Ce que ces fiches font travailler
Lire un texte d'historien et y relever ce qu'on demande ; juger des affirmations d'élèves sur le sceau et la charte ; lire une carte du Midi — le nord, le sud, une distance reportée à l'échelle ; remplir un tableau à partir d'un document ; et légender une frise de quatre siècles.
Chaque citation est extraite du chapitre X de Langlois par programme, entre un début et une fin donnés : elle ne peut pas dériver du texte imprimé en 1901.
Le tout en dix formats différents, chacun employé une seule fois, et aucun des cinq couples n'est employé par les autres articles d'histoire de cinquième.
1 sur 5
Le beffroi et ses cloches
Un texte d'historien sur le beffroi, trois questions sur ce que les cloches annoncent, puis le temps de la ville comparé à celui du village.
Une ville qui se gouverne se reconnait d'abord à une tour. Le beffroi n'est pas le clocher de l'église : c'est la tour de la commune, et les cloches qu'il porte sont celles de la ville, non celles de la paroisse.
Le texte de cette fiche est d'A. Luchaire, cité par Langlois. Il décrit la tour carrée, la galerie où se tiennent les guetteurs, et il énumère les occasions de sonner : un danger, l'appel des accusés au tribunal, celui des bourgeois aux assemblées, les heures de travail et de repos, le couvre-feu.
C'est ce dernier détail qui apprend le plus. Une ville qui sonne le début et la fin du travail commande à son propre temps, alors qu'au village le temps est celui des saisons et des cloches de l'église. Le mouvement urbain fait « apparaitre de nouveaux modes de vie » : en voici un, mesurable à l'heure.
Au bas de la même tour se tiennent la salle des magistrats, les archives et un magasin d'armes. Tout ce qui fait qu'une ville est une personne juridique tient dans un seul bâtiment, et ce bâtiment est le sien.
Sonner ses heures, c'est commander à son temps.
- Lire le document
- Ce que les cloches annoncent
- Le temps de la ville
2 sur 5
Le sceau et la charte
Deux passages d'historien sur les deux objets qui font la commune, six affirmations d'élèves à juger, puis ce que perd une ville privée de son sceau.
Deux objets font une commune, et les deux se gardaient sous clef. Le sceau est sa signature : il marque les actes qu'elle prend, et lui seul les rend valables. La charte est l'accord passé avec le seigneur : elle fixe ce que la ville obtient et ce qu'elle lui doit encore.
Le texte de cette fiche le dit d'une façon qu'on n'oublie pas : le premier acte d'une ville qui reçoit l'organisation communale est de se fabriquer un sceau, et le premier acte de l'autorité qui abolit une commune est de le lui enlever. À Amiens, la matrice était dans une bourse que le maire portait à sa ceinture.
La charte, elle, ne pouvait parfois pas sortir des murs. À Beauvais, à Abbeville, à Soissons, à Fismes, les constitutions stipulaient qu'on ne pourrait la consulter que dans la ville même. Elle était le signe visible des libertés obtenues : la perdre, c'était perdre la preuve.
Six élèves ont écrit une phrase après avoir lu ces deux passages, et trois se trompent. Leurs erreurs sont celles qu'on fait vraiment : croire que n'importe quel bourgeois pouvait se servir du sceau, que la charte s'emportait où l'on voulait, ou qu'elle était un cadeau du seigneur.
Supprimer une commune commence par lui enlever son sceau.
- Deux passages à lire
- Six affirmations
- Ce que perd une ville
3 sur 5
Les villes neuves du Midi
Sept bastides à lire sur une carte du Midi, six étapes de fondation à remettre dans l'ordre, puis ce que promet une ville neuve.
Toutes les villes ne sont pas anciennes, et c'est la chose la plus surprenante de ce chapitre. À partir du XIIIe siècle, on en fonde de neuves dans le midi de la France, et on les appelle des bastides.
On les bâtit d'un seul jet, sur un plan préconçu : une place carrée au centre, l'hôtel de ville dessus, des rues droites tracées au cordeau, une enceinte à quatre portes. Le plan de Monpazier, reproduit dans le livre de 1901, montre le damier que beaucoup de ces villes ont conservé.
Et on les peuple en promettant des libertés. Le sénéchal publiait la fondation à son de trompe et annonçait les privilèges : affranchissement du servage, exemptions d'impôts, franchises commerciales. Les seigneurs voisins s'en plaignaient, car leurs paysans partaient s'y installer.
Leurs noms racontent leur origine. Les uns disent la nouveauté — Villeneuve, Castelnau —, d'autres les franchises — Villefranche —, d'autres empruntent le nom d'une grande ville étrangère : Fleurance vient de Florence, Cordes de Cordoue. Et Pau doit le sien au pal, le mât qu'on plantait pour marquer l'emplacement.
Un nom de ville peut raconter sa fondation.
- Lire la carte des villes neuves
- Fonder une ville, étape par étape
- Pourquoi fonder une ville ?
4 sur 5
L'atelier sous l'œil du public
Un texte d'historien sur l'industrie parisienne, quatre règles du métier à relever, trois boîtes emboîtées à nommer, puis l'atelier-boutique comparé à une usine.
En ville, on vit d'un métier et non de la terre. Mais le métier est réglé, et ces règles disent des choses qu'on n'attend pas : où l'on travaille, comment on achète la matière première, et ce qu'on ne peut pas faire.
Le document est de G. Fagniez, qui a étudié l'industrie parisienne. Il apprend que les règlements exigeaient que le travail s'exécute au rez-de-chaussée, sur le devant, sous l'œil du public : l'atelier et la boutique ne faisaient qu'un, et le client voyait les ouvriers.
Il apprend aussi que la matière première devait passer aux Halles, où on la visitait, et qu'on ne pouvait pas l'acheter en route pour s'approvisionner aux dépens de ses confrères. Les corporations en achetaient en gros et partageaient les parts — tirées au sort, pour éviter les injustices.
C'est une autre idée du travail que la nôtre. Les maitres d'un même métier ne se tenaient pas pour des concurrents cherchant à s'enrichir les uns aux dépens des autres, mais pour des confrères appelés à une part aussi égale que possible. La dernière question de la fiche fait mesurer cet écart.
Le travail se faisait devant tout le monde, et c'était la règle.
- Quatre règles du métier
- Trois boîtes emboîtées
- Un atelier n'est pas une usine
5 sur 5
Deux siècles de communes
Quatre siècles à relier à ce qui s'y passe, six éléments à ranger entre ce que la commune obtient et ce qu'elle doit, puis la fin des communes.
Le mouvement urbain s'amorce principalement au XIIe siècle, dit le programme, et c'est alors que se forment la plupart des communes. Mais une commune n'est pas une république : c'est une seigneurie collective.
Maitresse de son sol, elle rend la justice et lève des taxes — par ses magistrats élus, et non par un maitre. En même temps, elle prête serment à son seigneur comme un vassal, lui doit des redevances fixées par la charte, et parfois le service militaire. Le tri de cette fiche fait ranger ces six éléments.
La frise couvre quatre siècles, du XIe au XIVe. Elle porte ce que chacun apporte : les premières libertés, la formation des communes, les bastides du Midi, puis l'arrêt des fondations et la mainmise royale.
Car la commune indépendante dure peu : guère plus de deux siècles. Le roi protège les villes, et sa protection se paie — il contrôle leurs comptes, tranche leurs querelles, et la ville finit par dépendre de lui plus que d'elle-même.
Se gouverner n'est pas être indépendant.
- Quatre siècles
- Obtenu, ou dû ?
- La fin des communes
Compétences travaillées
-
La ville sonne ses propres heures
Au village, le temps vient des saisons et de l'église ; en ville, il vient du beffroi de la commune.
-
Deux objets font la commune
Un sceau, qui rend ses actes valables, et une charte, qui dit ce qu'elle a obtenu.
-
Une ville peut être fondée
Les bastides du Midi sont bâties d'un seul jet, sur un plan, et peuplées en promettant des libertés.
-
Le travail se fait sous l'œil du public
L'atelier et la boutique ne font qu'un, et les règlements exigent qu'on travaille sur le devant.
Pourquoi cet article a attendu, et ce qui l'a débloqué
Le chapitre portait déjà ses cinq évaluations, et elles avaient pris la tâche naturelle de chaque compétence : comparer la ville et la campagne, définir la commune, lire une charte. Un article d'exercices qui aurait refait le même travail sous d'autres formats n'aurait été qu'une redite.
Il lui fallait de la matière neuve, c'est-à-dire des documents. Or une charte de franchise ne se cite pas depuis une traduction moderne : le traducteur a son propre droit d'auteur, et la citation serait illégale autant que malhonnête. Le sujet est donc resté marqué « bloqué » dans le plan de cinquième.
La matière est venue d'un fac-similé. Le chapitre X, « Les villes », de l'Histoire du moyen âge de Ch.-V. Langlois (Paris, 1901) est une anthologie : il donne à lire trois historiens du XIXe siècle, tous dans le domaine public, et il imprime leurs références. Trente pages relevées, un fichier, un module qui les lit.
Aucune citation n'est recopiée à la main. Chacune est EXTRAITE du fichier par programme, entre un début et une fin donnés : si le passage cherché n'y figure pas au caractère près, la production s'arrête. C'est la seule façon qu'une citation ne dérive pas.
Ce que le beffroi apprend d'une ville
Une commune qui se gouverne se reconnait à des choses matérielles, et la première est une tour. Le beffroi n'est pas le clocher de l'église : c'est la tour de la ville, et ses cloches sont celles de la commune.
Le texte de Luchaire les fait sonner pour six raisons, que la première fiche fait relever : l'approche de l'ennemi, l'incendie, l'émeute, l'appel des accusés au tribunal, l'appel des bourgeois aux assemblées, les heures de travail et de repos, le lever du soleil et le couvre-feu. Une ville qui sonne ses heures commande à son propre temps.
Au bas de la même tour se tiennent la salle des magistrats, les archives et un magasin d'armes. Tout ce qui fait qu'une ville est une personne — ses actes, ses décisions, sa défense — se garde dans un seul bâtiment, et ce bâtiment lui appartient.
C'est pourquoi supprimer une commune commençait par lui enlever son sceau, et pourquoi plusieurs villes interdisaient de sortir leur charte de l'enceinte. La deuxième fiche fait juger six affirmations d'élèves là-dessus ; trois sont fausses.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme d'histoire-géographie du cycle 4 fixé par l'arrêté du 17 juillet 2020, en vigueur en cinquième. Ces cinq fiches sont les premiers EXERCICES du chapitre : le site n'en portait que des évaluations. CE QUI LES REND POSSIBLES EST UN CORPUS, pas un format de plus : le chapitre X de Langlois (1901) est lu par un module, et chaque citation en est EXTRAITE par programme — un passage qui ne se retrouve pas au caractère près dans le fichier arrête la production. Les références des trois historiens ne sont pas tapées : elles sont relues dans le texte, pour qu'aucune fiche ne puisse citer une source que le livre ne porte pas. DEUX COUPURES ONT ÉTÉ REFAITES À LA RELECTURE, parce qu'elles avaient emporté l'antécédent d'un pronom : l'élève lisait « ils étaient chargés de sonner » sans savoir qui, et « car elle était le signe visible » sans savoir de quoi. LES FAITS QUE LES FICHES AFFIRMENT SONT PROUVÉS AVANT L'IMPRESSION : que chaque règle à écrire dans le tableau se LISE dans le document de sa fiche, sans quoi la question n'aurait pas de réponse sur la page ; que les sept villes de la carte tiennent dans le cadre, ne tombent pas à l'eau, et soient assez éloignées pour qu'on les distingue — ce contrôle a mordu, Pavie tombant à 4,3 mm de Mirande ; que l'ordre annoncé des six étapes reconstitue bien une fondation, et que chaque étape imprime le numéro que la consigne fait écrire ; que les trois boites s'emboitent réellement, de la plus large à la plus étroite ; qu'aucune question ne soit reprise du jumeau ni de l'article marchand. Le contrôle des couples ÉNUMÈRE les articles voisins depuis la base — matière et niveau — au lieu de les nommer un par un. Le total de chaque fiche est vérifié à 20 points.
- Programme d'histoire-géographie du cycle 4, annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020 (BO nº 31 du 30 juillet 2020), classe de cinquième, thème 2 « Société, Église et pouvoir politique dans l'occident féodal (XIe-XVe siècles) ». C'est le texte EN VIGUEUR en cinquième à la rentrée 2026-2027. Le sous-thème, cité mot pour mot : « L'émergence d'une nouvelle société urbaine », dont le cadrage annonce que « le mouvement urbain qui s'amorce principalement au XIIe siècle fait toutefois apparaitre de nouveaux modes de vie et stimule l'économie marchande ». LES DOCUMENTS VIENNENT D'UN LIVRE DU DOMAINE PUBLIC, et d'un seul : Ch.-V. Langlois, Histoire du moyen âge, Paris, 1901, chapitre X « Les villes », relevé page à page sur le fac-similé de Wikisource (pages 310 à 339 du DjVu). Ce chapitre est une anthologie : il donne à lire A. Luchaire, Les communes françaises à l'époque des Capétiens directs (Paris, Hachette, 1890), A. Giry sur les bastides et G. Fagniez, Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris (Paris, Vieweg, 1877). Les quatre auteurs sont morts entre 1899 et 1929 : leurs textes sont libres de droits, et les références imprimées sous chaque document sont celles que le livre porte lui-même, relues dans le fichier et non retapées.