Quatre temps, et un seul qui s'écrit en deux mots
Le programme du CM1 fixe quatre conjugaisons à mémoriser et à maîtriser : le présent de l'indicatif, l'imparfait, le futur et le passé composé. Les trois premiers sont des temps simples — un mot. Le quatrième est un temps composé — deux mots.
Cette différence n'est pas une curiosité de vocabulaire. Elle décide de tout ce qu'on peut faire d'une forme verbale. Sur un temps simple, le programme demande d'« identifier par une première approche la composition de la terminaison des verbes conjugués : la marque de temps et la marque de personne ». Sur le passé composé, ce découpage ne s'applique pas : c'est l'auxiliaire qui porte le temps.
Comprendre le passé composé, c'est donc d'abord savoir ce qu'il n'est pas. Ces cinq fiches partent des trois temps simples, en isolent les marques, puis reviennent au passé composé par contraste.
Un autre article du site traite les quatre objectifs propres au passé composé lui-même — la composition en deux parties, le choix entre avoir et être, l'accord du participe et la forme négative. Les deux séries se complètent au lieu de se répéter.
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Reconnaître le temps d'un verbe
Quatre temps au programme du CM1, et un seul en deux mots.
Quatre phrases, quatre temps, et deux colonnes à remplir : l'infinitif et le temps. Chaque phrase porte un indice de temps — « chaque matin », « l'an dernier », « demain », « hier » —, mais l'indice oriente sans décider.
Les quatre verbes sont pris dans trois groupes différents : chanter, être, finir, dire. Le programme demande de savoir les conjuguer tous.
Le QCM fixe ensuite la distinction qui commande la suite : un temps simple s'écrit en un mot, et sur les quatre temps du CM1, trois sont simples.
Reste à dire pourquoi le quatrième s'appelle « composé ». La réponse tient en une phrase, et elle explique le nom : il est composé de deux parties.
Trois temps simples, un temps composé : c'est toute la carte du CM1.
- Quatre phrases
- Trois groupes
- Simple ou composé
- Les indices de temps
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La marque de temps
Le -ai- de l'imparfait, le -r- du futur.
C'est l'attendu du CM1, mot pour mot : « savoir isoler et connaître les marques de temps de l'imparfait (-ai-, -i-) ; du futur (-r-) ».
Quatre formes sont à découper en trois colonnes : radical, marque de temps, marque de personne. Le tableau rend visible ce qu'une terminaison cache — « chantais » n'a pas une terminaison, il en a deux, collées l'une à l'autre.
L'imparfait a deux marques et le programme les nomme toutes les deux : -ai- à quatre personnes, -i- à la première et à la deuxième du pluriel. Le futur n'en a qu'une, le -r-, et il la garde aux six personnes.
Une question ferme la boucle : le passé composé n'a pas de marque de temps de cette sorte, puisqu'il ne se découpe pas en trois. C'est l'auxiliaire qui porte le temps.
Une terminaison n'est pas un bloc : elle a deux étages.
- Quatre découpages
- -ai- et -i-
- Le -r- du futur
- Le cas du passé composé
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La marque de personne
Les mêmes six terminaisons, d'un temps à l'autre.
Le programme demande de « connaître les marques de personne pour le présent de l'indicatif, l'imparfait et le futur ». Trois temps, donc, et un seul verbe pour les comparer.
Le tableau donne une seule forme et laisse les dix-sept autres. Ce n'est pas de la sévérité : c'est ce qui rend les régularités visibles. Une case remplie de plus, et l'élève recopie au lieu de déduire.
Deux régularités sautent aux yeux quand les trois colonnes sont côte à côte. Nous fait -ons aux trois temps ; vous fait -ez aux trois temps. Le programme parle de régularités « mises en évidence et structurées pour aider à la mémorisation et à l'automatisation ».
Le second tableau les récapitule pour l'imparfait et le futur — et montre où les deux temps divergent : je fait -s à l'imparfait, -ai au futur.
Nous fait -ons, vous fait -ez : aux trois temps, sans exception.
- Trois temps
- Dix-sept cases
- Deux régularités
- Douze marques
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Transformer le temps
La même phrase, quatre fois.
Le programme demande de « transformer à l'écrit et à l'oral des phrases en faisant varier le temps ou le sujet », en « respectant toutes les chaînes d'accord ». Une seule phrase suffit : c'est de la répéter en changeant une chose à la fois qui rend la variation lisible.
« Nous chantons une chanson » passe à l'imparfait, au futur, puis au passé composé. Les deux premières transformations ne changent que la terminaison. La troisième change le nombre de mots : un verbe devient deux.
La quatrième change le sujet plutôt que le temps, et pose la question de l'accord. « Nous avons chanté » devient « Elles ont chanté » : l'auxiliaire bouge, le participe passé ne bouge pas — parce que l'auxiliaire est avoir.
Le mémo final aligne les quatre temps sur le même verbe. Trois formes d'un mot, une forme de deux mots : la carte tient en quatre lignes.
Une chose change à la fois : c'est ce qui rend la comparaison lisible.
- Quatre transformations
- Le temps, puis le sujet
- Un mot ou deux
- Le mémo des quatre temps
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Bilan : le passé composé
Tout ce qu'il faut vérifier avant de rendre sa copie.
Quatre verbes à écrire au passé composé, et une colonne de plus : l'auxiliaire employé. Nommer l'auxiliaire oblige à le choisir consciemment, au lieu de l'écrire au jugé.
Un seul des quatre prend être, et c'est un verbe de déplacement. C'est donc le seul dont le participe s'accorde — en genre et en nombre, ce que « elles sont allées » montre d'un coup.
La forme négative complète le tableau : les deux adverbes encadrent l'auxiliaire, jamais le participe.
Trois copies d'élèves ferment la série. L'une est juste ; les deux autres portent les deux fautes que le CM1 rencontre le plus — l'accord oublié après l'auxiliaire être, et le « pas » posé après le participe.
L'accord suit l'auxiliaire, pas le verbe.
- Quatre verbes
- Le bon auxiliaire
- L'accord avec être
- Trois copies
Compétences travaillées
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Reconnaître le temps
Situer un verbe conjugué parmi les quatre temps du CM1, et distinguer un temps simple d'un temps composé.
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La marque de temps
Isoler le -ai- et le -i- de l'imparfait, le -r- du futur, à l'intérieur de la terminaison.
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La marque de personne
Connaître les six marques de personne et repérer celles qui ne changent pas d'un temps à l'autre.
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Transformer une phrase
Faire varier le temps ou le sujet en tenant toutes les chaînes d'accord.
Ce que « composition de la terminaison » veut dire
La formule est nouvelle dans le programme de 2025 : « identifier par une première approche la composition de la terminaison des verbes conjugués : la marque de temps et la marque de personne ». Elle demande de regarder une terminaison comme un assemblage, pas comme un bloc à retenir.
Prenons « nous chantions ». La terminaison est -ions, et beaucoup d'élèves l'apprennent ainsi, en bloc, imparfait par imparfait. Le programme demande autre chose : voir que -ions vaut -i- suivi de -ons, c'est-à-dire la marque du temps suivie de la marque de la personne.
L'intérêt est immédiat. -ons ne dépend pas du temps : c'est la marque de « nous » au présent, à l'imparfait et au futur. Une fois cette part mise de côté, il ne reste à mémoriser que la marque de temps — une lettre à l'imparfait, une lettre au futur.
Le mot « radical » entre du même coup : ce qui reste devant les deux marques. Le programme ne demande pas au CM1 de traiter les radicaux instables ; ces fiches n'en emploient donc aucun, et le module qui les produit refuse de découper « manger » à l'imparfait.
Pourquoi le passé composé ne se découpe pas
Appliquer le découpage au passé composé ne marche pas, et l'échec est instructif. « Nous avons chanté » ne se coupe pas en radical + marque de temps + marque de personne, parce qu'il n'y a pas une terminaison à couper : il y a deux mots.
Le temps est porté par le premier — l'auxiliaire, conjugué au présent. La personne aussi : c'est « avons » qui dit « nous ». Le second mot, le participe passé, ne porte ni l'un ni l'autre ; il porte le sens, et parfois un accord.
C'est pourquoi ces fiches abordent le passé composé après les trois temps simples et non avant. Le contraste ne se voit que si l'on sait ce qu'on cherche : un élève qui n'a jamais isolé une marque de temps ne peut pas constater qu'il n'en trouve pas ici.
Cela donne aussi un test de reconnaissance rapide et sûr. Un verbe en deux mots dont le premier est une forme d'avoir ou d'être au présent est un passé composé — sans avoir à reconnaître le verbe lui-même.
Deux articles sur le passé composé, deux entrées différentes
Le site consacre deux séries au passé composé au CM1, et elles ne traitent pas la même chose. L'autre prend les quatre objectifs que le programme rattache au temps lui-même : la composition en deux parties, le choix entre avoir et être, l'accord du participe passé avec le sujet, et la transformation à la forme négative.
Celle-ci prend les objectifs qui concernent les terminaisons et les transformations, c'est-à-dire ce qui situe le passé composé par rapport au présent, à l'imparfait et au futur. La cinquième fiche fait le pont : elle reprend l'auxiliaire, l'accord et la négation, en bilan.
L'ordre n'a pas d'importance, mais l'ordre naturel est celui-ci : d'abord les quatre temps et leurs marques, ensuite le détail du temps composé. Un élève qui a compris ce que porte une terminaison comprend plus vite pourquoi le passé composé en a besoin de deux mots.
Les deux séries emploient le même moteur de conjugaison, donc les mêmes formes et le même vocabulaire. Rien n'y est écrit à la main : chaque forme est calculée, et le corrigé sort du même appel que le sujet.
Méthode et vérification
Le programme de référence est l'arrêté du 10 avril 2025 fixant les programmes de français et de mathématiques du cycle de consolidation (cycle 3), publié au BO n° 16 du 17 avril 2025 ; il s'applique au CM1 depuis la rentrée 2025. Cet article étant l'un des deux que le site consacre au passé composé au CM1, son angle a été choisi en creux de l'autre : il prend les objectifs relatifs à la composition de la terminaison — marque de temps, marque de personne — et à la transformation des phrases par variation du temps ou du sujet, absents de la version précédente (zéro occurrence de « marque de temps », « marque de personne », « radical », « infinitif » et « futur » sur 15 830 caractères). Toutes les formes imprimées sont produites par un module qui conjugue puis vérifie : le découpage en radical, marque de temps et marque de personne est recollé et comparé à la forme conjuguée avant impression. Le module refuse les verbes irréguliers, dont le radical ne se déduit pas de l'infinitif, ainsi que les verbes du premier groupe dont le radical s'adoucit à l'écrit.