Ce que ces fiches demandent
Lire deux extraits de la pièce — la fausse réconciliation de l'acte I et le moment où Sganarelle commence à se croire médecin ; compléter huit cellules de tableau, quatre sur ce que chacun entend et quatre sur ce que la didascalie montre ; ranger quatorze étiquettes — six faits entre ce qu'on croit et ce qu'on a vu, huit entre les buts et les moyens ; compléter douze feuilles de deux cartes mentales ; et répondre à quinze questions rédigées sur ce que le spectateur sait de plus.
Chaque fiche porte un rappel de quatre lignes, deux exercices avec schéma et un exercice de questions rédigées.
Deux pages A4 par fiche, en noir et blanc, corrigé séparé, barème détaillé.
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Fiche 1 — ce qu’on dit tout haut, ce qu’on dit à part
La scène de réconciliation de l’acte I, où Martine feint de pardonner, et le partage de ce que chacun entend.
La pièce commence par une querelle de ménage, et la première ruse nait d’un pardon qui n’en est pas un.
L’extrait est découpé dans l’acte I, entre deux repères, et modernisé par la table du chapitre : l’édition de 1910 écrit « étoit » et « paroît », la fiche imprime l’orthographe d’aujourd’hui, et il n’y a qu’une seule saisie du texte.
Le tableau qui suit partage quatre répliques selon qui les entend. Une seule n’est entendue que du public : c’est l’aparté, et le texte l’indique par « bas, à part ».
Les trois questions rédigées font mesurer l’avance que ce partage donne au spectateur, et ce que deviendrait la pièce si Martine parlait tout haut.
C’est la seule fiche de l’article dont les deux moitiés portent sur la même scène : l’extrait donne à lire, le tableau fait relire la même réplique en se demandant qui l’entend. Ailleurs, chaque exercice apporte un matériau neuf.
Sganarelle croit la querelle finie ; le spectateur, non.
- Lire la fausse réconciliation
- Qui entend quoi
- Ce que le spectateur sait de plus
2 sur 5
Fiche 2 — les mots disent, le geste montre
La scène où Géronte paie Sganarelle : quatre répliques, quatre gestes qui les démentent, et la carte de l’artifice et de la vérité.
Une pièce ne se lit pas comme un récit : une partie de ce qui s’y passe est écrite entre les répliques, et n’est pas dite sur scène.
La scène où Géronte paie Sganarelle en donne l’exemple le plus net. Quatre refus polis, une déclaration de désintéressement — et, en face, une main tendue par-derrière puis des pièces que l’on pèse.
Le tableau met les deux sources côte à côte. C’est le seul exercice de l’article où la réponse ne se trouve pas dans les répliques : elle se trouve dans ce que le texte fait FAIRE aux acteurs.
La carte mentale range ensuite les deux séries sous les deux mots du programme : les mots sont l’artifice, le geste est la vérité.
Sans les didascalies, on lirait quatre refus polis.
- Quatre répliques, quatre gestes
- La carte de l’artifice et de la vérité
- Croire les mots ou croire les yeux
3 sur 5
Fiche 3 — les trois tensions
La carte des trois couples de mots que le programme nomme, puis six faits de la pièce à ranger entre ce qu’on croit et ce qu’on a vu.
Le programme nomme trois couples de mots, et l’article d’évaluation n’en nommait qu’un. Cette fiche prend les trois.
La carte porte les trois branches, dans l’ordre où le texte les écrit — un contrôle confronte chaque titre de branche à la phrase du programme, en ignorant l’apostrophe et l’accent : le module du chapitre écrit « le paraître », le texte de 2025 « le paraitre ».
Six faits de la pièce sont ensuite à ranger entre ce que les personnages croient et ce que le spectateur a vu. Aucun ne porte le mot de sa colonne.
Les trois questions rédigées font nommer la tension en jeu dans deux situations précises, puis expliquer pourquoi les trois couples ne se confondent pas.
L’illusion est dans la tête ; l’artifice est fabriqué exprès.
- La carte des trois tensions
- Ce qu’on croit, ce qu’on a vu
- Distinguer les trois
4 sur 5
Fiche 4 — ce que chacun veut
Ce que chaque personnage cherche à obtenir et ce qu’il est prêt à faire pour cela, puis les deux valeurs qui s’affrontent à l’acte II.
« Les valeurs qui sous-tendent l’action » : la phrase du programme le dit ainsi, et le mot « valeurs » ne figurait nulle part sur le site pour ce chapitre.
Le tri sépare, pour les quatre ruses, ce que le personnage veut obtenir et le moyen qu’il emploie. Les huit étiquettes ne sont pas réécrites : elles viennent des champs que le module du chapitre déclare pour chaque ruse.
Deux répliques de l’acte II se répondent ensuite. Géronte écarte Léandre parce qu’il « n’a pas du bien » ; Jacqueline lui oppose que « contentement passe richesse ». Ce sont deux valeurs, et la pièce finira par trancher.
Les trois dernières questions font remarquer que toutes les ruses ne se valent pas, et que celle qui l’emporte est celle du sentiment.
Se venger, sauver sa peau, se choisir : trois raisons de ruser.
- Le but, et le moyen
- Deux phrases, deux valeurs
- Juger les ruses
5 sur 5
Fiche 5 — de qui rit-on
Les trois raisons de rire de la pièce, puis la scène où Sganarelle, à force d’être battu, commence à se croire médecin.
Le programme parle du « ressort dramatique et comique que constitue la ruse » : c’est la ruse qui fait rire, non les coups de bâton.
Trois raisons de rire sont données en repère, et les deux premières questions demandent d’en trouver un exemple dans la pièce — puis d’identifier celle qui vaut pour Martine à la fin.
Le second extrait montre Sganarelle, battu, se demander s’il n’est pas devenu médecin sans s’en apercevoir. Le spectateur, lui, a vu Martine monter la ruse : il sait que non, et c’est ce décalage qui fait rire.
Un contrôle vérifie que les quatre ruses de la pièce sont bien déclarées vues du spectateur — sans cette avance, la fiche affirmerait un comique que la pièce ne produirait pas.
Une ruse cachée au public ne fait pas rire : elle surprend.
- Trois raisons de rire
- Le dupé commence à douter
- Ce qui fait rire, et ce qui ne suffit pas
Compétences travaillées
-
Trois tensions, pas une
L’illusion et le réel, l’artifice et la vérité, l’être et le paraitre. Le programme les nomme toutes les trois.
-
La didascalie est vue, pas dite
Quand la réplique et le geste se contredisent, c’est le geste qui dit vrai — et c’est de là que vient le rire.
-
Le spectateur en sait plus
Chaque ruse est montrée au public avant de produire son effet. Sans cette avance, il serait surpris au lieu d’être complice.
-
Une ruse se juge à ce qu’elle sert
Se venger, sauver sa peau, ou se choisir l’un l’autre : ce ne sont pas les mêmes valeurs.
Deux tensions que le site ne nommait pas
La phrase du programme en nomme trois : l’illusion et le réel, l’artifice et la vérité, l’être et le paraitre. Mesuré sur les 9 897 caractères de l’article d’évaluation du chapitre : « illusion » compte zéro occurrence, « artifice » zéro, « valeurs » zéro. Seul « paraitre » y figure, trois fois.
Ces trois couples ne disent pourtant pas la même chose. L’illusion est dans la tête de celui qui se trompe ; l’artifice est fabriqué exprès par celui qui trompe ; le paraitre est ce que l’on donne à voir. Ce n’est pas le même point de vue, et la troisième fiche le fait distinguer.
Quant aux « valeurs qui sous-tendent l’action » — que la phrase du programme cite explicitement —, la quatrième fiche les prend là où la pièce les met : à l’acte II, quand Géronte écarte Léandre parce qu’il « n’a pas du bien » et que Jacqueline lui répond que « contentement passe richesse ».
Ce que la didascalie montre
Une pièce ne se lit pas comme un récit : une partie de ce qui s’y passe est écrite entre les répliques, pour dire ce que les acteurs font. Ces indications ne sont pas dites sur scène — elles sont vues.
La scène où Géronte paie Sganarelle en donne l’exemple le plus net. Le faux médecin refuse quatre fois, se déclare désintéressé, dit n’être pas « un médecin mercenaire ». Et la didascalie, elle, le montre tendant la main derrière lui, puis pesant les pièces.
Le fait vit donc dans deux champs à la fois, et la réplique seule le donnerait pour sincère. C’est ce décalage que la deuxième fiche fait relever ligne à ligne.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme de français du cycle 3 fixé par l'arrêté du 10 avril 2025, en vigueur en sixième depuis la rentrée 2025. CINQ FICHES DE VINGT POINTS, en noir et blanc, corrigés séparés. RIEN N'EST RECOPIÉ DE LA PIÈCE : les QUATRE citations et les deux passages sont CHERCHÉS dans le texte des actes avant production, et leur orthographe moderne est CALCULÉE par une table de substitutions nommées — l'édition de 1910 écrit « étoit », « paroît », « savois ». Une seconde saisie de la même phrase aurait fini par diverger de la première. AUCUNE CITATION N'EST PARTAGÉE AVEC L'ÉVALUATION, ni aucun passage, et un contrôle le mesure sur son module. LES TROIS TENSIONS DE LA CARTE SONT CELLES DU PROGRAMME, dans l'ordre où il les nomme : un contrôle confronte chaque couple à la phrase de l'entrée, en ignorant l'apostrophe et l'accent — le module du chapitre écrit « le paraître », le texte de 2025 « le paraitre », en orthographe rectifiée. AUCUN NUMÉRO DE SCÈNE N'EST DONNÉ : il change d'une édition à l'autre, et chaque moment se repère par son acte et par une réplique à retrouver. Les cinq couples de formats sont tous différents entre eux, et aucun n'a servi ailleurs en français de sixième. Total vérifié à 20 points par fiche.
- Programme de français du cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (Bulletin officiel du 17 avril 2025), « Culture littéraire et artistique — Sixième », entrée « Se masquer, jouer, déjouer : ruses en action (théâtre) ». La phrase de l'entrée, citée mot pour mot : « Inviter les élèves à découvrir des ruses en action, c'est leur permettre d'appréhender le rapport complexe qui se noue au théâtre entre l'illusion et le réel, l'artifice et la vérité, l'être et le paraitre. L'élève est conduit à apprécier le ressort dramatique et comique que constitue la ruse, à s'interroger sur les modalités et les enjeux de sa mise en scène, et sur les valeurs qui sous-tendent l'action. » ELLE NOMME TROIS TENSIONS, ET L'ARTICLE D'ÉVALUATION N'EN NOMMAIT QU'UNE : mesuré sur ses 9 897 caractères, « illusion » 0 occurrence, « artifice » 0, « valeurs » 0, « paraitre » 3. LE TEXTE DE LA PIÈCE est celui des Œuvres complètes de Molière établies par Charles Louandre (Charpentier, 1910) — Molière est mort en 1673, l'œuvre est dans le domaine public. HORS DE CETTE ENTRÉE, ET ÉCARTÉ : l'alexandrin (la pièce est en prose), la tragédie, la règle des trois unités et la commedia dell'arte, qu'aucune ligne du programme du cycle 3 ne nomme.