Géographie · 5ème · Évaluation

Prévenir les risques 5e — évaluations de géographie (PDF + corrigés)

Cinq évaluations notées sur 20, avec leurs corrigés. Pourquoi interdire la vente d'un lait qu'on n'a pas encore analysé ? La réponse tient tout le chapitre.

5ème Géographie Évaluation
Durée 40 min
Barème Sur 20
Format PDF A4
Accès Gratuit
Deux barres sur un axe de jours : dix-huit jours pendant lesquels personne ne sait ce qui a brûlé, et vingt jours d'interdiction de vente qui les recouvrent.

Ce que ces évaluations demandent

Remplir la chronologie d'une crise réelle ; relever dans le texte de la Constitution les mots qui distinguent la précaution de la prévention ; calculer combien de jours ont été passés à décider sans savoir ; ranger des mesures selon ce qu'on savait au moment de les prendre ; et situer les dispositifs français sur vingt ans.

Une seule étude de cas, comme le programme le demande : l'incendie du 26 septembre 2019 à Rouen. Toutes ses dates et tous ses nombres viennent du rapport officiel publié par le ministère de l'Intérieur.

Le tout en cinq formats différents, chacun employé exactement deux fois, et aucun des cinq couples n'est employé par les quinze autres articles de géographie de cinquième.

1 sur 5

La nuit du 26 septembre

Une chronologie à remplir, et le texte qui explique la décision la plus étonnante.

Quatre dates d'un même automne, et l'ordre dans lequel elles se sont produites raconte à lui seul ce qu'est une précaution : l'incendie, l'interdiction, l'état fiable des produits brûlés, la levée de l'interdiction.

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L'interdiction vient DEUX JOURS après l'incendie, et l'état fiable seize jours plus tard. Autrement dit : on a interdit d'abord, et l'on a su ensuite. C'est exactement l'inverse de ce qu'on attend d'une décision, et c'est pourtant ce que la loi demande.

Le document de la seconde partie est le texte qui l'autorise : l'article 5 de la Charte de l'environnement, qui a valeur de Constitution. Les trois questions demandent d'y relever le passage qui dit l'incertitude, celui qui dit que la mesure sera provisoire, et qui le texte charge d'agir.

La question de rédaction est celle que tout élève pose : pourquoi interdire la vente d'un lait qu'on n'a pas encore analysé ? Le corrigé attend l'idée d'attendre le résultat, et non l'idée d'un danger prouvé.

On a interdit d'abord, et l'on a su ensuite.

  • Quatre cases à remplir
  • Trois passages à relever
  • Deux questions sur la décision du 28 septembre

2 sur 5

Combien a brûlé ?

Le total a presque doublé dix-huit jours après l'incendie — et personne n'avait menti.

Le 1er octobre, on annonce un peu plus de cinq mille tonnes de produits brûlés. Le 14 octobre, un état fiable en donne près de dix mille. Le rapport officiel écrit le mot « révéler » entre guillemets, et ces guillemets sont tout l'exercice.

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Rien n'avait été caché. Ces produits avaient brûlé dès la première nuit : ce n'est pas la quantité qui a changé, c'est ce qu'on en savait. Un engagement de transparence avait pourtant été pris dès le 30 septembre — et c'est précisément ce qui rend le retard plus visible.

Le programme de calcul de la seconde partie fait additionner les deux tonnages, puis diviser le total par ce qu'on croyait. Le quotient dépasse un et demi sans atteindre deux : le total connu a presque doublé, et le module refuse la fiche si ce rapport cessait de le faire.

La question de rédaction porte sur ce qui est en cause : non le chiffre, mais la façon de l'annoncer. Un nombre provisoire donné comme s'il était définitif se retourne contre celui qui le donne, même de bonne foi.

Ce n'est pas la quantité qui a changé, c'est ce qu'on en savait.

  • Le texte, et trois questions
  • Le programme de calcul
  • Deux questions sur ce que l'on savait

3 sur 5

Prévenir, ou prendre des précautions

Deux mots qu'on emploie l'un pour l'autre, et un seul critère les sépare.

Prévention et précaution s'emploient l'un pour l'autre dans la conversation courante. En géographie des risques, ils désignent deux choses différentes, et un seul critère les sépare : que sait-on au moment de décider ?

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On PRÉVIENT un risque qu'on connait — on sait ce qui peut arriver, et l'on agit pour que cela n'arrive pas, ou pour que cela fasse moins de dégâts. On prend une PRÉCAUTION quand on ne sait pas encore : le dommage possible serait grave, la science ne tranche pas, alors on prend une mesure provisoire.

Le programme de calcul de cette évaluation compte les jours passés à décider sans savoir : dix-huit entre l'incendie et l'état fiable, vingt entre l'interdiction et sa levée. Ce sont des soustractions de dates, et le corrigé les refait.

Les quatre lignes à cocher portent ensuite sur le critère lui-même. La dernière question demande deux exemples pris ailleurs qu'à Rouen : c'est là qu'on voit si la distinction a été comprise, ou seulement mémorisée.

Le mot change avec ce que l'on sait.

  • Le programme de calcul
  • Quatre lignes à cocher
  • Deux questions sur les deux mots

4 sur 5

La nuit de l'alerte

Prévenir vite ne suffit pas : il faut aussi dire quoi faire.

L'incendie se déclare vers deux heures quarante du matin, en pleine ville. Les sirènes ne sonneront pas — et ce n'est pas un oubli : le rapport officiel explique que leur activation immédiate, de nuit et en milieu urbain, a été jugée inappropriée.

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Une sirène réveille, mais elle ne dit rien. Elle n'explique ni ce qui arrive, ni ce qu'il faut faire. Le choix a donc été fait de s'appuyer sur les médias et sur des messages portant des consignes : rester à l'abri, éviter les déplacements inutiles.

Le récit de cette évaluation suit l'heure par heure : le rectorat prévenu entre six heures quarante-cinq et huit heures, quatre cent quatre-vingts élèves mis à l'abri sur trente-sept mille, les crèches et les écoles de onze puis treize communes fermées.

Les quatre lignes à cocher portent sur les dispositifs et sur qui en est responsable — le maire, le préfet, l'école, l'État. La question de rédaction demande enfin si une alerte sur les téléphones aurait mieux valu, et le corrigé accepte le « oui, mais » : à deux heures du matin, tout le monde n'a pas son téléphone allumé.

Une sirène réveille, mais elle ne dit rien.

  • Le texte, et trois questions
  • Quatre lignes à cocher
  • Deux questions sur l'alerte

5 sur 5

Depuis quand la France est-elle équipée ?

Cinq repères en vingt ans, et chacun est venu après quelque chose.

Quatre dates, sur vingt ans : la loi qui crée les plans de prévention des risques technologiques en 2003, le principe de précaution qui entre dans la Constitution en 2005, l'exercice de mise en sûreté qui devient annuel dans les écoles en 2010, l'alerte sur les téléphones qui couvre tout le pays en 2022.

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L'incendie de Rouen, lui, a eu lieu en 2019 — la consigne le dit, et la dernière question s'appuie dessus. L'alerte sur les téléphones n'existait donc pas encore cette nuit-là. Un pays se dote de ses moyens petit à petit, et le plus souvent après avoir constaté qu'ils manquaient.

Le texte de la seconde partie porte sur ce que chaque commune doit dire à ses habitants : la liste de ses risques majeurs, leurs conséquences prévisibles, les mesures prises et les consignes à suivre. Le maire doit le faire connaitre au moins tous les deux ans, et mettre le document à jour au moins tous les cinq.

La dernière phrase du texte est celle que la troisième question fait recopier : un habitant qui l'a lu sait, avant l'accident, ce qu'il devra faire pendant.

Les moyens viennent après.

  • Quatre cases à remplir
  • Le texte, et trois questions
  • Deux questions sur ces cinq repères

Compétences travaillées

  • Prévenir et prendre des précautions ne sont pas la même chose

    On prévient un risque qu'on connait. On prend des précautions quand on ne sait pas encore, par des mesures provisoires.

  • Une mesure de précaution n'accuse personne

    Interdire la vente d'un lait ne dit pas qu'il est dangereux : cela dit qu'on ne sait pas, et qu'on attend de savoir.

  • Ce qu'un pays sait de son propre accident change avec le temps

    À Rouen, le total des produits brûlés a presque doublé dix-huit jours après l'incendie — sans que personne ait menti.

  • Les moyens viennent après

    Les plans en 2003, le principe de précaution dans la Constitution en 2005, l'alerte sur les téléphones en 2022 : chaque ligne est venue après avoir manqué.

Pourquoi interdire la vente d'un lait qu'on n'a pas analysé

Le 26 septembre 2019, un incendie détruit une partie d'une usine classée « Seveso seuil haut » à Rouen et les entrepôts voisins. Il est éteint en une douzaine d'heures, sans faire de victime, mais il dégage un très important panache de fumée et de suies, qui s'étend jusque dans les Hauts-de-France.

Deux jours plus tard, un arrêté préfectoral interdit la mise sur le marché des productions agricoles de 112 communes, et consigne celles déjà récoltées. Aucune analyse n'est encore revenue. La décision paraît contradictoire avec les messages officiels, qui se veulent rassurants — et le rapport d'enquête relève d'ailleurs que cette « apparente contradiction » a inquiété la population.

Elle n'est qu'apparente, et c'est tout le chapitre. Les deux phrases portent sur deux moments différents de la connaissance : « rien ne prouve qu'il y ait un danger » est vrai au moment où on le dit, et « n'en vendez pas avant les analyses » l'est aussi, précisément parce que rien ne prouve non plus l'absence de danger.

Les restrictions ont été levées le 18 octobre, quatre jours après la publication d'un état fiable. Vingt jours d'interdiction pour dix-huit jours d'incertitude : c'est le calcul que fait la troisième évaluation.

Ce que la France a mis en place, et depuis quand

Un risque industriel ne se gère pas le jour de l'accident : il se prépare des années avant. La loi du 30 juillet 2003 a créé les plans de prévention des risques technologiques, qui limitent ce qu'on a le droit de construire autour d'une usine dangereuse. La Seine-Maritime en comptait dix, tous approuvés entre 2010 et 2018, au moment de l'incendie.

Chaque commune exposée à au moins un risque majeur doit établir un document d'information sur les risques majeurs : la liste des risques, leurs conséquences prévisibles, les mesures prises et les consignes à suivre. Le maire doit le porter à la connaissance des habitants au moins tous les deux ans.

Dans les écoles, les collèges et les lycées, un exercice de mise en sûreté a lieu chaque année depuis 2010. Cette nuit-là, il a servi : le rectorat a demandé de mettre à l'abri les élèves qui se présenteraient, et 480 d'entre eux l'ont été.

Les sirènes, elles, n'ont pas sonné : l'événement est arrivé de nuit, en pleine ville, et leur activation immédiate a été jugée inappropriée. Une sirène réveille, mais elle ne dit rien. L'alerte qui arrive sur les téléphones avec un message, elle, n'a couvert tout le pays qu'à partir du 21 juin 2022 — trois ans plus tard.

Méthode et vérification

Contenus originaux, cadrés sur le programme de géographie du cycle 4 en vigueur en cinquième. CE SOUS-THÈME N'AVAIT AUCUN ARTICLE, et il ferme le thème 3 : la géographie de cinquième est désormais couverte en entier. CE CHAPITRE NE RECOUPE PAS LA SVT, et cette fois sans discussion : le programme de SVT ne traite que les risques NATURELS, là où celui-ci porte sur les risques industriels, technologiques et sanitaires. LE PROGRAMME PROPOSE, IL N'EXIGE PAS : le texte écrit qu'une sensibilisation au principe de précaution « peut compléter la réflexion », et un contrôle refuse toute phrase de la page qui ferait de cette proposition une exigence. UNE SEULE ÉTUDE DE CAS, comme le programme le demande : l'incendie du 26 septembre 2019 à Rouen, un risque industriel dont les suites ont été sanitaires. AUCUN NOMBRE N'EST ÉCRIT À LA MAIN : le total brûlé est une somme, les délais des soustractions de dates, et le rapport entre ce qu'on croyait et ce qu'on a su un quotient. LES FAITS QUE LES FICHES AFFIRMENT SONT PROUVÉS AVANT L'IMPRESSION : que l'interdiction du 28 septembre précède le jour où l'on a su, sans quoi ce ne serait pas une précaution ; que les deux frises de l'article ne partagent aucun repère ; que les passages à relever soient bien DANS le texte de la Charte ; que le document de la fiche 2 ne porte aucun tonnage, puisque l'exercice voisin les fait additionner. UN DÉFAUT A ÉTÉ TROUVÉ EN RELISANT LES PDF : le format des frises lit son option « montrer » comme un booléen et non comme une liste de cases, si bien que le sujet imprimait ses quatre réponses. L'exercice « complète les cases » sortait complété. Le total des établissements Seveso en France, lui, N'EST PAS PUBLIÉ ici : aucune source primaire interrogeable ne l'a rendu ce jour-là, et un nombre qu'on ne peut pas revérifier ne s'imprime pas. Le total de chaque évaluation est vérifié à 20 points, et aucun tracé n'est en couleur.

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :
  • Programme de géographie du cycle 4, arrêté du 9 novembre 2015 modifié, version consolidée au BO nº 31 du 30 juillet 2020, classe de cinquième, thème 3 « L'environnement, du local au planétaire », second sous-thème « Prévenir et s'adapter aux risques (industriels, technologiques et sanitaires ou liés au changement climatique) ». Le texte, mot pour mot : « Le sous-thème 2 est abordé à partir d'une étude de cas sur un risque industriel et technologique, un risque ou une crise sanitaire ou encore lié au changement climatique. Une sensibilisation au principe de précaution ou de prévention peut compléter la réflexion. » ODD mobilisé nº 9. ATTENTION AU TEXTE DE 2015 : le document d'accompagnement Eduscol de mars 2016 porte un tout autre libellé — « Prévenir les risques industriels et technologiques », d'après le BOEN nº 11 du 26 novembre 2015 — et ce n'est plus le programme en vigueur. TOUS LES FAITS SONT RELUS À LEUR SOURCE. L'étude de cas vient du rapport « Retour d'expérience après l'incendie d'un site industriel à Rouen en septembre 2019 », publié par le ministère de l'Intérieur : les dates, les tonnages, les 112 communes et les 480 élèves mis à l'abri en viennent, et sont cités dans ses termes. Le texte du principe de précaution est l'article 5 de la Charte de l'environnement, adossée à la Constitution par la loi constitutionnelle nº 2005-205 du 1er mars 2005, relu sur Légifrance ; les plans de prévention des risques technologiques viennent de la loi nº 2003-699 du 30 juillet 2003, relue au même endroit. Les obligations du document communal d'information sont celles que publie Géorisques, portail du ministère de la Transition écologique ; le déploiement national de l'alerte sur les téléphones portables est daté par le ministère de l'Intérieur.

Questions fréquentes

Quelle différence entre prévention et précaution ?
La prévention agit contre un risque qu'on CONNAIT : on sait ce qui peut arriver et on cherche à l'éviter ou à en limiter les dégâts. La précaution agit quand on ne SAIT PAS ENCORE : le dommage possible serait grave, la science ne tranche pas encore, alors on prend des mesures provisoires en attendant. Le critère est unique : que sait-on au moment de décider ?
Où le principe de précaution est-il écrit ?
À l'article 5 de la Charte de l'environnement, qui a valeur constitutionnelle depuis la loi constitutionnelle du 1er mars 2005. Le texte parle d'un dommage « incertain en l'état des connaissances scientifiques » et de « mesures provisoires et proportionnées » : c'est là, dans ces mots, que se lit toute la différence avec la prévention.
Que s'est-il passé à Rouen le 26 septembre 2019 ?
Une partie d'une usine classée « Seveso seuil haut » et les entrepôts d'une entreprise voisine ont brûlé. L'incendie a été éteint en une douzaine d'heures, sans victime, mais il a dégagé un très important panache de fumée et de suies. Un arrêté a interdit deux jours plus tard la vente des productions agricoles de 112 communes ; les restrictions ont été levées le 18 octobre.
Comment savoir à quels risques ma commune est exposée ?
Toute commune exposée à au moins un risque majeur doit établir un document d'information communal sur les risques majeurs, et le maire doit le porter à la connaissance de la population au moins tous les deux ans. Le portail Géorisques du ministère de la Transition écologique permet aussi de chercher les risques connus à une adresse.

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