Ce que le CE2 attend d'un déterminant
Le programme du cycle 2 demande au CE2 de « différencier et nommer les principales classes de mots », dont le déterminant, puis précise l'attendu dans les exemples de réussite : « L'élève reconnait progressivement un déterminant. Il en indique le genre et le nombre. »
Deux gestes, donc : reconnaître, et donner le genre et le nombre. À quoi s'ajoute l'objectif central du niveau — « repérer, comprendre et mettre en œuvre les marques d'accord au sein du groupe nominal ».
Les familles — article, possessif, démonstratif — ne figurent nulle part dans ce programme. Les mots « possessif » et « démonstratif » y comptent zéro occurrence ; ils apparaissent quatre fois chacun dans celui du cycle 3.
Le titre de cette page annonce « CE2 CM1 », et la répartition suit : quatre fiches pour ce que le CE2 travaille, une cinquième pour les familles, présentées avec leur niveau.
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Reconnaître un déterminant
Le petit mot qui ouvre le groupe et ne s'enlève pas.
Le test tient en une manipulation : on enlève le premier mot du groupe et on écoute. « Chat noir dort » ne se dit pas ; « le chat noir dort », oui.
Quatre groupes y passent, dont « cet hôpital » — la forme qui surprend, et qui rappelle que le déterminant s'adapte au mot qui suit.
Le tri sépare ensuite trois déterminants de trois mots d'autres classes : un adjectif, un verbe, un adverbe. C'est ce que le programme appelle différencier et nommer les principales classes de mots.
La fiche se termine sur la formulation du test, que l'élève doit pouvoir énoncer seul.
Le déterminant ne se supprime pas ; l'adjectif, si.
- Le test
- Cet hôpital
- Quatre classes
- Énoncer la règle
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Le genre et le nombre
Le déterminant dit deux choses sur le nom.
C'est l'attendu du CE2 pris à la lettre : « il en indique le genre et le nombre ». Quatre groupes, et pour chacun deux colonnes à remplir.
« une maison » donne les deux renseignements d'un coup : féminin, singulier. « les chiens » n'en donne qu'un — le pluriel —, car « les » s'emploie au masculin comme au féminin.
Cette exception mérite d'être vue : elle oblige à regarder le nom, et elle explique pourquoi le déterminant seul ne suffit pas toujours.
Le mémo range le même nom sous ses quatre formes : masculin ou féminin, singulier ou pluriel.
Au pluriel, le déterminant ne distingue pas toujours le genre.
- Genre
- Nombre
- L'exception « les »
- Quatre formes
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La chaîne d'accords
Le nom commande, le déterminant et l'adjectif suivent.
C'est l'objectif central du CE2 : « repérer, comprendre et mettre en œuvre les marques d'accord au sein du groupe nominal ».
Trois groupes sont à découper en trois cases — déterminant, nom, adjectif —, ce qui rend la chaîne visible avant de la faire fonctionner.
La question décisive porte sur le sens de la commande : c'est le nom qui porte le genre et le nombre ; le déterminant les montre, l'adjectif les reçoit.
Trois copies sont ensuite à corriger. La plus fréquente accorde le déterminant et le nom, et oublie l'adjectif.
Si un maillon manque, l'accord est faux.
- Trois places
- Qui commande
- Trois copies
- Partir du nom
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La carte mentale du déterminant
Tout ce que le CE2 doit savoir, sur une page.
La carte porte le déterminant au centre et quatre questions autour : où se place-t-il, comment le trouver, que dit-il du nom, avec quoi s'accorde-t-il.
Sur la fiche élève, les branches sont vides : la carte se remplit avec ce que les trois fiches précédentes ont établi. C'est un exercice de mémoire organisée, pas de recopie.
Une question porte sur la forme elle-même : pourquoi une carte plutôt qu'une liste ? Parce qu'elle montre que les quatre réponses concernent le même mot, au lieu de les aligner sans lien.
Le QCM sert à se servir de la carte : retrouver un déterminant dans un groupe, dire ce que « des » indique.
Quatre questions, quatre réponses : c'est tout ce que le CE2 attend du déterminant.
- Un centre
- Quatre branches
- À compléter
- S'en servir
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Au CM1 : les familles de déterminants
Articles, possessifs, démonstratifs — la suite du chemin.
Cette dernière fiche nomme ce que les précédentes ont manipulé. Une seconde carte présente les trois familles avec ce que chacune ajoute.
L'article désigne sans préciser à qui : « le livre ». Le possessif dit à qui c'est : « mon livre ». Le démonstratif montre : « ce livre-là », et pas un autre.
L'exercice à relier travaille cette différence de sens sans exiger les noms savants — un élève de CE2 peut la percevoir parfaitement sans savoir dire « démonstratif ».
La dernière question ramène à ce qui les rassemble : tous sont devant le nom, tous sont impossibles à supprimer, tous s'accordent avec lui.
Reconnaître d'abord, classer ensuite.
- Trois familles
- Ce que chacune ajoute
- Sans les nommer
- Ce qui les unit
Compétences travaillées
-
Reconnaître
Trouver le déterminant par le test de la suppression, et le distinguer des autres classes de mots.
-
Genre et nombre
Dire ce que le déterminant apprend du nom — et voir que « les » et « des » ne disent pas le genre.
-
La chaîne d'accords
Accorder les trois mots du groupe nominal en partant du nom.
-
Situer les familles
Savoir que les articles, possessifs et démonstratifs se classent au CM1.
Pourquoi ne pas classer les déterminants au CE2
La classification en articles, possessifs et démonstratifs est commode, et beaucoup de cartes mentales la placent au centre. Le programme du cycle 2 ne la demande pas : les mots « possessif » et « démonstratif » n'y apparaissent pas une seule fois, non plus que « article défini » ou « article indéfini ».
Ils figurent en revanche dans le programme du cycle 3, quatre fois chacun. Le classement s'apprend donc à partir du CM1.
La raison est simple à comprendre : au CE2, le déterminant sert d'abord à accorder. Un élève qui sait que « les » impose un s au nom et à l'adjectif a acquis quelque chose d'utile tous les jours ; un élève qui sait dire « déterminant possessif » sans tenir la chaîne d'accords a appris un mot.
Ces fiches gardent donc les familles pour la fin, et les présentent comme la suite du chemin — ce qu'elles sont.
Ce que le déterminant apprend du nom
« L'élève reconnait progressivement un déterminant. Il en indique le genre et le nombre. » L'attendu du CE2 tient dans cette phrase, et il est plus subtil qu'il n'y paraît.
Au singulier, le déterminant donne les deux renseignements à la fois : « une maison » est féminin singulier, « le chat » masculin singulier. Il suffit de le lire.
Au pluriel, la moitié de l'information disparaît. « les » et « des » s'emploient au masculin comme au féminin : « les chiens » et « les fleurs » ont le même déterminant. Il faut alors regarder le nom, ou l'adjectif s'il y en a un.
Cette dissymétrie est exactement ce qui fait échouer les accords en dictée. La faire observer vaut mieux que la corriger cas par cas.
À quoi sert vraiment une carte mentale
Une carte mentale n'est pas une décoration ni un résumé colorié. C'est une mise en page qui rend visible une hiérarchie : au centre la notion, sur chaque branche une question qu'on se pose sur elle, et sur chaque feuille une réponse.
Sa qualité se juge à une chose : peut-on s'en servir pour répondre à une question qu'on n'a pas préparée ? La quatrième fiche le vérifie — le QCM oblige à retrouver, dans la carte, la branche qui répond.
C'est aussi pourquoi la carte de ces fiches se remplit au lieu de se lire. Une carte recopiée n'apprend rien ; une carte reconstruite oblige à retrouver ce qu'on sait et à le ranger.
Quatre branches suffisent au CE2, et il vaut mieux quatre branches sues que dix branches vues.
Méthode et vérification
Deux programmes ont été relevés. Dans l'annexe 3 de l'arrêté du 22 octobre 2024 — français du cycle 2, BO n° 41 du 31 octobre 2024 —, « possessif », « démonstratif », « article défini » et « article indéfini » comptent zéro occurrence ; l'attendu du CE2 est de reconnaître un déterminant et d'en indiquer le genre et le nombre, dans le cadre des marques d'accord au sein du groupe nominal. Le programme du cycle 3 emploie « possessif » et « démonstratif » quatre fois chacun. Les quatre premières fiches travaillent donc l'attendu du CE2, la cinquième nomme les familles en indiquant leur niveau. Tous les groupes nominaux imprimés sont produits par un moteur d'accord à partir du déterminant, du nom, de l'adjectif, du genre et du nombre ; il gère l'élision (« cet hôpital ») et refuse les formes discutables. La carte mentale est composée par un module qui calcule la place de chaque branche : deux branches ne peuvent pas se chevaucher.