Les résultats, sans la cause ni la méthode
La version précédente de cette page faisait correctement son travail de récit : l'Afrique berceau de l'humanité, les grandes étapes de l'évolution, les migrations hors d'Afrique, la cohabitation avec d'autres espèces humaines.
Deux choses manquaient, et le programme les nomme toutes les deux. La cause d'abord : « de fortes oscillations climatiques, qui ont profondément transformé l'environnement et amené les groupes humains à adapter leurs modes de vie ». Le mot « climat » n'apparaissait pas une fois.
La méthode ensuite : le texte demande de conduire cette histoire « à partir de l'observation de cartes et de la mention de quelques sites de fouilles ». « Fouille », « site », « datation » : zéro occurrence chacun.
Une page qui donne les résultats sans dire d'où ils viennent demande à l'élève de croire plutôt que de comprendre. Ces cinq évaluations ajoutent donc la cause et la méthode au récit qui existait déjà.
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Une chronologie qui nous dépasse
Des millions d'années, et nous à la toute fin.
Le programme le dit entre parenthèses, et c'est important : les débuts de l'humanité « s'inscrivent dans une chronologie qui les dépasse considérablement ».
Le document donne six espèces avec leur intervalle. Le tableau fait calculer trois durées — et le résultat surprend : les australopithèques ont existé 2,2 millions d'années, notre espèce 300 000 ans pour l'instant.
Une question porte sur l'unité elle-même : cette chronologie se compte en millions d'années, quand toute l'histoire écrite tient dans quelques milliers.
Le QCM installe la convention qui déroute le plus : une date plus grande, en millions d'années, désigne une époque plus ancienne.
Un intervalle peut en recouvrir un autre : les espèces ne se sont pas succédé une par une.
- Les intervalles
- Les durées
- Millions d'années
- L'ordre
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Le climat change, les modes de vie aussi
Une cause que la page précédente ne nommait pas.
C'est la phrase du programme que l'article ne reprenait pas : « de fortes oscillations climatiques, qui ont profondément transformé l'environnement et amené les groupes humains à adapter leurs modes de vie ».
Trois maillons, donc, et le tri les fait séparer : la cause d'un côté — le climat —, les conséquences de l'autre — la mer qui monte ou descend, les forêts qui avancent ou reculent, les groupes qui changent de territoire.
Une question explique pourquoi une période glaciaire ouvre des passages entre les continents : l'eau reste prise dans les glaces, la mer baisse, des terres émergent.
Le second exercice introduit le mot « nomade », absent de la page précédente, et la raison pour laquelle ces groupes ne cultivaient pas : l'agriculture n'existait pas encore.
Les groupes humains ne subissaient pas ces changements : ils s'y adaptaient.
- Le climat
- La mer
- Les forêts
- Nomade
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Comment on sait
Des fouilles, des couches, des fossiles.
Le programme demande de mentionner « quelques sites de fouilles ». C'est le point de méthode : rien de ce qu'on sait de cette période ne vient d'un texte, puisque personne n'écrivait.
L'appariement relie trois espèces au site où on les a trouvées — Hadar, Olduvai, la grotte Chauvet. Une question explique pourquoi la profondeur d'une couche compte : les couches se déposent l'une sur l'autre.
Une question va plus loin : un seul squelette ne suffit pas à décrire une espèce. Il donne un individu ; il faut plusieurs découvertes pour savoir ce qui était commun.
Le second exercice relie chaque type de trace à ce qu'elle autorise à conclure — et à rien de plus. Une fosse avec des objets prouve qu'on enterrait ses morts ; elle ne dit pas ce qu'on croyait.
Un fait scientifique se construit sur plusieurs traces, pas sur une.
- Les fouilles
- Les couches
- Les traces
- Ce qu'on peut conclure
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Ils se sont croisés
Deux espèces humaines en même temps, et le calcul le montre.
L'article précédent affirmait la cohabitation avec d'autres espèces humaines. La fiche la fait établir.
Deux intervalles sont donnés : Néandertal de 400 000 à 30 000 ans, Homo sapiens depuis 300 000 ans. Le tableau fait chercher le recouvrement, et il vaut 270 000 ans.
Une question porte sur la méthode elle-même : la période commune va de l'apparition du plus récent à la disparition du plus ancien. C'est une soustraction entre deux dates.
La frise place ensuite quatre acquisitions dans l'ordre du temps, et une question explique pourquoi cet ordre compte : des mains libérées par la marche debout peuvent tailler.
L'idée d'une succession bien rangée des espèces humaines est fausse.
- Le recouvrement
- Néandertal
- 270 000 ans
- Les acquisitions
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Sortir d'Afrique
Les premières grandes migrations, et le peuplement du monde.
Le programme demande une « première réflexion sur l'histoire du peuplement à l'échelle mondiale ». Le mémo la construit en cinq lignes.
Les fossiles les plus anciens sont africains. Homo erectus sort le premier, et on le retrouve à Dmanissi, en Géorgie. Homo sapiens sort bien plus tard, et atteint tous les continents.
Une question relie les migrations au climat, déjà travaillé : les périodes glaciaires, en faisant baisser la mer, ont ouvert des passages.
Les quatre affirmations à trancher visent les raccourcis courants : partir d'Europe, une seule sortie, une seule espèce. Et la dernière question rappelle qu'une histoire fondée sur des fouilles reste ouverte à une découverte nouvelle.
Le peuplement du monde s'est fait en plusieurs vagues, pas en une seule.
- L'Afrique
- Homo erectus
- Les passages
- Les vagues
Compétences travaillées
-
La chronologie
Se repérer dans une chronologie en millions d'années, et calculer la durée d'existence d'une espèce.
-
Le climat
Relier les oscillations climatiques à la transformation de l'environnement et à l'adaptation des modes de vie.
-
Les fouilles
Comprendre qu'un fait préhistorique s'établit à partir de traces retrouvées sur des sites de fouilles, et datées.
-
La coexistence
Établir par le calcul que plusieurs espèces humaines ont coexisté, et décrire les premières grandes migrations.
Donner la cause change ce qu'on apprend
« Les hommes préhistoriques étaient nomades » se retient comme un fait isolé. « Le climat oscillait fortement, la mer montait et descendait, les forêts avançaient et reculaient, le gibier changeait — et les groupes suivaient » se comprend.
Le programme énonce cette chaîne en une phrase, et elle est le vrai contenu de l'entrée : les débuts de l'humanité sont une histoire d'adaptation à un environnement qui ne tenait pas en place.
C'est aussi ce qui relie cette entrée au reste du cycle : la même question — comment les groupes humains s'arrangent-ils avec leur milieu — revient au néolithique, puis dans l'Orient ancien avec l'irrigation.
Dire d'où vient ce qu'on sait
Aucun texte ne décrit cette période : l'écriture apparaît des millions d'années plus tard. Tout ce que nous en savons vient d'objets et d'ossements retrouvés dans le sol.
Le dire change le statut de ce qu'on enseigne. « Homo erectus maîtrisait le feu » n'est pas une croyance : c'est ce que permettent de conclure des foyers, des cendres et des os brûlés retrouvés en place.
Et cela fixe aussi les limites. Une sépulture prouve qu'un groupe enterrait ses morts avec des objets ; elle ne dit pas ce qu'il croyait. La troisième fiche fait travailler cette frontière.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir de l'annexe 2 de l'arrêté du 17 juillet 2020, cycle 3, histoire, classe de sixième, thème 1, première entrée. Les espèces sont données par un intervalle de dates ; durées et coexistences sont calculées à chaque production.
- Arrêté du 17 juillet 2020, annexe 2 — programmes du cycle 3, histoire et géographie, classe de sixième, thème 1.
- Bulletin officiel n° 31 du 30 juillet 2020.