Ce que ces fiches font travailler
Un récit original de 252 mots sur 20 lignes — la longueur que le programme demande au CE2 —, deux garçons nommés sept fois en tout, trois pronoms ambigus à résoudre et huit questions dont la moitié se répond en revenant au texte.
« Il souffle dessus » : Malo ou Nils ? Les deux ont été nommés, les deux sont des garçons. C'est la phrase d'avant qui tranche, et l'élève doit la citer.
Aucun exercice ne demande de retenir un mot de grammaire. « Anaphore » n'y figure pas, et un contrôle vérifie que le mot ne sort jamais de la ligne de compétences, qui s'adresse au professeur.
1 sur 5
Fiche 1 — un personnage, plusieurs noms
Malo est nommé quatre fois, et jamais deux fois de la même façon. Retrouver la chaine, c'est ne plus perdre le fil du récit.
« Malo », « il », « le garçon », « son ami » : quatre mots, un seul personnage. La fiche déroule la chaine dans l'ordre où le texte la donne, et fait nommer ce qu'est chaque mot.
Cet ordre n'est pas choisi : il est calculé sur la position réelle de chaque mot dans le texte. Si une phrase changeait, le tableau changerait avec elle.
Le QCM qui suit passe aux pronoms ambigus. Trois fois, « il » ou « lui » pourrait désigner l'un ou l'autre garçon.
Les choix proposés ne sont pas inventés : ce sont les personnages que le pronom peut effectivement désigner, plus une réponse fausse — « on ne peut pas le savoir » — qui l'est parce que le texte, lui, permet de savoir.
Les questions finales font compter les mots de la chaine, expliquer pourquoi un récit ne répète pas le même mot, et dire quoi faire quand on perd le fil.
L'ordre du tableau est celui du texte, il n'est pas choisi.
- Quatre noms pour un garçon
- Trois pronoms à rendre
- L'ordre du texte
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Fiche 2 — quand « il » peut désigner deux personnes
Deux garçons dans la même page, et « il » devient trouble. C'est l'ajout du CE2 : le sens du texte tranche, pas la place du mot.
Deux garçons dans la même page, et « il » devient trouble. C'est l'ajout du CE2 : le programme demande de « s'appuyer sur le sens du texte pour résoudre des ambigüités ».
Le module ne déclare pas qu'un pronom est ambigu : il le démontre. Il cherche tous les personnages déjà nommés qui s'accordent en genre et en nombre, et refuse l'exercice si un seul pouvait porter le pronom.
Le tri qui suit oppose ce qui est écrit à ce qu'il faut déduire. Trois questions de chaque sorte, et la moitié exacte de chaque côté : un tri qui pencherait se devinerait sans lire.
Les étiquettes sont mêlées par l'ordre alphabétique, et cet ordre ne trahit rien ici — il alterne les deux sortes.
Les questions finales font expliquer pourquoi « il » est difficile, ce qui permet de trancher, et écrire soi-même une paire nom / pronom.
Un pronom ne se prouve pas par un autre pronom.
- Trois pronoms ambigus
- Six questions à trier
- Le sens tranche, pas la place
3 sur 5
Fiche 3 — la réponse est-elle écrite ?
Quatre questions se répondent en posant le doigt sur le texte, quatre autres non. Savoir les distinguer, c'est savoir quand il faut déduire.
Quatre questions se répondent en posant le doigt sur le texte, quatre autres non. Savoir les distinguer, c'est savoir quand il faut déduire.
Ce classement est calculé : le module cherche le mot de chaque réponse dans le texte, et range la question selon qu'il l'y trouve ou non. Une question mal classée est refusée avant d'être écrite.
La chasse aux erreurs suit. Sami cite le texte et a raison ; Iris s'est trompée de lieu ; Malo a inventé une date que rien n'autorise.
La faute qui compte n'est pas de se tromper : c'est de répondre sans pouvoir montrer où le texte le dit.
Les questions finales font expliquer comment on reconnait une réponse écrite, ce qu'est une réponse déduite, et ce qui manque à une déduction sans indice.
Autant de questions écrites que de questions à déduire.
- Huit questions à trier
- Trois copies à juger
- Poser le doigt, ou déduire
4 sur 5
Fiche 4 — trois copies, une seule cite le texte
Se tromper n'est pas la faute la plus grave. Répondre sans pouvoir montrer où le texte le dit, si.
Trois élèves ont répondu, et un seul cite le texte. La fiche fait juger les trois, et surtout dire pourquoi le texte ne permet pas les deux autres réponses.
Chaque copie déclare ce qu'elle cite, et le module vérifie que la citation se trouve — ou ne se trouve pas — dans le texte. Une copie donnée juste dont la citation serait absente est refusée.
L'association qui suit relie quatre indices à ce qu'ils font comprendre : la poussière, la lampe, le pull glissé, le nom de la rue.
Les quatre conclusions sont différentes ; deux identiques rendraient l'association incorrigible, et un contrôle du site le refuse.
Les questions finales font nommer celui qui a inventé, citer le mot qui contredit une copie, et dire ce qu'il faut donner en plus de sa réponse.
Une copie juste cite le texte ; une copie fausse ne le peut pas.
- Trois copies à juger
- Quatre indices à relier
- Déduire ou inventer
5 sur 5
Fiche 5 — ce que le texte ne dit pas
La poussière, la lampe, le pull : quatre détails, quatre choses comprises que personne n'a écrites.
La poussière, la lampe, le pull : quatre détails du texte, et quatre choses comprises que personne n'a écrites.
C'est le geste que le programme décrit — « en s'appuyant sur des indices explicites et sur ses propres connaissances ». La seconde moitié compte autant que la première : il faut savoir que la poussière met des années à se déposer.
Le tableau ferme la fiche sur la chaine de Nils, plus courte que celle de Malo, et sur six points au lieu de huit.
Sa répartition n'est donc pas celle de la fiche 1 : le barème se calcule sur les points de l'exercice, il n'est pas recopié.
Les questions finales font dire si un mot est écrit dans le texte, calculer l'âge du carnet à partir de sa date, et citer les trois façons dont Nils est nommé.
Le calcul de l'âge demande une connaissance qui n'est pas dans le texte.
- Quatre indices à relier
- La chaine du second garçon
- Ce qui n'est pas écrit
Compétences travaillées
Un personnage, plusieurs noms
Une histoire ne répète pas cent fois le même mot. Le programme le dit ainsi : la chaine anaphorique « relie un nom à sa ou ses reprise(s) pronominale(s) ou à d'autres noms de sens équivalent ».
Dans le texte de ces fiches, un même garçon est appelé « Malo », puis « il », puis « le garçon », puis « son ami ». Quatre mots, un seul personnage — et quand on ne sait plus de qui l'on parle, c'est presque toujours qu'un de ces mots a échappé.
Le tableau des fiches déroule la chaine dans l'ordre où le texte la donne, et cet ordre n'est pas choisi : il est calculé sur les positions réelles des mots.
Ce que le CE2 ajoute : résoudre l'ambigüité
Le CE1 apprend à se repérer dans la chaine. Le CE2 fait un pas de plus, et le programme l'écrit : « … et s'appuyer sur le sens du texte pour résoudre des ambigüités ».
Il faut donc deux personnages du même genre dans la même page. « Il souffle dessus » : Malo ou Nils ? Les deux ont été nommés, les deux sont des garçons — c'est la phrase d'avant qui tranche, et l'élève doit la citer.
Le module ne se contente pas de le dire : il cherche les candidats de chaque pronom et refuse de produire l'exercice si un seul personnage pouvait le porter.
Écrit, ou à deviner ?
« Comprendre ce qui est implicite (inférences) en s'appuyant sur des indices explicites et sur ses propres connaissances. » La seconde moitié de cette phrase est l'ajout du CE2.
Une réponse est implicite quand elle n'est écrite nulle part. Personne n'écrit que la caisse est fermée depuis longtemps : on le comprend à la poussière, au nuage gris, à l'odeur de vieux papier — et parce qu'on sait que la poussière met des années à se déposer.
Le tri des fiches oppose les deux sortes de questions. Il n'est pas recopié : le module cherche le mot de chaque réponse dans le texte, et range la question selon qu'il l'y trouve ou non.
Méthode et vérification
Rien de ce que ces fiches affirment n'est déclaré à la main. Un pronom n'est pas dit ambigu : il est démontré tel. Le module cherche, dans le texte, tous les personnages dont une mention précède le pronom et s'accorde avec lui en genre et en nombre ; s'ils sont deux, le pronom est ambigu, et s'il n'y en a qu'un, l'exercice est refusé — il ferait chercher une difficulté absente. De même, une réponse n'est pas étiquetée « implicite » : elle l'est si — et seulement si — le mot qui la porte ne se trouve nulle part dans le texte. Le tri des fiches est donc un calcul, et une question mal classée est refusée avant d'être écrite ; cela s'est produit, sur une phrase de décor ajoutée au texte qui contenait le mot « cachent » et rendait explicite une inférence. Chaque indice cité se trouve dans le texte, mot pour mot, et l'indice d'une ambigüité doit en outre NOMMER le personnage qu'il désigne — jamais par un pronom, puisque c'est un pronom qu'on résout. Enfin la longueur du texte est mesurée sur la PAGE, non sur la source : le programme demande une vingtaine de lignes, et c'est ce que l'élève a sous les yeux qui compte.
- Programme d'enseignement de français du cycle 2, arrêté du 22 octobre 2024 (BO nº 41 du 31 octobre 2024), en vigueur depuis la rentrée 2025-2026. Cours élémentaire deuxième année, partie « Lecture et compréhension de l'écrit — Comprendre un texte ».