Un sous-thème sur deux
Le thème 4 de la géographie de sixième s'intitule « Le monde habité », et le programme lui donne deux sous-thèmes : « La répartition de la population mondiale et ses dynamiques », puis « La variété des formes d'occupation spatiale dans le monde ».
La version précédente de cette page traitait bien le premier. Elle expliquait la différence entre densité et nombre d'habitants, nommait les trois grands foyers, décrivait les déserts humains et distinguait les facteurs naturels des facteurs humains. C'est solide.
Le second sous-thème, en revanche, n'y figurait pas : « occupation spatiale » et « occupation » comptent zéro occurrence. Or le programme y insiste — « les formes d'occupation spatiale et les inégalités de la répartition posent par ailleurs des contraintes spécifiques aux habitants. Il s'agira d'en donner quelques exemples concrets. »
Manquait aussi l'approche que le texte nomme : « une approche de géo-histoire en montrant les permanences des grands foyers de population et leurs évolutions dans la longue durée ». Ni « géo-histoire », ni « longue durée », ni « dynamique » n'apparaissaient.
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Densité ou nombre d'habitants
Deux nombres différents, et une division qui les sépare.
La densité est le nombre d'habitants divisé par la superficie. Elle ne dit pas la même chose que le nombre total d'habitants, et c'est la confusion la plus répandue sur ce chapitre.
Quatre pays à calculer, dont deux qui comptent à peu près autant d'habitants : la Russie et le Bangladesh. La première est plus de cent fois plus vaste, donc plus de cent fois moins dense.
Le diagramme en barres met ensuite six densités côte à côte. Le pays le plus peuplé du monde n'y est pas le plus dense — c'est le Bangladesh qui l'emporte.
Une question ferme la fiche : que faudrait-il connaître, en plus du nombre d'habitants, pour placer un pays sur ce diagramme ? Sa superficie, sans laquelle la division est impossible.
Beaucoup d'habitants ne veut pas dire serrés.
- La densité
- La superficie
- Le quotient
- La comparaison
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Les trois foyers
Plus de la moitié de l'humanité tient dans trois régions.
Trois rectangles sur le planisphère, trois foyers : l'Asie de l'Est, l'Asie du Sud et l'Europe. Sur la fiche, ils portent un numéro ; sur la grille, leur nom.
Le diagramme circulaire partage les huit milliards d'humains. En additionnant les trois parts, on obtient environ 54 % — c'est ce que veut dire « plus de la moitié ».
Ces trois foyers n'occupent pourtant qu'une petite partie des terres émergées. C'est précisément ce que le programme appelle l'inégal peuplement de la Terre.
Une question porte sur ce que la carte ne montre pas : ces foyers sont peuplés depuis très longtemps, et ils le restent. Le programme nomme cette permanence dans la longue durée.
Trois régions, plus de la moitié des habitants de la Terre.
- L'Asie de l'Est
- L'Asie du Sud
- L'Europe
- L'inégal peuplement
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Les déserts humains
Trop chaud, trop froid, trop dense, trop haut.
Quatre zones hachurées sur le planisphère : le Sahara, la Sibérie, l'Amazonie et l'Himalaya. Chacune compte moins de deux habitants au kilomètre carré.
Le premier exercice relie chaque espace à la contrainte qui explique qu'on y vive peu : l'eau qui manque, le sol gelé, la forêt impénétrable, les pentes trop raides.
Le second fait trier ces quatre espaces selon que le vide s'explique d'abord par le climat, ou d'abord par le relief et la végétation.
Une question ferme la fiche sans laisser croire à une fatalité : des hommes vivent dans les oasis du Sahara et des villes existent en Sibérie. Les contraintes rendent la vie difficile, elles ne l'interdisent pas.
Un espace vide n'est pas un espace interdit.
- Le désert chaud
- Le désert froid
- La forêt dense
- La haute montagne
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Les formes d'occupation
Habiter en tas, en ruban, en pointillé — et ce que cela coûte.
C'est le second sous-thème du chapitre, et il était absent de la page précédente. Une forme d'occupation spatiale, c'est la manière dont les habitants se répartissent sur un territoire.
Cinq formes, cinq exemples localisés : la concentration urbaine du Caire, le ruban de la vallée du Nil, la bande littorale du Brésil, les oasis du Sahara, l'habitat dispersé de l'intérieur australien.
À chacune sa contrainte, et le programme demande justement de les nommer : le logement cher et les transports saturés, la dépendance au fleuve, la montée du niveau de la mer, l'eau comptée, l'école et le médecin trop loin.
Le second exercice démonte une moyenne. L'Égypte affiche 116 habitants au km², mais 95 % de ses habitants tiennent sur 5 % du territoire : dans la vallée, la densité réelle approche 2 200 — près de vingt fois plus.
Ces contraintes ne viennent pas du climat, mais de la forme de l'occupation.
- La concentration
- Le ruban
- L'oasis
- L'habitat dispersé
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Ce qui change
La carte des habitants n'est plus celle d'il y a soixante-dix ans.
Le programme demande une approche de géo-histoire : montrer ce qui dure et ce qui change. Trois continents, deux dates — 1950 et 2024.
Le diagramme donne, pour chacun, par combien sa population a été multipliée. L'Afrique arrive en tête avec un facteur d'environ 6,7 ; l'Europe ferme la marche avec 1,4.
Une question porte sur un piège classique : l'Asie a gagné beaucoup plus d'habitants que l'Afrique, et pourtant sa barre est plus basse. Une barre donne un rapport, pas une différence.
Le second exercice fait juger trois affirmations, et la dernière question chiffre l'urbanisation : de 30 % à 57 % de l'humanité en ville en soixante-quatorze ans.
Multiplier par deux un grand nombre donne plus qu'en multiplier par six un petit.
- Les dynamiques
- La longue durée
- L'urbanisation
- Le facteur de croissance
Compétences travaillées
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Calculer et lire une densité
Diviser le nombre d'habitants par la superficie, et comprendre pourquoi le pays le plus peuplé n'est pas le plus dense.
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Situer les foyers et les vides
Placer les trois grands foyers de peuplement et les quatre grands déserts humains sur un planisphère.
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Expliquer l'inégal peuplement
Donner, pour chaque zone, le facteur naturel ou humain qui explique qu'on y vive beaucoup ou peu.
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Décrire les formes d'occupation
Nommer cinq manières d'occuper l'espace et la contrainte que chacune fait peser sur ses habitants.
Pourquoi une moyenne nationale ne suffit pas
La densité d'un pays se calcule en divisant sa population par sa superficie. C'est exact, et souvent trompeur.
L'Égypte en donne l'exemple le plus net. Sa densité moyenne est de 116 habitants au kilomètre carré — comparable à celle de la France. Mais 95 % des Égyptiens vivent sur 5 % du territoire, le long du Nil : dans cette bande, la densité réelle approche 2 200 habitants au kilomètre carré, près de vingt fois la moyenne.
La moyenne existe bel et bien, mais personne ne vit à cette densité-là : elle mélange le désert et la vallée. C'est pourquoi le programme demande de changer d'échelle, et de décrire la forme que prend l'occupation plutôt que de s'arrêter à un chiffre national.
Ce qui dure et ce qui change
Le programme demande une approche de géo-histoire : « montrer les permanences des grands foyers de population et leurs évolutions dans la longue durée ».
Les permanences d'abord. Les trois grands foyers d'aujourd'hui — l'Asie de l'Est, l'Asie du Sud, l'Europe — sont peuplés depuis des millénaires, et ils le restent. Une carte de la population il y a mille ans montrerait déjà ces trois taches.
Les évolutions ensuite. Entre 1950 et 2024, la population de l'Afrique a été multipliée par près de sept, celle de l'Europe par moins d'une fois et demie. Et la part de l'humanité vivant en ville est passée de 30 % à 57 %. La carte des habitants se déplace, lentement, mais elle se déplace.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme d'histoire-géographie du cycle 3 (annexe 2 de l'arrêté du 17 juillet 2020), géographie de sixième, thème 4 « Le monde habité » et ses deux sous-thèmes. Les densités sont calculées à partir des populations et des superficies ; les parts de l'humanité à partir des effectifs des foyers ; les zones du planisphère sont des rectangles en latitude et longitude, vérifiés sur le fond de carte avant impression.
- Programme d'histoire-géographie du cycle 3, annexe 2 de l'arrêté du 17 juillet 2020 — géographie, classe de sixième, thème 4 « Le monde habité ».
- ONU, World Population Prospects 2024 — populations des États et des continents, estimations 2024 et données 1950.
- ONU, World Urbanization Prospects — part de la population mondiale vivant en ville.