Le calcul littéral sert à démontrer
Le programme est explicite : on utilise le calcul littéral « pour traduire une propriété générale, pour démontrer un résultat général, pour valider ou réfuter une conjecture, pour modéliser une situation ». Quatre usages, et pas un ne figurait dans la version précédente de cette page.
Il donne même son exemple : « la somme de trois entiers consécutifs est un multiple de trois ». Les deux dernières séries d'exercices lui sont consacrées.
L'idée est plus simple qu'elle n'en a l'air. On fait tourner un programme de calcul sur trois nombres, et l'on obtient trois fois le même résultat : c'est une conjecture, pas une preuve. On recommence en partant d'une lettre, et le calcul vaut alors pour tous les nombres à la fois.
Les trois premières séries donnent les outils : écrire avec des lettres, développer, factoriser. Sans eux, la démonstration ne s'écrit pas.
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Exercices 1 — les conventions d'écriture
Six écritures à connaitre par cœur, et le calcul d'une valeur par substitution.
Six écritures forment les automatismes du chapitre : 3 × x s'écrit 3x, x × x s'écrit x², x + x s'écrit 2x, 1 × x s'écrit x, 3x + 2x s'écrit 5x, et 3x × 2x s'écrit 6x².
La convention n'est pas un caprice. Devant une lettre, le signe × est inutile parce que 3x ne se lit que d'une façon ; entre deux nombres, 35 se lirait « trente-cinq ».
La confusion la plus fréquente oppose 2x et x². Le premier est une somme déguisée, x + x ; le second est un produit, x × x. Pour x = 3, l'un vaut 6 et l'autre 9 — un seul essai les sépare.
Le dernier exercice calcule une valeur par substitution, y compris pour un nombre négatif et pour une fraction : ce sont les deux cas qui se ratent.
Chercher quand une expression vaut zéro, c'est déjà résoudre une équation.
- 3x
- x²
- 5x
- 6x²
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Exercices 2 — développer et réduire
Cinq produits à développer, et cinq calculs d'élèves dont quatre sont faux.
Cinq produits sont à développer : trois par distributivité simple, deux par distributivité double. Le tableau donne le produit, l'élève écrit la forme développée et réduite.
Une question compte les produits à écrire : deux pour k(a + b), quatre pour (a + b)(c + d). Compter avant de calculer évite l'erreur la plus fréquente.
La chasse aux erreurs reprend cinq calculs tels qu'on les lit dans des copies : le facteur oublié sur le second terme, le signe du facteur négatif, les quatre produits réduits à deux, et l'addition de termes de degrés différents.
Le dernier exercice donne la méthode pour se vérifier sans corrigé : remplacer la lettre par un nombre dans les deux écritures. Elle ne prouve pas qu'un calcul est juste, mais elle prouve qu'il est faux.
5x + 3x² ne se réduit pas : on n'additionne que des termes de même degré.
- k(a + b)
- (a + b)(c + d)
- Les signes
- Réduire
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Exercices 3 — factoriser
Somme ou produit, facteur commun, et la vraie raison de factoriser.
Six expressions sont à ranger : celles qui sont des sommes, celles qui sont des produits. On regarde la dernière opération qu'on effectuerait si l'on calculait — c'est elle qui donne la nature de l'expression.
Un texte explique la vraie raison de factoriser, et elle n'est pas esthétique : un produit est nul si, et seulement si, l'un de ses facteurs est nul. Une somme ne permet pas ce raisonnement.
C'est pourquoi on cherche à factoriser avant de résoudre une équation — et cette raison servira toute la scolarité.
Quatre expressions sont ensuite à factoriser par leur facteur commun, puis à vérifier en les redéveloppant : développer et factoriser sont deux chemins inverses.
La nature d'une expression est une question de forme, et non de valeur.
- Somme
- Produit
- Facteur commun
- Vérifier
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Exercices 4 — un programme de calcul
Trois essais donnent le même résultat. Cela ne prouve rien.
« Choisis un nombre, multiplie par 4, ajoute 12, divise par 4, enlève le nombre choisi. » En partant de 4, on obtient 3. En partant de −2, on obtient 3. En partant de 0,5, on obtient 3.
Trois essais ne démontrent rien : un quatrième nombre pourrait donner autre chose. Ils suggèrent seulement, et ce qu'ils suggèrent porte un nom — une conjecture.
On recommence alors en partant de x. Le calcul donne 4x, puis 4x + 12, puis x + 3, puis 3. La lettre représente tous les nombres à la fois : la conjecture est démontrée.
Un second programme reprend le procédé, et le dernier exercice demande d'en inventer une étape — savoir modifier un programme pour obtenir un résultat voulu, c'est le comprendre.
Une seule ligne de calcul littéral remplace une infinité d'essais.
- Essayer
- Conjecturer
- Démontrer
- Modifier
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Exercices 5 — démontrer avec des lettres
L'exemple du programme, les quatre usages, et un contre-exemple.
Une démonstration est donnée en entier, et c'est celle que le programme cite : la somme de trois entiers consécutifs est un multiple de trois. On appelle n le plus petit, la somme vaut 3n + 3, soit 3(n + 1).
Une question demande de refaire la démonstration en appelant n l'entier du milieu : les trois s'écrivent alors n − 1, n et n + 1, leur somme vaut 3n, et la démonstration est plus courte. Un bon choix de lettre ne change pas la vérité, il en change la longueur.
Une carte mentale reprend les quatre usages du calcul littéral, dans les mots du programme : traduire une propriété générale, démontrer un résultat général, valider ou réfuter une conjecture, modéliser une situation.
Le dernier exercice réfute une conjecture fausse — « le carré d'un nombre est toujours plus grand que ce nombre » — par un seul contre-exemple. Réfuter est beaucoup plus facile que démontrer, et c'est une asymétrie qu'il faut connaitre.
Une démonstration littérale vaut pour tout ce que la lettre représente.
- Traduire
- Démontrer
- Réfuter
- Modéliser
Compétences travaillées
-
Écrire
Six conventions à appliquer sans réfléchir.
-
Développer
Distributivité simple et double, et les erreurs de signe.
-
Factoriser
Le facteur commun, et la vraie raison de le chercher.
-
Démontrer
Ce que trois essais ne prouvent pas, et qu'une lettre prouve.
Comment vérifier un développement sans corrigé
En remplaçant la lettre par un nombre dans les deux écritures. Si le produit et sa forme développée ne donnent pas le même résultat, le développement est faux — sans discussion possible.
Prendre x = 2 ou x = 10 suffit à repérer presque toutes les erreurs. Un conseil supplémentaire : éviter x = 0 et x = 1, qui laissent passer beaucoup de fautes parce qu'ils annulent ou neutralisent des termes.
Cette vérification ne démontre pas qu'un calcul est juste : deux expressions différentes peuvent coïncider en un point. Mais elle prouve qu'il est faux, et c'est exactement ce dont on a besoin en travaillant seul.
C'est d'ailleurs la méthode qu'emploie le générateur de ces fiches : chaque identité annoncée y est éprouvée en douze valeurs — des entiers, des négatifs, des fractions et zéro.
Ce qui changera à la rentrée 2027
Le nouveau programme de mathématiques du cycle 4 (arrêté du 18 février 2026) s'appliquera à la classe de quatrième à la rentrée 2027-2028. Trois déplacements concernent ce chapitre.
La distributivité double devient un objectif d'apprentissage de la troisième : la quatrième ne gardera que la distributivité simple, k(a + b) = ka + kb.
L'identité a² − b² = (a − b)(a + b) part elle aussi en troisième, avec les deux autres identités remarquables.
Enfin, le nouveau texte nomme explicitement l'outil numérique dans ce chapitre : « formuler des conjectures à l'aide d'un algorithme ou d'un tableur pour résoudre de manière exacte ou approchée une équation ». Ces fiches préparent déjà à cette démarche, puisqu'elles font conjecturer avant de démontrer.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme de mathématiques du cycle 4 en vigueur pour la classe de quatrième en 2026-2027 : arrêté du 9 novembre 2015 modifié, BOEN n° 31 du 30 juillet 2020. Le nouveau programme (arrêté du 18 février 2026) ne s'appliquera à la quatrième qu'à la rentrée 2027-2028, en vertu de son article 3 — vérifié au Bulletin officiel. Le moteur `calcul_litteral_4eme` calcule tous les développements, factorisations et valeurs, et vérifie chaque identité en l'évaluant en douze points rationnels ; chaque programme de calcul est éprouvé sur la lettre et sur une douzaine de nombres, qui doivent tomber d'accord.
- Programme de mathématiques du cycle 4, arrêté du 9 novembre 2015 modifié — BOEN n° 31 du 30 juillet 2020, thème A.
- Arrêté du 18 février 2026 fixant les programmes de français et de mathématiques du cycle 4 — BOEN n° 10 du 5 mars 2026, article 3 (calendrier d'application).