Ce que ces sujets évaluent
Le classement de quatre phrases, la reconnaissance du groupe qui porte le mot, le relevé au dictionnaire, le lien sémantique entre les deux sens, et la rédaction d'une phrase nouvelle.
Dix mots nouveaux — cinq verbes, trois noms et deux adjectifs : éclater, plonger, semer, mordre, fondre, branche, clé, source, lourd, doux. Aucun mot, aucune phrase n'est repris de l'article d'exercices, et un contrôle le refuse.
Ce qui ne s'évalue pas : le gout d'une image, son effet, sa beauté. Le programme du CE2 ne demande pas d'apprécier, il demande de comprendre le lien entre deux sens.
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Sujet 1 — ce qui se rompt d'un coup
Un ballon éclate, un orage éclate. Le mot est le même ; ce qui éclate ne l'est pas. Ce premier sujet demande de ranger quatre phrases, puis de montrer où l'on a regardé pour le décider.
Un ballon éclate contre un grillage, un orage éclate au-dessus du village. Un chien mord son os, le froid mord les doigts des enfants.
Le premier sujet demande de ranger les quatre phrases, puis de montrer où l'on a regardé pour le décider : relier chaque phrase au groupe qui accompagne le mot.
Les deux exercices ne portent donc pas sur la même chose. Le premier demande le sens, le second ce qui l'a fait décider — et c'est dans cet ordre que le raisonnement se vérifie.
Deux intrus sont mêlés aux groupes à relier : « le serpent », « le loup ». Ils mordent tous les deux, mais aucune des quatre phrases ne les emploie.
Les trois questions finales font justifier un classement, expliquer un sens figuré et rédiger une phrase.
Le tri vaut huit points, l'association six.
- Un tri
- Des associations
- Deux intrus
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Sujet 2 — ce qui entre tout entier
Plonger dans un bassin, plonger dans un livre. Le sujet fait d'abord repérer le groupe qui accompagne le mot, puis relever dans le dictionnaire ce que ce mot désigne au sens propre.
Un nageur plonge dans le grand bassin, Camille plonge dans son livre. La neige fond au soleil, les économies de Malo fondent en trois jours.
Le sujet fait d'abord repérer les quatre groupes, intrus compris, puis relever dans l'article ce que chaque mot désigne au sens propre.
Les deux exercices se suivent dans l'ordre du raisonnement : on cherche le groupe, puis on cherche à quoi le comparer. Le dictionnaire donne le second terme de la comparaison.
« Fondre » et « plonger » sont deux verbes dont le sens se lit sur le sujet : c'est la neige qui fond, ce sont les économies qui fondent. Un élève qui chercherait du côté du complément — dans quoi l'on plonge, en combien de jours l'argent s'en va — trouverait des groupes justes mais sans rapport avec la question posée.
Deux intrus sont mêlés aux groupes à relier : « la glace », « le beurre ». Tous deux fondent, et aucune des quatre phrases ne les emploie — il faut donc revenir au texte pour les écarter.
Les trois questions finales font justifier, expliquer et écrire.
Le tableau se remplit dans l'article imprimé en tête de sujet.
- Des associations
- Un tableau
- Le dictionnaire
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Sujet 3 — ce qu'on répand un peu partout
Semer des graines, semer la panique. Après le relevé au dictionnaire, le sujet demande quelle image le mot garde en passant d'un sens à l'autre — c'est la question que le programme nomme « lien sémantique ».
Un jardinier sème des graines, le vent sème la panique dans le poulailler. Une branche de chêne casse sous la neige, l'athlétisme est une branche du sport.
Après le relevé au dictionnaire, le sujet demande quelle image chaque mot garde en passant d'un sens à l'autre. C'est la question que le programme nomme « lien sémantique », et elle vaut six points.
Semer garde l'idée de répandre en dispersant, sans tout mettre au même endroit ; branche, celle de ce qui se sépare d'un tronc commun sans s'en détacher. Les fausses réponses du QCM sont les liens d'autres mots du sujet, jamais des phrases inventées.
Le tableau ouvre sur huit points : quatre par case. La même répartition sur six points en aurait donné trois.
Les trois questions finales font justifier, expliquer et écrire.
Les leurres du QCM sont les liens d'autres mots du même sujet.
- Un tableau
- Un QCM
- Le lien sémantique
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Sujet 4 — ce qui ouvre
La clé d'une porte, la clé d'un problème. Le sujet fait choisir l'image que garde chaque mot, puis corriger trois copies d'élèves qui ont classé les exemples du dictionnaire.
La clé d'une porte, la clé d'un problème. La source d'une rivière, la source d'une histoire. Deux noms dont le sens figuré s'emploie sans qu'on y pense.
Le QCM ouvre le sujet sur huit points : quelle image chaque nom garde-t-il ? La clé garde l'idée de ce qui ouvre — une porte, ou une difficulté. La source, celle du point de départ, là où tout commence.
La chasse aux erreurs suit. Trois élèves ont classé des exemples du dictionnaire ; il faut juger chaque copie et expliquer les fausses.
Elle ne porte pas sur les quatre phrases du sujet : ses copies sont imprimées dès la feuille de l'élève, et elles donneraient une partie du travail avant qu'il soit demandé.
Les trois questions finales font justifier, expliquer et écrire.
Les copies portent sur les exemples du dictionnaire.
- Un QCM
- Une chasse aux erreurs
- Deux noms
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Sujet 5 — ce qui pèse
Un sac lourd, un silence lourd. Deux adjectifs pour finir : la correction de trois copies, puis le rangement des quatre phrases, sans aucune aide cette fois.
Un sac trop lourd pour Camille, un silence lourd tombé sur la classe. Un tissu doux au toucher, une voix douce qui rassure.
Deux adjectifs pour finir, et une difficulté de plus : « doux » change de forme au féminin. Le dictionnaire imprime l'entrée au masculin, et la phrase porte « douce » — il faut reconnaitre le même mot sous deux orthographes.
La chasse aux erreurs ouvre sur huit points, dont deux réservés aux explications : juger juste sans savoir dire pourquoi ne suffit pas.
Le tri ferme le sujet sur six points, sans aucune aide : ni association pour repérer les groupes, ni tableau pour relever le domaine. Tout le raisonnement est à faire seul.
Les trois questions finales font justifier, expliquer et écrire.
Le dernier tri se fait sans aucun exercice préparatoire.
- Deux adjectifs
- Une chasse aux erreurs
- Un tri sans aide
Compétences travaillées
Le sens ne se lit pas dans le mot
« Une forte pluie inonde la cave. » « Le soleil inonde la pièce. » Le verbe est le même, lettre pour lettre. Ce qui a changé, c'est ce qui l'accompagne : une pluie d'un côté, le soleil de l'autre.
C'est là toute la règle, et elle tient en une phrase : un mot garde son sens propre quand ce qui l'accompagne appartient au domaine où ce mot est né. Inonder est né de l'eau. Une pluie, c'est de l'eau ; le soleil, non.
Un élève qui cherche la réponse dans le mot ne la trouvera jamais, puisque le mot ne bouge pas. Ces fiches font donc toujours commencer par la même question : quel groupe accompagne ce mot, et que désigne-t-il ?
Ce que le programme demande, et dans quels termes
Le programme de français du cycle 2 nomme cette notion trois fois pour la seule classe de CE2. Comme objectif d'enrichissement : « Comprendre le lien sémantique entre sens propre et sens figuré dans les cas les plus fréquents. » Comme objectif de réemploi : « Comprendre la différence entre sens propre/sens figuré. »
Et il donne ses deux exemples de réussite. « Il perçoit que le verbe souffler a un sens différent dans souffler ses bougies et souffler une réponse et comprend le passage du sens propre au sens figuré. » « Il rédige des énoncés utilisant le même mot au sens propre et au sens figuré (ex. : Une forte pluie inonde la cave./Le soleil inonde la pièce.). »
Les deux exemples ouvrent les deux premières fiches, tels quels. Le reste du corpus reste dans « les cas les plus fréquents » que le programme désigne : couler, glacer, dévorer, grimper, briller, éclater, mordre, plonger, fondre, semer, et six noms ou adjectifs de tous les jours.
Méthode et vérification
Aucun sens n'est écrit à la main sur ces fiches : il est calculé. Chaque mot déclare le domaine où il garde son sens premier — pour « inonder », de l'eau, la pluie, la rivière, la mer, un tuyau ; pour « doux », le tissu, la laine, le pelage, le velours — et le module regarde si le groupe qui accompagne le mot dans la phrase appartient à ce domaine. Le corrigé ne peut donc pas classer autrement que le sujet, et il justifie chaque réponse en nommant ce groupe plutôt qu'en répétant l'étiquette. Trois contrôles refusent au chargement ce qu'une relecture laisserait passer. Le premier exige de chaque mot une vraie paire, un emploi propre et un emploi figuré, et refuse un domaine qui ne sépare pas les deux. Le deuxième vérifie que les exemples imprimés dans l'article de dictionnaire ne sont aucune des phrases à classer — sans quoi le tri se lirait dans le document au lieu de se décider — et que chacun tombe bien du côté sous lequel l'article le range. Le troisième interdit le vocabulaire du cycle 3 : ni métaphore, ni comparaison, ni image, mots que le programme du CE2 n'emploie jamais. Enfin la phrase du barème est elle aussi calculée à partir des points de l'exercice, de sorte qu'un même format servant tantôt sur huit points, tantôt sur six, ne puisse pas annoncer une répartition qui ne fait pas le total.
- Programme d'enseignement de français du cycle 2, arrêté du 22 octobre 2024 (BO nº 41 du 31 octobre 2024), en vigueur depuis la rentrée 2025-2026. Cours élémentaire deuxième année, parties « Enrichir son vocabulaire dans toutes les disciplines » et « Réemployer le vocabulaire étudié ».