Français · 6ème · Exercice

Théâtre en 6e : ruses en action (PDF + corrigés)

Une ruse ne tient pas au mensonge : elle tient à ce que l'un sait et que l'autre ignore.

6ème Français Exercice
Durée 45 min
Barème Sur 20
Format PDF A4
Accès Gratuit
Six écarts de savoir dans cinq scènes : qui sait à gauche, qui ignore à droite — et chez Marivaux, les deux lignes se croisent.

Ce que ces fiches travaillent

Repérer une ruse et l'écart de savoir qui la rend possible, comprendre à quoi sert un aparté, distinguer ce qu'un personnage est de ce qu'il parait, et voir pourquoi le spectateur rit de ce que les personnages ignorent.

Chaque fiche porte sa scène entière : un exercice de lecture qui renverrait à un texte absent de la page ne poserait pas de question.

Les cinq couples de formats sont ceux que l'article d'évaluations n'emploie pas.

1 sur 5

Fiche 1 — feindre de mourir : la ruse en action

Scapin agonise, Géronte pardonne, et le spectateur sait tout.

Scapin a rossé Géronte sous un déguisement, et il lui faut son pardon. Il se fait donc porter comme un mourant et redemande pardon sans arrêt, en revenant chaque fois sur « les coups de bâton ».

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La ruse ne tient pas au mensonge, mais à l'écart de savoir : Scapin sait qu'il n'est pas blessé, Géronte l'ignore, et le spectateur sait tout depuis la première réplique. C'est de là que vient le rire.

Géronte finit par pardonner, mais pas par bonté : il pardonne pour que Scapin se taise. Le tableau fait chercher, réplique par réplique, ce que chaque personnage veut obtenir.

La dernière réplique trahit tout. Un mourant ne demande pas qu'on le porte au bout de la table.

Une ruse, c'est un écart de savoir — pas un mensonge.

  • Huit cases à remplir
  • Trois lignes à cocher
  • Ce que la scène ne dit pas tout haut

2 sur 5

Fiche 2 — l'aparté : ce que le spectateur entend seul

Quatre mots dits tout bas, et toute la pièce bascule.

Cette scène ouvre Le Médecin malgré lui. Sganarelle a battu sa femme ; il vient faire la paix et réclame sa main. Martine refuse huit fois, puis cède — et ajoute quatre mots que Sganarelle n'entend pas.

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Ces quatre mots sont un aparté. L'auteur les met entre parenthèses et les fait précéder de « bas, à part » : le comédien les dit en se détournant, et seule la salle les entend.

Sans cet aparté, la scène serait une réconciliation. Avec lui, nous savons que Martine ment et qu'elle attend son heure. Le spectateur en sait plus que Sganarelle, et il le saura pendant toute la pièce.

Une indication de jeu ne se dit pas sur scène : c'est une didascalie. Une chasse aux erreurs porte là-dessus, car c'est la confusion la plus fréquente à ce niveau.

Un aparté n'est entendu que du spectateur.

  • Quatre lignes à cocher
  • Trois copies à corriger
  • Comprendre ce que Martine prépare

3 sur 5

Fiche 3 — se déguiser : le costume, et le rôle qui va avec

Un comte en uniforme, une lettre dans la poche, et un docteur qui n'y voit rien.

Bartholo tient Rosine enfermée et veut l'épouser. Un comte, amoureux d'elle, doit lui faire parvenir une lettre — mais personne n'entre chez Bartholo. Alors il s'habille en soldat et frappe à la porte.

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Le costume ne suffit pas : il faut jouer le rôle qui va avec. Le comte se donne un métier militaire, parle haut, écorche le nom du docteur. Chaque réplique entretient l'illusion.

C'est ce que le théâtre appelle l'être et le paraitre : ce que le personnage est vraiment, et ce qu'il donne à voir. Le déguisement creuse l'écart entre les deux.

L'indication de jeu le trahit pour nous — « au comte qui serre la lettre » — mais pas pour Bartholo, qui ne voit qu'un soldat mal élevé.

Le costume fait voir ; c'est le rôle joué qui fait croire.

  • Quatre copies à corriger
  • Quatre répliques à relier
  • Comprendre le déguisement

4 sur 5

Fiche 4 — trois masques dans la même scène

Le valet joue le maître, le maître joue le valet, et la fille joue la servante.

Silvia doit épouser Dorante, qu'elle n'a jamais vu. Elle prend l'habit de sa servante pour l'observer sans être reconnue. Ce qu'elle ignore, c'est que Dorante a eu la même idée : il arrive en valet, sous le nom de Bourguignon.

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Trois masques dans la même scène, et aucun personnage ne sait les autres. Sur le plateau, tout le monde se trompe ; dans la salle, personne. Le rire nait de cet écart.

Un déguisement se trahit par le langage. Arlequin joue le maître mais parle comme un valet : il appelle monsieur Orgon « mon beau-père » avant la cérémonie, et son propre maître doit le reprendre.

Un quatrième nom revient sans jamais paraitre sur scène. L'association le fait distinguer des trois autres, et le tri sépare ensuite ce qui est vrai de ce que les personnages croient.

Le valet joue le maître, le maître joue le valet.

  • Quatre noms à relier
  • Six phrases à ranger
  • Ce que Silvia devine sans le savoir

5 sur 5

Fiche 5 — qui sait quoi : écouter aux portes

Figaro a entendu ce qu'il ne devait pas, et Rosine y gagne.

Ici, la ruse a déjà eu lieu, avant la scène et hors de notre vue. Figaro est resté dans la pièce pendant que Bartholo et le maitre à chanter se croyaient seuls, et il a tout entendu.

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Ce que le plateau montre n'est donc pas la ruse, mais l'écart de savoir qu'elle a créé. Le tableau le rend visible fait par fait : ce que Rosine sait, ce que Figaro sait, et ce qui les sépare.

Cet écart change tout. Avant la scène, Rosine ignore qu'elle doit être mariée le lendemain ; après, elle le sait et peut se défendre. Une ruse ne sert pas seulement à tromper.

Rosine blâme Figaro — « c'est fort mal ! » —, puis profite de ce qu'il lui apprend et organise sa sortie. C'est ce que le programme appelle les valeurs qui sous-tendent l'action.

Une ruse peut servir à tromper — ou à prévenir.

  • Six phrases à ranger
  • Six cases à remplir
  • La ruse, blâmable ou utile ?

Compétences travaillées

  • Ce qui fait une ruse

    Un écart de savoir : l'un sait ce que l'autre ignore. Sans cet écart, il n'y a pas de ruse, seulement une surprise.

  • L'aparté

    Une réplique que les autres personnages n'entendent pas, et que le spectateur entend. Elle s'écrit entre parenthèses.

  • L'être et le paraitre

    Ce que le personnage est vraiment, et ce qu'il donne à voir. Un déguisement creuse l'écart entre les deux.

  • Le spectateur complice

    Sur scène, personne ne sait tout ; dans la salle, tout le monde. C'est de là que vient le rire.

Cinq scènes, trois auteurs, cinq manières de ruser

Le programme demande de faire « découvrir des ruses en action ». Ces fiches en portent cinq, et chacune agit autrement : Scapin feint de mourir, Martine parle tout bas, le comte se déguise en soldat, Silvia prend l'habit de sa servante, Figaro écoute derrière une porte.

Molière, Marivaux et Beaumarchais : trois auteurs, quatre pièces — Molière en fournit deux —, et un siècle d'écart entre la première et la dernière. La ruse n'y a ni le même moyen, ni le même but, ni la même valeur.

Aucune réplique n'a été recopiée à la main. Chaque scène est récoltée dans le texte de fr.wikisource.org, et le nombre de répliques obtenu est comparé à celui relevé en lisant la page.

Ce qu'une ruse demande pour exister

Un mensonge ne suffit pas. Il faut qu'un personnage sache ce qu'un autre ignore : Scapin sait qu'il n'est pas blessé, Géronte l'ignore ; le comte sait qui il est, Bartholo l'ignore. Ôtez cet écart, la scène devient une simple surprise.

Chez Marivaux, les deux lignes se croisent. Arlequin et Dorante savent ce que Silvia ignore — ils ont échangé leurs habits — et Silvia sait ce qu'ils ignorent, puisqu'elle a fait de même. Deux écarts en sens contraire dans la même scène.

Une scène du corpus, enfin, ne montre pas la ruse mais son résultat : Figaro a écouté avant que la scène commence, et le plateau n'en donne que l'écart de savoir. La fiche le travaille comme tel.

Méthode et vérification

Une scène de théâtre n'est pas un bloc de prose, et ces fiches ne la traitent pas comme tel. Le corpus la récolte STRUCTURÉE : chaque réplique porte qui parle, ce qu'il fait — le jeu de scène — et ce qu'il dit. C'est ce qui rend le chapitre vérifiable, car on peut alors compter les répliques d'un personnage, séparer le dialogue des didascalies, et exiger d'une fiche qui prétend travailler « les modalités de la mise en scène » qu'elle porte une scène qui en a. Le fait central du chapitre se calcule lui aussi : une ruse n'existe pas parce qu'un personnage ment, elle existe parce que L'UN SAIT CE QUE L'AUTRE IGNORE. Chaque fiche déclare donc l'écart, et le contrôle exige que le rusé figure parmi ceux qui savent, le dupé parmi ceux qui ignorent, et que tous deux parlent dans la scène. Ce contrôle a servi : il a refusé de présenter la scène de Figaro comme une ruse en action, puisque le dupé — Bartholo — n'y paraissait pas. Il avait raison, la ruse avait eu lieu avant ; la fiche travaille donc l'écart de savoir qu'elle a produit, et le dit. Un contrôle voisin refuse tout masque dont l'être et le paraitre coïncideraient. Toute réplique citée, enfin, est retrouvée dans sa scène au caractère près : aucune n'est retapée, et une citation attribuée à la mauvaise pièce est nommée comme telle.

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :
  • Programme de français pour le cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (BO nº 16 du 17 avril 2025), partie « Culture littéraire et artistique », entrée de la classe de sixième « Se masquer, jouer, déjouer : ruses en action (théâtre) ». La notice est citée mot pour mot : découvrir des ruses en action permet d'« appréhender le rapport complexe qui se noue au théâtre entre l'illusion et le réel, l'artifice et la vérité, l'être et le paraitre », d'apprécier « le ressort dramatique et comique que constitue la ruse », et de s'interroger sur « les modalités et les enjeux de sa mise en scène » comme sur « les valeurs qui sous-tendent l'action ». Les cinq scènes viennent de fr.wikisource.org et sont toutes dans le domaine public : Molière depuis 1744, Marivaux depuis 1834, Beaumarchais depuis 1870.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui fait une ruse, au théâtre ?
Un écart de savoir. Une ruse existe quand un personnage sait ce qu'un autre ignore, et s'en sert. Si le dupé était au courant, il n'y aurait pas de ruse ; si personne ne savait rien, il n'y aurait qu'une surprise.
Qu'est-ce qu'un aparté ?
Une réplique qu'un personnage dit sans être entendu des autres. L'auteur l'indique entre parenthèses — « (bas, à part.) » — et le spectateur, lui, l'entend parfaitement. C'est une didascalie, c'est-à-dire une indication de jeu.
Pourquoi rit-on d'un personnage trompé ?
Parce que le spectateur en sait plus que lui. Il voit le piège se refermer alors que le personnage y entre. C'est ce qu'on appelle être complice du rusé.
Les scènes sont-elles libres de droits ?
Oui, toutes les cinq, et cela se vérifie : chaque pièce déclare son auteur et son année de mort. La plus récente est libre depuis 1870.