Ce que ces évaluations notent
Relever un comparé et un comparant, distinguer une comparaison d'une métaphore, suivre la charpente d'un sonnet, ranger les mots d'un poème selon la scène, et reconnaitre un « comme » qui ne compare rien.
Chaque évaluation porte son poème entier et se suffit à elle-même. Les cinq poèmes sont ceux de l'article d'exercices, mais aucune consigne n'en est reprise.
Cinq sujets sur 20, en noir et blanc, avec les cinq couples de formats que l'article d'exercices n'emploie pas.
1 sur 5
Évaluation 1 — relever les images d'un poème
Trouver les deux choses rapprochées avant de nommer l'image.
Relever une image, c'est trouver deux choses : le comparé, dont le poème parle, et le comparant, qu'il lui accole. Tant qu'on n'a pas les deux, on n'a pas d'image.
L'outil vient ensuite, et lui seul décide du nom. Le tableau fait donc relever les deux termes de quatre vers, sans demander encore de les nommer.
Les copies, elles, font trancher. L'une déclare comparaison une image qui n'a pas d'outil ; une autre affirme que le poème ne parle qu'à la vue, alors qu'il fait entendre une bouilloire et sentir un froid.
La dernière question porte sur ce que le poème prête aux choses : l'eau pleure, la bouilloire chante, le pré s'habille. Trois gestes de personnes donnés à des objets.
Trouver les deux choses avant de nommer l'image.
- Huit cases à remplir
- Trois copies
- Ce que le poème fait entendre
2 sur 5
Évaluation 2 — la charpente d'un sonnet
Deux « Ainsi » tiennent tout le poème.
Un sonnet compte quatorze vers : deux strophes de quatre, puis deux de trois. Cette forme vient d'Italie et court depuis cinq siècles ; on la retrouve ici sous la plume d'un poète haïtien, en 1896.
Celui-ci est bâti sur une seule comparaison, tendue d'un bout à l'autre. Les huit premiers vers décrivent un coucher de soleil qui s'efface ; les six derniers disent que les poèmes du livre s'effaceront de même.
Deux mots tiennent cette charpente : « Ainsi qu' » au premier vers, « Ainsi » au neuvième. Le tri fait ranger huit passages de part et d'autre de cette frontière, et l'exercice ne se réussit qu'en comptant les vers.
La dernière question retourne le poème contre lui-même : le poète annonce que personne ne parlera de son livre, et l'élève le lit cent trente ans plus tard.
Deux « Ainsi » tiennent tout le poème.
- Quatre copies
- Huit passages à ranger
- Ce que le poète dit de ses vers
3 sur 5
Évaluation 3 — le même oiseau, deux fois
Les mots changent quand le lieu change.
Le même oiseau, deux fois. Ce poème dit d'abord l'albatros en vol, puis l'albatros sur le pont — et il change de mots en changeant de lieu. Ranger ces mots, c'est voir le poème travailler.
Trois strophes pour une seule phrase. Pendant douze vers, le poème ne parle que d'un oiseau ; à la treizième ligne, il dit de qui il parlait : « Le Poëte est semblable au prince des nuées ».
Et la chute retourne tout. Ce qui faisait la force de l'oiseau — ses ailes immenses — devient ce qui l'empêche de marcher. Le poème dit la même chose du poète sans avoir besoin de l'expliquer.
La dernière question demande de citer deux passages opposés. C'est la lecture qui est notée : toute réponse appuyée sur le texte est acceptée.
Les mots changent quand la scène change.
- Huit passages à ranger
- Trois lignes à cocher
- La force devenue gêne
4 sur 5
Évaluation 4 — un poème sans vers ni rimes
Ôtez les images : il ne reste rien de poétique.
Ni vers, ni rimes — et pourtant un poème. On appelle cela un poème en prose : il s'écrit en paragraphes, comme un récit, et se lit comme un chant.
Ce qui en fait un poème, ce sont ses images. Ôtez-les, il ne reste rien de poétique. C'est précisément ce que dit le programme : au-delà des vers et des rimes, la force de la poésie tient dans ses images.
L'association fait relier trois comparés à leurs comparants, et une seule des trois images porte un outil. La dernière question fait nommer les trois natures.
Trois âges et deux langues : Rabindranath Tagore a écrit ce texte en bengali, l'a mis lui-même en anglais, et André Gide l'a traduit en français en 1917. Le français lu est donc celui de Gide.
Ôtez les images : il ne reste rien de poétique.
- Quatre lignes à cocher
- Trois traits à tracer
- Ce qui fait un poème
5 sur 5
Évaluation 5 — un refrain qui ne revient pas tout à fait
Le poème tourne quatre fois, et le dernier vers a changé.
Un refrain qui revient sans revenir tout à fait. La première strophe et la dernière commencent par les mêmes trois vers ; mais le cinquième change — « À la douleur que j'ai » devient « À tout l'ennui que j'ai ».
L'association le fait découvrir sans le dire : elle demande de relier chaque strophe à son DERNIER vers. Les premiers vers, eux, ne le permettraient pas, puisque le refrain les répète — et c'est justement ce qu'il faut remarquer.
Le tableau porte ensuite trois vers, dont un qui n'est pas une image. « Ah ! comme la neige a neigé ! » contient le mot « comme » et ne rapproche rien de rien : ni comparé, ni comparant.
Émile Nelligan a écrit ce poème à Montréal, à dix-neuf ans. Le froid qu'il décrit n'est pas seulement celui de l'hiver québécois.
Le poème tourne quatre fois, et le dernier vers a changé.
- Quatre traits à tracer
- Six cases à remplir
- Ce que la répétition fait entendre
Compétences travaillées
-
Relever une image
Donner le comparé et le comparant avant de nommer l'image.
-
Suivre la charpente d'un poème
Deux mots peuvent tenir un sonnet entier d'un bout à l'autre.
-
Ranger ce que le poème dit
Les mots changent quand la scène change : en vol, sur le pont.
-
Reconnaitre un faux « comme »
Le mot est là, la comparaison n'y est pas.
Ce que ces évaluations notent, et ce qu'elles ne notent pas
Elles notent la lecture : relever un comparé et un comparant, distinguer une comparaison d'une métaphore, suivre la charpente d'un sonnet, ranger les mots d'un poème selon la scène qu'ils décrivent, et repérer un « comme » qui ne compare rien.
Elles ne notent pas le goût de l'élève pour un poème. Les questions d'interprétation donnent, dans leur corrigé, le critère qui permet de les noter : la réponse doit s'appuyer sur un passage précis.
Chaque évaluation vaut vingt points, répartis en huit, six et six, et s'imprime en noir et blanc.
Le même corpus, jamais la même question
Une évaluation qui porterait sur d'autres poèmes que ceux étudiés ne mesurerait pas le chapitre. Les cinq poèmes sont donc les mêmes, et chaque fiche porte son texte entier.
Mais aucune consigne n'est reprise, et un contrôle le vérifie. Là où les exercices faisaient nommer la nature des images de Siefert, l'évaluation en fait relever le comparé et le comparant ; là où ils suivaient les images de Nelligan, elle fait relier chaque strophe à son dernier vers — celui qui change, quand le refrain revient.
Les cinq couples de formats sont également les cinq autres : tableau et chasse aux erreurs, chasse et tri, tri et questionnaire, questionnaire et associations, associations et tableau.
Méthode et vérification
Une évaluation porte sur le même corpus que les fiches d'exercices — c'est ce qui la rend juste — mais jamais sur les mêmes questions. Un contrôle compare les consignes des deux articles et refuse toute reprise mot pour mot ; un second compare les couples de formats, et les cinq employés ici sont exactement les cinq que l'article d'exercices n'emploie pas. Ce qui est noté est toujours DANS LE TEXTE : chaque passage attendu est retrouvé dans son poème au caractère près, et le contrôle refuse aussi bien une citation inventée qu'une citation attribuée au mauvais poème du corpus. Deux contrôles portent sur la forme des exercices eux-mêmes. Le premier vérifie que les derniers vers annoncés dans l'association sont bien les derniers de leur strophe — et que les PREMIERS vers, eux, ne le permettraient pas, puisque le refrain les répète : c'est précisément ce que l'évaluation fait remarquer. Le second exige que le tableau porte une ligne SANS image, faute de quoi il se remplirait de proche en proche ; et cette ligne doit porter un faux ami — un « comme » qui ne compare rien —, sans quoi il n'y aurait rien à éviter. Chaque évaluation vaut vingt points, répartis en huit, six et six, et s'imprime en noir et blanc.
- Programme de français pour le cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (BO nº 16 du 17 avril 2025), entrée de la classe de sixième « Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles (poésie) ». Les cinq poèmes évalués sont ceux de l'article d'exercices : Charles Baudelaire, Louisa Siefert, Oswald Durand, Émile Nelligan, et Rabindranath Tagore traduit par André Gide. Tous viennent de fr.wikisource.org et sont dans le domaine public ; le plus tardif l'est depuis 2022.