Chercher le sujet, pour quoi faire
La question mérite d'être posée dès la première séance, parce que la réponse commande tout le reste : on cherche le sujet pour savoir quelle terminaison écrire au verbe.
Le programme ne range d'ailleurs pas cette compétence dans l'analyse grammaticale mais dans l'orthographe : « Identifier, dans des situations simples, la relation sujet-verbe », suivi de « il orthographie sous la dictée des groupes verbaux du type : La voiture roule → Les voitures roulent ».
La difficulté est que la marque du pluriel ne s'entend pas. « Les voitures roulent » et « la voiture roule » se prononcent presque pareil ; seul le raisonnement permet de choisir. C'est pourquoi le texte demande que l'élève « verbalise des raisonnements orthographiques » — qu'il sache dire, et pas seulement faire.
Les cinq fiches suivent cette progression : trouver le groupe sujet, voir qu'il commande le verbe, le remplacer par un pronom et l'inverse, le retrouver quand il est loin du verbe, puis dire son raisonnement à voix haute.
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Trouver le groupe sujet
Quatre phrases à découper, et la question qui donne le groupe entier.
Le tableau fait séparer le groupe sujet et le verbe dans quatre phrases. Une observation s'impose d'elle-même : le sujet n'est pas toujours un seul mot — « les oiseaux du jardin » en compte quatre, et c'est tout le groupe qui commande.
Le QCM porte précisément là-dessus : où s'arrête le groupe sujet ? Les trois mauvaises réponses sont soit trop courtes, soit un fragment.
Deux tests sont donnés, et le second est le plus sûr : encadrer par « c'est … qui ». « C'est le chien du voisin qui gronde » se dit ; « c'est le chien qui du voisin gronde » ne se dit pas. L'encadrement délimite le groupe sans qu'on ait à décider.
Une question annonce déjà la quatrième fiche : le sujet n'est pas toujours placé avant le verbe.
Le groupe sujet n'est pas toujours un seul mot.
- Quatre phrases
- Où il s'arrête
- Qui est-ce qui
- C'est … qui
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Le sujet commande le verbe
La transformation du programme, et la marque -nt qui ne s'entend pas.
La chaîne de transformations reprend l'exemple que le programme donne pour la dictée : « La voiture roule → Les voitures roulent. » Le sujet change, le verbe suit.
Elle continue avec « je » et « nous », ce qui fait apparaître que l'accord ne concerne pas seulement le nombre mais la personne.
La question qui suit nomme la marque : les lettres -nt. Le programme la désigne ainsi depuis le CP — « marque de pluriel des verbes = nt » — et elle a la particularité de ne pas s'entendre.
Les quatre transformations de l'exercice suivant sont choisies pour cela : aucune ne s'entend. Seule l'écriture change, ce qui explique pourquoi il faut chercher le sujet plutôt que se fier à l'oreille.
La marque -nt ne s'entend pas : c'est ce qui rend le raisonnement nécessaire.
- La voiture roule
- La marque -nt
- Quatre pluriels
- Ce qui ne s'entend pas
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Remplacer le sujet par un pronom
La substitution dans les deux sens, comme le programme la demande.
« Il substitue à un groupe nominal sujet un pronom personnel sujet et inversement » : les deux sens comptent, et le second est le moins travaillé.
Quatre groupes à remplacer, dont « ma sœur et moi » — la substitution la plus difficile du niveau. Dès que « moi » fait partie du sujet, le pronom est « nous ».
Les trois copies à corriger portent sur le pronom et non sur le verbe : l'une confond « il » et « elle », l'autre écrit « elles partons » — le pronom est faux, la terminaison est juste.
Une question fait le chemin inverse : remplacer « elles » par un groupe nominal. Toute réponse au féminin pluriel convient.
Dès que « moi » fait partie du sujet, le pronom est « nous ».
- Quatre pronoms
- Ma sœur et moi
- Trois copies
- Le sens inverse
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Quand le sujet est loin du verbe
Le sujet éloigné, et le sujet placé après le verbe.
C'est la fiche du piège. « Le chien de mes voisins aboie » : le mot juste avant le verbe est « voisins », au pluriel, et il ne commande rien.
Deux des quatre phrases ont leur sujet placé après le verbe — « Sous le pont passe une péniche », « Dans le jardin poussent des roses ». Quand la phrase commence par un complément, le sujet passe souvent derrière.
Le tri les sépare selon la place du sujet, ce qui oblige à le chercher pour chaque phrase plutôt qu'à supposer qu'il est au début.
La dernière question isole le piège dans sa forme la plus pure : « le panier de fruits est lourd ». Le nom qui commande est « panier », au singulier, et « fruits » est au pluriel juste avant le verbe.
Le mot le plus proche du verbe n'est pas toujours le sujet.
- Quatre sujets à trouver
- Avant ou après
- Le panier de fruits
- Le test qui tranche
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Dire son raisonnement à voix haute
Trois dictées à corriger, et le raisonnement en quatre temps.
Le programme demande que l'élève « verbalise des raisonnements orthographiques en situation de dictée ou d'écriture et corrige des accords en fonction du signalement du professeur ». Cette fiche fait exactement cela.
Trois phrases écrites sous la dictée, dont deux fausses. Les deux erreurs sont la même : l'accord s'est fait avec le mot le plus proche du verbe.
Une question ne demande pas de corriger mais d'expliquer — de dire pourquoi l'élève s'est trompé et quelle phrase il aurait dû se dire. C'est cela, verbaliser.
Le mémo range le raisonnement en quatre temps, et l'ordre compte : chercher le verbe, poser « qui est-ce qui… ? », regarder le nombre du sujet, écrire la terminaison. Dire les quatre à voix haute prend cinq secondes.
Dire son raisonnement fait apparaître l'étape qu'on avait sautée.
- Trois dictées
- Expliquer l'erreur
- Quatre temps
- Corriger seul
Compétences travaillées
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Trouver le groupe sujet
Poser « qui est-ce qui… ? » ou encadrer par « c'est … qui » pour obtenir le groupe entier.
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Accorder
Écrire la terminaison du verbe d'après le nombre du sujet, et connaître la marque -nt du pluriel.
-
Substituer
Remplacer un groupe nominal sujet par un pronom personnel, et faire l'inverse.
-
Verbaliser
Dire à voix haute les quatre étapes du raisonnement qui conduit à la terminaison.
L'erreur d'accord la plus fréquente, et pourquoi
« Le chien de mes voisins aboient. » L'erreur se rencontre dans toutes les classes de CE2, et elle n'est pas due à l'inattention : elle a une logique.
L'élève écrit le verbe au moment où il l'écrit, c'est-à-dire juste après « voisins ». Ce mot est au pluriel, il est là, sous les yeux — et le groupe sujet, lui, a été écrit six mots plus tôt.
Le remède n'est donc pas de recommander l'attention, mais d'installer un geste : avant chaque verbe, poser la question « qui est-ce qui… ? ». Elle ramène le sujet, quelle que soit la distance.
Le même piège prend une autre forme quand le sujet passe derrière le verbe — « Dans le jardin poussent des roses ». Là, le mot qui précède le verbe n'est même pas un candidat plausible, et pourtant l'erreur se produit.
Une marque qu'on n'entend pas
Le -nt du pluriel est muet. « La fleur pousse » et « les fleurs poussent » se prononcent de la même façon ; seuls le déterminant et le contexte distinguent les deux à l'oral.
C'est ce qui rend ce chapitre difficile et ce qui justifie sa place dans l'orthographe. Un élève ne peut pas se relire à l'oreille : il doit raisonner.
Le programme nomme cette marque depuis le CP — « marque de pluriel des verbes = nt » — et la reprend au CE2 dans les exemples de dictée. Elle est le seul indice écrit que le sujet était pluriel, et c'est pourquoi on la cherche en dernier, une fois le sujet identifié.
La deuxième fiche est construite sur quatre transformations dont aucune ne s'entend, pour rendre ce point sensible plutôt que de l'affirmer.
Verbaliser : dire, pas seulement faire
Le programme emploie un verbe précis : l'élève « verbalise des raisonnements orthographiques ». Ce n'est pas un synonyme d'« applique une règle ».
Un élève qui écrit juste sans savoir pourquoi réussira tant que les phrases ressembleront à celles de l'exercice. Un élève qui sait dire « le verbe est aboyer ; qui est-ce qui aboie ? le chien ; c'est du singulier ; j'écris aboie » transporte le raisonnement dans n'importe quelle phrase.
Le dire à voix haute a un second effet, plus utile encore : on s'aperçoit qu'on a sauté une étape. La plupart des erreurs d'accord viennent d'un raisonnement fait trop vite, où l'on est passé directement du dernier mot lu à la terminaison.
Le texte prévoit d'ailleurs la suite : l'élève « corrige des accords en fonction du signalement du professeur ». On lui dit qu'il y a une erreur, pas où — et c'est à lui de reprendre les quatre étapes.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur l'annexe 3 de l'arrêté du 22 octobre 2024 — programme de français du cycle 2 —, publiée au Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024. La transformation « La voiture roule → Les voitures roulent », la substitution pronominale dans les deux sens, la marque -nt du pluriel des verbes et l'exigence de verbalisation des raisonnements orthographiques sont toutes citées du texte. Toutes les formes verbales imprimées sont produites par un moteur de conjugaison à partir du verbe, du temps et de la personne : dans une série sur l'accord, une terminaison saisie à la main serait le premier endroit où se glisserait l'erreur que les fiches combattent.