Chercher la leçon là où elle est
Le programme de 2025 demande au cours moyen de comprendre les valeurs morales portées par les personnages et de s'interroger sur les conséquences de leurs actions. C'est l'une des six entrées de culture littéraire du cycle.
Aucun article de ce site ne la traitait : le mot « morale » n'apparaissait pas une seule fois dans les fiches de lecture et de poésie du cycle 3.
Ces cinq fiches la traitent sur cinq fables de La Fontaine, choisies pour une raison précise : chacune place sa leçon autrement. On apprend ainsi à la chercher, au lieu de supposer qu'elle est toujours au dernier vers.
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Fiche 1 — quand la morale ouvre la fable
Certaines fables de La Fontaine disent leur leçon avant de raconter quoi que ce soit. Le récit vient ensuite la prouver.
La première fiche prend « Le Loup et la Cigogne », dont le tout premier vers est déjà la leçon : « Les loups mangent gloutonnement. » Rien n'est encore raconté, et l'histoire qui suit ne fera que le montrer.
L'exercice 1 donne cinq moments du récit dans le désordre, et demande à quel vers chacun se lit. Ce n'est pas un exercice de mémoire : les vers sont numérotés dans la marge du texte, et la réponse se trouve en cherchant les mots.
L'exercice 2 fait ranger quatre vers en deux colonnes — ceux qui racontent, celui qui énonce la leçon. Le tri écarte soigneusement les vers que le tableau fait chercher, pour que l'un ne donne pas les réponses de l'autre.
Le dernier exercice demande à quel vers la morale est écrite, de la recopier, et de dire qui la prononce.
Le texte est celui de l'édition de 1874, et la fiche en cite la page.
- Un tableau
- Un tri
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Fiche 2 — quand la morale ferme la fable
Ici, l’histoire est racontée d’abord. La leçon n’arrive qu’après, et elle parle de nous.
« La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf » fait l'inverse : elle raconte d'abord, et n'énonce sa leçon qu'aux quatre derniers vers. La leçon, alors, ne parle plus de la grenouille mais de nous — « le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages ».
L'exercice 1 fait ranger six vers en deux colonnes, puis recopier ceux de la leçon. Recopier n'est pas une corvée : c'est ce qui oblige à délimiter la morale exactement, et non à la désigner du doigt.
L'exercice 2 relie cinq mots du XVIIe siècle à leur sens — « Nenni », « chétive pécore », « creva ». La légende de cette fiche ne les donne pas : un document ne porte pas la réponse de sa propre fiche.
Le dernier exercice fait dire de qui la leçon parle, ce que l'action de la grenouille entraine, et sur combien de vers la leçon s'étend.
Les mots difficiles sont expliqués sur les quatre autres fiches, où ils ne sont pas demandés.
- Un tri
- Une association
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Fiche 3 — quand un personnage prononce la morale
Ce n’est pas toujours celui qui raconte qui donne la leçon. Ici, c’est le renard — et il la donne en emportant le fromage.
« Le Corbeau et le Renard » est le cas que l'on oublie : sa morale n'est pas dite par celui qui raconte, mais par le renard, aux vers 14 à 16 — et deux vers de récit la suivent encore. Elle n'est donc ni au début, ni à la fin : elle est là où ce personnage parle.
L'exercice 1 relie cinq mots à leur sens, dont « ramage » et « plumage », les deux mots que le renard rapproche pour flatter le corbeau.
L'exercice 2 est une chasse à l'erreur : cinq élèves ont raconté la fable, trois ont échangé les deux personnages. Ni les phrases fautives ni leurs corrections ne sont écrites à la main — la fausse copie est produite en remplaçant l'acteur par l'autre personnage, et la correction est la phrase d'origine.
Le dernier exercice porte sur la flatterie, sur ce que le geste du corbeau entraine, et sur le locuteur de la morale.
La couverture marque cette morale d'un filet vertical, la marque de la parole rapportée.
- Une association
- Une chasse à l'erreur
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Fiche 4 — la fable qui n’écrit pas sa morale
Celle-ci s’arrête sur une phrase de la fourmi. La leçon, elle, n’est écrite nulle part : c’est au lecteur de la trouver.
« La Cigale et la Fourmi » n'écrit pas sa leçon. Elle s'arrête sur une réplique de la fourmi — « Eh bien ! dansez maintenant. » — et laisse le lecteur conclure. C'est le cinquième cas, et il est aussi instructif que les quatre autres.
L'exercice 1 est une chasse à l'erreur sur cinq copies, dont trois échangent la cigale et la fourmi.
L'exercice 2 est un QCM de trois questions : où la morale est écrite, qui la prononce, combien de vers compte la fable. Les mauvaises réponses ne sont pas inventées : ce sont les autres cas réels du chapitre, et c'est entre eux que l'élève tranche.
Le dernier exercice demande ce que le chant de la cigale entraine, si la fable écrit sa leçon, et qui prononce son dernier vers.
Le texte de cette fable est le même que celui du recueil de poèmes déjà publié sur ce site.
- Une chasse à l'erreur
- Un QCM
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Fiche 5 — quand la morale est dite deux fois
Cette fable annonce sa leçon au premier vers, puis la redit à la fin, autrement. Deux fois la même chose, en d’autres mots.
« La Poule aux œufs d'or » annonce sa leçon au premier vers — « L'avarice perd tout en voulant tout gagner » — puis la redit aux quatre derniers, autrement : « Belle leçon pour les gens chiches ! » Deux fois la même chose, en d'autres mots, et le récit tient au milieu.
L'exercice 1 est un QCM de trois questions, suivi de la recopie du premier vers.
L'exercice 2 fait retrouver dans le texte cinq moments donnés dans le désordre. Deux d'entre eux tiennent sur le même vers — « Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable » —, et c'est pourquoi le moteur range les moments par leur place en caractères, non par leur vers.
Le dernier exercice fait dire si le premier vers raconte quelque chose, ordonner deux moments, et trouver où la seconde leçon commence.
Aucune question ne demande ce que l'élève pense de l'avarice.
- Un QCM
- Un tableau
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Compétences travaillées
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Cinq places pour la leçon
Au début, à la fin, aux deux bouts, dans la bouche d'un personnage, ou nulle part.
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Qui parle
Le narrateur, ou un personnage — et cela change où la morale se trouve.
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Revenir au texte
Chaque vers porte son numéro : une réponse se justifie en le citant.
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Une action, une suite
Ce qui s'ensuit est écrit après ce qui l'a causé, et cela se vérifie.
La morale n'est pas toujours à la fin
On apprend souvent qu'une fable raconte une histoire, puis en tire la leçon. C'est vrai d'un grand nombre d'entre elles, et faux de beaucoup d'autres — La Fontaine s'en amuse.
Elle peut ouvrir la fable, et le récit vient alors la prouver : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » Elle peut la fermer. Elle peut être dite deux fois, au début et à la fin, en d'autres mots. Elle peut sortir de la bouche d'un personnage, et se placer alors au milieu du récit, là où ce personnage parle. Elle peut enfin n'être pas écrite du tout.
Cinq cas, donc, et le chapitre les montre tous les cinq. Savoir où chercher la leçon d'un texte est une compétence de lecture avant d'être une connaissance sur les fables.
Une conséquence a un lieu dans le texte
Le programme demande de « s'interroger sur les conséquences des actions » des personnages. Cela peut se discuter à l'infini, ou se vérifier : dans un récit, ce qui s'ensuit est écrit après ce qui l'a causé.
Chaque fiche pose donc la question sur deux endroits précis du poème. Le corbeau ouvre le bec pour montrer sa belle voix au vers 11, et lâche son fromage au vers 12 ; les fils du laboureur retournent le champ au vers 13, et le champ rapporte davantage au vers 15. L'élève ne devine pas : il revient au texte et lit les numéros dans la marge.
C'est aussi ce que dessine la couverture des évaluations : cinq axes, cinq flèches, toutes dans le même sens.
Méthode et vérification
Le texte des dix fables n'est pas retapé : il est découpé dans l'édition Bernardin-Béchet de 1874, rapatriée de Wikisource, et chaque fiche cite sa page. C'est la même édition que le recueil de poèmes déjà publié sur ce site, et un contrôle exige que « La Cigale et la Fourmi », présente des deux côtés, y soit identique vers pour vers. Tout le reste est calculé depuis ce texte. La position de la morale est déduite de la place des vers qu'elle occupe et de son locuteur : celle du narrateur ouvre la fable, la ferme ou fait les deux ; celle d'un personnage se place là où ce personnage parle. L'ordre du récit vient de la position des ancres dans le texte, en caractères, et non de l'ordre où les moments ont été écrits. Les copies fautives des chasses à l'erreur sont produites en échangeant les deux personnages de la fable, la correction étant la phrase d'origine : elles ne peuvent donc pas se contredire. Et l'échange n'est permis qu'entre deux personnages de même genre et de même nombre, sans quoi un accord resté dans la phrase dénoncerait la faute avant qu'on l'ait lue.