Français · 5ème · Exercice

Voyager en poésie 5e (PDF + corrigés)

Toutes les contraintes d'un poème se ramènent à un dénombrement, et chaque dénombrement donne un nom.

5ème Français Exercice
Durée 45 min
Barème Sur 20
Format PDF A4
Accès Gratuit
Ce que l'on compte dans un poème : les vers d'une strophe, les syllabes d'un vers, les rimes d'un quatrain, les retours d'un son.

Ce que ces fiches font travailler

Nommer les strophes d'un poème en comptant leurs vers ; reconnaitre un mètre et dire s'il est tenu d'un bout à l'autre ; lire le schéma des rimes d'un quatrain et nommer sa disposition ; distinguer une allitération d'une assonance, et dire ce que le son produit.

Six poèmes du domaine public, tous recopiés d'un fac-similé dont l'édition est nommée, de 1558 à 1903.

Le tout en cinq formats différents, chacun employé exactement deux fois.

1 sur 5

Fiche 1 — compter pour nommer

Une strophe porte le nom de son nombre de vers.

Un poème se lit d'abord avec les yeux : avant de comprendre un seul mot, on voit des blocs séparés par du blanc. Ce sont les strophes, et leur découpage est une décision du poète.

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Une strophe porte le nom de son nombre de vers. Deux vers font un distique, trois un tercet, quatre un quatrain, six un sizain, douze un douzain. Compter suffit donc à nommer, et c'est ce que le tableau de cette fiche fait faire, strophe par strophe.

Le sonnet est la forme la plus régulière du chapitre : deux quatrains, puis deux tercets, soit quatorze vers dans cet ordre-là. Ce n'est pas une préférence, c'est une définition — un poème de quatre strophes de quatre vers n'est pas un sonnet, même s'il en a le nombre de strophes.

Le poème imprimé est numéroté vers par vers, et ce numéro est bien celui du vers : un contrôle vérifie, avant chaque production, que le tracé n'a replié aucune ligne. Sans cela, la consigne serait fausse dès le premier vers un peu long.

Compter suffit à nommer.

  • Quatre strophes à décrire
  • Trois lignes à cocher
  • Deux questions sur la forme

2 sur 5

Fiche 2 — compter les syllabes

Le mètre est un nombre, et ce nombre porte un nom.

Le mètre d'un vers est son nombre de syllabes, et ce nombre porte un nom : huit syllabes font un octosyllabe, dix un décasyllabe, douze un alexandrin — le plus fréquent de la poésie française.

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On compte à voix haute, jusqu'à la dernière syllabe prononcée. Le « e » de la fin d'un vers ne se compte pas ; à l'intérieur du vers, il se compte s'il s'entend et disparait devant une voyelle.

Un poème qui garde le même mètre d'un bout à l'autre est dit isométrique ; celui qui en mêle plusieurs est hétérométrique. Le poème de cette fiche alterne des vers courts et des vers plus longs, toujours dans le même ordre : deux brefs, un plus ample, et l'on recommence.

C'est cette alternance qui donne au poème son balancement, et la dernière question la fait entendre plutôt que décrire. Le mètre travaille le sens, il ne l'accompagne pas seulement.

Deux brefs, un plus ample, et l'on recommence.

  • Quatre lignes à cocher
  • Six vers à ranger
  • Deux questions sur le rythme

3 sur 5

Fiche 3 — lire le schéma des rimes

Trois dispositions, et rien d'autre, pour un quatrain.

Deux vers riment quand ils finissent sur le même son. On note les rimes avec des lettres : le premier son rencontré est A, le suivant B, et ainsi de suite.

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Un quatrain n'a que trois dispositions possibles, et il n'y en a pas de quatrième. ABAB : les rimes se croisent. ABBA : deux rimes en embrassent deux autres. AABB : elles se suivent deux par deux. C'est cette liste fermée qui rend la question corrigible.

Les lettres repartent de A dans chaque strophe quand on nomme sa disposition. Un quatrain noté CDDC dans le schéma du poème entier est embrassé tout autant qu'un quatrain noté ABBA : c'est la figure qui compte, non la lettre.

Le tri de cette fiche laisse une colonne vide, et c'est voulu. Le poème garde la même disposition d'un bout à l'autre : la constater vaut mieux que de la faire deviner, et la dernière question demande ce que cette régularité montre.

Trois dispositions, et pas une de plus.

  • Quatre strophes à ranger
  • Trois traits à tracer
  • Deux questions sur les rimes

4 sur 5

Fiche 4 — les sons qui reviennent

Une consonne : allitération. Une voyelle : assonance.

Un son qui revient dans un vers se remarque, et le poète le sait. C'est la plus discrète des contraintes formelles, et souvent la plus efficace.

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Deux noms, et un seul critère pour choisir : une consonne répétée fait une allitération, une voyelle répétée fait une assonance. Il n'y a rien d'autre à savoir pour nommer.

Attention aux voyelles qui s'écrivent avec deux lettres. Le son de « dans », de « vent » ou de « chantait » s'écrit « an » ou « en », et c'est pourtant UNE voyelle : sa répétition fait donc une assonance. C'est la faute que les copies de cette fiche font reconnaitre.

Nommer ne suffit pas : il faut dire ce que le son produit. Un « s » qui revient peut glisser comme l'eau autour d'un navire ; un « r » peut racler comme un arrachement. C'est cet effet qui relie la sonorité au sens, et c'est lui que les associations font chercher.

Une consonne, une voyelle : rien d'autre à savoir.

  • Quatre traits à tracer
  • Trois copies à corriger
  • Deux questions sur les sons

5 sur 5

Fiche 5 — le même moule, quatre voyages

Un sonnet irrégulier reste un sonnet.

Un sonnet se reconnait à ses strophes : deux quatrains, puis deux tercets. Quatorze vers, dans cet ordre-là, et pas dans un autre.

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Ses deux quatrains peuvent partager leurs rimes, ou non. Quand ils les partagent — le second reprenant les deux sons du premier —, on dit que le sonnet est régulier. Sinon il est irrégulier.

Irrégulier ne veut pas dire faux. C'est une liberté que les poètes prennent, surtout à partir du XIXe siècle, et elle ne fait pas sortir le poème de sa forme : il reste un sonnet. Le tableau de cette fiche compare quatre sonnets à ce sujet, et deux seulement sont réguliers.

La même forme porte donc des voyages très différents. Quatre sonnets écrits entre 1558 et 1903 racontent un retour au pays, un départ vers l'ouest, un naufrage et une errance à pied. La contrainte est la même ; ce qu'on en fait ne l'est pas, et c'est ce que la dernière question fait formuler.

Un sonnet irrégulier reste un sonnet.

  • Quatre copies à corriger
  • Quatre sonnets à comparer
  • Deux questions sur la forme et le sens

Compétences travaillées

  • Compter suffit à nommer

    Quatre vers font un quatrain, douze syllabes un alexandrin : le nom vient du nombre.

  • Trois dispositions, pas une de plus

    Un quatrain rime en ABAB, en ABBA ou en AABB, et il n'y a pas de quatrième cas.

  • Une consonne, une voyelle

    C'est le seul critère qui sépare une allitération d'une assonance.

  • Le même moule, des voyages différents

    Quatre sonnets, de 1558 à 1903 : un retour, un départ, un naufrage, une errance.

Ce que la cinquième ajoute à la sixième

Le site porte déjà un chapitre de poésie, écrit pour la sixième sur l'entrée « Chanter et enchanter le monde ». Son programme demandait à l'élève de mesurer que la force de la poésie tient « AU-DELÀ de ses aspects formels (vers, rimes, etc.) » : ce chapitre-là porte donc sur les images et sur le pouvoir d'évocation, et il ne calcule volontairement aucun schéma de rimes.

L'entrée de cinquième dit l'inverse, ou plutôt la suite : l'élève « fait jouer la langue et LES CONTRAINTES FORMELLES pour en éprouver toute la richesse ». Ce qui était écarté devient le travail.

La différence a été mesurée avant d'écrire une ligne. Dans les dix fiches de sixième : « alexandrin » zéro occurrence, « octosyllabe » zéro, « allitération » zéro, « assonance » zéro, « mètre » zéro. Le mot « rimes » y parait onze fois, et toujours pour dire ce qu'un poème en prose n'a pas.

Pourquoi le nombre de syllabes n'est pas calculé

Presque tout, sur ces fiches, sort d'un calcul : le nom d'une strophe se déduit du nombre de ses vers, le schéma des rimes s'écrit tout seul une fois les sons relevés, la nature d'une sonorité se déduit du fait que ses lettres sont des voyelles ou des consonnes.

Le nombre de syllabes d'un vers, lui, est DÉCLARÉ. Il faudrait sinon trancher automatiquement le e muet — qui se compte à l'intérieur du vers et jamais à la fin — et les cas où deux voyelles voisines comptent pour une ou pour deux. Un compteur qui se trompe une fois sur dix vaut moins que pas de compteur, puisqu'il produirait des corrigés faux.

Ce qui est vérifiable l'est : le module refuse un compte qui ne porte aucun nom au programme de cinquième, un relevé qui n'aurait pas autant de valeurs que le poème a de vers, et une rime dont le son ne parait qu'une fois — car une rime est un écho.

Méthode et vérification

Contenus originaux, cadrés sur le programme de français du cycle 4 fixé par l'arrêté du 18 février 2026, en vigueur en cinquième depuis la rentrée 2026-2027. Chaque fiche emploie ses deux propres formats — tableau à compléter, questionnaire à cocher, tri en deux colonnes, colonnes à relier, chasse à l'erreur sur copies d'élèves — et les cinq couples sont tous différents ; les cinq autres reviennent à l'article d'évaluations, si bien qu'aucun des dix couples possibles ne sert deux fois. CE QUI SE DÉCLARE ET CE QUI SE CALCULE EST SÉPARÉ, et le module le dit : le nombre de syllabes d'un vers et le son d'une rime sont déclarés, parce qu'ils s'entendent et qu'un compteur automatique trancherait mal le e muet ; tout le reste sort d'un calcul — le nom d'une strophe, le schéma des rimes, la disposition d'un quatrain, la nature d'une sonorité, le compte de ses lettres. Un poème est écarté du mètre et le déclare : le sonnet de du Bellay est donné dans l'orthographe de son édition, qui est celle de 1558, et compter les syllabes d'un tel vers demanderait des choix qu'un élève de cinquième ne peut pas faire ; il sert au sens et à la forme du sonnet, et le module refuse toute mesure qui le prendrait. Les notions des niveaux suivants sont exclues et ce contrôle est automatisé sur l'ensemble des consignes, questions, réponses et méthodes : la diérèse et la synérèse supposent le compte des syllabes, l'enjambement et l'hémistiche s'étudient en quatrième, le vers libre en troisième. Le total de chaque fiche est vérifié à 20 points.

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :
  • Programme de français du cycle 4, annexe 1 de l'arrêté du 18 février 2026 (BOEN nº 10 du 5 mars 2026) — classe de cinquième, « Culture littéraire et artistique », entrée « Voyager en poésie : "Du monde entier au cœur du monde" (poésie) ». C'est le texte EN VIGUEUR en cinquième cette année. Le passage qui commande ces fiches : « l'élève découvre que la force des mots, des sonorités, des rythmes et des images projette le voyage bien au-delà du pittoresque […] l'élève fait jouer la langue et les contraintes formelles pour en éprouver toute la richesse ». LES SIX POÈMES SONT RECOPIÉS DE LEUR FAC-SIMILÉ, et chaque édition est nommée avec sa page : Joachim du Bellay, Les Regrets, sonnet XXXI — Œuvres complètes, édition Léon Séché, tome 3, Revue de la Renaissance, Paris, 1903, p. 56 (fac-similé Wikisource, page validée). José-Maria de Heredia, Les Conquérants — Les Trophées, Alphonse Lemerre, Paris, 1893, p. 123 (fac-similé Wikisource, page validée). Théophile Gautier, Ce que disent les hirondelles (quatre quatrains) — Émaux et Camées, dans Œuvres — Poésies, tome 3, Alphonse Lemerre, Paris, 1890, p. 108-110 (fac-similé Wikisource). Charles Baudelaire, L’Invitation au voyage (extrait) — Les Fleurs du mal, Poulet-Malassis et de Broise, Paris, 1861, p. 130-132 (fac-similé Wikisource, pages validées). Émile Nelligan, Le Vaisseau d’Or — Émile Nelligan et son œuvre, Montréal, 1903, p. 6 (fac-similé Wikisource, page validée). Arthur Rimbaud, Ma Bohème (Fantaisie) — Poésies complètes, Léon Vanier, Paris, 1895, p. 113 (fac-similé Wikisource). Tous sont dans le domaine public : le module des droits additionne soixante-dix ans à chaque année de mort déclarée — auteur et compilateur compris — et refuse le corpus si un seul délai court encore.

Questions fréquentes

Quels poèmes ces fiches emploient-elles ?
Six, tous dans le domaine public et tous recopiés d'un fac-similé : du Bellay (1558), Baudelaire (1861), Gautier (1890), Heredia (1893), Rimbaud (1895) et Nelligan (1903). Chaque édition est nommée avec sa page dans la notice.
Comment reconnait-on un sonnet ?
À l'ordre de ses strophes : deux quatrains, puis deux tercets, soit quatorze vers. Quatorze vers rangés autrement ne font pas un sonnet, et quatre strophes de quatre vers non plus.
Quelle différence entre allitération et assonance ?
Une seule, et elle suffit : une consonne répétée fait une allitération, une voyelle répétée fait une assonance. Attention aux voyelles écrites avec deux lettres — le son de « dans » ou de « vent » est UNE voyelle.
Pourquoi un des six poèmes n'est-il jamais mesuré ?
Parce qu'il est donné dans l'orthographe de son édition, celle du XVIe siècle. Compter les syllabes de « reverray-je » ou de « aage » demande des choix qu'un élève de cinquième ne peut pas faire. Il sert au sens du voyage — c'est le seul retour du corpus — et à la forme du sonnet.