Deux questions, et non une seule
La génétique de troisième répond d'ordinaire à une question : pourquoi chaque individu est-il unique ? La réponse est belle, et ces fiches la donnent — avec le compte, qui est spectaculaire.
Mais le programme en pose une seconde, dans la même phrase : il demande d'expliquer « sur quoi reposent la diversité ET LA STABILITÉ génétique des individus ». Pourquoi toutes les cellules d'un même corps portent-elles la même information ? Pourquoi une bouture donne-t-elle un plant identique ? Cette moitié-là est presque toujours passée sous silence.
Les deux réponses tiennent au même endroit, et s'opposent terme à terme. La mitose recopie : deux cellules identiques, même compte de chromosomes. La méiose partage : quatre cellules toutes différentes, moitié moins de chromosomes. L'une fait la stabilité, l'autre la diversité.
La dernière fiche va où le programme demande d'aller : jusqu'à la population. Car son verbe est « relier » — relier la reproduction sexuée et asexuée, et l'influence du milieu sur la survie, à ce qui arrive aux populations. C'est le changement d'échelle le plus difficile du chapitre, et le plus important.
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Où est l'information génétique
La carte mentale du chapitre, et cinq mots emboités les uns dans les autres.
La carte mentale que le titre de cette page promet, en quatre branches : où l'information est rangée, comment elle est découpée, comment elle se compte, et ce qu'elle commande.
L'ADN est une molécule en double hélice, dans le noyau de presque toutes les cellules. Une cellule humaine du corps en contient 46 chromosomes, soit 23 paires : 22 paires d'autosomes et une paire de chromosomes sexuels. Le caryotype XX correspond au sexe féminin, le caryotype XY au sexe masculin — un caryotype indique un sexe chromosomique, ce qui n'est pas la même chose qu'une identité.
Cinq mots sont ensuite à ranger du plus grand au plus petit : la cellule, le noyau, le chromosome, le gène, l'allèle. Chacun est contenu dans le précédent, et se tromper d'échelle est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
Une distinction se paie cher si on la manque : les gènes sont les mêmes chez tous les humains, ce sont les ALLÈLES qui diffèrent. Dire que deux personnes ont « des gènes différents » rend la diversité inexplicable.
Le chromosome n'est pas un autre objet que l'ADN : c'est le même, enroulé très serré, et visible seulement pendant une division.
- ADN
- Chromosome
- Gène
- Allèle
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Ce qui reste identique
La mitose, les clones, et la moitié du chapitre qu'on oublie.
Un tableau oppose les deux divisions sur cinq lignes : ce qu'elles produisent, combien de cellules, combien de chromosomes chacune, si ces cellules se ressemblent, et à quoi elles servent. Sur les cinq lignes, les réponses s'opposent.
La mitose fabrique deux cellules identiques à celle de départ, avec les mêmes 46 chromosomes et les mêmes allèles. C'est elle qui fait grandir, cicatrise, remplace les cellules usées. C'est elle, surtout, qui explique la STABILITÉ : toutes les cellules du corps descendent d'une même cellule-œuf par des mitoses successives, et portent donc la même information.
C'est pourquoi une cellule de peau et une cellule de foie contiennent exactement le même ADN, et pourquoi un test ADN donne le même résultat quel que soit le prélèvement.
La reproduction asexuée emploie cette même mitose : un stolon de fraisier, une bouture de géranium, une bactérie qui se coupe en deux. Les descendants sont des clones — et les vrais jumeaux en sont, puisqu'ils viennent d'une même cellule-œuf séparée en deux.
Un moyen de ne plus les mélanger : la MItose garde le MÊME, la MÉiose fait MOINS.
- Mitose
- Copies conformes
- Reproduction asexuée
- Clones
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Ce qui change
23 paires tirées au hasard : plus de 70 mille milliards d'enfants possibles.
La méiose produit les gamètes — spermatozoïdes et ovules — et chacun ne reçoit qu'un chromosome de chaque paire, soit 23 au lieu de 46. Lequel des deux part de chaque côté est tiré au hasard, et ce tirage se répète 23 fois.
Le compte est spectaculaire, et il se calcule : deux possibilités par paire, 23 paires, cela fait 8 388 608 gamètes différents pour un seul parent. En réunissant un gamète du père et un de la mère, un couple peut donc engendrer plus de 70 mille milliards d'enfants génétiquement différents.
Il n'y a jamais eu autant d'êtres humains sur Terre. Dire que chaque individu est unique cesse alors d'être une formule : c'est un résultat. Et ce calcul ne compte même pas les échanges qui se produisent à l'intérieur des chromosomes.
La fécondation rétablit ensuite le compte de l'espèce : deux gamètes à 23 chromosomes donnent une cellule-œuf à 46, avec deux allèles de chaque gène — l'un du père, l'autre de la mère. Quand ces deux allèles diffèrent, l'un peut masquer l'autre : c'est ainsi que deux parents aux yeux marron peuvent avoir un enfant aux yeux bleus.
Diversité et stabilité ne se contredisent pas : la diversité se joue à la conception, la stabilité pendant toute la vie qui suit.
- Méiose
- Hasard
- Fécondation
- 70 mille milliards
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Les mutations
La seule chose qui fabrique un allèle nouveau.
La méiose et la fécondation mélangent les allèles ; elles n'en fabriquent aucun. Si rien d'autre n'intervenait, les mêmes versions des mêmes gènes tourneraient indéfiniment.
Ce qui crée du nouveau est la mutation : une modification de l'ADN, survenue par hasard lors d'une copie, ou sous l'effet du milieu — ultraviolets, radioactivité, certaines substances. Elle peut n'avoir aucun effet, en avoir un défavorable, ou en avoir un favorable ; on ne peut pas le savoir d'avance, car cela dépend du milieu où vit l'individu.
L'allèle qui permet de digérer le lait à l'âge adulte vient d'une mutation. Il s'est répandu là où l'on élevait des animaux laitiers, et pas ailleurs : le même allèle n'est donc pas également utile partout.
Tout dépend enfin de la cellule touchée. Une mutation dans une cellule de peau reste dans cette lignée de cellules ; une mutation dans une cellule reproductrice peut être transmise aux descendants, et devenir un allèle de plus dans l'espèce. C'est cette distinction qui sépare une maladie génétique héritée d'un cancer provoqué par le soleil.
Sans mutation, aucune nouveauté n'apparaitrait jamais — et il n'y aurait rien à mélanger.
- Une modification
- Hasard ou milieu
- Transmise ou non
- Un allèle de plus
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Des individus aux populations
Le changement d'échelle que le programme demande de faire.
La reproduction asexuée est rapide et ne demande pas de partenaire : une population peut croitre très vite. Mais tous les descendants étant des clones, ils réagissent tous de la même façon à ce qui leur arrive.
La reproduction sexuée est plus lente et demande deux partenaires, mais elle produit des individus tous différents. Si le milieu change — un froid nouveau, une maladie, un prédateur —, certains s'en sortent et la population se maintient. C'est exactement ce qui manque à une plantation de bananiers clonés, qu'une seule maladie peut détruire en entier.
Aucune des deux n'est meilleure. Beaucoup d'espèces emploient les deux selon le moment : un puceron produit des clones tout l'été et se reproduit sexuellement à l'automne. Ce qui compte est l'accord entre une façon de se reproduire et un milieu.
Le chemin complet va d'une molécule à une population : une mutation apparait chez un individu, se transmet si elle touche une cellule reproductrice, et se répand ou recule selon ce que le milieu en fait. La couleur du pelage d'une souris l'illustre : claire sur un sol clair, sombre sur un sol sombre — le même allèle est avantageux dans un cas et pas dans l'autre.
Une mutation ne se répand pas parce qu'elle est utile en soi, mais parce que ceux qui la portent laissent plus de descendants.
- Sexuée
- Asexuée
- Le milieu
- La population
Compétences travaillées
-
Situer
Cellule, noyau, chromosome, gène, allèle : cinq échelles emboitées.
-
Conserver
La mitose recopie : c'est elle qui fait la stabilité.
-
Mélanger
La méiose et la fécondation tirent au hasard : c'est la diversité.
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Relier
De la mutation d'un individu au changement d'une population.
Pourquoi la stabilité est aussi importante que la diversité
La plupart des fiches de révision sur la génétique répondent à une seule question : pourquoi chaque individu est-il unique ? Elles expliquent la méiose, le hasard du tirage, la fécondation, et concluent sur la diversité. Elles ont raison, et il leur manque la moitié du sujet.
Car le programme demande d'expliquer la diversité ET la stabilité. Et la stabilité n'est pas une évidence : il faut expliquer pourquoi toutes les cellules d'un même corps portent la même information, pourquoi un test ADN donne le même résultat sur un cheveu et sur de la salive, pourquoi une bouture redonne un plant identique.
La réponse tient à la mitose, la division qui recopie. Avant de se diviser, une cellule double tout son ADN ; les deux exemplaires se séparent ensuite, un de chaque côté. Le compte de départ est le compte d'arrivée, et les allèles sont les mêmes. Toutes les cellules d'un corps descendent d'une même cellule-œuf par une longue suite de ces copies.
Comprendre les deux ensemble est plus simple que de les apprendre séparément, parce qu'elles s'opposent terme à terme. Deux cellules contre quatre. Le même compte contre la moitié. Identiques contre toutes différentes. Une fois ce tableau en tête, les deux moitiés du chapitre tiennent l'une par l'autre.
Ce que « relier à la dynamique des populations » veut dire
Le programme n'écrit pas « connaitre la reproduction sexuée et asexuée ». Il écrit « RELIER des éléments de biologie de la reproduction sexuée et asexuée des êtres vivants et l'influence du milieu sur la survie des individus, à la dynamique des populations ». Le verbe demande un changement d'échelle.
Ce changement d'échelle est ce que le chapitre a de plus difficile. Un individu ne s'adapte pas : il ne change pas ses allèles au cours de sa vie, et une souris née claire ne devient pas sombre parce que le sol l'est. C'est la POPULATION qui change, parce que la part des individus portant tel allèle augmente ou diminue d'une génération à l'autre.
La reproduction choisie y joue un rôle direct. Des clones réagissent tous pareil : si le milieu ne bouge pas, ils prospèrent ; s'il bouge, ils peuvent disparaitre ensemble. Des individus tous différents sont plus lents à produire, mais il s'en trouve toujours quelques-uns pour supporter ce qui arrive.
C'est pourquoi une plantation de bananiers clonés est vulnérable à une seule maladie, et pourquoi un puceron alterne les deux modes selon la saison. Aucune stratégie n'est meilleure en soi : elle l'est ou non dans un milieu donné, et c'est exactement ce que le programme demande de relier.
Méthode et vérification
Contenu produit à partir du programme de SVT du cycle 4 : arrêté du 9 novembre 2015 modifié, BOEN n° 31 du 30 juillet 2020, thème « Le vivant et son évolution ». La SVT n'est pas concernée par l'arrêté du 18 février 2026, et le projet de programme publié en juillet 2025 n'a été mis en vigueur par aucun arrêté. Le moteur `genetique_3eme` déduit tout le compte des chromosomes du seul nombre de chromosomes de l'espèce — paires, autosomes, contenu d'un gamète, cellule-œuf — et en tire le nombre de combinaisons possibles ; les croisements sont menés sur un échiquier dont les proportions sont comptées. Il refuse par ailleurs le vocabulaire de lycée que le cycle 4 n'enseigne pas.
- Programme de SVT du cycle 4, arrêté du 9 novembre 2015 modifié — BOEN n° 31 du 30 juillet 2020, thème « Le vivant et son évolution », compétence « Expliquer sur quoi reposent la diversité et la stabilité génétique des individus ».
- Même programme, même thème : « Relier des éléments de biologie de la reproduction sexuée et asexuée des êtres vivants et l'influence du milieu sur la survie des individus, à la dynamique des populations. »
- Arrêté du 18 février 2026 fixant les programmes de français et de mathématiques du cycle 4 : la SVT n'y figure pas.