Ce que ces évaluations demandent
Comparer deux rythmes et dire combien de fois l'un vaut l'autre ; appliquer un programme de calcul pour projeter une montée sur trente ans, puis tracer la barre correspondante ; ranger six actions selon qu'elles évitent, modèrent ou adaptent ; remplir la frise d'une politique locale ; et séparer ce que le climat a fait de ce que les habitants ont décidé.
Aucun nombre n'est écrit à la main, et tous ceux qui sont publiés le sont avec leur source et leur date : l'Organisation météorologique mondiale pour les relevés, la Banque des Territoires pour l'étude de cas.
Le tout en cinq formats différents, chacun employé exactement deux fois, et aucun des cinq couples n'est employé par les treize autres articles de géographie de cinquième.
1 sur 5
Un rythme qui a plus que doublé
Ce n'est pas la hauteur qui frappe, c'est la vitesse.
Le niveau moyen de la mer monte de quelques millimètres par an. Dit ainsi, cela ne frappe personne — et c'est précisément le piège de ce chapitre.
Ce qui compte n'est pas la hauteur, c'est la VITESSE. Entre la première décennie de mesure par satellite et la dernière, le rythme a plus que doublé. Un rythme qui augmente annonce une montée de plus en plus rapide : ce qui a mis trente ans à arriver en mettra beaucoup moins la prochaine fois.
Le diagramme de cette évaluation donne les deux rythmes, et la deuxième question demande de combien de fois l'un vaut l'autre — une division, non une soustraction. Le module refuse la fiche si le rapport cessait de dépasser deux.
Le questionnaire porte ensuite sur ce que l'année de référence a été : la température, le rang de l'année dans les relevés, l'état des banquises, et surtout QUI publie ces chiffres. Un relevé sans source ne se vérifie pas.
Ce n'est pas la hauteur qui frappe, c'est la vitesse.
- Deux périodes, deux rythmes
- Quatre lignes à cocher
- Une question sur ce que mesure un rythme
2 sur 5
Ce que cela donne sur trente ans
Une projection simple, et deux résultats qui ne se ressemblent pas.
Un rythme se projette : on le multiplie par une durée, et l'on obtient une hauteur. C'est le calcul le plus simple du chapitre, et il suffit à faire voir ce que les deux rythmes ont de différent.
Le programme de calcul de cette évaluation part du rythme le plus récent et descend jusqu'aux centimètres. La première question demande de refaire le même calcul avec l'ancien rythme : seule la première case change, et le résultat est plus de deux fois moindre.
Le diagramme qui suit compare les deux projections. La barre du rythme ancien est tracée ; celle du rythme actuel manque, et l'élève vient de la calculer. Le module vérifie que la barre à tracer vaut exactement le résultat du programme, et que la barre déjà tracée ne le vaut PAS — sinon l'élève lirait sur le dessin ce qu'il doit calculer.
La seconde question porte sur la limite de l'exercice : une projection à rythme constant suppose que rien ne s'accélère, alors que le rythme, précisément, s'accélère. Le résultat est donc probablement trop faible, et le corrigé attend ce sens-là.
Une projection à rythme constant est un minimum.
- Le programme de calcul
- La barre à tracer
- Une question sur les deux projections
3 sur 5
Éviter, modérer, s'adapter
Trois verbes du programme, et trois politiques différentes.
Le programme de géographie nomme trois façons de répondre à un effet du changement climatique : les ÉVITER, les MODÉRER ou s'y ADAPTER. Trois verbes, trois politiques différentes, et les confondre est l'erreur de ce chapitre.
Éviter agit sur la cause : c'est le seul moyen d'arrêter le changement, mais ses effets mettront des décennies à se faire sentir. Modérer agit sur l'effet : l'effet se produit toujours, mais il fait moins de dégâts. S'adapter agit sur nous : on vit autrement, en tenant compte de ce qui est déjà là.
Le tri de cette évaluation range six actions dans ces trois colonnes. Elles sont imprimées dans un ordre où deux voisines ne vont jamais dans la même colonne : rangées autrement, elles se seraient remplies deux par deux sans réfléchir.
Le programme de calcul qui suit décrit les quatre étapes par lesquelles une commune en arrive à déplacer un village, avec les valeurs d'un cas réel. La question demande laquelle des trois réponses cette commune a choisie, et pourquoi pas les deux autres.
Éviter agit sur la cause, s'adapter agit sur nous.
- Six actions à ranger
- Les quatre étapes d'une décision
- Une question sur les trois verbes
4 sur 5
Miquelon : déplacer un village
Une politique ne se décide pas, elle s'étale.
Le programme demande une étude de cas « simple, au choix du professeur », qui montre à la fois des effets observés ET une politique. Miquelon les réunit.
Ce village de six cents habitants, dans l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, est menacé par la montée des eaux, le recul du trait de côte et des tempêtes de plus en plus violentes. Il va être déplacé à deux kilomètres, sur des terres plus élevées : c'est la première relocalisation d'un village français pour raison climatique.
La frise de cette évaluation fait retrouver les quatre étapes du projet, année par année : les ateliers avec les habitants, le financement public, les premiers travaux, les premiers permis de construire. L'ordre compte — on consulte avant de financer, on finance avant de construire.
Le tri qui suit fait séparer ce que le climat a FAIT de ce que les habitants ont DÉCIDÉ. Et la question de rédaction porte sur l'expression « les premiers réfugiés climatiques de France » : juste par un côté, trompeuse par l'autre, puisqu'il ne s'agit pas d'une fuite mais d'une politique organisée.
Une politique ne se décide pas, elle s'étale.
- Quatre cases à remplir
- Six faits à ranger
- Une question sur ce que ce cas montre
5 sur 5
Les repères du chapitre
Trois repères à connaitre, et ce que l'étude de cas a montré.
Trois repères tiennent tout le chapitre, et ce sont trois PÉRIODES, non trois années : celle qui sert de référence pour mesurer le réchauffement, et les deux décennies de mesure du niveau de la mer.
La frise de cette évaluation les fait retrouver. La légende précise que l'axe n'est pas à l'échelle du temps — une frise sert ici à ordonner, non à mesurer des durées.
Le questionnaire porte ensuite sur l'étude de cas de la fiche précédente : où va le village, quand la décision a été prise, de laquelle des trois réponses elle relève, et qui la finance.
La question de synthèse demande enfin lequel des deux objectifs de développement durable rattachés à ce chapitre le projet de Miquelon sert le plus. Déplacer un village ne réduit aucune émission : il répond à une RÉPERCUSSION déjà là, et c'est le mot qui tranche.
Trois périodes, et non trois années.
- Trois cases à remplir
- Quatre lignes à cocher
- Une question de synthèse
Compétences travaillées
-
Ce n'est pas la hauteur qui frappe, c'est la vitesse
Le niveau de la mer monte deux fois plus vite qu'il y a trente ans : c'est l'accélération qui change ce qu'il faut prévoir.
-
Une projection à rythme constant est un minimum
Elle suppose que rien ne s'accélère. Or le rythme, justement, s'accélère.
-
Éviter, modérer, s'adapter ne sont pas trois mots pour la même chose
Le premier agit sur la cause, le deuxième sur l'effet, le troisième sur nous.
-
Une politique ne se décide pas, elle s'étale
De la tempête au premier permis de construire, il s'écoule des années — et chacune a son étape.
Ce chapitre n'est pas celui de SVT, et la différence est dans les verbes
Le site traite déjà la climatologie et les risques en sciences de la vie et de la Terre, sur quatre articles. Les deux programmes nomment les mêmes objets — le climat, les risques, les tempêtes — et il serait facile de croire qu'ils enseignent la même chose.
Ils ne demandent pas le même geste. La SVT demande d'« expliquer quelques phénomènes météorologiques et climatiques » et de « relier les connaissances scientifiques sur les risques naturels » : aléa, vulnérabilité, risque, prévision. Elle enseigne le mécanisme.
La géographie demande d'aborder « le changement climatique et les défis pour les sociétés », la « résilience des sociétés », et une étude de cas « des effets observés ou potentiels et d'une politique, pour les éviter, les modérer ou s'y adapter ». Elle enseigne ce que les sociétés font.
Ces cinq évaluations ne portent donc ni aléa, ni vulnérabilité, ni prévision. Elles portent des relevés publiés, un rythme qui change, trois verbes à distinguer, et le cas d'une commune qui déplace son village.
Miquelon, ou pourquoi une politique s'étale
Le programme demande une étude de cas « simple, au choix du professeur », qui montre à la fois des effets observés ET une politique. Miquelon, dans l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, les réunit : six cents habitants, une côte qui recule, des tempêtes de plus en plus violentes, et la décision de déplacer le village à deux kilomètres, sur des terres plus élevées.
C'est la première relocalisation d'un village français pour raison climatique. La quatrième fiche en fait une frise : des ateliers avec les habitants, puis le financement public, puis les premiers travaux, puis les premiers permis de construire — plusieurs années entre la première case et la dernière.
C'est ce qui distingue une politique d'une décision. Le module vérifie d'ailleurs que les événements qui ont déclenché le projet PRÉCÈDENT sa première étape : une fiche qui dirait que la cause suit l'effet ne sortirait pas.
Et le tri qui suit fait séparer ce que le climat a fait de ce que les habitants ont décidé. La distinction paraît évidente ; elle est précisément ce que ce chapitre demande de savoir faire.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme de géographie du cycle 4 en vigueur en cinquième. CE CHAPITRE N'AVAIT AUCUN ARTICLE, et son thème non plus : le thème 3 du programme de géographie de 5e était le dernier trou de la matière sur le site. CE QUI N'EST PAS DE LA SVT, ET POURQUOI : le site traite déjà la climatologie et les risques en SVT, en quatre articles. Les deux programmes nomment les mêmes objets et ne demandent pas le même geste — la SVT demande d'EXPLIQUER le mécanisme (aléa, vulnérabilité, prévision), la géographie demande ce que les SOCIÉTÉS FONT (les effets observés, et une politique pour les éviter, les modérer ou s'y adapter). Ces cinq évaluations ne portent donc ni aléa, ni vulnérabilité, ni prévision : elles portent des relevés, un rythme qui change, et ce qu'une commune décide. AUCUN NOMBRE N'EST ÉCRIT À LA MAIN : le rapport des deux rythmes est un quotient, les projections sur trente ans des produits en fractions exactes, la durée du projet une soustraction. LES FAITS QUE LES FICHES AFFIRMENT SONT PROUVÉS AVANT L'IMPRESSION : que le rythme récent soit le plus rapide et qu'il ait PLUS QUE DOUBLÉ, sans quoi la première fiche n'aurait plus d'objet ; que la barre à tracer de la deuxième soit exactement le résultat du programme de calcul placé au-dessus, et que la barre DÉJÀ TRACÉE ne le soit pas — sinon l'élève lirait sur le dessin ce qu'il doit calculer ; que les trois colonnes du tri soient les trois verbes du programme et pas d'autres ; que chaque événement déclencheur PRÉCÈDE la première étape du projet, faute de quoi la fiche dirait que la cause suit l'effet. UN REPÈRE A ÉTÉ CHANGÉ parce qu'il signifiait deux choses : « 2025 » figurait sur deux frises de l'article, une fois pour la température et une fois pour une étape du projet. Le total de chaque évaluation est vérifié à 20 points, et aucun tracé n'est en couleur.
- Programme de géographie du cycle 4, arrêté du 9 novembre 2015 modifié, version consolidée au BO nº 31 du 30 juillet 2020, classe de cinquième, thème 3 « L'environnement, du local au planétaire », premier sous-thème « Le changement global climatique et ses principaux effets géographiques régionaux ». Le texte demande d'aborder « la question du changement climatique et des défis pour les sociétés » et « la vulnérabilité et la résilience des sociétés face aux risques », à partir d'« une étude de cas simple, au choix du professeur, des effets observés ou potentiels d'un changement climatique et d'une politique locale, régionale ou nationale, pour les éviter, les modérer ou s'y adapter » ; il rattache le sous-thème aux objectifs de développement durable nº 13 et nº 15. TOUS LES CHIFFRES SONT PUBLIÉS PAR LES INSTITUTIONS QUI LES PRODUISENT, et relus à la source. La température de 2025, son rang et l'état des banquises viennent du rapport « State of the Global Climate 2025 » de l'Organisation météorologique mondiale, publié le 23 mars 2026 ; les deux rythmes de montée du niveau de la mer viennent du même organisme. L'étude de cas de Miquelon — la première relocalisation d'un village français pour raison climatique — vient de la Banque des Territoires, de la Caisse des Dépôts.