Ce que ces fiches demandent
Compléter dix cellules de tableau — quatre sur les deux façons d'être un État, six sur ce qui manquerait sans chaque pièce ; ranger douze étiquettes — six situations selon qu'elles portent la trace d'un État, six écrits selon leur ancienneté ; compléter quatre maillons de deux chaines de causes ; identifier deux documents, dont le plus ancien texte écrit connu ; et répondre à quinze questions rédigées sur ce qu'un État suppose et sur ce qu'un document n'apprend pas.
Chaque fiche porte un rappel de quatre lignes, deux exercices avec schéma et un exercice de questions rédigées.
Deux pages A4 par fiche, en noir et blanc, corrigé séparé, barème détaillé.
1 sur 5
Fiche 1 — un roi fait graver ses lois
Un recueil de lois gravé vers 1750 av. J.-C., puis les deux façons d’être un État en Orient ancien, comparées ligne à ligne.
Un roi qui fait graver ses lois dit deux choses à la fois : qu’il commande, et qu’il accepte d’être tenu par ce qu’il a écrit.
Le document est un recueil de lois gravé vers 1750 av. J.-C. Les deux premières questions le font lire ; la troisième demande ce qu’il n’apprend PAS — si ces règles étaient vraiment appliquées partout, il ne le dit pas.
Le tableau compare ensuite les deux façons d’être un État en Orient ancien, ligne à ligne. Une case est vide par ligne, et jamais deux fois la même colonne : creusé sur une colonne entière, le tableau se remplirait par une règle devinée à la première ligne.
La dernière question porte sur ce qui NE change pas d’un pays à l’autre — le scribe.
Une loi gravée peut être opposée à celui qui l’a faite.
- Lire un recueil de lois
- Deux façons d’être un État
- Un pays, ou des cités
2 sur 5
Fiche 2 — ce qui fait un État
Six pièces d’un État, et ce qui manquerait sans chacune ; puis les quatre métiers qu’un État fait naitre.
Un chef ne suffit pas à faire un État. Cette fiche le montre par l’absence : en face de chaque pièce, l’élève écrit ce qui manquerait sans elle.
C’est le contraire d’une liste à retenir. Un trait dont l’absence ne change rien n’est pas un trait, et le module refuse deux pièces dont le manque se dirait de la même façon.
Les quatre métiers que l’État fait naitre suivent, en liste. La question ne demande pas de les réciter : elle demande lequel disparaitrait le premier si l’impôt cessait — et pourquoi, en réalité, tous disparaitraient.
Les trois dernières questions font juger une bande de chasseurs, expliquer à quoi sert l’impôt, et dire ce qu’une capitale apporte.
C’est le seul tableau de l’article qui ne creuse qu’une colonne, et c’est voulu : il n’y a pas de règle à deviner d’une ligne à l’autre, puisque chaque pièce appelle une conséquence différente. Un contrôle refuse d’ailleurs deux pièces dont le manque se dirait de la même façon.
Retirer une pièce, et l’ensemble cesse de tenir.
- Retirer une pièce
- Quatre métiers, quatre tâches
- Ce qui n’est pas encore un État
3 sur 5
Fiche 3 — le signe d’un État
Les six pièces d’un État en repère, puis six situations à classer selon qu’elles portent ou non la trace d’un État.
Un État ne se reconnait pas à sa taille, mais aux traces qu’il laisse. Cette fiche apprend à les lire.
Les six pièces sont d’abord données en repère — cette liste ne se complète pas, elle se lit. Deux questions la travaillent : lesquelles supposent que quelqu’un sache écrire, et lesquelles manquent à une famille isolée.
Six situations sont ensuite à classer. Aucune ne porte le mot de sa colonne : un contrôle le mesure en mots entiers, et il a fallu lui retirer une exemption qui l’avait désarmé — « signe » figurait dans sa liste de mots-outils, alors que c’est justement le mot discriminant d’une colonne.
La dernière question sépare deux choses que l’on confond : l’absence de preuve n’est pas la preuve d’une absence.
Un campement démonté chaque saison ne laisse presque rien.
- Le repère des six pièces
- Six situations à classer
- Ce que l’archéologue en conclut
4 sur 5
Fiche 4 — on a d’abord écrit pour compter
Six écrits à classer selon leur ancienneté, puis la suite de causes qui mène du grenier du temple au premier signe.
On n’a pas inventé l’écriture pour raconter. Les plus anciennes tablettes ne portent ni phrase ni verbe.
Six écrits sont à classer selon leur ancienneté — des quantités de grain d’un côté, le récit d’un règne de l’autre. La seconde question demande ce qu’ont en commun les trois plus anciens : ce sont des comptes.
La chaine de causes mène ensuite du grenier du temple au premier signe. Elle ne redit pas celle de l’évaluation, qui part du fleuve, et un contrôle compare les maillons des deux articles.
Les trois questions rédigées demandent pourquoi c’est au temple qu’on a eu besoin de compter, et pourquoi les récits n’arrivent que bien plus tard.
Les deux chaines de l’article ne partagent aucun maillon, et aucun de leurs dix ne figure parmi les sept de l’évaluation. Le contrôle les compare sur son module avant production, plutôt que de le supposer.
Une marque dit combien ; il faut un signe pour dire de quoi.
- Ce qu’on écrit d’abord
- Du grenier au signe
- Pourquoi le temple
5 sur 5
Fiche 5 — le métier de scribe
Le parcours d’un scribe, de l’école du temple à l’archive, puis la plus ancienne écriture connue, à identifier.
Le scribe est l’homme par qui l’État tient : ni roi ni prêtre, mais payé pour écrire, et l’un des rares à savoir le faire.
La chaine de son parcours va de l’école du temple à l’archive. Deux maillons manquent, et ce ne sont pas les mêmes rangs que la fiche précédente — un contrôle le vérifie, faute de quoi la seconde chaine se remplirait par habitude.
Le document est la plus ancienne écriture connue : une tablette de comptes d’Ourouk. Son texte ne porte pas le mot qui est sa propre réponse, et un contrôle le mesure : la première question demande justement de quelle nature il est.
Les trois dernières questions portent sur ce qu’une tablette de comptes n’apprend pas, sur la longueur de la formation d’un scribe, et sur ce que devient un écrit après la mort de celui qui l’a tracé.
Ce qui distingue un écrit d’une parole : il reste.
- De l’école à l’archive
- La plus ancienne écriture connue
- Ce qu’une tablette ne dit pas
Compétences travaillées
-
Un chef ne suffit pas
Il faut un territoire, une capitale, des fonctionnaires, des impôts pour les payer et des lois qui ne changent pas.
-
Deux façons d’être un État
Un seul royaume le long du Nil ; des cités-États rivales entre le Tigre et l’Euphrate. Le scribe, lui, est des deux côtés.
-
On a d’abord écrit pour compter
Les plus anciennes tablettes portent des quantités et des noms, sans phrase ni verbe. Les récits viennent bien plus tard.
-
Un document dit aussi ce qu’il ignore
Une loi gravée ne prouve pas qu’elle était appliquée ; une tablette de comptes ne dit rien de ce que l’on pensait.
La moitié du titre que le site ne traitait pas
Le sous-thème s’appelle « Premiers États, premières écritures ». Deux objets, reliés par une virgule. L’article d’évaluation du chapitre traite le second — les deux écritures, les deux supports, la chaine qui mène du fleuve au signe.
Le premier y était presque absent, et c’est une mesure qui l’a dit : sur ses 10 319 caractères, « roi » compte zéro occurrence, « pharaon » zéro, « impôt » zéro, « temple » zéro, « scribe » zéro, et « cité » une seule fois.
Ces fiches le prennent. Six pièces d’un État, six situations à classer selon qu’elles en portent la trace, deux façons d’être un État en Orient ancien, et les métiers que l’État fait naitre.
Pourquoi l’écriture apparait avec les États
Les deux moitiés du titre ne sont pas côte à côte par hasard. Un État lève une part des récoltes ; il faut savoir qui a versé et combien, et aucune mémoire n’y suffit.
C’est ce que montrent les plus anciennes tablettes retrouvées : ni phrase, ni verbe — une marque répétée pour la quantité, un signe pour le produit, parfois un nom. Ce sont des comptes.
Les lois, les récits et les lettres viennent bien plus tard, quand le système de signes est devenu capable de noter une langue entière. L’ordre importe : il dit à quel besoin l’écriture a d’abord répondu.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme d'histoire du cycle 3, classe de sixième. CINQ FICHES DE VINGT POINTS, en noir et blanc, corrigés séparés. CES FICHES PRENNENT LA MOITIÉ DU TITRE QUE L'ÉVALUATION LAISSE : ce qui fait un État. SIX PIÈCES — un chef, un territoire aux limites connues, une capitale, des fonctionnaires, des impôts, des lois écrites — et, en face de chacune, CE QUI MANQUERAIT SANS ELLE : un trait dont l'absence ne change rien n'est pas un trait, c'est un mot de plus à retenir. LES SIX SITUATIONS DU TRI SE PARTAGENT EN TROIS ET TROIS, et aucune ne porte le mot de sa colonne — un contrôle le mesure en mots entiers, ramenés au même radical. UNE EXEMPTION AVAIT DÉSARMÉ CE CONTRÔLE : « signe », mis par précaution dans la liste des mots-outils, est justement le mot discriminant d'une colonne, et le témoin du garde passait au vert. L'exemption a été retirée ; aucune des six situations ne contient ce mot. LE SCRIBE TIENT LES DEUX DERNIÈRES FICHES : fonctionnaire d'un État, et homme qui écrit. LES DEUX DOCUMENTS ne sont pas des citations : chaque texte est un résumé écrit pour ces fiches, annoncé par « D'après ». AUCUN ITEM N'EST PARTAGÉ AVEC L'ÉVALUATION, ni sa chaine causale, et un contrôle le mesure sur son module. Les cinq couples de formats sont tous différents entre eux, et aucun n'a servi ailleurs en histoire de sixième. Total vérifié à 20 points par fiche.
- Programme d'histoire et géographie du cycle 3, classe de sixième, thème 1 « La longue histoire de l'humanité et des migrations », sous-thème « Premiers États, premières écritures » — arrêté du 9 novembre 2015 modifié, rédaction publiée au Bulletin officiel nº 31 du 30 juillet 2020. Le texte cadre l'étude : « L'étude des premiers États et des premières écritures se place dans le cadre de l'Orient ancien et peut concerner l'Égypte ou la Mésopotamie. » LE TITRE PORTE DEUX OBJETS, reliés par une virgule, et l'article d'évaluation du chapitre traite le second. LE PREMIER Y ÉTAIT PRESQUE ABSENT, mesuré sur ses 10 319 caractères : « roi » 0 occurrence, « pharaon » 0, « impôt » 0, « temple » 0, « scribe » 0, « cité » 1. Un chapitre qui s'ouvre sur « Premiers États » n'écrivait jamais « roi ». La raison pour laquelle on s'est mis à écrire manquait aussi : « commerce » 0, « comptabilité » 0, « échange » 0. HORS DE CETTE ENTRÉE, ET ÉCARTÉ : le monothéisme (thème 2), l'empire romain (thème 3), la révolution néolithique (l'entrée précédente du même thème) et l'alphabet grec, que ce sous-thème ne nomme pas.