seigneur — et qui s'achète.

Un droit écrit est un droit qu'on peut opposer.

  • Le vilain
  • Le serf
  • Le droit de ban
  • La charte

Compétences travaillées

  • Comprendre la conquête des terres

    Défricher, assécher, endiguer — et ce que la forêt y perd.

  • Lire un plan de seigneurie

    Réserve, tenures, communaux, et la part que chacun occupe.

  • Suivre un prélèvement jusqu'à son bénéficiaire

    Le cens et le champart au seigneur, la dîme à l'Église.

  • Distinguer seigneurie et féodalité

    L'une unit un seigneur et des paysans, l'autre deux nobles.

Pourquoi l'Église figure au titre du thème

« Société, Église et pouvoir politique » : le programme met l'Église au même rang que le pouvoir politique, et la démarche précise pourquoi — « la domination conjointe des pouvoirs seigneuriaux, laïques et ecclésiastiques ».

Une abbaye ou un évêché possède des seigneuries entières, souvent reçues en donation. Sur elles, l'abbé et l'évêque font exactement ce que fait un chevalier : ils ont une réserve, des tenures, un moulin banal, et ils rendent la justice.

Ils ont en plus un revenu que nul seigneur laïque ne peut percevoir : la dîme, le dixième de la récolte, due à l'Église y compris sur les terres des autres.

Et ils participent à la conquête des terres : les cisterciens défrichent et installent des granges. L'Église n'est pas seulement propriétaire du sol médiéval — elle contribue à le fabriquer.

Seigneurie et féodalité : deux liens qu'on confond

Le même mot, « seigneur », désigne deux rôles différents, et c'est la source de l'erreur la plus fréquente en cinquième.

La seigneurie unit un seigneur et des paysans autour d'un territoire. On n'y entre par aucun acte : on naît dans la seigneurie où l'on vit. On y verse des redevances et du travail.

La féodalité unit deux nobles autour d'un fief. On y entre par un acte précis, l'hommage, où le vassal met ses mains dans celles de son seigneur. On y doit l'aide et le conseil — c'est-à-dire le service armé.

Un paysan qui cultive une tenure n'est donc pas un vassal : il est un tenancier. Et un vassal ne verse pas de champart : il combat.

Méthode et vérification

Contenu produit à partir du programme d'histoire du cycle 4 (arrêté du 9 novembre 2015 modifié, version consolidée au BOEN n° 31 du 30 juillet 2020), classe de 5e, thème 2, sous-thème « L'ordre seigneurial : la formation et la domination des campagnes ». Les parts du plan sont calculées sur sa géométrie, la répartition d'une récolte en fractions exactes, et le gain de l'assolement par comparaison. Les taux de prélèvement retenus sont ceux qu'on cite le plus couramment pour la France du Nord aux XIIe-XIIIe siècles ; les fiches précisent qu'ils variaient. Les chiffres de population sont présentés comme des estimations.

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :
  • Programme d'histoire du cycle 4, arrêté du 9 novembre 2015 modifié — BOEN n° 31 du 30 juillet 2020, classe de 5e, thème 2.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une seigneurie, et de quoi se compose-t-elle ?
Un territoire sur lequel un seigneur exerce son pouvoir. Il se partage en trois : la réserve, qu'il fait exploiter directement par les corvées ; les tenures, qu'il confie aux paysans contre redevances ; et les communaux — bois et prés — dont tout le village a l'usage. Sur le plan de ces fiches, la réserve occupe 24 % du domaine, les tenures 45 %, les communaux 25 %.
Quelle différence entre le cens, le champart et la dîme ?
Le cens est une somme d'argent fixe, due chaque année pour la tenure : elle ne change pas avec la récolte. Le champart est une part de la récolte, souvent le huitième, prise sur le champ : il suit donc les bonnes et les mauvaises années. La dîme, le dixième en principe, n'est pas une redevance seigneuriale : elle est due à l'Église.
Que reste-t-il au paysan après les prélèvements ?
Avec les taux les plus couramment cités, sur cent gerbes récoltées : 25 sont mises de côté pour semer l'année suivante, 10 vont à l'Église, 12,5 et 6,25 au seigneur. Il reste 46,25 gerbes pour nourrir la famille toute l'année. Ces taux variaient d'une seigneurie à l'autre.
Un paysan est-il le vassal de son seigneur ?
Non, et c'est la confusion la plus fréquente. La vassalité unit deux nobles : le vassal reçoit un fief et prête hommage, et il doit en échange l'aide et le conseil, c'est-à-dire le service armé. Le paysan, lui, tient une tenure et verse des redevances : il est un tenancier, pas un vassal.

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