Français · 6ème · Exercice

Récit d'aventure en 6e : partir à l'aventure ! (PDF + corrigés)

Un pari, un parchemin, trois présents, un trésor — et un homme qui ne veut que rentrer chez lui.

6ème Français Exercice
Durée 45 min
Barème Sur 20
Format PDF A4
Accès Gratuit
Cinq récits et la raison qui met chacun en route, avec la phrase du texte qui la déclenche : le cinquième n'est pas un départ.

Ce que ces fiches travaillent

Repérer ce qui met un personnage en route, distinguer un départ d'un retour, reconnaitre qui raconte, et mesurer ce que l'écriture fait du récit : la longueur des répliques, les exclamations, les « je », un mot qui revient.

Chaque fiche porte son passage entier : un exercice de lecture qui renverrait à un texte absent de la page ne poserait pas de question.

Les cinq couples de formats sont ceux que l'article d'évaluations n'emploie pas.

1 sur 5

Fiche 1 — le pari qui met en route

Quand le pari se noue, les répliques tombent à un seul mot.

Dans un club de Londres, on discute d'un voleur en fuite et de la vitesse des trains. Phileas Fogg affirme qu'on peut faire le tour de la terre en quatre-vingts jours. On le met au défi, et il accepte.

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L'élan est donc un pari — et la somme engagée n'est pas celle qu'on croit : deux montants sont cités dans le passage, et un seul est celui que Fogg risque.

Mais le plus intéressant tient à la forme. Au moment où le pari se noue, les répliques tombent à un ou trois mots : « — Oui. » « — Quand ? » « — Tout de suite. » La scène s'accélère sous les yeux du lecteur.

Puis Fogg répond d'un bloc de cinquante-deux mots où tout est chiffré, jusqu'aux minutes. Le tableau fait compter quatre répliques, et l'écrit fait dire ce que ce changement de rythme produit.

Le tiret de dialogue n'est pas un mot.

  • Huit cases à remplir
  • Trois lignes à cocher
  • Ce que la longueur des phrases fait entendre

2 sur 5

Fiche 2 — une phrase envoie au centre de la Terre

Un parchemin déchiffré, sept points d'exclamation, et deux malles à faire.

L'élan peut venir d'un texte. Ici, ce n'est ni un pari ni une fortune : c'est une phrase. Un vieux parchemin, longtemps illisible, se laisse enfin déchiffrer — et il indique un chemin vers le centre de la Terre.

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C'est le neveu qui trouve la clé, sans le vouloir : il faut lire le document par la fin. Le professeur pousse alors « un véritable rugissement » et décide de partir le soir même.

Le passage porte le message en latin, PUIS sa traduction en français. C'est rare, et c'est voulu : le lecteur déchiffre en même temps que les personnages.

L'écriture s'emporte, et cela se compte : sept points d'exclamation. Ils font entendre deux voix — celle du savant qui crie sa joie, et celle du neveu qui découvre qu'il partira lui aussi.

Un texte peut suffire à mettre un homme en route.

  • Quatre lignes à cocher
  • Trois copies à corriger
  • Le message, et les exclamations

3 sur 5

Fiche 3 — les trois présents du père

Trente mots pour le père, cent trente-six pour la mère.

On peut partir parce qu'on vous envoie. Le père de d'Artagnan l'expédie à Paris chercher fortune, avec trois présents et rien de plus : quinze écus, un cheval, et une lettre pour M. de Tréville.

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Le texte les rappelle une seconde fois, comme pour qu'on n'oublie pas la pauvreté du départ. C'est là tout l'élan de ce héros-là : il n'a rien, et il monte à la capitale.

Regarde maintenant la taille des paragraphes. Les adieux au père tiennent en trente mots — une lettre, une épée, deux baisers, une bénédiction. Ceux à la mère en occupent cent trente-six.

Le narrateur explique lui-même pourquoi : le père « eût regardé comme indigne d'un homme de se laisser aller à son émotion ». La phrase s'attarde là où le cœur s'attarde, et la longueur écrit la tendresse.

La longueur d'un paragraphe dit ce que le texte tait.

  • Quatre copies à corriger
  • Trois passages à relier
  • Deux adieux, deux longueurs

4 sur 5

Fiche 4 — le héros raconte lui-même

Quatorze « je » : on ne saura que ce que Jim a vu.

Parfois, c'est le héros qui raconte. Dès la première phrase, celui qui parle annonce qu'il va dire SES aventures, et il précise même l'année où il prend la plume.

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Cela change tout pour le lecteur : on ne saura que ce que ce garçon a vu et entendu. Quand il décrit le vieux marin, c'est un enfant qui regarde un homme effrayant, non un auteur qui sait déjà la fin.

Et cela se compte : le passage porte quatorze marques de première personne — je, me, mes, mon, notre, nous. On peut les souligner une par une, et voir le narrateur apparaitre partout.

Le portrait, lui, se fait avec les sens. On VOIT le teint couleur de brique et le sillon du coup de sabre ; on ENTEND la voix aigre, la chanson de mer, le bâton sur la porte. Le tri fait ranger six détails selon le sens qui les perçoit.

Quand le héros raconte, le lecteur en sait autant que lui.

  • Quatre détails à relier
  • Six détails à ranger
  • Qui raconte, et ce que cela change

5 sur 5

Fiche 5 — partir, ou rentrer ?

Le plus vieux récit d'aventure est celui d'un homme qui veut rentrer.

Partir n'est pas toujours s'en aller. Le plus ancien récit d'aventure que nous ayons raconte un homme qui ne veut qu'une chose : rentrer chez lui. La guerre est finie, tous les autres sont revenus ; lui seul reste « loin de son pays et de sa femme ».

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L'élan est donc le retour. Chaque épreuve l'en éloigne, chaque année l'en rapproche — et le tri fait distinguer ce qu'Odysseus FAIT de ce qu'il SUBIT, ce qui n'est pas la même chose.

Le poème commence par une demande : « Dis-moi, Muse. » Le poète ne dit pas qu'il sait l'histoire, il demande qu'on la lui dise — et il recommence à la fin du premier paragraphe.

Compte enfin les « et » : il y en a onze en deux paragraphes. Chacun ajoute un malheur au précédent, et l'on sent que ce voyage n'en finit pas. C'est la répétition qui fait sentir la durée.

Le plus vieux récit d'aventure est un récit de retour.

  • Six passages à ranger
  • Six cases à remplir
  • Le poète, la Muse, et les « et »

Compétences travaillées

  • L'élan du départ

    Ce qui met le personnage en route : un pari, une curiosité, une fortune à faire, un trésor — ou un retour.

  • Compter un texte

    La longueur d'une réplique, les points d'exclamation, les « je » : cela se compte, et cela veut dire quelque chose.

  • Qui raconte

    Quand le héros raconte lui-même, le lecteur ne sait que ce que le héros a vu.

  • Partir, ou rentrer

    Le plus ancien récit d'aventure est celui d'un homme qui ne veut qu'une chose : revoir son pays.

Cinq récits, cinq raisons de partir

Le programme demande d'interroger « l'élan constitutif de l'aventure ». Ces fiches en montrent cinq, et ils ne se ressemblent pas : Phileas Fogg part sur un pari, le professeur Lidenbrock sur un document déchiffré, d'Artagnan parce que son père l'envoie faire fortune, Jim Hawkins pour un trésor.

Le cinquième n'est pas un départ. Odysseus ne cherche rien d'inconnu : il veut rentrer. Chaque épreuve l'éloigne d'un but qu'il connait déjà, et l'aventure devient le chemin du retour.

Aucun passage n'a été recopié à la main. Chaque extrait déclare sa première et sa dernière phrase ; le récolteur coupe entre les deux, et le nombre de blocs obtenu est comparé à celui relevé en lisant la page.

Ce que veut dire « l'expression littéraire décuple le pouvoir »

C'est la phrase la plus exigeante du programme, parce qu'elle porte sur la forme et non sur l'histoire. Ces fiches la rendent vérifiable en faisant compter : la réplique la plus courte du Tour du monde fait UN mot, celle de Fogg qui suit en fait cinquante-deux.

Les adieux de d'Artagnan à son père tiennent en trente mots, ceux à sa mère en cent trente-six. Le texte ne dit jamais que la mère est plus tendre : la longueur du paragraphe le dit à sa place.

Chez Homère, le mot « et » revient onze fois en deux paragraphes. Chaque « et » ajoute une épreuve à la précédente, et le voyage n'en finit pas de durer. Compter, ici, c'est comprendre.

Méthode et vérification

La phrase du programme tient en deux moitiés, et la seconde est la plus difficile à tenir : « l'expression littéraire décuple le pouvoir de l'aventure ». C'est une affirmation sur la FORME, et une fiche qui se contenterait de la répéter n'apprendrait rien. Ici, la forme SE COMPTE. Chaque fiche affirme un nombre — la réplique la plus courte fait un mot, le passage porte sept points d'exclamation, le paragraphe le plus long en fait cent trente-six, le narrateur emploie quatorze marques de première personne, le mot « et » revient onze fois — et le module recalcule ce nombre sur le passage avant que la fiche ne soit produite. Si l'édition changeait d'un mot, la fiche serait refusée au lieu d'imprimer un chiffre faux. Les cinq fiches emploient CINQ MESURES DIFFÉRENTES, et un contrôle l'exige : sans cela, l'article ne montrerait qu'une seule manière dont l'écriture agit. Toutes ces mesures se refont au crayon par un élève de sixième, ce qui est la condition pour qu'il vérifie lui-même. Une seule règle de comptage a demandé réflexion : le TIRET DE DIALOGUE N'EST PAS UN MOT. Un élève qui compte « — Oui. » répond un, et la mesure devait dire ce qu'il dirait. L'élan, de son côté, se déclare et se prouve : chaque passage nomme ce qui met en route, et le déclencheur doit se relire dans le texte au caractère près.

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :
  • Programme de français pour le cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (BO nº 16 du 17 avril 2025), partie « Culture littéraire et artistique », entrée de la classe de sixième « Partir à l'aventure ! (récit, fiction) ». La notice est citée mot pour mot : l'élève « interroge l'élan constitutif de l'aventure et mesure combien l'expression littéraire en décuple le pouvoir ». Les cinq passages viennent de fr.wikisource.org et sont tous dans le domaine public : Alexandre Dumas depuis 1959, Leconte de Lisle — traducteur d'Homère — depuis 1965, Jules Verne depuis 1976, et Paschal Grousset, traducteur de Stevenson sous le nom d'André Laurie, depuis 1980.

Questions fréquentes

Qu'appelle-t-on l'élan de l'aventure ?
Ce qui met le personnage en route. Un pari, une curiosité, une fortune à faire, un trésor, un retour : ce n'est jamais la même chose, et c'est la première question à se poser devant un récit d'aventure.
Comment « compte-t-on » un texte ?
En mesurant ce qui se voit : le nombre de mots d'une réplique, les points d'exclamation, les marques de première personne, un mot qui revient. Toutes ces mesures se font au crayon, et chacune dit quelque chose du récit.
Le tiret de dialogue compte-t-il pour un mot ?
Non. « — Oui. » fait UN mot : ni le tiret, ni le point ne sont des mots. C'est la règle employée dans toutes ces fiches.
Les textes sont-ils libres de droits ?
Oui, tous les cinq, et cela se vérifie : chaque passage déclare ses ayants droit et leur année de mort, TRADUCTEUR compris. Deux des cinq ne sont lisibles en français que par leur traducteur ; le plus tardif est libre depuis 1980.