Français · 6ème · Exercice

Poésie en 6e : mots et merveilles (PDF + corrigés)

Un comparé, un comparant, et un petit mot qui change tout — ou qui n'y est pas.

6ème Français Exercice
Durée 45 min
Barème Sur 20
Format PDF A4
Accès Gratuit
Cinq poèmes, leur culture, leur forme et leur nombre d'images : celui qui n'a ni vers ni rimes en porte autant que les autres.

Ce que ces fiches travaillent

Repérer les images d'un poème, distinguer une comparaison d'une métaphore, reconnaitre un « comme » qui ne compare rien, mesurer le pouvoir d'évocation d'un texte, et découvrir qu'un poème peut n'avoir ni vers ni rimes.

Chaque fiche porte son poème entier : un exercice de lecture qui renverrait à un texte absent de la page ne poserait pas de question.

Les cinq couples de formats sont ceux que l'article d'évaluations n'emploie pas.

1 sur 5

Fiche 1 — comparer, c'est dire « comme »

Un comparé, un comparant, et un petit mot qui change tout.

Une image rapproche deux choses qui ne se ressemblent pas d'abord. Le poète en nomme une — le comparé — et lui en accole une autre — le comparant. Des ailes et des avirons ; un poète et un prince des nuées.

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Une seule différence sépare les deux façons de le faire. Si le rapprochement passe par un petit mot — comme, tel, semblable à, ainsi que —, c'est une comparaison. S'il n'y en a aucun, c'est une métaphore.

Ce poème est bâti sur une seule image, et il la garde pour la fin. Pendant trois strophes, il raconte un oiseau de mer qu'on prend et qu'on moque sur le pont. À la quatrième, il dit de qui il parlait.

Le tableau porte une ligne qui n'est pas une image : « vastes oiseaux des mers » ne compare rien, c'est une manière de nommer l'albatros. Sans elle, les trois autres se rempliraient de proche en proche.

Un outil, c'est une comparaison ; pas d'outil, une métaphore.

  • Huit cases à remplir
  • Trois lignes à cocher
  • Ce que le poème compare vraiment

2 sur 5

Fiche 2 — la métaphore, et le « comme » qui ne compare pas

Chercher les deux choses rapprochées avant de chercher le mot.

Une métaphore est une comparaison sans son outil. « Ma vitre est un jardin de givre » : la vitre et le jardin sont rapprochés sans « comme ». L'image est plus rapide, et plus forte.

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Le piège de ce poème tient à son refrain. « Ah ! comme la neige a neigé ! » contient le mot « comme » et ne compare rien du tout : aucun comparé, aucun comparant. « Comme » sert ici à s'exclamer.

La règle pour ne pas s'y tromper est donc simple, et la fiche la fait appliquer : chercher les deux choses rapprochées avant de chercher le mot. S'il n'y en a pas deux, il n'y a pas d'image.

Émile Nelligan a écrit ce poème à Montréal, à dix-neuf ans. On n'écrit pas les mêmes images sous la neige du Québec qu'au bord de la Méditerranée, et c'est ce que ce chapitre fait voir.

Chercher les deux choses avant de chercher le mot.

  • Quatre lignes à cocher
  • Trois copies
  • Deux métaphores du froid

3 sur 5

Fiche 3 — une image qui tient tout le poème

« Ainsi qu' » ouvre la comparaison, « Ainsi » la referme.

Une image peut tenir tout un poème. Ce sonnet en est bâti : les huit premiers vers décrivent un coucher de soleil qui s'efface, les six derniers disent que les vers du poète s'effaceront de même.

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Deux mots tiennent la charpente : « Ainsi qu' » au premier vers, « Ainsi » au neuvième. Le premier ouvre la comparaison, le second la referme. On appelle cela une comparaison filée.

Le poème porte aussi trois métaphores, et l'association les fait retrouver : la Nuit a des pieds d'argent, les nuages sont d'or, l'oubli est une nuit sombre. Aucune ne porte d'outil.

Oswald Durand était haïtien, et ce recueil de 1896 s'appelle Rires et Pleurs. Le dernier vers annonce que personne n'en parlera ; il se trompait, puisqu'on le lit encore.

« Ainsi qu' » ouvre la comparaison, « Ainsi » la referme.

  • Quatre copies
  • Trois traits à tracer
  • La charpente du sonnet

4 sur 5

Fiche 4 — un poème appelle les sens

Voir, entendre, sentir : le pouvoir d'évocation se compte.

Un poème ne parle pas qu'aux yeux. Celui-ci fait voir des lueurs et une lune, mais il fait aussi entendre une bouilloire et sentir le froid. C'est ce que le programme appelle le pouvoir d'évocation.

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Ses images donnent des corps aux choses. L'eau pleure, le pré s'est habillé, la bouilloire chante : chaque fois, le poème prête à une chose ce qui appartient à un être vivant.

Une seule de ses images porte un outil — « Tout mur se dresse ainsi qu'un monument de marbre ». Les trois autres n'en ont pas, et sont donc des métaphores. Le tri fait ensuite ranger six passages selon le sens qu'ils appellent.

Louisa Siefert avait vingt-cinq ans en 1870. Le cycle 3 demande de veiller à la représentation des autrices ; elle fut lue et admirée de son temps, puis presque oubliée.

Un poème appelle plusieurs sens à la fois.

  • Quatre traits à tracer
  • Six passages à ranger
  • La seule comparaison du poème

5 sur 5

Fiche 5 — ni vers, ni rimes, et pourtant un poème

Ôtez les images : il ne reste rien de poétique.

Ce texte n'a ni vers ni rimes, et c'est pourtant un poème. On l'appelle un poème en prose : il s'écrit en paragraphes, comme un récit, et se lit comme un chant.

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Alors qu'est-ce qui en fait un poème ? Ses images. « Mon adoration éploie les ailes comme un joyeux oiseau » ; « mon chant touche de l'extrémité de son aile tes pieds ». Ôtez les images, il ne reste rien de poétique.

C'est exactement ce que dit le programme : au-delà des vers et des rimes, la force de la poésie tient dans ses images. La fiche le fait vérifier en faisant ranger huit étiquettes — ce que ce poème a, ce qu'il n'a pas.

Ce poème vient du Bengale. Rabindranath Tagore l'a écrit en bengali, puis l'a lui-même mis en anglais ; André Gide l'a traduit en français en 1917. Le texte lu a donc trois âges et deux langues derrière lui.

Ôtez les rimes, il reste un poème ; ôtez les images, il ne reste rien.

  • Huit étiquettes à ranger
  • Six cases à remplir
  • Ce qui fait un poème

Compétences travaillées

  • Repérer une image

    Trouver les deux choses rapprochées : le comparé et le comparant. Sans les deux, il n'y a pas d'image.

  • Comparaison ou métaphore

    Un outil — comme, tel, semblable à — et c'est une comparaison ; aucun outil, et c'est une métaphore.

  • Le piège du mot « comme »

    « Ah ! comme la neige a neigé ! » ne compare rien : le mot est là, la comparaison n'y est pas.

  • Le pouvoir d'évocation

    Un poème appelle plusieurs sens à la fois : la vue, l'ouïe, le toucher.

Cinq poèmes, quatre cultures poétiques

Le programme demande d'explorer « différentes traditions et cultures poétiques, y compris francophones ». Ces fiches portent Baudelaire et Louisa Siefert pour la France, Oswald Durand pour Haïti, Émile Nelligan pour le Québec, et Rabindranath Tagore traduit par André Gide pour le Bengale.

Deux des cinq sont donc francophones hors de France, et le corpus porte une autrice — le cycle 3 demande de veiller à leur représentation.

Aucun vers n'a été recopié à la main : chaque poème est découpé dans le fac-similé de son édition, et le nombre de vers obtenu est comparé à celui relevé en lisant la page.

Ce qui fait un poème, et ce qui n'en fait pas

Le cinquième texte n'a ni vers, ni rimes, ni strophes régulières. C'est un poème en prose, écrit en paragraphes — et il porte trois images, autant que les poèmes en vers du chapitre.

C'est exactement ce que dit le programme : au-delà des aspects formels, la force de la poésie réside dans ses images. Ôtez les rimes, il reste un poème ; ôtez les images, il ne reste rien.

À l'inverse, le mot « comme » ne suffit pas à faire une comparaison. Le refrain de Nelligan le porte quatre fois sans jamais rapprocher deux choses. Une chasse aux erreurs porte là-dessus.

Méthode et vérification

Le programme demande d'aller AU-DELÀ des vers et des rimes. Ces fiches s'y tiennent, et le module qui les produit aussi : il ne calcule aucun schéma de rimes, et ne compte aucune syllabe — trancher la diérèse et le e muet demanderait un dictionnaire phonétique, et un contrôle qui se trompe une fois sur dix vaut moins que pas de contrôle. Du formel, il ne garde que ce qui se lit sans ambigüité : la strophe, séparée par une ligne vide. Tout le poids porte sur les images. Chacune déclare son comparé, son comparant et, s'il y en a un, son outil de comparaison ; le partage est alors mécanique — un outil, c'est une comparaison ; pas d'outil, c'est une métaphore. Le contrôle qui compte refuse toute image déclarée métaphore dont le passage porterait « comme », « tel », « semblable à » ou « ainsi que » sans qu'on l'ait dit : c'est l'erreur d'auteur la plus fréquente sur ce chapitre, et un corrigé cohérent avec son sujet ne la montre pas. Un second contrôle exige que le poème en prose ne soit pas plus pauvre en images que la moyenne des poèmes versifiés, sans quoi les fiches affirmeraient que les vers ne font pas la poésie tout en ne montrant d'images que dans des poèmes en vers. Les droits, enfin, sont calculés : chaque poème déclare ses ayants droit et leur année de mort, le TRADUCTEUR compris. Deux poètes sont morts en 1941 ; le module a exigé qu'on déclare, pour eux, « mort pour la France ».

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :
  • Programme de français pour le cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (BO nº 16 du 17 avril 2025), partie « Culture littéraire et artistique », entrée de la classe de sixième « Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles (poésie) ». La notice est citée mot pour mot : l'élève « mesure, qu'au-delà de ses aspects formels (vers, rimes, etc.), la force de la poésie réside dans ses images et son pouvoir d'évocation », en explorant « différentes traditions et cultures poétiques, y compris francophones ». Les cinq poèmes viennent de fr.wikisource.org et sont tous dans le domaine public : Baudelaire depuis 1938, Louisa Siefert depuis 1948, Oswald Durand depuis 1977, Émile Nelligan depuis 2012, et la traduction d'André Gide depuis 2022.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une comparaison et une métaphore ?
Une seule : l'outil. Une comparaison passe par un petit mot — comme, tel, semblable à, ainsi que — et une métaphore n'en a aucun. Les deux rapprochent un comparé et un comparant.
Le mot « comme » signale-t-il toujours une comparaison ?
Non, et c'est le piège de ce chapitre. Dans « Ah ! comme la neige a neigé ! », « comme » sert à s'exclamer : il n'y a ni comparé, ni comparant. Il faut chercher les deux choses rapprochées avant de chercher le mot.
Un texte sans vers ni rimes peut-il être un poème ?
Oui. On l'appelle un poème en prose. Ce qui en fait un poème, ce sont ses images — c'est ce que le programme demande de faire mesurer aux élèves.
Les poèmes sont-ils libres de droits ?
Oui, tous les cinq, et cela se vérifie : chaque poème déclare ses ayants droit et leur année de mort, traducteur compris. Le plus tardif est libre depuis 2022.