Une société, pas seulement des villes
Le sous-thème s'intitule « L'émergence d'une nouvelle société urbaine ». Sur les 11 196 caractères de la version précédente de cette page, l'expression « société urbaine » comptait zéro occurrence, et le mot « urbain » zéro également.
La page expliquait pourtant bien des choses justes : ce qu'est une charte de franchise, qui sont les bourgeois, comment se tiennent les foires. Ce qui manquait est le fil qui les relie — ce que le programme appelle une société nouvelle.
Car ce ne sont pas seulement des bâtiments qui apparaissent au XIIe siècle. On n'y dépend plus d'un seigneur mais d'une ville qui s'administre ; on n'y vit plus de la terre mais d'un métier ; on n'y obéit plus à la coutume mais à une charte. Les rapports entre les gens ont changé.
Manquaient aussi les deux expressions que le programme emploie lui-même : « de nouveaux modes de vie » et « stimule l'économie marchande », toutes deux à zéro occurrence. Le premier est l'objet de ces cinq fiches ; le second, celui de l'article voisin.
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Deux vies
Ce qui sépare un citadin d'un paysan, question par question.
Cinq questions, posées deux fois : à la campagne, puis en ville. De qui dépend-on ? Comment gagne-t-on sa vie ? Peut-on partir ? Qui décide des règles ? Où apprend-on ?
Les réponses diffèrent à chaque ligne, et c'est l'écart qui définit la nouveauté. Le contrôle refuse d'ailleurs une ligne où la ville et la campagne répondraient pareil : il n'y aurait alors rien à faire émerger.
Une carte mentale rassemble ensuite ce qui fait la ville : qui y vit, qui la dirige, ce qu'on y gagne, et quand elle se développe — principalement à partir du XIIe siècle.
Une question ferme la fiche sur le contresens le plus fréquent : le bourgeois n'est pas d'abord un homme riche, c'est l'habitant du bourg. Beaucoup étaient de modestes artisans.
Ce sont les rapports entre les gens qui sont neufs, pas les murs.
- La société urbaine
- Le bourgeois
- L'échevin
- Le XIIe siècle
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Ce que donne une charte
Trois sortes de libertés, et pas seulement le droit de commercer.
Six libertés à classer selon leur nature : personnelle, économique ou politique. Se marier sans l'accord du seigneur n'est pas du même ordre que tenir un marché, ni qu'élire des échevins.
Une charte ne se réduit donc pas au commerce. Elle touche la personne, elle touche l'argent, et elle touche le gouvernement de la ville.
La seconde partie suit les quatre étapes par lesquelles une ville obtient sa charte, et demande qui agit à chacune. L'acteur change en cours de route : les habitants d'abord, le seigneur à la fin.
Une question porte sur l'intérêt du seigneur. Il y gagne : une ville active rapporte des taxes régulières, souvent plus que ce qu'il perd. Certaines chartes ont été achetées, d'autres arrachées par la révolte.
Une charte se paie, ou s'arrache.
- La charte de franchise
- La commune
- L'échevinage
- Le privilège
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Un an et un jour
Une règle à deux conditions, et les deux comptent.
Quatre cas à trancher : deux ans sans être réclamé, onze mois puis un retour au village, trois ans mais une réclamation dès la première semaine, un an et un jour sans réclamation.
Deux conditions, et il faut les deux. La durée seule ne suffit pas — un serf réclamé ne devient pas libre, même après cinq ans. Le contrôle vérifie précisément ce cas avant de produire.
Le questionnaire porte ensuite sur les mots : ce que signifie l'adage « l'air de la ville rend libre », ce qu'est un serf, ce qu'est une commune.
Une dernière question relie la règle au mouvement urbain : cette porte de sortie est l'une des causes de la croissance des villes.
La durée seule ne suffit pas.
- Le serf
- L'affranchissement
- La commune
- L'an et jour
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Un métier
En ville, on n'hérite pas d'un champ : on apprend un métier.
Trois degrés, et l'on ne saute aucun : apprenti chez un maître pendant plusieurs années, puis compagnon — payé, libre de voyager — puis maître, qui ouvre son atelier.
C'est une autre façon de gagner sa vie que la terre, et une autre façon d'y entrer : par l'apprentissage, non par l'héritage.
Les artisans d'un même métier s'associaient pour en fixer les règles : la qualité du travail, les prix, le nombre d'apprentis. L'association réglait d'abord, protégeait ensuite.
Quatre copies ferment la fiche, dont une seule est juste. Les trois autres portent les erreurs les plus fréquentes, dont celle du siècle : le mouvement urbain s'amorce au XIIe, non au XVe.
On entre dans un métier par l'apprentissage, non par l'héritage.
- L'apprenti
- Le compagnon
- Le maître
- L'atelier
5 sur 5
Ce que la ville rend possible
Des métiers, des écoles, et des vies qui ne dépendent plus d'un champ.
Une chaîne de causes, dont deux maillons manquent : les campagnes produisent plus, des paysans quittent la terre, les villes grossissent, de nouveaux métiers apparaissent.
Le raisonnement tient en deux moitiés : il faut moins de bras pour nourrir tout le monde, donc une partie des paysans peut partir ; et la ville peut être nourrie par les campagnes voisines.
Dans les plus grandes villes, une université s'ouvre à ceux qui veulent étudier — un mot que la page précédente ne prononçait pas.
La fiche se ferme sur un paragraphe rédigé, appuyé sur les mots du chapitre, et sur une exigence de date : citer le XIIe siècle vaut mieux qu'un « au Moyen Âge » qui couvre mille ans.
Une meilleure récolte libère des bras, et la ville les reçoit.
- L'université
- La croissance
- Le XIIe siècle
- Le paragraphe
Compétences travaillées
-
Opposer deux modes de vie
Répondre à la même question pour la campagne et pour la ville, et nommer l'écart.
-
Lire une charte de franchise
Classer les libertés accordées selon leur nature : personnelle, économique, politique.
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Appliquer la règle de l'an et jour
Trancher des cas concrets en vérifiant les deux conditions, et non une seule.
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Décrire l'apprentissage d'un métier
Nommer les trois degrés et dire ce que chacun suppose.
Ce que « bourgeois » voulait dire
Le mot pose un piège, et il se referme presque à chaque évaluation.
Un bourgeois, au Moyen Âge, est l'habitant du bourg — c'est-à-dire de la ville. Le mot vient du lieu, pas de la fortune. Beaucoup de bourgeois étaient de modestes artisans, et certains fort pauvres.
Le sens de « personne riche » est venu bien plus tard, quand une partie de ces habitants s'est enrichie par le commerce. L'employer pour le XIIe siècle, c'est plaquer une réalité postérieure sur une autre.
Ce que le bourgeois a de commun, ce n'est donc pas l'argent : c'est de dépendre de la ville et non d'un seigneur, et de bénéficier des libertés que la charte lui accorde.
Pourquoi les villes grossissent au XIIe siècle
Le mouvement ne commence pas n'importe quand, et le programme le date : « principalement au XIIe siècle ».
La cause est d'abord agricole. De meilleurs outils, la charrue à versoir, l'assolement, la conquête de nouvelles terres : les campagnes produisent davantage. Il faut alors moins de bras pour nourrir la même population.
Une partie des paysans peut donc partir, et les villes peuvent les recevoir — puisque les campagnes voisines produisent assez pour les nourrir. Les deux moitiés du raisonnement se tiennent : sans le surplus agricole, la ville ne pourrait ni se peupler ni se nourrir.
S'y ajoute la règle de l'an et jour, qui offre une sortie à ceux qui restent attachés à la terre. La ville attire parce qu'elle nourrit, et parce qu'elle affranchit.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme d'histoire du cycle 4 (annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020), classe de 5e, thème 2, sous-thème « L'émergence d'une nouvelle société urbaine ». Le partage avec l'article voisin suit les deux effets que le texte nomme. La règle de l'an et jour est appliquée par une fonction, et non affirmée.
- Programme d'histoire-géographie du cycle 4, annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020 (BO n° 31 du 30 juillet 2020) — classe de 5e, thème 2.