Ce que ces sujets évaluent
Un second récit original, de 288 mots sur 19 lignes, et deux filles cette fois : le texte des exercices faisait travailler « il », celui-ci fait travailler « elle ».
Trois pronoms ambigus, et ils ne se résolvent pas tous en faveur de la même personne. Un élève qui aurait retenu « c'est toujours la seconde » se tromperait, et un contrôle l'exige.
Aucune phrase du texte des exercices n'est reprise : un contrôle compare les deux récits suite de mots par suite de mots. Une évaluation qui citerait le même texte ne mesurerait que la mémoire de la séance.
1 sur 5
Sujet 1 — un personnage, plusieurs noms
Awa est nommée trois fois, et jamais deux fois de la même façon.
« Awa », « elle », « sa camarade » : trois mots pour une seule personne, et le sujet fait dire ce qu'est chacun.
Le tableau suit l'ordre du texte, calculé sur la position réelle des mots. Deux cases sur trois sont à compléter.
Le tri qui suit oppose ce qui est écrit à ce qu'il faut déduire, sur six questions — trois de chaque sorte.
Le partage est exact : un tri qui pencherait d'un côté se devinerait sans lire, et le module refuse un compte impair.
Les questions finales font compter les mots de la chaine, définir un mot qui en remplace un autre, et en écrire une paire soi-même. Cette dernière est notée sur un critère, non sur une réponse attendue : toute paire où le second mot reprend le premier est acceptée, car il y a mille façons de bien la former.
Le tableau suit l'ordre du texte.
- La chaine d'Awa
- Six questions à trier
- Trois façons de nommer
2 sur 5
Sujet 2 — la réponse est-elle écrite ?
Huit questions, et seule la moitié se répond en posant le doigt sur le texte.
Huit questions, et seule la moitié se répond en posant le doigt sur le texte. Le classement est calculé, jamais recopié.
L'association qui suit relie quatre mots du texte à ce qu'ils font comprendre : le métal glacé, l'odeur de peinture, les deux filles immobiles, les lettres entrelacées.
Chacun de ces quatre indices est écrit dans le texte, et aucune des quatre conclusions ne l'est. C'est ce qui en fait des déductions.
Le même exercice vaut huit points au sujet 1 et six ici : le barème se calcule sur les points, il ne se recopie pas.
Les questions finales font expliquer comment on reconnait une réponse écrite, ce qu'est un indice, et ce qui manque à une déduction sans indice.
Autant de questions écrites que de questions à déduire.
- Huit questions à trier
- Quatre indices à relier
- Poser le doigt, ou déduire
3 sur 5
Sujet 3 — ce que le texte ne dit pas
Le métal glacé, l'odeur de peinture, la signature : quatre détails, quatre choses comprises que personne n'a écrites.
Le métal glacé fait comprendre qu'il fait froid ; l'odeur de peinture, que la fresque vient d'être peinte. Ni « froid » ni « récente » ne sont écrits.
C'est l'ajout du CE2, mot pour mot : « en s'appuyant sur des indices explicites et sur ses propres connaissances ».
Le QCM qui suit passe aux trois pronoms ambigus, sur six points. Les choix sont les personnes que le pronom peut désigner, plus une réponse fausse.
Aucune des trois questions finales ne se répond en recopiant l'exercice du dessus : une version antérieure le permettait, et elle a été refaite.
Elles font dire si le texte écrit ce que les filles ressentent, sur quoi l'on s'appuie pour comprendre l'implicite, et ce qui manque à un camarade qui affirme sans indice.
Aucune conclusion de l'association n'est écrite dans le texte.
- Quatre indices à relier
- Trois pronoms à rendre
- Ce qui n'est pas écrit
4 sur 5
Sujet 4 — quand « elle » peut désigner deux personnes
Deux filles dans la même page, et « elle » devient trouble. Le sens tranche, et il ne tranche pas toujours du même côté.
« Elle » revient trois fois, et deux filles pourraient chaque fois le porter. Deux de ces trois « elle » désignent Awa, le troisième désigne Zoé.
Un contrôle l'exige : si les trois se résolvaient de la même façon, un élève qui aurait retenu « c'est toujours la seconde » réussirait sans lire.
La chasse aux erreurs suit. Nour cite le texte et a raison ; Elio se trompe sur ce que montre la fresque ; Lina invente une permission que rien n'autorise.
La troisième question finale porte justement là-dessus : les trois réponses du premier exercice désignent-elles la même personne ?
Les deux premières font expliquer pourquoi « elle » est difficile, et ce qui permet de trancher. La réponse attendue tient en un mot : le sens de la phrase, et non la place des mots. On essaie l'une, puis l'autre, et l'on garde celle qui donne une phrase qui tient debout.
Les trois pronoms ne désignent pas tous la même personne.
- Trois pronoms à rendre
- Trois copies à juger
- Le sens tranche
5 sur 5
Sujet 5 — trois copies, une seule cite le texte
Se tromper n'est pas la faute la plus grave. Répondre sans pouvoir montrer où le texte le dit, si.
Trois élèves ont répondu, et une seule cite le texte. Juger les trois, c'est apprendre à relire la sienne.
La distinction que le sujet fait faire n'est pas juste / faux : c'est cité / inventé. Elio se trompe mais on peut lui montrer où ; Lina n'a rien à quoi se raccrocher.
Le tableau ferme l'évaluation sur la chaine de Zoé, avec deux cases à compléter sur trois, et six points au lieu de huit.
Sa question n'est pas celle du sujet 1 : ce n'est ni le même personnage ni le même barème.
Les questions finales font nommer celle qui a inventé, citer les mots du texte qui contredisent Elio, et dire ce qu'il faut donner en plus de sa réponse.
Deux tableaux ne posent jamais la même question.
- Trois copies à juger
- La chaine de Zoé
- Citer, ou inventer
Compétences travaillées
Un personnage, plusieurs noms
Une histoire ne répète pas cent fois le même mot. Le programme le dit ainsi : la chaine anaphorique « relie un nom à sa ou ses reprise(s) pronominale(s) ou à d'autres noms de sens équivalent ».
Dans le texte de ces fiches, un même garçon est appelé « Malo », puis « il », puis « le garçon », puis « son ami ». Quatre mots, un seul personnage — et quand on ne sait plus de qui l'on parle, c'est presque toujours qu'un de ces mots a échappé.
Le tableau des fiches déroule la chaine dans l'ordre où le texte la donne, et cet ordre n'est pas choisi : il est calculé sur les positions réelles des mots.
Ce que le CE2 ajoute : résoudre l'ambigüité
Le CE1 apprend à se repérer dans la chaine. Le CE2 fait un pas de plus, et le programme l'écrit : « … et s'appuyer sur le sens du texte pour résoudre des ambigüités ».
Il faut donc deux personnages du même genre dans la même page. « Il souffle dessus » : Malo ou Nils ? Les deux ont été nommés, les deux sont des garçons — c'est la phrase d'avant qui tranche, et l'élève doit la citer.
Le module ne se contente pas de le dire : il cherche les candidats de chaque pronom et refuse de produire l'exercice si un seul personnage pouvait le porter.
Écrit, ou à deviner ?
« Comprendre ce qui est implicite (inférences) en s'appuyant sur des indices explicites et sur ses propres connaissances. » La seconde moitié de cette phrase est l'ajout du CE2.
Une réponse est implicite quand elle n'est écrite nulle part. Personne n'écrit que la caisse est fermée depuis longtemps : on le comprend à la poussière, au nuage gris, à l'odeur de vieux papier — et parce qu'on sait que la poussière met des années à se déposer.
Le tri des fiches oppose les deux sortes de questions. Il n'est pas recopié : le module cherche le mot de chaque réponse dans le texte, et range la question selon qu'il l'y trouve ou non.
Méthode et vérification
Rien de ce que ces fiches affirment n'est déclaré à la main. Un pronom n'est pas dit ambigu : il est démontré tel. Le module cherche, dans le texte, tous les personnages dont une mention précède le pronom et s'accorde avec lui en genre et en nombre ; s'ils sont deux, le pronom est ambigu, et s'il n'y en a qu'un, l'exercice est refusé — il ferait chercher une difficulté absente. De même, une réponse n'est pas étiquetée « implicite » : elle l'est si — et seulement si — le mot qui la porte ne se trouve nulle part dans le texte. Le tri des fiches est donc un calcul, et une question mal classée est refusée avant d'être écrite ; cela s'est produit, sur une phrase de décor ajoutée au texte qui contenait le mot « cachent » et rendait explicite une inférence. Chaque indice cité se trouve dans le texte, mot pour mot, et l'indice d'une ambigüité doit en outre NOMMER le personnage qu'il désigne — jamais par un pronom, puisque c'est un pronom qu'on résout. Enfin la longueur du texte est mesurée sur la PAGE, non sur la source : le programme demande une vingtaine de lignes, et c'est ce que l'élève a sous les yeux qui compte.
- Programme d'enseignement de français du cycle 2, arrêté du 22 octobre 2024 (BO nº 41 du 31 octobre 2024), en vigueur depuis la rentrée 2025-2026. Cours élémentaire deuxième année, partie « Lecture et compréhension de l'écrit — Comprendre un texte ».