Une liste organisée, jamais une liste alphabétique
Les mots invariables s'apprennent par cœur : sur ce point, tout le monde est d'accord. Le programme de français du cycle 2 ajoute une précision qui change tout — il demande un « corpus organisé de mots invariables », et il donne les deux façons de l'organiser : par « listes analogiques » et par « listes thématiques ».
Une liste analogique regroupe les mots qui se ressemblent : tôt, bientôt, aussitôt, plutôt. Une liste thématique regroupe les mots d'un même domaine : ici, là-bas, loin, près. Dans les deux cas, l'élève retient un groupe plutôt que des mots isolés, et il retient mieux.
Ces cinq fiches suivent cette organisation. La première range les mots par famille de forme, la deuxième et la troisième par thème — l'espace, le temps —, la quatrième applique les trois méthodes que le programme cite, la cinquième fait employer les mots puis les écrire sous la dictée.
Une quarantaine de mots au total. Aucun n'est donné en vrac, et aucune fiche ne demande de reconnaître un mot invariable dans une phrase : ce n'est pas ce que le CE1 doit savoir faire.
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Les familles de mots
tôt, bientôt, aussitôt, plutôt — et deux autres familles à ranger.
Huit mots à ranger en deux familles selon le morceau qu'ils ont en commun : la famille de « tôt » et la famille de « au ». La première est celle que le programme donne lui-même en exemple de liste analogique.
Un mot appartient aux deux familles : aussitôt. C'est un défaut apparent du classement, et c'est en réalité ce qui aide à le retenir — il est fait de deux morceaux déjà connus.
Vient ensuite la famille de « de » : dedans, dessus, dessous, devant, derrière, dehors. Six mots, un même début, et deux qui prennent deux s. La fiche demande pourquoi, et la réponse relève du chapitre sur la lettre s : le s y est entre deux voyelles et se prononce [s].
Fiche à donner en premier : elle installe le principe des quatre autres.
- La famille de « tôt »
- La famille de « au »
- La famille de « de »
- L'accent circonflexe
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Les mots qui disent où
Cinq paires de contraires, une liste de douze mots, trois phrases à compléter.
Le programme cite ici, là-bas, loin et près comme exemple de liste thématique. Cette fiche part de là et organise les mots de l'espace par paires de contraires : devant et derrière, dessus et dessous, dedans et dehors, loin et près, ici et là-bas.
Apprendre par paires de contraires est une manière d'organiser le corpus, et elle a un avantage : chaque mot en rappelle un autre. Six des dix mots commencent par « de » — la liste thématique et la liste analogique se recoupent, ce qui fait deux prises sur les mêmes mots.
La fiche donne ensuite les douze mots à connaître, à apprendre par groupes de quatre, puis trois phrases à compléter. La dernière question porte sur le trait d'union de là-bas, qui se perd aussi souvent que les accents.
Quatre mots par jour valent mieux que douze en une fois.
- Cinq paires de contraires
- Douze mots de l'espace
- Le trait d'union
- Compléter des phrases
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Les mots qui disent quand
Deux sortes de mots du temps, six phrases à choix, et les mots du récit.
Huit mots du temps à trier, mais pas au hasard : certains disent QUAND cela se passe — hier, demain, aujourd'hui, bientôt —, d'autres disent COMBIEN DE FOIS — toujours, souvent, jamais, parfois. Le tri donne du sens à la liste ; sans lui, ce sont huit mots à retenir au hasard.
Vient un QCM de six phrases où le mot du temps s'accorde avec le temps du verbe. « Demain, il fera beau » et « Aujourd'hui, nous sommes lundi » se ressemblent, mais le verbe change et c'est lui qui décide. C'est une observation, pas encore une règle à apprendre.
La fiche se termine sur les quatre mots qui rangent un récit : d'abord, ensuite, puis, enfin. L'élève raconte sa matinée en trois phrases — employer le mot le fixe mieux que le recopier.
Ensuite et puis sont interchangeables ; d'abord vient toujours en premier, enfin toujours en dernier.
- Quand ou combien de fois
- Le mot et le temps du verbe
- Les mots du récit
- Raconter sa matinée
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Copier, cacher, écrire
Les trois pratiques que le programme nomme, appliquées à douze mots difficiles.
Le programme énumère les pratiques de mémorisation : « épellation, copie, mise en mémoire ». Cette fiche les met en colonnes. L'élève lit le mot, l'épelle à voix haute, le copie, puis cache les deux premières colonnes et l'écrit de mémoire.
La troisième colonne est celle qui compte. Copier un mot ne prouve pas qu'on le sait ; on ne le sait que si l'on peut l'écrire sans le voir. C'est la différence entre la copie et la mise en mémoire, que le programme cite comme deux pratiques distinctes.
Douze mots au total, choisis pour leur lettre muette : le p de beaucoup, le s de toujours, le t de maintenant, de pendant et de souvent, l'apostrophe d'aujourd'hui. Un moyen de retenir le s de toujours est donné : penser à « tous les jours ».
Trois copies d'élèves sont ensuite à corriger — « aujourdhui » sans apostrophe, « toujour » sans s.
Une lettre muette ne peut pas s'entendre : elle s'apprend par l'œil et par la main.
- Épeler, copier, mémoriser
- Cacher avant d'écrire
- Les lettres muettes
- Trois copies à corriger
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Employer les mots, puis les écrire
Huit phrases à compléter, dix mots et deux phrases sous la dictée.
Huit phrases à compléter avec les mots des quatre fiches précédentes. Plusieurs réponses sont parfois possibles : ce qui compte est que la phrase ait du sens et que le mot soit correctement écrit. C'est l'orthographe que la fiche évalue, pas le choix du mot.
Deux phrases commencent par un mot invariable — Demain, Autrefois — et prennent donc une majuscule. La fiche le fait remarquer : la majuscule ne change pas le mot, elle marque seulement le début de la phrase.
Viennent enfin dix mots et deux phrases sous la dictée. Ils ne figurent pas sur la feuille de l'élève : ils sont sur celle de l'adulte, et nulle part ailleurs. Tous ont été appris dans les fiches précédentes — la dictée ne demande rien de neuf.
Fiche à donner en dernier : elle ne contient que des mots déjà travaillés.
- Huit phrases à compléter
- La majuscule en début de phrase
- Dix mots dictés
- Deux phrases
Compétences travaillées
-
Ranger par famille de forme
Regrouper les mots qui partagent un morceau — tôt, bientôt, aussitôt, plutôt — et retenir le groupe plutôt que les mots un par un.
-
Ranger par thème
Les mots qui disent où, ceux qui disent quand, et les paires de contraires qui se rappellent l'une l'autre.
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Copier, cacher, écrire
Les trois pratiques que le programme cite : épellation, copie, mise en mémoire — la troisième étant la seule qui prouve quelque chose.
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Employer, puis écrire sous la dictée
Placer les mots dans des phrases, puis les écrire sans modèle : dix mots et deux phrases.
Pourquoi ces fiches ne définissent pas « mot invariable »
C'est la première phrase de presque toutes les fiches de CE1 sur ce sujet : « un mot invariable ne change jamais, ni au masculin, ni au féminin, ni au pluriel ». Elle est juste. Elle n'est pas au programme du CE1.
Dans le programme de français du cycle 2, le CE1 doit « mémoriser et restituer un corpus organisé de mots invariables ». C'est une tâche de mémoire. La notion elle-même apparaît un an plus tard : au CE2, l'élève « observe la différence entre les mots variables et invariables et découvre la classe grammaticale de l'adverbe ».
La conséquence est pratique. Aucune de ces fiches ne demande de repérer les mots invariables dans une phrase, ni n'emploie le mot « adverbe ». Ce sont de bons exercices — au CE2. Au CE1, ils remplacent le travail attendu par un autre, plus abstrait, et laissent l'élève avec moins de mots appris.
Ce que veut dire « corpus organisé »
Le programme n'écrit pas « liste de mots », il écrit « corpus organisé ». Et il précise comment l'organiser, avec des exemples : « listes analogiques : tôt/aussitôt/plutôt » et « listes thématiques, vocabulaire spatial : ici/là-bas/loin/près ».
La différence est mesurable pour un enfant. Une liste alphabétique de quarante mots n'offre aucune prise : chaque mot y est seul. Rangés par familles de quatre, les mêmes quarante mots deviennent dix groupes, et chaque mot en rappelle trois autres.
Certains mots appartiennent à deux organisations à la fois — dessus et dessous sont à la fois de la famille de « de » et du thème de l'espace. C'est un avantage, pas une confusion : deux prises valent mieux qu'une.
La vraie difficulté : les lettres qu'on n'entend pas
Un élève de CE1 qui écrit « toujour » n'a pas mal entendu : il a entendu exactement ce qui se prononce. Le s de toujours ne s'entend pas, pas plus que le t de maintenant, le p de beaucoup ou le d de quand.
C'est pourquoi ces mots ne peuvent pas s'apprendre à l'oreille, et pourquoi la méthode « copier, cacher, écrire » leur convient mieux que la simple répétition. La main et l'œil font le travail que l'oreille ne peut pas faire.
Les moyens de mémorisation aident, à condition d'être honnêtes sur ce qu'ils sont. Penser à « tous les jours » pour retenir le s de toujours n'explique pas l'histoire du mot ; cela n'empêche pas que ça marche.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur l'annexe 3 de l'arrêté du 22 octobre 2024 — programme de français du cycle 2 —, publiée au Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024 et en vigueur depuis la rentrée 2025. Le partage entre CE1 et CE2 a été vérifié dans le texte : le CE1 mémorise un corpus organisé de mots invariables, le CE2 observe la différence entre mots variables et invariables et découvre l'adverbe. Les fiches s'en tiennent au premier. Les deux principes d'organisation — listes analogiques, listes thématiques — et les trois méthodes de mémorisation — épellation, copie, mise en mémoire — sont ceux que le texte énumère. Les textes de dictée ne figurent que sur les fiches de l'adulte.