Français · CM1 · Exercice

Exercices poésie CM1 : les écarts à la norme (PDF + corrigés)

Cinq poèmes, du XVe au XXe siècle, et une seule question devant chaque vers : est-ce l'ordre qui a changé, ou le mot ?

CM1 Français Exercice
Durée 40 min
Barème Sur 20
Format PDF A4
Accès Gratuit
Cinq passages de poèmes : en haut les mots du poète, en bas les mêmes écrits comme on les dirait, et des traits qui se croisent quand l'ordre a changé.

La norme, c'est ce que l'élève sait déjà

Le programme de 2025 demande au cours moyen de « mesurer les écarts possibles à la norme » qu'il construit par ailleurs en grammaire et en vocabulaire. La norme n'est donc pas une notion nouvelle : c'est ce qu'il apprend depuis le CP.

Sur ce site, rien ne traitait cette entrée : le mot « écart » n'apparaissait qu'une fois dans toute la poésie publiée, et « inversion » jamais. Le recueil de poèmes de siècles différents existait pourtant — mais c'est un cours, qui donne à lire et rien à faire.

Ces cinq fiches le mettent au travail. Chaque poème porte ses écarts, et l'élève écrit à côté ce qu'on écrirait aujourd'hui.

1 sur 5

Fiche 1 — quand l’orthographe n’était pas la nôtre

Ce rondeau a six cents ans. On le comprend presque entièrement — et pourtant presque aucun de ses vers ne s’écrirait ainsi aujourd’hui.

Le rondeau de Charles d'Orléans a six cents ans. On le comprend presque entièrement — et pourtant huit de ses treize vers ne s'écriraient plus ainsi.

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L'exercice 1 en fait moderniser trois : « Le temps a laissié son manteau » devient « Le temps a laissé son manteau », « pluye » devient « pluie », « vestu de brouderie » devient « vêtu de broderie ».

L'exercice 2 en fait relier trois autres à leur version d'aujourd'hui. Ce sont bien trois autres : le tableau et l'association ne partagent aucun écart, sans quoi le premier donnerait les réponses du second.

Le dernier exercice fait nommer la sorte d'écart, le siècle, et le nombre de vers — le premier vers revenant trois fois, il faut les compter et non les estimer.

Le texte est celui que le recueil du site publie déjà, pris chez lui et non recopié.

  • Un tableau
  • Une association
  • Rédiger

2 sur 5

Fiche 2 — quand l’ordre des mots change

Ici l’orthographe est la nôtre. Ce qui bouge, c’est la place des mots dans la phrase — et le sens, lui, ne bouge pas.

Chez Florian, l'orthographe est la nôtre. Ce qui bouge, c'est la place des mots — et le sens, lui, ne bouge pas.

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L'exercice 1 fait relier trois passages à leur version ordinaire. « Pour vivre heureux vivons caché » et « Vivons caché pour vivre heureux » emploient les mêmes cinq mots : c'est ce que l'élève doit constater, non ressentir.

L'exercice 2 juge trois propositions portant sur trois autres passages. Les fautives ne sont pas inventées : chacune est la version ordinaire d'un passage voisin, et la correction est la bonne. Elles ne peuvent donc pas se contredire.

Le dernier exercice fait recopier le dernier vers de la fable, l'écrire dans l'ordre ordinaire, et dire à quel siècle le poème a été écrit.

Deux des cinq propositions portent sur des vers qui ne s'écartent de rien.

  • Une association
  • Une chasse à l'erreur
  • Rédiger

3 sur 5

Fiche 3 — un poème sans un seul point

Apollinaire a supprimé toute la ponctuation de son recueil. Il reste les mots, leur ordre — et un refrain qui revient quatre fois.

Apollinaire a supprimé toute la ponctuation de son recueil. Il reste les mots, leur ordre, et un refrain qui revient quatre fois.

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L'exercice 1 juge cinq propositions de version ordinaire, dont deux portent sur des vers qui ne s'écartent de rien. Sans eux, il suffirait de tout marquer « non » pour avoir la moitié des points.

L'exercice 2 est un QCM de trois questions : la sorte d'écart, le siècle, le nombre de vers. La légende du poème ne donne pas le siècle sur cette fiche — un document ne porte pas la réponse de sa propre fiche.

Le dernier exercice porte sur le refrain, et sur le vers 1 qui revient lui aussi, mot pour mot, au vers 22.

Le troisième choix du QCM, « les deux à la fois », est faux par construction.

  • Une chasse à l'erreur
  • Un QCM
  • Rédiger

4 sur 5

Fiche 4 — neuf vers, et quatre dates

Le poème le plus court du recueil, écrit par une femme dont l’œuvre appartient à tous depuis presque cent ans.

Le poème le plus court des dix : neuf vers de Marceline Desbordes-Valmore, dont l'œuvre appartient à tous depuis 1930.

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L'exercice 1 est un QCM de trois questions, suivi d'une question sur les mots déplacés du premier vers.

L'exercice 2 est une frise de quatre dates : la naissance, la mort, l'année où l'œuvre est devenue libre, et aujourd'hui. La troisième n'est pas recopiée : elle se calcule, soixante-dix ans après la mort.

Le dernier exercice fait raconter ce que le poème raconte — des roses emportées par le vent —, compter ses vers, et refaire le calcul du domaine public.

La légende du texte ne donne pas le siècle sur cette fiche, puisque le QCM le demande. Elle donne en revanche l'édition et la page : les « Poésies inédites » ont paru en 1860, un an après la mort de la poétesse, et c'est pourquoi l'année de l'édition ne figure pas sur la frise — un recueil posthume brouillerait l'ordre des quatre dates.

Les repères de la frise sont sans genre : deux des dix poèmes sont écrits par des femmes.

  • Un QCM
  • Une frise
  • Rédiger

5 sur 5

Fiche 5 — le semeur, et l’ombre qui grandit

Un homme jette du grain au crépuscule. Trois fois dans ce poème, le sujet arrive après son verbe.

Un homme jette du grain au crépuscule. Trois fois dans ce poème, le sujet arrive après son verbe — « Ce reste de jour dont s'éclaire la dernière heure du travail ».

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L'exercice 1 est la frise des quatre dates de Victor Hugo, mort en 1885 : son œuvre est libre depuis 1956.

L'exercice 2 fait écrire trois passages dans l'ordre ordinaire. C'est le même geste que l'exercice de grammaire sur le sujet inversé, sur un texte qui en vaut la peine.

Le dernier exercice fait recopier le dernier vers du poème, nommer la sorte d'écart, et dire le siècle.

Ce poème est le seul des cinq dont l'auteur donne aussi un texte à l'autre article : Victor Hugo écrit ici « Saison des semailles », et « Demain, dès l'aube… » du côté des évaluations. Un contrôle refuse en revanche qu'un même poète paraisse deux fois dans le même article — ce serait une leçon sur lui, non sur la langue.

Le tableau ne donne que le numéro du vers : il faut revenir au texte.

  • Une frise
  • Un tableau
  • Rédiger

Compétences travaillées

  • L'ordre, ou le mot

    Deux sortes d'écart, et une seule question à se poser devant chaque vers.

  • Les mêmes mots, ailleurs

    Une inversion n'ajoute ni n'enlève rien : elle déplace.

  • Le même mot, autrement

    « oyseau » garde cinq lettres sur six de « oiseau ».

  • Soixante-dix ans

    Le temps après lequel une œuvre appartient à tout le monde.

Deux façons de s'écarter, et une seule question

Un poème ne parle pas comme on parle. Le programme demande à l'élève de mesurer cet écart, en s'appuyant sur ce qu'il apprend par ailleurs en grammaire et en vocabulaire — la norme, c'est ce qu'il sait déjà.

Deux sortes d'écart suffisent au cours moyen. Ou bien les mots sont les nôtres et leur ordre ne l'est pas : « Sous le pont Mirabeau coule la Seine » emploie exactement les sept mots de « La Seine coule sous le pont Mirabeau ». Ou bien l'ordre est le nôtre et l'orthographe ne l'est plus : « Le temps a laissié son manteau » se lit sans peine, et ne s'écrit plus ainsi.

La question qui se pose devant chaque vers est donc toujours la même : est-ce l'ordre, ou est-ce le mot ? Et l'on y répond en comparant, non en devinant.

Pourquoi ces poèmes-là peuvent être publiés

Les dix poèmes de ces deux articles appartiennent à tous. Ce n'est pas une opinion : en France, une œuvre entre dans le domaine public le 1er janvier qui suit soixante-dix ans après la mort de son auteur.

Le plus récent des dix est « Le Verger » d'Anna de Noailles, morte en 1933 : son œuvre est libre depuis 2004. Le plus ancien est le rondeau de Charles d'Orléans, mort en 1465. Une frise le montre sur chaque article, et le calcul est refait par le module avant que le moindre vers ne soit imprimé.

C'est aussi pourquoi certains poèmes très connus du cycle 3 ne figurent pas ici : ils ne sont pas encore libres, et les recopier serait les voler.

Méthode et vérification

Le texte des dix poèmes n'est pas retapé : sept sont découpés dans les éditions citées, rapatriées de Wikisource, et trois — Charles d'Orléans, Ronsard, Théophile Gautier — sont pris dans le recueil que ce site publie déjà, plutôt que recopiés : deux copies d'un même texte finissent par diverger. Le reste est calculé. Un poème ne déclare que la version ordinaire d'un passage ; c'est le module qui en déduit la sorte d'écart, par deux lois. Si la version ordinaire porte exactement les mêmes mots dans un autre ordre, c'est l'ordre qui a changé — une permutation, vérifiée au mot près. Si elle a le même nombre de mots dans le même ordre, et que chaque mot qui diffère garde plus de la moitié de ses lettres, c'est le mot qui s'écrit autrement. Un couple qui ne relève d'aucune des deux est refusé : il n'y a pas de troisième case où le ranger sans mentir. L'année où une œuvre devient libre est calculée elle aussi — le 1er janvier qui suit soixante-dix ans après la mort de l'auteur — et c'est ce calcul qui autorise la publication de chaque texte.

Rédaction : Fiches Scolaires Mise à jour :

Questions fréquentes

Qu'appelle-t-on un écart à la norme, en poésie ?
Un endroit où le poème n'écrit pas comme on écrirait en parlant. Au cours moyen, on en distingue deux : l'ordre des mots a changé, ou bien un mot s'écrit autrement qu'aujourd'hui.
Comment savoir si c'est l'ordre qui a changé ?
En comparant les mots un à un. Si la version ordinaire emploie exactement les mêmes mots, sans en ajouter ni en enlever, c'est l'ordre qui a bougé — et rien d'autre.
Pourquoi certains poèmes s'écrivent-ils si différemment ?
Parce que l'orthographe française a changé. Charles d'Orléans écrit « pluye » au XVe siècle, Ronsard « vostre » au XVIe. Ce sont les mêmes mots que les nôtres, écrits autrement.
Ces poèmes sont-ils libres de droits ?
Oui, tous les dix. En France, une œuvre entre dans le domaine public le 1er janvier qui suit soixante-dix ans après la mort de son auteur. Le plus récent des dix est libre depuis 2004.
Ces fiches demandent-elles ce que l'élève ressent ?
Non. Le programme demande une posture subjective de lecteur, et une posture ne se corrige pas sur un barème. On note ce que le texte fait à la langue : quel mot a changé, quel ordre, à quel siècle.