Une dictée, ce n'est pas une copie
La version précédente de cette page imprimait le texte de la dictée au milieu de la feuille de l'élève. Sous les yeux de celui qui écrit, une dictée devient une copie.
Ici, le texte de chaque dictée figure sur la fiche de l'adulte — celle qu'on lit à voix haute. La feuille de l'élève porte le titre, le nombre de mots, et les lignes réglées.
L'autodictée fait exception, et c'est son principe même : l'élève apprend le texte avant de l'écrire, donc il l'a. C'est la seule des cinq où il est imprimé des deux côtés.
Le programme demande « des dictées de modalités diverses » et nomme deux rituels : la phrase dictée et l'énoncé erroné à corriger. Cette page n'en proposait qu'une seule ; elle en propose maintenant cinq.
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La dictée préparée
On annonce le texte, et on travaille tout ce qu'il contient avant de l'écrire.
Deux paradigmes complets d'abord : ranger et avancer, choisis pour ce qu'ils opposent. Le premier garde un e devant le a et le perd devant le i ; le second fait de même avec sa cédille.
La règle est la même pour tous les verbes français : on prend la forme du « nous » au présent, on enlève -ons, on ajoute -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. La question qui suit demande où elle cesse de suffire.
Cinq mots du texte sont ensuite donnés à apprendre, chacun avec la difficulté qu'il porte : une cédille, un pluriel, une lettre muette, un s qui se prononce [s] et un s qui se prononce [z].
La dictée occupe la dernière page — 88 mots, 13 verbes à l'imparfait. Le texte est sur la fiche de l'adulte.
La règle ne porte pas sur le verbe : elle porte sur la lettre qui suit.
- Le radical
- Les terminaisons
- Les mots à savoir
- 88 mots
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La phrase dictée du jour
Le rituel que le programme nomme : une phrase, et chaque terminaison justifiée.
Cinq phrases, un seul verbe conjugué dans chacune, et à chaque fois un sujet qui n'est pas le nom le plus proche du verbe.
« Les volets de la vieille maison finissaient par céder » : le nom le plus proche est « maison », le sujet est « les volets ». C'est ce que le programme appelle un cas complexe de l'accord sujet-verbe.
Un tri sépare ensuite ce que l'oreille entend de ce qu'elle n'entend pas. « Il chantait » et « ils chantaient » se prononcent pareil ; « il était » et « ils étaient » ne se prononcent pas pareil, parce que le verbe commence par une voyelle et que le s se lie.
Ce n'est pas une propriété du verbe : c'est une propriété de sa première lettre. La fiche le fait constater sur huit couples.
Le sens ne commande pas l'accord : la forme du sujet le commande.
- Le sujet séparé
- La liaison
- Personne
- On
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L'énoncé erroné à corriger
L'autre rituel que le programme nomme : on corrige la faute d'un autre avant de risquer la sienne.
Cinq copies d'élèves, dont trois fausses. Les trois fautes ne sont pas de la même nature, et c'est le sujet de la fiche.
« Il fesait » n'est une forme d'aucun verbe : le mot n'existe pas. Les deux autres existent bel et bien — elles sont simplement écrites à la mauvaise personne.
Vient ensuite une copie entière, six formes verbales dont quatre sont fausses. L'une des quatre n'est pas une faute d'accord mais une rupture de temps : un présent au milieu d'un récit au passé.
La dictée arrive après la correction, et non avant : on a désinstallé l'erreur avant de risquer de la commettre.
Se tromper de personne et inventer un mot ne se corrigent pas pareil.
- fesait
- L'accord
- Le pronom relatif
- Le temps
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La dictée négociée
Deux graphies possibles, et il faut trancher en expliquant pourquoi.
Cinq couples de graphies. Dans les quatre premiers, les deux formes se prononcent exactement de la même façon : seul le sujet permet de choisir.
Le cinquième est d'une autre nature : l'une des deux graphies n'existe pas. Et elle n'a pas été inventée pour la fiche — c'est la règle appliquée sans réfléchir qui la fabrique.
« Nous mangeons » moins -ons donne « mange- », et l'on garde ainsi un e que rien ne justifie. Ce e ne servait qu'à garder le son du j devant le o ; devant le i, il n'a plus rien à garder.
Trois réécritures ferment l'exercice : changer le nombre du sujet, changer de personne, changer de temps. Une seule des trois ne s'entend pas.
Une règle utile peut fabriquer une faute : c'est pour cela qu'on la vérifie.
- Deux graphies
- Le sujet
- mangions
- Le passé simple
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L'autodictée
On apprend le texte par cœur, puis on l'écrit sans qu'on le dicte.
Une grille de relecture en cinq lignes, à appliquer dans cet ordre : les verbes, les terminaisons en -aient, les verbes en -ger et en -cer, les accords du groupe nominal, les lettres muettes.
L'ordre n'est pas décoratif : on va du plus coûteux au plus rapide. Chercher un sujet demande de relire la phrase ; vérifier une lettre muette ne demande qu'un mot. Une relecture qui commence par les détails n'arrive jamais aux accords.
Une phrase est ensuite passée au passé simple, puis au présent. Au passé simple elle devient bizarre, et c'est instructif : l'imparfait convient à ce qui dure, le passé simple à ce qui arrive.
Le texte d'autodictée, 49 mots, est le seul des cinq imprimé sur la feuille de l'élève — sans lui, il n'y aurait rien à apprendre.
Relire « pour voir » ne trouve rien : l'œil lit ce qu'il attend.
- La relecture
- Les valeurs
- mangions
- commençait
Compétences travaillées
-
Décomposer une forme verbale
Radical verbal et terminaison — les marques de temps et de personne.
-
Accorder un verbe loin de son sujet
Sujet séparé par un complément, sujet fait de plusieurs noms, pronom indéfini.
-
Écrire ce qui ne s'entend pas
-ais, -ait, -aient se prononcent pareil : seul le sujet tranche.
-
Se relire méthodiquement
Une grille en cinq contrôles, du plus coûteux au plus rapide.
Cinq modalités, parce que le programme les demande
Le texte officiel est explicite : « des dictées de modalités diverses et des copies, réemployant le vocabulaire étudié, sont régulièrement menées dans le cadre de la classe ». Diverses, au pluriel.
Il en nomme même deux, parmi les rituels d'automatisation : « rituels (phrase dictée, énoncé erroné à corriger, etc.) ». Ce sont les fiches 2 et 3, et elles portent le nom que le programme leur donne.
Les trois autres complètent l'éventail que la classe pratique : la dictée préparée, où le texte est annoncé et travaillé ; la dictée négociée, où l'on confronte deux graphies avant de trancher ; l'autodictée, où le texte est appris par cœur.
Ce ne sont pas cinq habillages du même exercice : la préparation, le barème et le geste attendu changent d'une fiche à l'autre. Seule la matière — l'imparfait — reste la même.
Ce que la règle du « nous » ne suffit pas à écrire
On l'apprend partout : on prend la première personne du pluriel du présent, on enlève -ons, et on ajoute les terminaisons. Elle marche pour l'immense majorité des verbes, y compris les irréguliers — nous faisons donne fais-, nous voyons donne voy-, nous prenons donne pren-.
Elle échoue dans deux cas, et les fiches les montrent tous les deux. Le premier est être : « nous sommes » ne se termine pas par -ons, il n'y a rien à enlever, et son imparfait s'apprend.
Le second est plus fréquent et plus coûteux : les verbes en -ger et en -cer. « Nous mangeons » moins -ons donne « mange- », et l'on écrirait « nous mangeions ». Or on écrit « nous mangions ».
La raison est simple, et elle vaut aussi pour la cédille : le e et la cédille ne servent qu'à garder le son devant a et o. Devant le i de -ions et de -iez, ils n'ont plus rien à garder. La règle ne regarde pas le verbe, elle regarde la lettre qui suit.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme de français du cycle 4 (annexe 1 de l'arrêté du 18 février 2026), classe de cinquième, blocs « Approfondir sa maitrise des formes conjuguées du verbe et leur emploi », « Savoir accorder les mots dans la phrase et expliquer ses choix » et « Écrire avec justesse (orthographe) ». Les cinq textes de dictée sont inédits, écrits pour ces fiches. Aucune forme verbale n'y est saisie : les textes sont des gabarits où l'on déclare le verbe et la personne, et la forme est calculée par le module de conjugaison partagé du site, qui la recalcule à l'identique pour le corrigé.
- Programme de français du cycle 4, annexe 1 de l'arrêté du 18 février 2026 — classe de cinquième, grammaire et orthographe grammaticale, et lexique.