Ce que ces fiches travaillent
Les trois branches de la liberté de conscience et ce que la loi garantit à chacune, la différence entre un principe juridique et une conviction, la finalité de trois règles, la neutralité selon la qualité de la personne, et la limite entre parler de ce qu'on croit et peser sur l'autre.
Aucune religion n'est nommée, et un contrôle automatique le garantit : la loi ne demande pas ce qu'on croit, l'article non plus.
Les cinq couples de formats sont ceux que l'article d'évaluations n'emploie pas.
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Fiche 1 — ce que la liberté de conscience garantit
Trois positions différentes, et exactement les mêmes droits.
Le programme donne trois branches à la liberté de conscience : celle de croire, celle de ne pas croire, celle de changer de croyance ou de religion. Les trois comptent autant.
Le tableau met une personne par branche et pose les mêmes trois questions à chacune. Neuf cases, et le résultat est la fiche entière : les trois lignes sortent identiques. La loi ne distingue pas.
Une colonne échappe pourtant au « oui » automatique. Personne n'a à dire ce qu'il croit : c'est une liberté, pas une déclaration à faire, et c'est le point que les élèves découvrent ici.
La dernière partie leur fait chercher ce qui se passerait si la réponse était obligatoire. On pourrait alors être traité différemment selon elle — et l'égalité que la laïcité garantit disparaitrait.
Les trois lignes sont identiques, et c'est la réponse.
- Neuf cases à remplir
- Trois lignes à cocher
- Une liberté, pas une déclaration
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Fiche 2 — un principe, ou une conviction ?
Ce qui s'impose à tous ne se choisit pas ; ce qui se choisit ne s'impose pas.
Le programme écrit que la laïcité « est un principe juridique et non une opinion », et qu'elle « diffère par conséquent de l'athéisme ou de l'agnosticisme ». La fiche donne les deux questions qui rangent n'importe quoi.
Est-ce que cela s'impose à tous ? Est-ce que cela se choisit ? Ce qui s'impose sans se choisir est un principe juridique ; ce qui se choisit sans s'imposer est une conviction personnelle.
Les deux autres réponses n'existent pas, et le module refuse de les construire. Une conviction qu'on imposerait aux autres ne serait plus une conviction : ce serait une pression — et c'est précisément ce dont l'école protège.
La chasse aux erreurs reprend les deux contresens symétriques : faire de la laïcité l'athéisme de l'État, et lui faire imposer une façon de penser. Elle impose des règles, jamais des convictions.
Deux questions suffisent, et il n'y a que deux cases.
- Trois lignes à cocher
- Trois copies à juger
- Ce que la laïcité impose
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Fiche 3 — un interdit qui protège
Une règle se comprend par ce qu'elle protège, pas par ce qu'elle interdit.
Le programme pose une question précise : « comment un interdit permet leur protection ». C'est l'objet de cette fiche, et le module l'impose — une règle ne peut pas être déclarée sans dire ce qu'elle protège.
Trois règles sont mises côte à côte : la loi de 1905, la loi du 15 mars 2004 et la neutralité des personnels. Chacune interdit quelque chose à quelqu'un de précis, et protège quelque chose de différent.
La chasse aux erreurs porte sur l'étendue de ces règles, là où les élèves se trompent le plus : à qui elles s'appliquent, et jusqu'où. La loi du 15 mars 2004 vise les élèves des établissements publics, pas tout le monde partout.
La dernière partie renverse la question habituelle. Devant un interdit, on ne demande pas d'abord ce qui est interdit, mais ce que cela met à l'abri — et pour qui.
Une règle qui ne protège rien n'est pas une règle.
- Trois copies à juger
- Chaque règle et sa finalité
- Pourquoi un interdit protège
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Fiche 4 — les mêmes murs, deux règles
Ce qui décide n'est pas le lieu, c'est la qualité de la personne.
Voici la fiche qui défait l'erreur la plus tenace du chapitre. Un élève retient volontiers une liste de lieux : à l'école oui, dans la rue non. Ce n'est pas ainsi que la règle fonctionne.
La loi de 1905 pose la neutralité de l'État. Elle oblige donc l'État et ceux qui agissent en son nom — et eux seuls. Dans le même couloir d'un collège public, le professeur est un agent public, l'élève un usager.
Les mêmes murs, deux règles. Le tri met cinq personnes devant cette seule question : agit-elle au nom de l'État ? Un agent d'accueil de mairie tombe du même côté que le professeur, dans un tout autre bâtiment.
L'élève n'échappe pas pour autant à toute règle : c'est la loi du 15 mars 2004 qui le concerne, et la fiche suivante montre ce qu'elle protège.
Une seule question range les cinq : agit-elle au nom de l'État ?
- Trois personnes, trois qualités
- Cinq personnes à ranger
- Le lieu ne décide pas
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Fiche 5 — parler de ce qu'on croit, sans peser sur l'autre
On peut dire ce qu'on croit ; on ne peut pas décider ce que l'autre croit.
La dernière phrase du programme en dit deux à la fois, et elles tiennent ensemble. L'école « crée un espace neutre à l'abri des prosélytismes » ; elle « prépare les élèves à vivre dans une communauté où différentes opinions peuvent s'exprimer et être discutées dans le cadre de la loi ».
Autrement dit : on peut en parler, et on ne peut pas peser. Une seule question sépare les deux, et c'est celle que le tri fait poser six fois — après ce geste, l'autre reste-t-il libre de sa réponse ?
Répondre à qui demande, écouter, poser une question sur ce qu'on ne connait pas : rien de tout cela n'est interdit. Insister, se moquer, écarter quelqu'un : la liberté de l'autre disparait.
Le tableau reprend enfin les trois espaces du programme et fait écrire ce qui s'impose dans chacun. Une seule des trois personnes agit au nom de l'État.
La limite passe là où l'autre n'est plus libre de sa réponse.
- Six gestes à ranger
- Trois espaces
- Parler, et écouter
Compétences travaillées
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Trois branches, les mêmes droits
Savoir que la liberté de conscience est celle de croire, de ne pas croire et de changer — et que la loi garantit la même chose aux trois.
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Un principe, pas une opinion
Distinguer ce qui s'impose à tous et ne se choisit pas de ce qui se choisit et ne s'impose à personne.
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Un interdit qui protège
Comprendre une règle par ce qu'elle protège et non par ce qu'elle interdit, et savoir à qui elle s'applique.
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La qualité, pas le lieu
Savoir pourquoi la neutralité s'impose au professeur et pas à l'élève, dans le même couloir.
Pourquoi aucune religion n'est nommée
C'est le premier choix de cet article, et il n'est pas une précaution : c'est le niveau auquel la loi se place. La laïcité garantit la liberté de conscience « quelles que soient les croyances ou opinions » ; elle ne demande à personne ce qu'il croit.
Les fiches se tiennent donc aux trois branches que le programme énumère — croire, ne pas croire, changer de croyance ou de religion — et un contrôle automatique refuse le moindre nom de religion dans l'article. Les prénoms employés ne renvoient à aucune tradition.
Ce n'est pas contourner le sujet : c'est le traiter là où il se traite. Le premier tableau le montre en trois lignes identiques.
Deux règles dans le même couloir
Le programme demande de mettre en évidence la particularité de l'école « pour les usagers et pour les personnels ». C'est le point que les élèves retiennent le plus mal, parce qu'ils le rangent comme une liste de lieux.
Or ce n'est pas le lieu qui décide. La loi de 1905 pose la neutralité de l'État : elle oblige donc l'État et ceux qui agissent en son nom. Dans un collège public, le professeur y est un agent, l'élève un usager — les mêmes murs, deux règles.
Le module calcule la neutralité depuis la seule qualité, et la particularité de l'école en ressort toute seule, comme une conséquence.
Méthode et vérification
Un choix éditorial commande tout le reste, et il est délibéré : AUCUNE RELIGION N'EST NOMMÉE dans ces fiches, et un contrôle automatique le garantit sur tout ce que l'article imprime. Le programme range la liberté de conscience en trois branches — croire, ne pas croire, changer — et c'est le niveau auquel la loi elle-même se place : elle ne demande pas ce qu'on croit. Les prénoms employés ne se rattachent à aucune tradition. Quatre faits sont ensuite calculés plutôt que rappelés. Ce que la liberté de conscience permet à une personne : la fonction qui le produit N'A AUCUN ACCÈS à sa position, si bien qu'une liberté à deux vitesses est impossible à écrire, et que les trois lignes du premier tableau sortent identiques. La nature d'une chose — principe juridique ou conviction personnelle — depuis deux faits déclarés, s'impose-t-elle à tous et se choisit-elle ; les deux combinaisons impossibles sont refusées à la construction, de sorte qu'on ne peut ni ranger la laïcité parmi les convictions, ni faire d'une conviction une règle. Une règle, justement, ne peut pas être déclarée sans dire ce qu'elle protège : c'est la question même du programme, « comment un interdit permet leur protection ». Enfin la neutralité se calcule depuis la seule qualité de la personne — agent, usager, particulier —, ce qui fait sortir la particularité de l'école comme une conséquence et non comme une exception à retenir. Deux derniers contrôles bornent le chapitre : l'un refuse les notions de quatrième et de troisième, l'autre neuf formules qui font de la laïcité une opinion ou un interdit de croire, tout en laissant passer les phrases qui les nomment pour les réfuter.
- Programme d'enseignement moral et civique du cours préparatoire à la classe terminale, arrêté du 29 mai 2024 (BO nº 24 du 13 juin 2024). Son article 3 l'applique à la classe de sixième à la rentrée de l'année scolaire 2026-2027. Section « Sixième : Apprendre à vivre dans une société démocratique », deuxième partie : « Respecter des règles et en comprendre la finalité : l'exemple de la laïcité à l'École » (5 à 6 heures). Les textes cités sont ceux que le programme nomme : la loi du 9 décembre 1905, la loi du 15 mars 2004 et la Charte de la laïcité à l'École.