Ce que ces évaluations mesurent
Repérer ce qui met un personnage en route, distinguer ce qu'il fait de ce qu'il subit, reconnaitre qui parle dans un dialogue, et prouver chaque réponse en recopiant le passage qui la fonde.
Chaque sujet porte son passage entier et la situation nécessaire pour le comprendre : rien n'y suppose la lecture du roman complet.
Les cinq couples de formats sont ceux que l'article d'exercices n'emploie pas, et les cinq mesures non plus.
1 sur 5
Évaluation 1 — quatre questions et une décision
On interroge Fogg de toutes parts ; lui ne demande rien.
Dans un club de Londres, on met Phileas Fogg au défi de faire le tour du monde en quatre-vingts jours. Il accepte, et fixe son départ au soir même.
Le tableau ne demande pas seulement de dire « vrai » ou « faux » : il faut recopier la réplique qui le prouve. C'est ce qui empêche de répondre au hasard, et ce qui fait relire le passage.
Deux montants sont cités dans la scène, et un seul est celui que Fogg engage. C'est l'erreur la plus fréquente sur cet extrait, et le sujet la met à l'épreuve deux fois.
On y compte enfin les points d'interrogation : quatre, tous adressés à Fogg. On l'interroge, on doute, on le presse — et lui ne pose aucune question.
Dire « faux » ne suffit pas : il faut citer.
- Huit cases à remplir
- Trois copies à corriger
- Ce que les chiffres disent de Fogg
2 sur 5
Évaluation 2 — le document et la malle
Deux voix, un parchemin, et deux malles à faire.
Un vieux parchemin, longtemps illisible, se laisse enfin déchiffrer : il indique un chemin vers le centre de la Terre. C'est le neveu qui trouve la clé, et le professeur qui décide de partir.
Le tri fait ranger six répliques selon celui qui les prononce. Deux d'entre elles portent « répondis-je » et « m'écriai-je » : elles disent d'elles-mêmes qui parle, et ce sont les plus faciles.
La fin du passage va très vite. Les répliques se réduisent jusqu'à un seul mot — le tiret de dialogue et le point ne comptent pas — et tout se décide en quelques syllabes.
L'écrit porte sur un choix rare : l'auteur donne le message en latin, PUIS en français. Le sujet demande pourquoi, et le corrigé accepte toute réponse qui s'appuie sur le passage.
« — Et la tienne ! » ne parle pas de la malle du professeur.
- Quatre copies à corriger
- Six répliques à ranger
- Deux langues pour un seul message
3 sur 5
Évaluation 3 — celui qui raconte se tait
Un narrateur qui ne dit jamais « je », et qui sait tout.
Le père de d'Artagnan l'envoie à Paris chercher fortune, avec trois présents et rien de plus. Le tri fait distinguer ce que fait le père de ce que fait le fils : le premier paragraphe ne parle que du père.
Le questionnaire porte sur un piège du texte. Le père donne aussi son épée — mais le passage nomme précisément les trois présents à la fin, et l'épée n'en fait pas partie.
Ce passage se distingue des quatre autres par son narrateur. On n'y trouve que DEUX marques de première personne, et ce sont deux « nous » : celui qui raconte se tient à distance et ne dit jamais « je ».
Cela change ce qu'on sait. Le narrateur peut entrer dans la tête du père et expliquer pourquoi il ne pleure pas — ce qu'un personnage de l'histoire ne saurait pas.
Un narrateur extérieur peut dire ce qu'un personnage pense.
- Six actions à ranger
- Trois lignes à cocher
- Le narrateur et les larmes
4 sur 5
Évaluation 4 — un portrait qui occupe la moitié du passage
Cent quarante-six mots pour un seul visage.
Ici, c'est le héros lui-même qui raconte, des années plus tard. Il annonce dès la première phrase qu'il va dire ses aventures, et il précise l'année où il prend la plume.
Parce qu'il écrit après coup, il laisse échapper ce qui va suivre : un « hélas ! », un « qu'il devait si souvent nous faire entendre ». L'association fait relier ces petits mots à ce qu'ils annoncent.
Le portrait du vieux marin occupe cent quarante-six mots — à lui seul, presque la moitié du passage. Le narrateur s'arrête longuement sur ce visage, parce que cet homme va tout changer.
L'écrit demande enfin ce que ces indices apprennent de la suite. C'est une question de lecture fine, et le corrigé donne le critère de notation.
Un narrateur qui écrit après coup connait déjà la fin.
- Quatre lignes à cocher
- Trois passages à relier
- Écrire après coup
5 sur 5
Évaluation 5 — l'aventure du retour
Un seul cri dans tout le passage, et il est pour les morts.
Le plus ancien récit d'aventure que nous ayons raconte un homme qui ne veut qu'une chose : rentrer chez lui. La guerre est finie, tous les autres sont revenus ; lui seul reste loin de son pays.
Quatre noms sont à reconnaitre : la Muse à qui le poète s'adresse, Kalypsô qui retient Odysseus, Poseidaôn qui lui en veut, et Hèlios dont les compagnons ont mangé les bœufs.
Le tableau demande de dire « vrai » ou « faux » et de recopier le passage qui le prouve. Deux affirmations sont fausses, et l'une d'elles porte sur un détail qu'on lit trop vite : tous les Dieux ne sont pas du même côté.
On y compte enfin les points d'exclamation : une seule dans tout le passage, et le poème la garde pour les compagnons perdus — « les insensés ! ».
Le plus vieux récit d'aventure est un récit de retour.
- Quatre noms à relier
- Six cases à remplir
- Une aventure qui va vers la maison
Compétences travaillées
-
Prouver par le texte
Dire « vrai » ou « faux » ne suffit pas : il faut recopier le passage qui le prouve.
-
Reconnaitre qui parle
Dans un dialogue, « répondis-je » et « m'écriai-je » disent d'eux-mêmes qui prononce la réplique.
-
Un narrateur peut se taire
Chez Dumas, deux marques de première personne seulement : celui qui raconte se tient à distance.
-
Compter, c'est comprendre
Quatre questions, un mot, deux « nous », cent quarante-six mots, une exclamation : chaque nombre dit quelque chose.
Cinq évaluations, cinq passages, cinq mesures neuves
Les cinq passages sont ceux des fiches d'exercices, mais aucune tâche ne l'est. Là où les exercices comptaient la réplique la plus courte du Tour du monde, l'évaluation y compte les points d'interrogation ; là où ils comptaient les « je » de L'Île au trésor, elle mesure le paragraphe le plus long.
Un contrôle compare les deux articles passage par passage et refuse toute mesure commune. Un élève qui a fait les exercices ne retrouve donc pas la même question sous un autre titre.
Les cinq couples de formats sont eux aussi les cinq couples complémentaires. Chaque sujet vaut vingt points, et chaque corrigé porte le détail du barème.
Un tableau où l'on doit citer
Deux des cinq sujets emploient le même tableau : une affirmation, « vrai » ou « faux », puis LE PASSAGE QUI LE PROUVE. La seconde colonne empêche de répondre au hasard, car il faut retrouver la phrase et la recopier.
Chacun de ces deux tableaux porte au moins une affirmation vraie et au moins une fausse — un contrôle l'exige. Sans cela, l'élève cocherait la même case partout et sa note ne dirait rien de sa lecture.
Les affirmations fausses ne sont pas des inventions : elles reprennent les erreurs qu'on fait vraiment sur ces passages, comme confondre les deux sommes du pari de Fogg, ou croire que tous les Dieux sont contre Odysseus.
Méthode et vérification
Cette évaluation ne mesure que ce qui se lit ou se compte. Chaque réponse attendue se retrouve dans le passage imprimé sur la fiche, et un contrôle la cherche caractère par caractère avant que le sujet ne soit produit. Les cinq nombres qu'elle fait relever — quatre points d'interrogation, une réplique d'un mot, deux marques de première personne, cent quarante-six mots pour un seul paragraphe, une exclamation unique — sont recalculés sur le texte à chaque production. ET AUCUNE DE CES CINQ MESURES N'EST CELLE QUE LA FICHE D'EXERCICES EMPLOIE SUR LE MÊME PASSAGE : un contrôle compare les deux articles et refuse la coïncidence, sans quoi un élève qui a fait les exercices retrouverait la même question sous un autre titre. Les cinq couples de formats sont, de la même façon, les cinq couples complémentaires. Deux tableaux demandent de dire « vrai » ou « faux » PUIS de recopier le passage qui le prouve : un contrôle exige que chacun porte au moins une affirmation vraie et une fausse, sans quoi la colonne se remplirait sans lire. La seule question qui ouvre sur un jugement — l'aventure comme retour — est notée sur la justification, et son corrigé le dit. Tout est en noir et blanc : une évaluation s'imprime et se photocopie.
- Programme de français pour le cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (BO nº 16 du 17 avril 2025), partie « Culture littéraire et artistique », entrée de la classe de sixième « Partir à l'aventure ! (récit, fiction) ». L'élève « interroge l'élan constitutif de l'aventure et mesure combien l'expression littéraire en décuple le pouvoir ». Les cinq passages viennent de fr.wikisource.org et sont tous dans le domaine public : Alexandre Dumas depuis 1959, Leconte de Lisle — traducteur d'Homère — depuis 1965, Jules Verne depuis 1976, et Paschal Grousset, traducteur de Stevenson sous le nom d'André Laurie, depuis 1980.