On classe d'abord, on apprend la règle ensuite
Le programme de français du cycle 2 nomme lui-même la méthode : « classer par analogie et mémoriser les mots les plus fréquents comportant des graphèmes à prononciation variable ». Classer d'abord. La règle vient après, et elle vient de l'élève.
C'est pourquoi la première fiche ne commence pas par un encadré à retenir. Elle donne dix mots à ranger en deux colonnes selon le bruit que fait la lettre s, puis deux questions : combien de s dans la colonne de gauche ? et dans celle de droite ? La règle tombe toute seule, et elle tient mieux qu'une règle recopiée.
Les fiches suivantes exploitent ce classement : distinguer les mots qui ne diffèrent que par un s, choisir entre s et ss en écrivant, étendre le raisonnement aux deux autres lettres à prononciation variable, puis écrire sous la dictée.
Un mot sur le niveau. Le titre de cette page annonce CE1, CE2 et CM1. Dans le programme, la valeur sonore des lettres s, c et g apparaît au CP, se systématise au CE1 par le classement analogique, et cède la place au CE2 à un travail sur les radicaux, les préfixes et les suffixes. Ces fiches sont donc calibrées pour le CE1 — utilisables en remédiation au-delà, mais c'est là qu'elles sont à leur place.
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Classer les mots par analogie
Dix mots à ranger en deux colonnes, et la règle que l'élève en tire.
Dix mots à lire à voix haute et à ranger selon le bruit que fait la lettre s : maison, poisson, rose, tasse, chemise, classe, oiseau, dessin, cousin, coussin. Cinq d'un côté, cinq de l'autre.
Deux questions suivent, et ce sont elles qui font le travail : combien y a-t-il de s dans les mots de la colonne de gauche ? et dans ceux de droite ? L'élève constate — un seul à gauche, deux à droite — et écrit la règle lui-même à l'exercice suivant.
Le troisième exercice ferme la porte à l'erreur inverse. Dans soleil, danser, valse, personne et sac, le s fait bien le bruit [s], et pourtant un seul s suffit : il n'est pas entre deux voyelles. La question du s ou du ss ne se pose que là.
Fiche à donner en premier : les quatre suivantes s'appuient sur ce classement.
- Ranger avant de comprendre
- Un s ou deux s
- La règle trouvée seul
- Quand la question ne se pose pas
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Poisson ou poison ?
Quatre paires de mots qui ne diffèrent que par un s, et le sens qui bascule.
Huit mots, quatre paires : poisson et poison, coussin et cousin, dessert et désert, basse et base. Dans chaque paire, seul le nombre de s change — et le mot veut dire autre chose.
La paire poisson / poison n'est pas choisie pour amuser : c'est celle que le programme cite lui-même, dès le CP, comme exemple d'un élève qui « commence à prendre en compte l'environnement des lettres ».
L'élève relie d'abord chaque mot à sa définition, puis choisit le mot qui convient dans six phrases. Le mot désert revient dans deux phrases différentes : rencontrer un mot dans deux contextes vaut mieux que le voir deux fois dans le même.
La dernière question demande d'inventer une phrase : employer le mot fixe mieux que le reconnaître.
- Quatre paires trompeuses
- La paire du programme
- Choisir dans la phrase
- Employer le mot
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Écrire : un s ou deux s ?
Douze mots à compléter, trois copies à corriger, deux séries à écrire sans modèle.
Douze mots à compléter, six qui prennent un seul s et six qui en prennent deux. La liste est équilibrée exprès : on ne peut pas la réussir en cochant toujours pareil. Elle se termine sur deux mots homophones à distinguer par ce qui est écrit entre parenthèses — un coussin pour dormir, un cousin fils de ma tante.
Viennent ensuite trois copies d'élèves à corriger. L'une écrit « le poison nage dans le bocal », l'autre « je dessine une rosse rouge ». Les deux erreurs sont inverses : l'une oublie un s, l'autre en ajoute un.
La fiche se termine par deux séries de quatre mots à écrire sous la dictée. Les mots ne figurent pas sur la feuille de l'élève — ils sont sur celle de l'adulte.
Faire lire chaque mot à voix haute avant de choisir : c'est l'oreille qui tranche.
- Douze mots à trous
- Six et six
- Trois copies à corriger
- Écrire sans modèle
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Trois lettres, deux bruits chacune
Le programme demande s, c et g ensemble : voici les deux autres.
L'objectif du CE1 ne parle pas du seul s. Il dit : « s prononcé –ss ou –z, c prononcé –ss ou –k, g prononcé –j ou –g ». Trois lettres, deux valeurs chacune, et un seul geste — regarder ce qui entoure la lettre.
Un tableau à six lignes réunit les trois cas, avec des cases à compléter. Puis un classement de huit mots selon le bruit du g : garder, girafe, gorille, gendarme, gamin, geste, élégant, agiter. Ces huit mots sont ceux que le programme donne lui-même en exemple.
La fiche se termine sur la lettre c et sur la cédille : pourquoi garçon en porte une, et pourquoi on n'en met jamais devant e, i ou y.
Les huit mots du classement en g sont ceux que le programme cite en exemple de réussite.
- s, c et g
- Le tableau des six cas
- Le corpus du programme
- La cédille
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Dictée et relecture
Douze mots à mémoriser, trois phrases à écrire, et un tableau pour se relire.
Douze mots à apprendre, groupés par paires : maison et poisson, rose et tasse, cousin et coussin. Les apprendre par paires fixe la différence mieux que de les apprendre séparément — c'est encore de l'analogie.
Trois phrases sont ensuite dictées. Elles ne figurent pas sur la feuille de l'élève. La deuxième contient le piège du chapitre : « Le poisson rouge tourne dans son bocal » — un seul s en ferait un poison.
La fiche se termine par un tableau de relecture, vide à dessein. L'élève y reporte ses propres mots : celui qu'il a écrit, le bruit qu'il entend, et le nombre de s que cela impose. Si les deux dernières colonnes ne s'accordent pas, il y a une erreur à corriger.
Le tableau de relecture se réutilise après n'importe quelle dictée de l'année.
- Douze mots par paires
- Trois phrases dictées
- Se relire seul
- Le tableau réutilisable
Compétences travaillées
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Classer par analogie
Ranger des mots selon le bruit que fait la lettre s, puis observer ce que les mots d'une même colonne ont en commun.
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Entre deux voyelles
Un s se lit [z], deux s se lisent [s] — et la question ne se pose que lorsque le s est entre deux voyelles.
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Les mots qui ne diffèrent que par un s
Poisson et poison, coussin et cousin, dessert et désert, basse et base : reconnaître le bon mot dans une phrase.
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Les trois lettres à deux bruits
Étendre le raisonnement au c et au g, comme le programme le demande : c'est la lettre qui suit qui commande.
La règle marche-t-elle « à tous les coups » ?
Non, et il vaut mieux le dire. « Entre deux voyelles, un s se lit [z] » est vrai pour les mots simples, c'est-à-dire pour l'immense majorité de ce qu'un élève de CE1 rencontre.
Elle tombe en défaut sur les mots soudés à partir de deux mots : dans parasol, tournesol ou vraisemblable, le s est bien entre deux voyelles et se lit pourtant [s]. La raison est que ces mots ont été formés en collant deux mots dont le second commençait par un s — para + sol, tourne + sol, vrai + semblable —, et le s a gardé son bruit d'origine.
Aucun de ces mots n'est demandé dans ces fiches. Mais un enfant les rencontrera, et il vaut mieux qu'un adulte sache quoi répondre plutôt que de défendre une règle sans exception. La fiche de l'adulte porte cette précision.
Pourquoi les fiches parlent aussi du c et du g
Parce que le programme le demande dans la même phrase. L'objectif du CE1 est de « classer par analogie et mémoriser les mots les plus fréquents comportant des graphèmes à prononciation variable : s prononcé –ss ou –z, c prononcé –ss ou –k, g prononcé –j ou –g ».
Traiter le s seul, c'est couvrir un tiers de l'objectif. Et c'est se priver du plus utile : les trois lettres relèvent du même geste mental — regarder ce qui entoure la lettre avant de décider comment elle se lit. Un élève qui a compris cela pour le s le transpose au g en quelques minutes.
Le classement des mots en g de la quatrième fiche reprend exactement le corpus du programme : garder, gai, gorille, gamin, élégant d'un côté ; girafe, gendarme, geste, agiter, gentiment de l'autre.
Pourquoi la dictée n'est pas imprimée sur la feuille de l'élève
Cela paraît évident, et pourtant beaucoup de fiches à imprimer donnent le texte de la dictée sur la même feuille que les lignes à remplir. L'exercice devient alors une copie.
Sur ces fiches, la feuille de l'élève ne porte que les lignes. Les mots et les phrases à dicter sont sur la feuille de l'adulte, et nulle part ailleurs. Un contrôle automatique l'impose : la réponse d'une question ne doit jamais figurer dans son énoncé, sous peine de refus de production. C'est lui qui a fait restructurer ces deux exercices — leur première version imprimait bel et bien les phrases de la dictée sur la feuille de l'élève.
Le programme accorde à la dictée une place considérable au cycle 2 — elle y est mentionnée près de quarante fois. Elle mérite d'être faite pour ce qu'elle est.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur l'annexe 3 de l'arrêté du 22 octobre 2024 — programme de français du cycle 2 —, publiée au Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024 et en vigueur depuis la rentrée 2025. Objectif et corpus relevés dans la partie « Cours élémentaire première année — Mémoriser l'orthographe des mots ». La méthode retenue est celle que le texte nomme : classer par analogie avant d'énoncer la règle. Les huit mots du classement en g sont ceux que le programme donne en exemple de réussite. Les textes de dictée ne figurent que sur les fiches de l'adulte : le contrôle d'étanchéité, qui interdit qu'une réponse apparaisse dans son énoncé, a bloqué la première version et fait restructurer les deux exercices concernés.