Ce que ces évaluations mesurent
Lire un texte d'historien et y trouver ce qu'on demande ; ranger des gestes entre ce que les statuts permettent et ce qu'ils interdisent ; compléter une chaine d'explication ; juger six copies d'élèves ; lire trois sommes sur un graphique et les comparer ; et relier cinq faits à ce qu'ils prouvent.
Chaque citation est extraite du chapitre X de Langlois par programme, et les trois sommes du graphique sont celles que ce texte cite — jamais des nombres inventés pour l'exercice.
Les leçons de rappel donnent le cadre et le vocabulaire d'époque : étal, vantail, chaland, terme, morte-saison, déconfiture. Les faits que les questions demandent restent dans les documents.
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Où passe la matière première
Un texte d'historien sur les statuts des métiers, six gestes à ranger entre le permis et l'interdit, puis ce que ces règles cherchent à empêcher.
Avant de vendre, il faut acheter — et c'est là que les statuts d'un métier se font le plus précis. La matière première ne s'achète pas où l'on veut, ni quand on veut, ni à qui l'on veut.
Le document de cette fiche est de G. Fagniez, qui a étudié l'industrie parisienne du XIIIe siècle. Il apprend que la matière devait être portée aux Halles, où on la visitait, et qu'un fabricant ne pouvait pas aller au-devant d'elle sur la route.
Il apprend aussi comment elle se partageait : la corporation en achetait en gros, la répartissait également entre tous les maîtres, et tirait les parts au sort pour éviter les injustices. Un maître qui assistait à un marché pouvait même s'en faire céder une partie, au prix coûtant.
Le tri de cette fiche fait ranger six gestes entre le permis et l'interdit, et un seul mot les résume tous : l'accaparement. Si un maître pouvait rafler la matière, il fixerait les prix — et les autres seraient ruinés.
Acheter avant les autres était une faute, pas une habileté.
- Lire le document
- Permis, ou interdit ?
- Ce que ces règles empêchent
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La boutique ouverte sur la rue
Un texte aux lignes numérotées sur la boutique médiévale, trois questions à choix multiple, puis la comparaison avec un magasin d'aujourd'hui.
Une boutique du XIIIe siècle n'a pas de vitrine : elle s'ouvre sous une arcade, fermée par des volets de bois, et le même lieu sert à fabriquer et à vendre.
Le texte de cette fiche, aux lignes numérotées, décrit le mécanisme : le vantail du haut se relève comme une fenêtre à tabatière, celui du bas s'abaisse et, dépassant l'alignement, sert d'étal et de comptoir. Le client n'a donc pas besoin d'entrer.
C'est pourquoi les textes d'époque appellent parfois les boutiques des « fenêtres », et pourquoi les statuts défendent d'appeler le passant arrêté devant la boutique d'un confrère : la vente se fait sur la rue, et la rue est à tout le monde.
Le document dit enfin qu'on voyait plus clair dehors que dedans : les baies sont étroites, les étages du dessus surplombent la rue. Une marchandise se montrait donc au jour, sur l'étal — et la dernière question de la fiche fait tirer cette conséquence.
On achetait par l'ouverture, sans franchir la porte.
- Lire le texte
- Trois questions sur le texte
- Et aujourd'hui ?
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Pourquoi tirer les parts au sort
Une chaine de cinq maillons à compléter, six copies d'élèves à juger, puis ce qu'une coalition fausse.
Tirer au sort n'est pas jouer. C'est la façon la plus simple d'empêcher qu'un homme choisisse à la place des autres — et c'est pour cela que les corporations l'employaient.
La chaine de cette fiche en cinq maillons le montre : la corporation achète en gros, partage en parts tirées au sort, et dès lors aucun maître ne peut accaparer la matière. Deux maillons manquent, et ce sont les conséquences : la chaine elle-même donne de quoi les écrire.
La même logique interdit les coalitions, entre fabricants comme entre ouvriers. S'entendre pour fixer un prix ou un salaire, c'est défaire l'égalité que les statuts cherchent à établir — et Beaumanoir prévoit la prison et une amende pour cela.
Mais interdire n'est pas empêcher. Une entente entre peu de personnes pouvait durer des années sans preuves : celle des tisserands de Doullens a duré six ans avant que l'échevinage ne sache quoi en faire.
Ce que le sort décide, personne ne l'a décidé.
- La chaine du partage
- Six copies à corriger
- Ce qu'une coalition fausse
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Le temps et l'argent du métier
Trois sommes à lire sur un graphique en barres, six moments où le travail s'arrête à retrouver, puis ce que le calendrier dit du métier.
Un métier coûte de l'argent avant d'en rapporter, et les textes du XIIIe siècle donnent des chiffres. Le graphique de cette fiche en porte trois, tous cités par le même historien, tous en sols.
Un étal de boucher se louait cent sols par an, payés par termes de vingt-cinq ; une coalition coûtait soixante sols d'amende ; un marchand de poisson d'eau douce payait vingt sols de plus pour acquérir un droit. Les deux questions de lecture font comparer ces sommes, et diviser.
Le temps du travail, lui, n'est pas continu. L'industrie chômait le dimanche et aux nombreuses fêtes de l'année ; le samedi et la veille des fêtes, le travail ne durait pas au-delà de nones, de vêpres ou de complies.
Et certaines industries connaissaient la morte-saison : les ouvriers tréfiliers, loués à l'année, se reposaient au mois d'août. C'est le seul des six arrêts qui ne vienne pas du calendrier, mais du métier lui-même.
Trois sommes, une seule unité : le sol.
- Trois sommes, en sols
- Quand le travail s'arrête
- Ce que ce calendrier dit du métier
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Capitaliste, ou ouvrier ?
Une carte mentale du chef d'industrie, cinq faits à relier à ce qu'ils prouvent, puis la comparaison avec un patron d'aujourd'hui.
Pour comprendre ce qu'était un chef d'industrie au Moyen Âge, il faut d'abord oublier le manufacturier d'aujourd'hui : ni gros capitaux, ni outillage coûteux, ni nombreux ouvriers.
Il était les deux à la fois, et c'est la conclusion même de Fagniez : son bénéfice représentait en même temps l'intérêt de son capital et le salaire de son travail. La carte mentale de cette fiche range les faits sous ces deux titres.
Mais l'une des deux parts l'emporte. Le peu d'importance des frais généraux et la rareté des associations faisaient de lui un artisan bien plus qu'un capitaliste — et la carte porte de quoi le voir.
Une troisième branche dit ce qu'on oublie volontiers : le monopole n'enrichissait pas tout le monde. Des maîtres vivaient dans la gêne, des armuriers pauvres colportaient leurs armures, des chaussetiers redevenaient ouvriers, et les corporations tenaient des caisses de secours.
Le monopole garantissait les règles, pas la réussite.
- Trois façons d'être un chef d'industrie
- Cinq faits, cinq preuves
- Et un patron d'aujourd'hui ?
Compétences travaillées
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Une économie réglée, non concurrentielle
Les statuts d'un métier cherchent l'égalité entre les maîtres, et non la victoire du meilleur.
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La matière première avant tout
Elle passe aux Halles, s'y fait visiter, et se partage en parts tirées au sort.
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La boutique s'ouvre sur la rue
L'atelier et la boutique ne font qu'un, et le client achète sans entrer.
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Le chef d'industrie est les deux à la fois
Un capitaliste et un ouvrier — mais l'artisan l'emporte.
Pourquoi une évaluation, et pas un second article d'exercices
Le chapitre portait cinq fiches d'exercices, et elles prenaient l'économie marchande par le dehors : le cycle des foires de Champagne, l'origine des marchandises, la lettre de change, la taille des grandes villes. Une évaluation qui reprendrait ces objets ne mesurerait rien de plus.
Il fallait donc un autre angle, et des documents pour le tenir. Le chapitre X de Langlois, déjà employé pour le chapitre voisin, donne à lire l'étude de G. Fagniez sur l'industrie parisienne : on y voit l'économie du dedans, celle d'un métier et de ses règles.
C'est un déplacement de point de vue plus qu'un changement de sujet. Le commerce lointain suppose des ateliers qui produisent, et ces ateliers vivent sous des statuts qui décident d'où vient la matière, comment elle se partage et à quelles heures on travaille.
Les cinq fiches emploient dix formats différents, chacun une seule fois, et aucun des cinq couples n'est employé par les dix autres articles d'histoire de cinquième — ce qui se vérifie en énumérant ces articles depuis la base, et non en les nommant un par un.
Ce qu'une règle du XIIIe siècle apprend sur l'économie
La matière première ne s'achète pas où l'on veut. Elle doit passer aux Halles, où on la visite, et un fabricant ne peut pas aller au-devant d'elle sur la route pour s'approvisionner aux dépens de ses confrères.
La corporation en achète en gros, puis la partage entre tous les maîtres — et les parts se tirent au sort. Mieux : un maître qui assiste à un marché peut s'en faire céder une partie, au prix coûtant. Il ne gagne rien sur son confrère ; il obtient sa part.
Ces règles supposent une idée du métier qui n'est plus la nôtre. Les fabricants d'un même métier n'y sont pas des concurrents avides de s'enrichir les uns aux dépens des autres, mais des confrères appelés à une part aussi égale que possible.
Et l'égalité voulue n'était pas l'égalité obtenue : des maîtres vivaient dans la gêne, des armuriers pauvres avaient le droit de colporter, des chaussetiers établis redevenaient ouvriers. Les corporations tenaient des caisses de secours pour eux.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme d'histoire-géographie du cycle 4 fixé par l'arrêté du 17 juillet 2020, en vigueur en cinquième. Ces cinq fiches sont les premières ÉVALUATIONS du chapitre, et elles prennent l'économie marchande PAR LE DEDANS : le jumeau d'exercices avait pris les foires, les marchandises et la lettre de change. Chaque citation est EXTRAITE par programme du chapitre X de Langlois, entre un début et une fin donnés : un passage qui ne se retrouve pas au caractère près arrête la production. UNE LACUNE DU RELEVÉ A ÉTÉ CONTOURNÉE, et une garde la surveille : la transcription du fac-similé a perdu deux mots dans une phrase — « Cela n'était nécessaire que avait à traiter » pour « que lorsqu'on avait à traiter » —, et cette phrase amputée se serait imprimée telle quelle. Le français ne laissant jamais « que » devant une voyelle, la faute d'élision est la trace du trou, et le module la mesure : c'est la seule du chapitre. LA LEÇON DIT LE CADRE, LE DOCUMENT DONNE LES FAITS. Au premier jet, les cinq leçons écrivaient les réponses de leurs propres questions de document — « elle passe d'abord par les Halles, où elle est visitée » dix centimètres au-dessus de « par où la matière première doit-elle passer ? ». Elles ont été réduites au vocabulaire et au principe. LES FAITS QUE LES FICHES AFFIRMENT SONT PROUVÉS AVANT L'IMPRESSION : que les trois sommes du graphique se lisent dans le chapitre et que les deux calculs qu'elles font faire tombent juste — 60 valant trois fois 20, et 100 quatre termes de 25 ; que la plus forte ne sorte pas du cadre ; que les six moments d'arrêt du travail soient IMPRIMÉS, le schéma de liste n'ayant pas de clef de réponses ; que les deux maillons masqués de la chaine ne soient ni le premier ni deux voisins ; que le dérangement des associations ne soit pas une rotation ; et qu'aucune question ne soit reprise du jumeau. Le contrôle des couples ÉNUMÈRE les articles voisins depuis la base. Le total de chaque fiche est vérifié à 20 points.
- Programme d'histoire-géographie du cycle 4, annexe 3 de l'arrêté du 17 juillet 2020 (BO nº 31 du 30 juillet 2020), classe de cinquième, thème 2 « Société, Église et pouvoir politique dans l'occident féodal (XIe-XVe siècles) ». C'est le texte EN VIGUEUR en cinquième à la rentrée 2026-2027. Le cadrage du sous-thème, cité mot pour mot : « le mouvement urbain qui s'amorce principalement au XIIe siècle fait toutefois apparaitre de nouveaux modes de vie et stimule l'économie marchande ». LES DOCUMENTS VIENNENT D'UN SEUL LIVRE DU DOMAINE PUBLIC : Ch.-V. Langlois, Histoire du moyen âge, Paris, 1901, chapitre X « Les villes », relevé page à page sur le fac-similé de Wikisource. Sa troisième section donne à lire G. FAGNIEZ, Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris (Paris, Vieweg, 1877) : Fagniez est mort en 1927, Langlois en 1929, et la référence imprimée sous chaque document est celle que le livre porte lui-même, relue dans le fichier et non retapée. Les trois sommes du graphique — 100 s., 60 s., 20 s. — sont celles que ce texte cite ; le sol est la monnaie de compte de l'époque.