Ce que ces fiches font travailler
Reconnaitre un suffixe et dire quelle classe de mot il produit ; ranger des mots selon leur classe de départ ; appliquer la règle d'orthographe à ses trois cas ; et distinguer une faute d'orthographe d'une faute de direction.
Aucun mot n'est inventé : les fiches n'emploient que les neuf couples que le programme cite, et un contrôle refuse tout autre mot.
Le tout en cinq formats différents, chacun employé exactement deux fois.
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Fiche 1 — ce que le suffixe fait
D’où l’on part, où l’on arrive : c’est la direction.
Un suffixe se place à la fin d'un mot, et il en change la CLASSE. Le mot de départ et le mot d'arrivée ne font pas le même travail dans la phrase : l'un peut être un nom, l'autre un adjectif.
Il faut donc deux renseignements pour reconnaitre un suffixe : d'où l'on part, et où l'on arrive. C'est ce couple qu'on appelle la direction, et c'est lui que la première fiche fait écrire.
Le programme en cite quatre. Un nom peut devenir un adjectif ; un nom peut devenir un autre nom ; un verbe peut devenir un nom ; un adjectif peut devenir un adverbe.
La dernière question montre pourquoi le point de départ ne suffit pas : un nom mène à deux arrivées différentes selon le suffixe qu'on lui ajoute.
Deux renseignements, pas un : d'où, et vers où.
- Quatre directions à écrire
- Trois lignes à cocher
- Deux questions sur la direction
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Fiche 2 — quatre directions
On reconnait la classe du départ, puis on lit le suffixe.
Le mot de départ a une classe, et c'est elle qu'il faut reconnaitre d'abord. Un nom désigne une chose, un verbe une action, un adjectif une qualité.
Trois classes servent de départ dans ce chapitre. Une quatrième n'apparait qu'à l'arrivée : l'adverbe, qui dit de quelle manière — aucun suffixe du programme ne part de lui.
Le tri de cette fiche range six mots selon leur classe de départ, et la colonne de droite mêle deux classes : il ne suffit donc pas de repérer ce qui n'est pas un nom, il faut savoir ce que c'est.
La dernière question porte sur le seul point de départ qui offre un choix. Un nom peut devenir un adjectif, ou bien un autre nom ; ni le verbe ni l'adjectif ne donnent cette liberté.
On reconnait la classe, puis on lit le suffixe.
- Quatre lignes à cocher
- Six mots à ranger
- Deux questions sur les classes
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Fiche 3 — l’orthographe du dérivé
Regarder la fin du mot ET le début du suffixe.
Coller le suffixe ne suffit pas toujours. La plupart du temps on ajoute simplement les lettres à la fin du mot, et rien d'autre ne bouge — c'est le premier des trois cas.
Mais deux fins de mot demandent un changement. Un mot qui se termine par un « e » muet le perd, à condition que le suffixe commence par une voyelle ; si le suffixe commence par une consonne, le « e » reste.
Et un mot qui se termine par une consonne puis « y » change ce « y » en « i », à condition cette fois que le suffixe commence par une consonne.
Les deux conditions sont donc inverses, et c'est ce qui trompe. Il faut regarder la fin du mot ET le début du suffixe, dans cet ordre — c'est ce que la dernière question fait formuler.
Le « e » devant une voyelle, le « y » devant une consonne.
- Six mots à ranger
- Quatre traits à tracer
- Deux questions d'orthographe
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Fiche 4 — deux suffixes, une direction
Pour une direction, la règle ne suffit pas : le mot décide.
Une direction n'appelle pas toujours un seul suffixe. Sur les quatre du chapitre, trois n'en ont qu'un — mais une en a deux, et rien dans la règle ne dit lequel employer.
C'est le mot qui décide, pas la règle. Deux verbes de même forme peuvent prendre l'un et l'autre : il faut les avoir vus. C'est un fait de vocabulaire, pas de grammaire.
C'est pourquoi le programme dit « repérer ». On apprend à reconnaitre un suffixe dans un mot qu'on lit, et non à en fabriquer un sur un mot qu'on ne connait pas — puisque, pour cette direction-là, on se tromperait une fois sur deux.
La faute la plus fréquente est cependant ailleurs : elle consiste à prendre le suffixe d'une AUTRE direction. Le mot obtenu ressemble à un mot anglais, et rien ne prévient.
Un fait de vocabulaire, pas de grammaire.
- Quatre traits à tracer
- Trois copies à corriger
- Deux questions sur la difficulté
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Fiche 5 — repérer la faute
Une faute d’orthographe ne se corrige pas comme une faute de direction.
Deux familles de fautes, et elles ne se corrigent pas de la même façon.
La première est une faute d'ORTHOGRAPHE. Le bon suffixe a été choisi, mais on l'a collé sans regarder la fin du mot : un « e » qu'il fallait retirer, un « y » qu'il fallait changer. Elle se corrige en relisant la règle des trois cas.
La seconde est une faute de DIRECTION. Le suffixe employé existe bien, mais il ne mène pas là où l'on voulait aller : on a fabriqué un adverbe en croyant faire un adjectif. Elle se corrige en se demandant, avant d'écrire, quelle classe on veut obtenir.
Savoir laquelle des deux on a faite change donc ce qu'il faut revoir. Le tableau de cette fiche donne d'ailleurs le suffixe : ce qui reste à faire, c'est l'orthographe, et rien qu'elle.
L'une s'apprend en relisant, l'autre en réfléchissant avant.
- Quatre copies à corriger
- Quatre dérivés à écrire
- Deux questions sur les fautes
Compétences travaillées
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Un suffixe change la classe du mot
Il faut deux renseignements pour le reconnaitre : d'où l'on part, et où l'on arrive.
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Une direction, parfois deux suffixes
La règle ne dit pas lequel : c'est le mot qui décide, et il faut l'avoir vu.
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Deux conditions inverses
Le « e » tombe devant une voyelle ; le « y » change devant une consonne.
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Deux sortes de fautes
L'une se corrige en relisant la règle, l'autre en réfléchissant avant d'écrire.
Pourquoi le programme dit « repérer » et non « utiliser »
Le texte officiel écrit « Repérer certains suffixes pour dériver… ». Le verbe compte : il demande de RECONNAITRE un suffixe dans un mot qu'on lit, et de dire ce qu'il fait — pas de fabriquer des mots nouveaux.
Et cette prudence a une raison qu'on voit dès qu'on regarde les suffixes de près. Une des quatre directions du chapitre est servie par DEUX suffixes différents, et rien dans la règle ne dit lequel employer : c'est le mot qui décide, et il faut l'avoir rencontré.
Demander de fabriquer un dérivé sur un mot jamais vu reviendrait donc, pour cette direction-là, à faire tirer au sort. Les fiches ne font écrire un dérivé que sur les neuf mots que le texte cite, et un contrôle refuse tout autre mot.
Deux conditions qui se ressemblent et s'opposent
L'orthographe du dérivé suit une règle à trois cas. Le plus souvent on ajoute simplement la terminaison, et rien d'autre ne bouge.
Mais deux fins de mot demandent un changement, et leurs conditions sont inverses. Un mot qui se termine par un « e » muet le perd — à condition que la terminaison commence par une VOYELLE. Un mot qui se termine par une consonne puis « y » change ce « y » en « i » — à condition, cette fois, que la terminaison commence par une CONSONNE.
C'est ce croisement qui trompe. Un mot du programme finit d'ailleurs par un « e » sans que ce « e » tombe : sa terminaison commence par une consonne, et la condition n'est pas remplie. Il faut donc regarder la fin du mot ET la première lettre de la terminaison.
Méthode et vérification
Le verbe du programme est « REPÉRER », pas « utiliser », et cela commande tout le chapitre. Les fiches font trier, relier, corriger et expliquer ; elles ne font écrire un dérivé que sur les mots que le texte cite lui-même, et un contrôle du module refuse tout autre mot. La raison n'est pas seulement de fidélité : pour l'une des quatre directions, DEUX suffixes sont possibles et la règle ne dit pas lequel employer. Sur un mot jamais rencontré, on se tromperait une fois sur deux — demander de fabriquer serait donc demander de tirer au sort. Le module refuse d'ailleurs un corpus qui masquerait cette difficulté : il exige que les deux suffixes de cette direction soient tous deux employés. Le reste se calcule. L'orthographe du dérivé se fabrique par une règle à trois cas, dont deux conditions sont exactement inverses — le « e » muet tombe devant une voyelle, le « y » devient « i » devant une consonne. Et un irrégulier est défini comme un mot que la règle NE PRODUIT PAS : le module applique la règle et refuse un « irrégulier » qu'elle produirait quand même. Le seul du chapitre est celui que le programme cite à côté de son régulier.
- Programme de langues vivantes du collège, arrêté du 5 mai 2025, publié au BO nº 22 du 29 mai 2025, classe de sixième, niveau visé A1 (LVB) et A1+ (LVA). C'est le texte EN VIGUEUR depuis la rentrée 2025. Sous « Le nom : forme et fonction du groupe nominal » : « Repérer certains suffixes pour dériver un nom en adjectif : cloud/cloudy, sport/sporty, un nom en nom : magic/magician, music/musician, ou un verbe en nom : act/actor/actress, sing/singer, write/writer, ou un adjectif en adverbe : happy/happily, fortunate/fortunately, etc. » Les neuf couples de mots et les quatre directions sont donc CITÉS par le texte officiel.