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Adjectifs Démonstratifs, Indéfinis et Épithètes - La fonction épithète

« Un grand homme » et « un homme grand » ne parlent pas de la même personne. Pas une lettre ne change : seulement le côté du nom où l'adjectif se pose. C'est le cœur de la fonction épithète — et l'occasion de corriger une confusion que beaucoup de manuels entretiennent encore.

Références Français Cours
Durée 15 min par fiche
Notation Sans note
Format PDF A4
Accès Gratuit
Le titre « Le même adjectif, deux places, deux sens », suivi de la précision : pas une lettre ne change, seulement le côté du nom où l'adjectif se pose. Deux encadrés côte à côte. À gauche, en bleu, « un grand homme » avec sa glose : un homme important. À droite, en brun, « un homme grand » avec la sienne : un homme de haute taille. En dessous, la phrase « un adjectif pour deux noms : le masculin l'emporte » et l'exemple « une veste et un pantalon noirs ».

Une fonction, et non une sorte d'adjectif

Épithète n'est pas une catégorie de mots : c'est une fonction, une place occupée dans la phrase. Le même adjectif est épithète dans « une belle maison » et attribut dans « la maison est belle ». Ce qui change n'est pas le mot, c'est ce qui se trouve entre lui et le nom.

Dans la plupart des cas, l'épithète peut précéder ou suivre le nom sans que le sens bouge. Mais pour une petite dizaine d'adjectifs, la place change tout : un grand homme est important, un homme grand est de haute taille. Un ancien élève ne l'est plus, un élève ancien est là depuis longtemps.

Reste un point de vocabulaire à remettre en ordre. « Ce », « cette », « chaque », « plusieurs » ne sont pas des adjectifs : le programme les nomme déterminants, et les range dans une classe de mots distincte. On lit encore « adjectif démonstratif » dans d'anciens manuels — il faut savoir le reconnaitre, sans l'employer soi-même.

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L'affiche de l'épithète

Une page : les cinq paires, les deux fonctions, l'accord.

En haut, les cinq adjectifs dont la place change le sens, en deux colonnes : avant le nom à gauche, après le nom à droite, chacun avec ce qu'il veut dire à cet endroit-là.

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Au milieu, quatre phrases classées en épithète ou attribut, avec la raison à chaque ligne : ce qui sépare l'adjectif du nom. Écrire la raison à côté du verdict est ce qui rend le classement reproductible sur une phrase nouvelle.

Puis l'accord avec plusieurs noms, où le masculin l'emporte — la couleur marque justement les groupes mixtes.

En bas, la correction de terminologie et le choix entre « ce » et « cet », h aspiré compris. Cette correction n'est pas un détail d'école : appeler « adjectif démonstratif » ce que le programme nomme déterminant brouille la distinction entre deux classes de mots qui ne se comportent pas de la même façon.

Une seconde version, en noir et gris, est disponible pour imprimer sans cartouche couleur.

Les formes accordées de l'affiche ne sont pas recopiées : elles sont produites par le module d'accord des adjectifs, celui-là même qui sert aux autres fiches du site. Un contrôle refuse une paire dont les deux sens se confondraient, et un autre refuse un groupe dont le masculin et le féminin pluriels s'écriraient pareil — il n'y aurait alors rien à montrer.

  • 5 paires
  • Épithète ou attribut
  • L'accord
  • Couleur et noir et blanc

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« Un grand homme » n'est pas « un homme grand »

Le même mot, deux places, deux sens.

Cinq entrées de dictionnaire, chacune avec ses deux acceptions numérotées et son exemple : grand, ancien, seul, pauvre, propre. La présentation est celle d'un vrai dictionnaire, parce que c'est exactement ainsi qu'un dictionnaire traite ces mots.

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Chaque entrée porte le même adjectif des deux côtés : ce n'est pas le mot qui change, c'est sa place. « Un grand homme » parle d'une réputation, « un homme grand » d'une taille — et pas une lettre ne distingue les deux phrases hors de l'ordre des mots.

Devant le nom, l'adjectif exprime le plus souvent un jugement ; derrière, une propriété qu'on peut constater. La tendance a ses contre-exemples, et c'est pourquoi la page donne cinq entrées complètes plutôt qu'une règle générale : sur ces mots-là, le sens s'apprend paire par paire.

Devant le nom, l'adjectif exprime le plus souvent un jugement ; derrière, une propriété qu'on peut constater. Mais la tendance a ses contre-exemples : « un certain âge » reste vague, « un fait certain » est sûr — et c'est presque l'inverse.

  • 5 adjectifs
  • Deux sens chacun
  • Jugement ou propriété

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Épithète ou attribut : cherchez le verbe

Une seule question à se poser.

Une chaine de cinq maillons donne la démarche : repérer l'adjectif et son nom, regarder ce qu'il y a entre les deux, conclure. Rien entre eux, c'est une épithète ; un verbe d'état, c'est un attribut du sujet.

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La démarche tient donc en une seule question — qu'y a-t-il entre l'adjectif et le nom ? — et cette question se pose sur n'importe quelle phrase, sans connaître le sens des mots. C'est ce qui la rend préférable à l'intuition, qui se trompe dès que la phrase s'allonge.

Puis un tableau range quatre phrases dans les deux fonctions, avec la raison à chaque ligne. Le même adjectif y occupe les deux fonctions selon la phrase : « belle » est épithète dans « une belle maison », attribut dans « la maison est belle ». La fonction appartient à la phrase, jamais au mot.

Le même adjectif occupe les deux fonctions selon la phrase : « belle » est épithète dans « une belle maison », attribut dans « la maison est belle ». C'est pourquoi on ne dit pas « un adjectif épithète » comme on dirait « un nom propre » : c'est une place dans la phrase, pas une étiquette collée au mot.

  • Le verbe entre les deux
  • 5 verbes d'état
  • 4 phrases classées

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Un adjectif pour deux noms : le masculin l'emporte

Trois situations, trois accords.

Une carte mentale part d'une seule question — un adjectif, combien de noms ? — et donne trois réponses : un nom, deux noms du même genre, deux noms de genres différents. Trois situations, et l'on sait toujours dans laquelle on se trouve avant d'écrire.

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Dans le dernier cas, le masculin l'emporte, et l'on écrit le masculin pluriel : « une veste et un pantalon noirs ». La règle surprend parce qu'elle ne suit pas le nom le plus proche, et c'est de là que vient la faute la plus fréquente sur les groupes mixtes.

Un conseil d'écriture évite la moitié de ces fautes : placer le nom masculin en dernier, juste avant l'adjectif. L'accord s'entend alors, et le doute disparaît — « un pantalon et une veste noirs » se relit moins bien que « une veste et un pantalon noirs », alors que les deux sont corrects.

Un conseil d'écriture évite la moitié des fautes : placez le nom masculin en dernier, juste avant l'adjectif. L'accord s'entend alors, et le doute disparait.

  • 3 situations
  • Le masculin l'emporte
  • Un conseil d'écriture

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« Ce », « cette », « chaque » : des déterminants

Deux classes, et non deux sortes d'adjectifs.

L'extrait du programme, cité au mot près, où le déterminant et l'adjectif figurent dans la même énumération : ce sont deux classes de mots distinctes. « Adjectif démonstratif » et « adjectif indéfini » appartiennent à une terminologie ancienne, que le texte officiel n'emploie plus.

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La différence se voit à l'essai : un nom commun ne peut pas se passer de son déterminant, mais il se passe très bien de l'adjectif. « Ce livre rouge » perd son adjectif sans dommage ; il ne perd pas son « ce » sans cesser d'être une expression française.

Puis le seul choix qui demande de la réflexion : « ce » ou « cet » devant un nom masculin, h aspiré compris. « Cet arbre » mais « ce hibou » — le h aspiré se comporte comme une consonne, et c'est le seul endroit du chapitre où il faut connaître le mot avant de choisir la forme.

La différence se voit à l'essai : un nom commun ne peut pas se passer de son déterminant, mais il se passe très bien de l'adjectif. « ce livre rouge » donne « ce livre », qui se dit ; « livre rouge » ne se dit pas.

  • Le texte du programme
  • L'essai du déterminant
  • ce / cet

Compétences travaillées

  • Placer

    L'adjectif avant ou après le nom, et ce que cela change.

  • Identifier

    Épithète ou attribut, selon ce qui les sépare.

  • Accorder

    Avec un nom, ou avec plusieurs.

  • Nommer

    Le déterminant et l'adjectif, avec les mots du programme.

Pourquoi « un grand homme » n'est pas « un homme grand »

Pour la plupart des adjectifs, la place devant ou derrière le nom relève de l'usage et du rythme de la phrase : « une belle maison » et « une maison magnifique » disent la même chose. Mais une petite dizaine d'adjectifs font exception, et pour ceux-là le déplacement change le sens.

Devant le nom, l'adjectif exprime le plus souvent un jugement : un grand homme est important, un pauvre homme est à plaindre, un ancien élève ne l'est plus. Derrière, il exprime une propriété qu'on peut constater : un homme grand se mesure, un homme pauvre n'a pas d'argent, un élève ancien est là depuis longtemps.

Cette tendance aide à deviner, mais elle a ses contre-exemples, et « un certain âge » face à « un fait certain » suffit à le montrer. Au moindre doute, remplacez l'adjectif par sa définition et relisez la phrase entière.

Démonstratif, indéfini : ce ne sont pas des adjectifs

Le programme de français énumère les classes de mots dans un ordre précis : « le déterminant, le nom commun, le nom propre, l'adjectif, le verbe, le pronom personnel sujet et l'adverbe ». Le déterminant et l'adjectif y figurent séparément, comme deux classes distinctes.

« Ce », « cette », « ces », « chaque », « plusieurs », « aucun » appartiennent donc aux déterminants. Ils accompagnent le nom et ouvrent le groupe nominal. L'ancienne terminologie — « adjectif démonstratif », « adjectif indéfini » — se rencontre encore dans des manuels, et il faut savoir la reconnaitre pour ne pas être décontenancé ; mais ce n'est plus celle qu'un élève emploie.

La différence se voit à l'essai : un nom commun ne peut pas se passer de son déterminant, mais il se passe très bien de l'adjectif. « Ce livre rouge » se réduit à « ce livre », qui se dit. « Livre rouge » ne se dit pas.

Méthode et vérification

La terminologie a été vérifiée dans le programme de français du cycle 2 — arrêté du 22 octobre 2024, BO n° 41 du 31 octobre 2024 —, qui énumère les classes de mots et y sépare le déterminant de l'adjectif. C'est ce qui a conduit à corriger le titre de la page, lequel appelait « adjectifs » des déterminants. Les familles de déterminants ne sont pas traitées ici : elles appartiennent à la carte mentale des déterminants du site, et un contrôle refuse la production si leur vocabulaire réapparait dans ces fiches. Les formes accordées sont dérivées par le module d'accord des adjectifs, celui-là même qui sert aux autres articles ; ce module-ci n'ajoute que la règle du groupe. Le genre des noms et la nature du h sont déclarés, non devinés, et un mot non déclaré est refusé. Dix contrôles accompagnent le module, dont trois qui comptent : un groupe mixte doit prendre le masculin pluriel, ce masculin doit s'écrire autrement que le féminin pluriel, et une paire d'adjectifs à double sens dont les gloses se confondraient est refusée.

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :
  • Programme d'enseignement du cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2) — arrêté du 22 octobre 2024, BO n° 41 du 31 octobre 2024 : « Différencier et nommer les principales classes de mots : le déterminant, le nom commun, le nom propre, l'adjectif, le verbe, le pronom personnel sujet et l'adverbe. »
  • Même programme, CE1 : « Reconnaitre le GN (déterminant/nom/adjectif) ».
  • Les mots « démonstratif » et « indéfini » n'apparaissent pas dans le programme du cycle 2 ; au cycle 3, « démonstratif » y figure quatre fois, toujours pour qualifier un déterminant ou un pronom.

Questions fréquentes

Quelle différence entre « un grand homme » et « un homme grand » ?
« Un grand homme » est un homme important ; « un homme grand » est un homme de haute taille. C'est le même adjectif, déplacé d'un côté à l'autre du nom. Une petite dizaine d'adjectifs se comportent ainsi : grand, ancien, seul, pauvre, propre, certain, brave, curieux, sale, simple. Devant le nom, ils expriment le plus souvent un jugement ; derrière, une propriété qu'on peut constater. Pour tous les autres adjectifs, la place ne change rien au sens.
Comment savoir si un adjectif est épithète ou attribut ?
Regardez ce qu'il y a entre l'adjectif et le nom auquel il se rapporte. S'il n'y a rien — l'adjectif touche le nom —, il est épithète : « une belle maison », « une maison ancienne ». S'il y a un verbe d'état — être, sembler, paraitre, devenir, rester, demeurer, avoir l'air —, il est attribut du sujet : « la maison est belle ». Le même adjectif occupe l'une ou l'autre fonction selon la phrase : c'est une place, pas une étiquette collée au mot.
« Ce » et « cette » sont-ils des adjectifs démonstratifs ?
C'est l'ancienne terminologie. Le programme actuel les range parmi les déterminants, dans une classe de mots distincte de l'adjectif : « le déterminant, le nom commun, le nom propre, l'adjectif, le verbe… ». On dit donc « déterminant démonstratif ». L'expression « adjectif démonstratif » se rencontre encore dans des manuels anciens, et il faut savoir la reconnaitre — mais ce n'est plus celle qu'un élève doit employer.
Comment accorder un adjectif qui se rapporte à deux noms ?
Il se met au pluriel. Si les deux noms sont du même genre, l'adjectif prend ce genre-là : « une veste et une écharpe noires ». S'ils sont de genres différents, le masculin l'emporte, et l'on écrit le masculin pluriel : « une veste et un pantalon noirs ». Un conseil d'écriture évite la moitié des fautes : placez le nom masculin en dernier, juste avant l'adjectif — l'accord s'entend alors.
Quand écrit-on « ce » et quand écrit-on « cet » ?
« Cet » devant un nom masculin qui commence par une voyelle ou un h muet : « cet arbre », « cet enfant », « cet hôpital ». « Ce » devant une consonne : « ce bureau ». Et « ce » aussi devant un h aspiré, qui se comporte comme une consonne : « ce héros », « ce hibou », « ce hasard ». Rien dans l'orthographe ne distingue les deux sortes de h : elles s'apprennent au fil des rencontres.

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