Ce que ces fiches font travailler
Situer les repères de l'empire romain ; calculer le siècle d'une date, avant comme après Jésus-Christ ; distinguer ce que Rome apporte de ce qui reste local ; suivre le changement de statut des chrétiens ; et lire les contacts avec la Chine des Han.
Chaque réponse est calculée par le module avant que la fiche ne soit produite : le siècle, la durée, le statut du christianisme à une date, et jusqu'à la position des villes sur les cartes, projetées depuis leurs coordonnées.
Le tout en cinq formats différents, chacun employé exactement deux fois.
1 sur 5
Fiche 1 — de la République à l'Empire
Quatre repères à placer, et quatre siècles à calculer — dont deux avant Jésus-Christ.
Rome n'a pas toujours été un empire. La ville naît d'une légende, devient une république gouvernée par des magistrats élus, et ce n'est qu'après des siècles de conquêtes qu'un seul homme, Auguste, prend le pouvoir pour de bon.
Le programme rappelle que la conquête de la Gaule par César a été abordée « lors de la première année du cycle 3 ». Cette fiche la reprend comme un repère, non comme un chapitre : Alésia y est une date à situer, et le point de départ de l'enchaînement des conquêtes.
Le tableau qui suit fait calculer quatre siècles, deux avant Jésus-Christ et deux après. C'est le geste le plus banal de l'histoire de sixième, et celui qui se rate le plus.
Car avant Jésus-Christ, on compte à rebours : le Ier siècle av. J.-C. va de l'an 100 av. J.-C. à l'an 1 av. J.-C. Et le siècle s'écrit en chiffres romains, la mention « av. J.-C. » comprise.
Un siècle sans « avant » ou « après » ne dit rien.
- Quatre repères à placer
- Quatre siècles à trouver
- Deux questions de repérage
2 sur 5
Fiche 2 — la romanisation
Rome bâtit partout les mêmes villes, et n'efface pourtant pas ce qu'elle trouve.
Le programme donne, dans le même paragraphe, deux phrases qui semblent se contredire. L'unité de l'empire « est assurée par le pouvoir impérial, la romanisation et le mythe prestigieux de l'Urbs » — et cet empire est « marqué par la diversité des sociétés et des cultures qui le composent ».
Les deux sont vraies, et c'est tout le sujet de cette fiche. Rome bâtit partout les mêmes villes, trace les mêmes routes, emploie la même monnaie et les mêmes lois ; en 212, l'édit de Caracalla fait même de tous les hommes libres de l'empire des citoyens romains.
Mais les habitants continuent de parler leur langue, d'honorer leurs dieux — souvent sous un nom latin — et de vivre comme avant. L'empire est romanisé ET divers en même temps.
Un contrôle du module refuse de produire si le corpus ne portait que des traits apportés par Rome : les fiches enseigneraient alors exactement le contraire de ce que le programme écrit.
Romanisé et divers, en même temps.
- Quatre traits à classer
- Trois lignes à cocher
- Deux questions sur l'empire
3 sur 5
Fiche 3 — des chrétiens dans l'empire
Autorisé en 313, officiel en 380 : deux décisions, soixante-sept ans d'écart.
« Des chrétiens dans l'empire » est la deuxième entrée du thème, et le programme la pose en question : quelles sont les relations du christianisme avec l'empire romain « jusqu'à la mise en place d'un christianisme impérial » ?
La réponse tient en trois états successifs, et deux dates les séparent. Pendant près de trois siècles, le christianisme est interdit, et les persécutions reviennent par vagues, sous certains empereurs seulement. En 313, l'édit de Milan accorde la liberté de culte. En 380, le christianisme devient la religion officielle de l'empire.
Ces deux dates ne disent pas la même chose, et les confondre efface les soixante-sept années qui les séparent — celles où le christianisme est autorisé sans être encore celui de l'État.
Le tri de la fiche range six dates de part et d'autre de l'édit de Milan. Aucune n'est classée à la main : le module calcule le statut du christianisme à chacune, à partir des deux édits et d'eux seuls.
Autorisé n'est pas officiel.
- Six dates à ranger
- Trois lignes à cocher
- Deux questions sur les édits
4 sur 5
Fiche 4 — la route de la soie
Un commerce dans les deux sens, et personne pour le parcourir en entier.
La troisième entrée du programme est la plus lointaine : « Les relations de l'empire romain avec les autres mondes anciens : l'ancienne route de la soie et la Chine des Han. »
Le texte précise qu'« un commerce régulier entre Rome et la Chine existe depuis le IIe siècle avant J.-C. ». Un siècle, et non une année : c'est pourquoi cette entrée n'a aucun repère daté sur les frises de l'article. Poser une date précise inventerait une précision que la source ne donne pas.
Ce commerce va dans les deux sens, et c'est ce que le tri fait voir. De Chine partent la soie, les épices et le jade ; de l'empire partent le verre, la laine et les métaux précieux. Chacun envoie à l'autre ce qu'il ne sait pas produire.
Presque personne, en revanche, ne parcourt la route d'un bout à l'autre : les marchandises passent de marchand en marchand sur des milliers de kilomètres. Les deux mondes commercent sans que leurs habitants se rencontrent.
Un commerce, pas un pillage.
- Six marchandises à ranger
- Trois villes à nommer
- Deux questions sur les contacts
5 sur 5
Fiche 5 — cinq siècles d'empire
Une mer entièrement romaine, et une durée qui franchit l'ère.
Toutes les côtes de la Méditerranée sont romaines : l'Espagne, la Gaule, l'Italie, la Grèce, l'Égypte, l'Afrique du Nord, la Syrie. Les Romains appellent cette mer « mare nostrum », notre mer, parce qu'ils en tiennent tous les rivages.
La carte de cette fiche pose quatre villes aux quatre coins de cette mer. Aucune n'est dessinée à la main : chacune est projetée depuis sa longitude et sa latitude, et un contrôle vérifie qu'aucune ne tombe en pleine eau.
La dernière partie revient sur le calcul qui rate le plus souvent. Il n'existe pas d'année zéro : après l'an 1 av. J.-C. vient directement l'an 1. Une durée qui franchit ce passage vaut donc un an de moins que la soustraction.
D'Alésia à la fin de l'empire d'Occident, il s'écoule 527 ans et non 528 ; d'Auguste à cette même fin, 502 et non 503. Une seule année de moins, jamais deux, et toujours pour la même raison.
Une seule année de moins, jamais deux.
- Quatre villes à nommer
- Quatre repères à placer
- Deux durées à calculer
Compétences travaillées
-
Le siècle se calcule
52 av. J.-C. est du Ier siècle av. J.-C. — et la mention « av. J.-C. » fait partie de la réponse.
-
Il n'y a pas d'année zéro
De 52 av. J.-C. à 476, il s'écoule 527 ans, et non 528 comme le donne la soustraction.
-
Rome n'efface pas tout
Les langues et les dieux d'avant la conquête restent, à côté du latin et des dieux romains.
-
Autorisé en 313, officiel en 380
Deux décisions différentes, séparées de soixante-sept ans. Les confondre efface cette période.
Le programme en vigueur, et non celui de 2027
L'arrêté du 22 avril 2026 réécrit l'histoire-géographie du cycle 3, et il change beaucoup de choses en sixième. Mais il ne s'y applique qu'à la rentrée 2027 : cette année, la sixième suit encore le programme publié au BO du 30 juillet 2020.
C'est ce texte-là qui donne le thème de ces fiches, et ses trois entrées : les conquêtes et la romanisation, les chrétiens dans l'empire, et les relations avec les autres mondes anciens — dont la route de la soie et la Chine des Han.
Les fiches suivent ces trois entrées et rien d'autre. Le module qui les produit refuse d'ailleurs un repère qui n'appartiendrait à aucune d'elles.
Les deux calculs que ce chapitre rate
Le premier est le siècle d'une date avant Jésus-Christ. On compte à rebours : le Ier siècle av. J.-C. va de l'an 100 av. J.-C. à l'an 1 av. J.-C., et le siècle d'avant le précède. Répondre « premier siècle » sans préciser « avant Jésus-Christ » laisse mille ans d'incertitude.
Le second est la durée entre deux dates qui encadrent l'ère. Il n'existe pas d'année zéro : après l'an 1 av. J.-C. vient directement l'an 1. De 52 av. J.-C. à 476, la soustraction donne 528, et il s'est écoulé 527 ans.
La couverture de l'article montre quatre intervalles, dont deux franchissent l'ère : sur ceux-là, et sur ceux-là seulement, les deux colonnes diffèrent d'une unité. C'est ce qui rend la règle visible au lieu de la faire réciter.
Méthode et vérification
Deux calculs commandent ces fiches, et ce sont ceux que le chapitre rate le plus souvent. Le premier est le SIÈCLE d'une date : le module le compose, chiffre romain compris, et il sait qu'une date avant Jésus-Christ se compte à rebours — 52 av. J.-C. appartient au Ier siècle av. J.-C., et la mention « av. J.-C. » fait partie de la réponse. Le second est la DURÉE entre deux dates : il n'existe pas d'année zéro, puisqu'on passe de l'an 1 av. J.-C. à l'an 1. Toute durée qui franchit l'ère vaut donc un an de moins que la soustraction, et la cinquième fiche fait faire ce calcul deux fois. Un troisième refus mérite d'être signalé : le module REFUSE de donner un siècle à une période. De 27 av. J.-C. à 476, l'empire traverse six siècles, et lui en attribuer un seul serait faux quel qu'il soit. Le reste suit le même principe : le statut du christianisme à une date donnée n'est écrit nulle part, il se déduit des deux édits ; aucune ville des cartes n'est posée à la main, chacune est projetée depuis sa longitude et sa latitude, et un contrôle vérifie qu'aucune ne tombe en pleine mer.
- Programme d'histoire-géographie du cycle 3, publié au BO nº 31 du 30 juillet 2020, classe de sixième, thème 3 d'histoire : « L'empire romain dans le monde antique ». C'est le texte EN VIGUEUR en sixième : l'arrêté du 22 avril 2026, qui réécrit l'histoire-géographie du cycle 3, ne s'applique à la sixième qu'à la rentrée 2027. Les trois entrées du thème sont citées mot pour mot : « Conquêtes, paix romaine et romanisation », « Des chrétiens dans l'empire », et « Les relations de l'empire romain avec les autres mondes anciens : l'ancienne route de la soie et la Chine des Han ». Le programme précise que la conquête de la Gaule par César a été abordée « lors de la première année du cycle 3 », et que l'unité de l'empire « est assurée par le pouvoir impérial, la romanisation et le mythe prestigieux de l'Urbs » — un empire pourtant « marqué par la diversité des sociétés et des cultures qui le composent ».