Ce que le CM1 attend du passé composé
Le programme de français du cycle 3 a changé : l'arrêté du 10 avril 2025, publié au BO du 17 avril, s'applique au CM1 depuis la rentrée 2025. Il consacre au passé composé quatre objectifs, et ils se tiennent.
Le premier est la composition : « connaître la composition du passé composé en deux parties (auxiliaire + participe passé) ; retrouver la forme infinitive du verbe ». Le deuxième est l'accord : « accorder le participe passé avec le sujet dans le cas de l'emploi avec l'auxiliaire être ».
Le troisième est celui qu'on oublie le plus souvent : « effectuer la transformation à la forme négative d'un verbe au passé composé en insérant les adverbes de négation à leur juste place ». Cette précision — « à leur juste place » — vise une erreur réelle et fréquente : « il n'a mangé pas ».
Le quatrième nomme les verbes à maîtriser : être et avoir, les verbes du premier et du deuxième groupe, et huit irréguliers du troisième — faire, aller, dire, venir, pouvoir, voir, vouloir, prendre. Ces cinq fiches suivent ces quatre objectifs, dans cet ordre.
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Deux parties, un seul verbe
L'auxiliaire, le participe passé, et l'infinitif à retrouver.
Quatre phrases, quatre verbes au passé composé, et une seule chose à écrire : l'infinitif. L'exercice paraît simple et ne l'est pas, car il oblige à choisir lequel des deux mots interroger.
Chercher l'infinitif dans l'auxiliaire donnerait « avoir » à chaque fois. C'est le participe passé qui porte le sens, et donc l'infinitif.
Les quatre verbes couvrent les trois groupes : manger, finir, aller, dire. Le programme demande de savoir conjuguer les trois.
Le QCM fixe ensuite les deux points de structure : un verbe au passé composé compte deux mots, et l'auxiliaire est conjugué au présent.
L'infinitif se trouve dans le participe, jamais dans l'auxiliaire.
- Quatre infinitifs
- Les trois groupes
- Deux mots
- Le présent de l'auxiliaire
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Avoir ou être ?
Le choix de l'auxiliaire décide de tout le reste.
Sept verbes à ranger selon l'auxiliaire qu'ils emploient. Deux seulement prennent être — aller et venir —, et ce sont des verbes de déplacement.
Une question dit pourquoi ce choix compte tant : avec être, le participe s'accorde avec le sujet ; avec avoir, il ne s'accorde pas. Se tromper d'auxiliaire entraîne donc une seconde faute.
Trois copies sont ensuite à corriger : « il a allé » emploie avoir là où il faut être, « elle est mangé » fait l'inverse.
Les deux erreurs sont symétriques, et c'est ce qui les rend instructives : la forme est bien conjuguée, seul l'auxiliaire est faux.
Se tromper d'auxiliaire entraîne une seconde faute, sur l'accord.
- Sept verbes
- Deux avec être
- Pourquoi ça compte
- Deux erreurs symétriques
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L'accord du participe avec être
Avec être, le participe suit le sujet — en genre et en nombre.
C'est l'attendu du CM1, mot pour mot : « accorder le participe passé avec le sujet dans le cas de l'emploi avec l'auxiliaire être ».
Le tableau prend deux verbes et quatre sujets : il, elle, ils, elles. Le participe change quatre fois, et l'élève voit apparaître le e du féminin, le s du pluriel, et les deux ensemble.
Une question ferme la porte de l'autre côté : avec avoir, le participe ne s'accorde pas avec le sujet. « Elle a mangé » et « elles ont mangé » s'écrivent de la même façon.
Le tableau de conjugaison complète l'exercice sur les six personnes des deux verbes qui prennent être.
Le e du féminin, le s du pluriel, et les deux ensemble.
- Quatre sujets
- Genre et nombre
- Avec avoir, rien
- Six personnes
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La forme négative
Les deux adverbes encadrent l'auxiliaire, pas le verbe entier.
C'est l'objectif que la version précédente de cet article ne mentionnait pas une seule fois, et c'est celui où se joue la difficulté propre au temps composé.
À un temps simple, les deux adverbes encadrent le verbe : « je ne mange pas ». À un temps composé, ils encadrent l'auxiliaire, et le participe reste dehors : « je n'ai pas mangé ». Écrire « je n'ai mangé pas » est l'erreur que le programme vise.
Une seconde difficulté, plus discrète, apparaît en chemin : « j'ai mangé » devient « je n'ai pas mangé ». L'apostrophe change de mot — c'est « ne » qui s'élide, plus « je ».
Quatre transformations enchaînées font varier une chose à la fois : la forme, l'adverbe, le sujet, puis l'auxiliaire.
Le participe passé n'est jamais entre les deux adverbes.
- Autour de l'auxiliaire
- Quatre transformations
- L'élision
- Jamais, plus, rien
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Les verbes à maîtriser
Les huit irréguliers que le programme nomme, et les deux groupes.
Le programme ne dit pas « les verbes du troisième groupe » en bloc : il en nomme huit — faire, aller, dire, venir, pouvoir, voir, vouloir, prendre. Ce sont ceux de cette fiche.
Pour chacun, deux colonnes : le participe passé et l'auxiliaire. Un seul des huit prend être, et l'élève doit le trouver.
Une question fait observer les terminaisons des participes irréguliers : fait, dit, pris ne se terminent pas par une voyelle, contrairement aux participes des deux premiers groupes.
L'exercice à relier remet les trois groupes en ordre : -é pour le premier, -i pour le deuxième, irrégulier pour le troisième. Et la dernière question donne le test qui distingue « finir » de « partir ».
Huit verbes couvrent la majorité des passés composés qu'on rencontre.
- Les huit du programme
- Participe et auxiliaire
- Trois groupes
- Le test en -issons
Compétences travaillées
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Deux parties
Reconnaître l'auxiliaire et le participe passé, et retrouver l'infinitif du verbe.
-
Le bon auxiliaire
Choisir entre avoir et être, et savoir que ce choix commande l'accord.
-
L'accord avec être
Accorder le participe passé avec le sujet, en genre et en nombre.
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La forme négative
Placer « ne » et « pas » autour de l'auxiliaire, jamais autour du verbe entier.
Un programme neuf pour le CM1
Les programmes de français et de mathématiques du cycle 3 ont été refondus par l'arrêté du 10 avril 2025, publié au Bulletin officiel n° 16 du 17 avril 2025. Ils s'appliquent au CM1 et à la sixième depuis la rentrée 2025, et au CM2 depuis la rentrée 2026.
Sur la conjugaison, le texte est plus précis que le précédent. Il ne se contente pas de nommer les temps à connaître : il détaille les gestes attendus, dont deux sont nouveaux dans leur formulation — la transformation à la forme négative, et l'identification de la marque de temps et de la marque de personne dans une terminaison.
Il nomme aussi, un par un, les huit verbes irréguliers du troisième groupe à maîtriser : faire, aller, dire, venir, pouvoir, voir, vouloir, prendre. Cette liste fermée change la façon de travailler : mieux vaut huit verbes sus que trente survolés.
Ces cinq fiches s'y tiennent. Aucun autre verbe irrégulier n'y figure — ni mettre, ni écrire, ni ouvrir, qui sont pourtant les exemples habituels.
« À leur juste place » : ce que vise le programme
La formule du programme mérite d'être lue lentement : « effectuer la transformation à la forme négative d'un verbe au passé composé en insérant les adverbes de négation à leur juste place ».
Elle suppose deux choses. D'abord que la négation française s'écrit avec deux mots — « ne » et « pas », ou « jamais », « plus », « rien » —, ce que l'oral fait oublier puisqu'il supprime presque toujours le premier. Ensuite que leur place dépend du temps.
À un temps simple, les deux adverbes encadrent le verbe : « je ne mange pas ». À un temps composé, ils encadrent l'auxiliaire seul : « je n'ai pas mangé ». Le participe reste après, hors de l'encadrement.
Un élève qui transpose mécaniquement ce qu'il a appris aux temps simples écrit « je n'ai mangé pas ». L'erreur est logique, et c'est pour cela qu'elle mérite un exercice à elle seule plutôt qu'une remarque en passant.
Pourquoi l'accord ne concerne que l'auxiliaire être
Le programme est explicite sur la limite : « accorder le participe passé avec le sujet dans le cas de l'emploi avec l'auxiliaire être ». Avec avoir, rien ne bouge — et c'est la règle que le CM1 doit tenir.
Il existe bien un accord avec l'auxiliaire avoir, lorsque le complément d'objet direct est placé avant le verbe. Il ne relève pas de ce niveau, et l'introduire ici brouillerait la règle simple avant qu'elle ne soit installée.
La distinction se retient d'autant mieux qu'elle est adossée au choix de l'auxiliaire, travaillé dans la fiche précédente : deux verbes seulement, dans le programme du CM1, emploient être. L'accord ne concerne donc qu'une petite partie des passés composés rencontrés.
Les quatre formes — allé, allée, allés, allées — se lisent sur une seule ligne du tableau, ce qui rend l'accord visible avant d'être énoncé.
Méthode et vérification
Le programme de référence est l'arrêté du 10 avril 2025 fixant les programmes de français et de mathématiques du cycle de consolidation (cycle 3), publié au BO n° 16 du 17 avril 2025 ; il s'applique au CM1 depuis la rentrée 2025. Les quatre objectifs du niveau sur le passé composé y sont cités mot pour mot. La version précédente de l'article n'en traitait que trois : « forme négative » y comptait zéro occurrence. Toutes les formes verbales imprimées sont produites par un module qui compose le passé composé — auxiliaire conjugué au présent, puis participe passé — au lieu de le tabuler ; il accorde le participe avec le sujet lorsque l'auxiliaire est être, en genre et en nombre, et place les adverbes de négation autour de l'auxiliaire, en élidant « ne » et non le pronom. Les huit verbes irréguliers du programme sont les seuls admis, avec les deux premiers groupes, dont les formes sont calculées.