Ce que le CE2 ajoute au CE1
L'objectif du CE2 tient en une phrase : « Repérer, comprendre et mettre en œuvre les marques d'accord au sein du groupe nominal. » C'est l'exemple de réussite qui précise ce que cela recouvre, et il est plus exigeant qu'on ne le croit.
Il demande « des marques d'accords réguliers pour les noms et les adjectifs (nombre (-s) et genre (-e)) » — c'est le niveau du CE1 —, puis il ajoute deux choses : « des marques d'accord de pluriels irréguliers pour les noms (-x, -al/-aux) » et « des marques du féminin quand elles s'entendent dans les noms (lecteur/lectrice) et dans les adjectifs (joyeux/joyeuse) ».
Ces deux ajouts sont le cœur du niveau. Un exercice qui s'en tient au -s et au -e propose en réalité une révision du CE1.
Les cinq évaluations suivent cette progression : le groupe et son noyau, la chaîne d'accords, les pluriels irréguliers, les féminins audibles, puis tout ensemble.
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Le groupe nominal et son noyau
Quatre groupes à décomposer, quatre noms noyaux à trouver.
Le tableau décompose quatre groupes en trois colonnes : déterminant, nom noyau, adjectif. Un détail y est travaillé sans être annoncé — l'adjectif ne se place pas toujours au même endroit. Il précède le nom dans « le petit chat », il le suit dans « ce livre vert ».
Le QCM demande ensuite de désigner le nom noyau dans quatre groupes. Le test le plus rapide est celui de la suppression : « un cheval » se dit très bien, « un noir » ne veut plus rien dire.
Les deux dernières questions posent les définitions : un groupe nominal tient au minimum en deux mots, et le déterminant est le petit mot qui indique le genre et le nombre du nom.
Évaluation à donner en premier : on n'accorde pas ce qu'on n'a pas identifié.
- Quatre groupes décomposés
- La place de l'adjectif
- Le nom noyau
- Le test de la suppression
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La chaîne d'accords
Cinq groupes à mettre au pluriel, et trois copies à corriger.
Le programme emploie l'expression « chaine d'accords », et elle dit exactement ce qui se passe : quand le nom change de nombre, le déterminant et l'adjectif suivent. Cinq groupes sont à récrire au pluriel, et les trois mots changent à chaque fois.
Les trois copies à corriger portent sur le maillon le plus souvent oublié : l'adjectif. Il est loin du déterminant, et l'élève qui a bien commencé sa phrase l'a parfois déjà quitté des yeux.
Une question donne la méthode qui évite l'erreur : commencer par le nom noyau, chercher son genre et son nombre, puis accorder le reste sur lui. Accorder dans le désordre revient à deviner.
La dernière question cumule les deux difficultés : mettre un groupe au féminin pluriel, soit deux changements à la fois.
Un seul maillon oublié, et toute la chaîne est fausse.
- Cinq groupes au pluriel
- Trois copies à juger
- Commencer par le noyau
- Le féminin pluriel
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Les pluriels irréguliers
Les deux familles que le programme nomme : -x et -al/-aux.
C'est la première des deux difficultés propres au CE2. Le programme les nomme précisément : « des marques d'accord de pluriels irréguliers pour les noms (-x, -al/-aux) ».
Six noms sont à mettre au pluriel, avec la marque à identifier. Trois appartiennent à la famille du -x — bijou, chapeau, jeu — et trois à celle du -al qui devient -aux.
Le tri qui suit demande de reconnaître la famille d'après la fin du mot au singulier : -ou, -eau et -eu prennent un -x ; -al donne -aux.
Les deux dernières questions portent sur ce que l'oreille perçoit. Le -s du pluriel ne s'entend pas : « un chat » et « des chats » se prononcent pareil. Le -aux, lui, s'entend : c'est la seule famille que l'oreille repère toute seule.
Première des deux difficultés que le CE2 ajoute au CE1.
- Six pluriels à écrire
- Deux familles
- Le tri par terminaison
- Ce que l'oreille entend
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Les féminins qui s'entendent
Lecteur / lectrice, joyeux / joyeuse : les exemples du programme.
La seconde difficulté du niveau. Le programme demande « des marques du féminin quand elles s'entendent dans les noms (lecteur/lectrice) et dans les adjectifs (joyeux/joyeuse) » — et ce sont ces deux exemples exacts que la fiche reprend.
Six mots sont à relier à leur forme féminine : quatre noms et deux adjectifs. Aucun ne se contente d'ajouter un -e muet ; dans les six cas, la fin du mot change et cela s'entend.
Quatre groupes nominaux sont ensuite à récrire au féminin. Les trois mots changent, comme au pluriel : c'est la même chaîne d'accords, sur l'autre axe.
La dernière question met les deux sortes de féminins côte à côte : « grand » devient « grande », où le -e s'entend à peine, tandis que « heureux » devient « heureuse », où la fin du mot change franchement.
Seconde difficulté du niveau, et la moins travaillée des deux.
- Six mots à relier
- Lecteur et lectrice
- Quatre groupes au féminin
- Deux sortes de féminins
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Accorder tout le groupe
Le bilan : la chaîne d'accords avec des noms irréguliers.
La dernière évaluation réunit tout : la chaîne d'accords appliquée à des noms qui ne prennent pas de -s.
Le QCM propose à chaque ligne deux écritures, dont l'une applique la règle du -s à un nom qui ne la suit pas : « les chevals » contre « les chevaux ». L'erreur est logique — l'élève applique la règle qu'il connaît — et c'est pourquoi les familles irrégulières s'apprennent à part.
Les trois copies à corriger montrent la même chose autrement : le déterminant et l'adjectif sont justes, seule la fin du nom est fausse.
La dernière question cumule les deux difficultés du niveau en une seule réponse : un groupe à mettre au féminin pluriel avec un nom dont le féminin s'entend.
Sujet à donner en dernier : il suppose les quatre autres.
- Quatre écritures à choisir
- Trois copies
- L'erreur logique
- Féminin et pluriel
Compétences travaillées
-
Le nom noyau
Repérer le déterminant, le nom noyau et l'adjectif, et savoir que c'est le nom qui commande.
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La chaîne d'accords
Accorder le déterminant et l'adjectif avec le nom, en genre comme en nombre.
-
Les pluriels irréguliers
Écrire les pluriels en -x (bijoux, chapeaux, jeux) et en -aux (chevaux, journaux, animaux).
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Les féminins audibles
Former le féminin quand il s'entend : lecteur/lectrice, boulanger/boulangère, joyeux/joyeuse.
Le -s et le -e, c'est le CE1
Le programme de français du cycle 2 énonce, pour le CE1, ce que l'élève doit savoir faire en dictée : « des marques d'accord pour le nom et l'adjectif épithète (sans que cette notion soit enseignée) : pluriel en -s, féminin en -e ».
Au CE2, la même compétence est reprise et étendue. L'exemple de réussite ajoute, après les accords réguliers, « des marques d'accord de pluriels irréguliers pour les noms (-x, -al/-aux), des marques du féminin quand elles s'entendent dans les noms (lecteur/lectrice) et dans les adjectifs (joyeux/joyeuse) ».
La différence entre les deux années tient donc entièrement dans ces deux ajouts. Une évaluation de CE2 qui ne fait manipuler que des chats, des chattes et des petites fleurs travaille une compétence acquise l'année précédente.
La troisième et la quatrième fiche de cette série leur sont consacrées, et la cinquième les fait fonctionner ensemble.
Pourquoi l'oreille ne suffit pas — sauf pour les -aux
La plupart des marques d'accord du français ne se prononcent pas. « Un chat » et « des chats » s'entendent exactement pareil : seul le déterminant change à l'oreille. « Joli » et « jolie » aussi.
C'est ce qui rend l'accord difficile : rien, dans ce qu'on entend, ne signale la lettre à écrire. Il faut passer par le raisonnement — chercher le nom, son genre, son nombre — et c'est précisément ce que le programme appelle « repérer, comprendre et mettre en œuvre ».
Les pluriels en -aux font exception, et c'est un point d'appui précieux. « Un cheval » et « des chevaux » ne se prononcent pas de la même façon : ici, l'oreille aide. La troisième évaluation s'appuie sur ce contraste pour faire sentir la différence entre une marque muette et une marque audible.
Accorder dans le bon ordre
La méthode qui évite la plupart des erreurs tient en trois temps, et les corrigés la répètent : trouver le nom noyau, chercher son genre et son nombre, accorder le déterminant et l'adjectif sur lui.
L'ordre compte. Un élève qui commence par le déterminant devine ; un élève qui commence par le noyau déduit. Et comme c'est le nom qui porte le genre — « fleur » est féminin, « livre » est masculin, indépendamment de tout —, c'est le seul point de départ possible.
La vérification, elle, se fait dans l'autre sens et se termine par le nom : le déterminant et l'adjectif suivent des règles régulières, tandis que le nom peut appartenir à une famille irrégulière. C'est la dernière chose à contrôler, et celle qui fait perdre le plus de points.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur l'annexe 3 de l'arrêté du 22 octobre 2024 — programme de français du cycle 2 —, publiée au Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024 et en vigueur depuis la rentrée 2025. Les deux difficultés travaillées, pluriels irréguliers et féminins audibles, sont celles que l'exemple de réussite du CE2 ajoute à celui du CE1 ; les couples lecteur/lectrice et joyeux/joyeuse sont les exemples du texte. Tous les groupes nominaux imprimés sont produits par un même moteur d'accord à partir du déterminant, du nom, de l'adjectif, du genre et du nombre : ils ne sont saisis nulle part, et le corrigé ne peut donc pas diverger de son énoncé. Les erreurs des exercices de correction sont elles aussi construites, en appliquant au nom la règle régulière du -s.