Ce que le programme met au centre
Le mot « homophone » n'apparaît pas une seule fois dans le programme de français du cycle 3. Ce n'est pas un oubli : le texte traite ces confusions autrement, et sa façon de faire est plus économique.
Il demande de « repérer le donneur d'accord du groupe nominal : le nom noyau », de « repérer le sujet du verbe », de « justifier les variations morphologiques effectuées » et de « distinguer les variations morphologiques du verbe de celles du nom ». Autrement dit : identifier la classe du mot, et savoir qui commande.
L'exemple que le programme donne lui-même le montre bien : « il élève / tu élèves / elles élèvent vs une élève / des élèves ». C'est une confusion de formes, et elle se résout en demandant si le mot est un verbe ou un nom — pas en retenant une astuce.
Ces cinq fiches suivent ce cadre. Les paires a/à, et/est, son/sont, on/ont y sont travaillées, mais rangées selon la classe de chaque forme, avec un seul test pour les quatre : changer le temps, et regarder ce qui bouge.
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Le donneur d'accord
Un seul mot commande, et ce n'est pas toujours le plus proche.
C'est le premier objectif du CM1 en orthographe grammaticale, et il porte un nom précis : le donneur d'accord. Dans un groupe nominal, c'est le nom noyau ; pour le verbe, c'est le sujet.
Quatre phrases sont à compléter, dont deux contiennent un piège : un complément au pluriel placé juste avant le verbe. « Le livre de mes cousins » a pour noyau « livre », au singulier.
La méthode donnée est celle du retrait : on enlève ce qui précise le nom, et ce qui reste est le noyau. On peut aussi demander de quoi l'on parle vraiment.
Trois copies sont ensuite à corriger, et les deux erreurs vont dans des sens opposés — un accord au pluriel là où il faut le singulier, et l'inverse. C'est bien le noyau qu'il faut chercher, pas un pluriel quelconque.
Le mot le plus proche du verbe n'est pas forcément celui qui commande.
- Le nom noyau
- Le sujet
- Deux pièges
- Dans les deux sens
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Deux classes de mots, pas deux orthographes
« a » est un verbe, « à » un mot invariable.
Le tri ne porte pas sur l'orthographe mais sur la classe : « a » et « est » sont des verbes conjugués, « à » et « et » des mots invariables.
Ce déplacement change tout. Un verbe se conjugue ; un mot invariable ne bouge jamais. Il n'y a donc rien à retenir, seulement quelque chose à vérifier.
Une question porte sur le nom de la classe de « et » : conjonction de coordination. Le programme du CM1 demande explicitement de « identifier et nommer les conjonctions de coordination ».
Le QCM installe le test qui tranche : on change le temps de la phrase. « Il a faim » devient « il avait faim » ; « à Paris » ne devient rien.
Un mot invariable ne change jamais : c'est ce qui le définit.
- Verbe ou invariable
- Deux verbes
- Conjonction de coordination
- Changer le temps
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son / sont, on / ont
Changer le temps : seul le verbe bouge.
Quatre transformations d'une même phrase, et une seule chose à observer : quel mot change. Le reste de la phrase reste immobile.
« Les enfants sont contents » devient « les enfants étaient contents ». « Son cadeau » ne devient rien : « son » est un déterminant, pas un verbe.
Le même test sépare « ont » de « on », qui est un pronom sujet. Quatre paires, quatre classes différentes du côté droit, mais un seul test.
Le mémo range les quatre paires ensemble, et une question fait remarquer que les quatre formes verbales viennent de deux verbes seulement : être et avoir.
Deux verbes seulement expliquent les quatre paires.
- Faire varier le temps
- Ce qui bouge
- Quatre paires
- Être et avoir
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Le verbe et le nom qui s'écrivent pareil
« une porte » et « il porte » : même forme, deux classes.
C'est l'objectif que le programme formule ainsi : « distinguer les variations morphologiques du verbe de celles du nom », avec pour exemple « il élève » et « une élève ».
Un court texte emploie trois mots — porte, marche, ferme — tantôt comme nom, tantôt comme verbe. L'élève les relève, puis observe leur pluriel.
C'est là que tout se joue : « les portes » prend un s parce que c'est un nom au pluriel ; « ils portent » prend -ent parce que c'est un verbe à la troisième personne du pluriel. Les deux se prononcent de la même façon.
L'oreille ne tranche donc pas. Seule la classe du mot permet de choisir la marque, et c'est exactement ce que le programme veut faire comprendre.
L'oreille ne tranche pas ; la grammaire, si.
- Trois mots doubles
- Nom ou verbe
- -s ou -ent
- Le même son
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La chaîne d'accords
Le nom donne, le déterminant et l'adjectif reçoivent.
« Systématiser la chaîne d'accords dans le groupe nominal » : quatre groupes passent du singulier au pluriel, et il faut suivre les trois mots à la fois.
Les pluriels choisis ne sont pas tous en -s. « Un bijou » donne « des bijoux », « un animal » donne « les animaux ». Le programme prévoit que « les formes irrégulières sont introduites et stabilisées au cours du cycle ».
La troisième colonne demande de nommer la marque du pluriel : c'est ce que le programme appelle « justifier les variations morphologiques effectuées ».
Le tri final range six noms par famille de pluriel, et la dernière question applique la règle des noms en -al à un nom nouveau.
La chaîne d'accords traverse tout le groupe.
- Trois mots à la fois
- Pluriels en -x
- Pluriels en -aux
- Justifier
Compétences travaillées
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Le donneur d'accord
Repérer le nom noyau d'un groupe nominal et le sujet d'un verbe.
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La classe du mot
Distinguer a et à, et et est, son et sont, on et ont par leur classe grammaticale.
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Verbe ou nom
Choisir entre -s et -ent selon que le mot est un nom ou un verbe.
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La chaîne d'accords
Accorder les trois mots du groupe nominal, y compris avec les pluriels irréguliers.
Pourquoi le programme ne parle pas d'homophones
Le mot est absent du texte, et cette absence a une logique. Ranger « a » et « à » ensemble parce qu'ils se prononcent pareil, c'est classer par le son. Le programme classe par la classe grammaticale, et cette seconde façon fait plus de travail avec moins de règles.
Une astuce comme « remplace par avait » fonctionne pour une paire et une seule. Il en faut une autre pour « est », une autre pour « sont », une autre pour « ont ». Quatre paires, quatre astuces à retenir — et rien qui serve ailleurs.
Le test de la classe, lui, est unique : on change le temps de la phrase, et l'on regarde ce qui bouge. Seul un verbe change. Ce test vaut pour les quatre paires, et il vaut encore pour « il porte » et « une porte », où aucune astuce ne s'applique.
C'est aussi ce qui rend le raisonnement transférable : un élève qui sait que « a » est un verbe conjugué sait déjà pourquoi « ont » l'est aussi, et pourquoi « on » ne l'est pas.
Le donneur d'accord, et le piège du mot le plus proche
Le programme du CM1 emploie une expression qui vaut d'être retenue : le donneur d'accord. Dans un groupe nominal, c'est le nom noyau ; pour le verbe, c'est le sujet, « notamment le nom noyau dans le cas d'un groupe nominal ».
L'erreur la plus fréquente n'est pas d'ignorer la règle mais de se tromper de donneur. Dans « le livre de mes cousins », le mot placé juste avant le verbe est « cousins », au pluriel — et beaucoup d'élèves accordent avec lui.
Le remède est mécanique : on enlève ce qui précise le nom. « Le livre de mes cousins » devient « le livre » ; le noyau apparaît. On peut aussi poser la question autrement : de quoi parle-t-on ? D'un livre.
Les fiches font l'erreur dans les deux sens — un accord au pluriel là où il faut le singulier, et l'inverse. Un élève qui ne corrigerait que le premier cas aurait retenu « méfie-toi des pluriels » au lieu de « cherche le noyau ».
« les portes » ou « ils portent » : ce que l'oreille ne dit pas
Le programme donne son propre exemple — « il élève / tu élèves / elles élèvent » face à « une élève / des élèves » — et l'objectif tient en une ligne : distinguer les variations morphologiques du verbe de celles du nom.
Trois paires régulières permettent le même travail : une porte / il porte, une marche / il marche, une ferme / il ferme. Au singulier, les deux mots s'écrivent exactement de la même façon.
C'est au pluriel que la différence apparaît, et elle est invisible à l'oreille : « les portes » et « ils portent » se prononcent identiquement. Le nom prend un s, le verbe prend -ent, et rien dans le son ne permet de choisir.
Ce cas est le plus formateur de la série, parce qu'aucun moyen mnémotechnique n'y aide. Il faut savoir si le mot est un nom ou un verbe — c'est-à-dire faire de la grammaire.
Méthode et vérification
Le programme de référence est l'arrêté du 10 avril 2025 fixant les programmes de français et de mathématiques du cycle 3, publié au BO n° 16 du 17 avril 2025 ; il s'applique au CM1 depuis la rentrée 2025. Le mot « homophone » y compte zéro occurrence ; les objectifs cités — donneur d'accord, nom noyau, chaîne d'accords, distinction des variations du verbe et du nom, conjonctions de coordination — sont repris mot pour mot de la partie « Acquérir l'orthographe grammaticale » du CM1. L'exemple du programme reposant sur « élever », verbe à radical instable, trois paires régulières le remplacent : porte, marche, ferme. Toutes les formes verbales imprimées sont conjuguées par un module, tous les groupes nominaux accordés par un autre, y compris les pluriels irréguliers en -x et en -aux. Les affirmations non sourcées de la version précédente — une expérience personnelle de douze ans, une erreur présentée comme « la plus répandue en France » — ne sont pas reprises.