Ce que ces évaluations notent
Lire ce que le texte affirme et rien d'autre, suivre l'ordre d'un récit, repérer ce qu'il nomme et ce qu'il juge, distinguer un monde créé d'un monde qui nait, et comparer deux commencements.
Chaque évaluation porte son texte entier et se suffit à elle-même. Les cinq récits sont ceux de l'article d'exercices, mais aucune consigne n'en est reprise.
Cinq sujets sur 20, en noir et blanc, avec les cinq couples de formats que l'article d'exercices n'emploie pas.
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Évaluation 1 — lire ce que le texte affirme
Une colonne qui ne varie pas, et c'est elle qui porte l'explication.
Cette première évaluation note la lecture la plus exigeante qui soit : remplir un tableau avec ce que dit le texte, et rien d'autre.
Le tableau demande, pour quatre animaux, où ils vivent et s'ils pondent des œufs. La première colonne change d'une ligne à l'autre ; la seconde donne quatre fois la même réponse.
Cette constance n'est pas un défaut du tableau : c'est exactement l'argument de Mbambi. Ce que les quatre animaux ont en commun est ce qui permet au lézard de conclure qu'ils sont tous frères, et donc que le crocodile ne mangera pas la poule.
La dernière question le demande explicitement : quelle colonne ne varie pas, et que prouve-t-elle ? C'est une question de lecture, pas d'interprétation — la réponse est dans la dernière réplique.
Une colonne qui ne varie pas peut être la réponse.
- Huit cases à remplir
- Trois copies
- Ce que la colonne constante montre
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Évaluation 2 — l'ordre du récit, et ce qu'il explique
Se tromper d'ordre, c'est se tromper de cause.
L'ordre d'un récit se vérifie. Un conte raconte des événements les uns après les autres, et chaque phrase suppose la précédente : se tromper d'ordre, c'est se tromper de cause.
Le sommeil du chat sauvage coupe ce récit en deux. Avant, il demande un service ; après, il en cherche la revanche. Tout ce qui suit son réveil découle de ce que le singe a fait pendant qu'il dormait.
Les quatre copies portent sur des confusions qui ont toutes une phrase pour les démentir : ce n'est pas le singe qui délivre le chat sauvage, et le chat sauvage ne meurt pas — il feint.
La dernière question demande de relier la ruse à son motif, c'est-à-dire de suivre une cause à travers tout le récit.
Se tromper d'ordre, c'est se tromper de cause.
- Quatre copies
- Six événements à ranger
- La cause et la conséquence
3 sur 5
Évaluation 3 — la forme qui revient, et le geste de nommer
Ce que le texte nomme, ce qu'il ne nomme pas, et ce qu'il juge.
Un texte fondateur se reconnait souvent à une forme qui revient. Ici, chaque journée suit le même patron, et la répétition tient lieu de structure : le lecteur sait toujours où il en est.
Nommer est un geste du texte, et c'est ce que le tri fait chercher. Dieu ne fait pas que séparer : il appelle la lumière jour, les ténèbres nuit, l'étendue ciel, le sec terre. D'autres choses paraissent sans recevoir de nom.
Le verbe « appela » sert de règle de tri, et l'élève peut vérifier chaque étiquette en le cherchant dans le texte. C'est un travail de repérage exact, pas d'impression.
Le texte juge aussi : « Dieu vit que cela était bon » revient deux fois. Chercher les valeurs d'un récit, c'est d'abord relever les endroits où il juge lui-même.
Les valeurs d'un récit se relèvent là où il juge lui-même.
- Huit éléments à ranger
- Trois lignes à cocher
- Ce que le texte juge
4 sur 5
Évaluation 4 — un récit collectif, et celui qui l'a dit
Personne n'en est l'auteur, et pourtant une ligne donne un nom.
Ce récit appartient aux Tchiglit, un peuple du Grand Nord canadien, et personne n'en est l'auteur. Mais sa dernière ligne dit qui l'a raconté, et quand : « Racontée par Arviuna, en juillet 1870. »
C'est le point de cette évaluation. Un récit collectif n'est pas sans voix : quelqu'un le dit un jour donné, et ce jour a été noté. L'association demande justement de distinguer celui qui crée, dans le récit, de celui qui raconte, en dehors.
Trois mots qu'on a déjà lus ouvrent ce texte : « Au commencement ». La Genèse commence de même, alors qu'elle vient du Proche-Orient et ce récit d'Amérique du Nord.
La dernière question demande d'écrire à son tour trois phrases sur une séparation, en commençant par la même formule. Le contenu inventé n'est pas noté : seule la forme l'est.
Un récit collectif a pourtant un conteur.
- Quatre lignes à cocher
- Trois traits à tracer
- Comparer deux commencements
5 sur 5
Évaluation 5 — créer, ou naitre
Deux façons d'expliquer le commencement, et comment les distinguer.
Deux façons d'expliquer le commencement, et c'est la comparaison que demande le chapitre. Dans certains récits, quelqu'un CRÉE le monde : il existe avant lui et le fait. Dans d'autres, le monde NAIT, sans créateur.
Le texte de cette évaluation est du second type. Personne n'y crée quoi que ce soit : Khaos est là d'abord, puis les êtres naissent — « de Khaos naquirent Érébos et la noire Nyx », « Gaia enfanta ». Le monde y ressemble à une famille plutôt qu'à un ouvrage.
Le tableau met les trois récits du chapitre côte à côte sur deux colonnes : le verbe employé, et le nom de celui qui agit. Une seule ligne porte « personne », et c'est celle d'Hésiode.
Les noms sont des choses : Gaia est la Terre, Nyx la Nuit, Ouranos le Ciel. Le poème les écrit avec une majuscule et les fait agir — un même mot désigne une chose du monde et un personnage.
Un monde créé a un auteur ; un monde qui nait a une généalogie.
- Quatre traits à tracer
- Six cases à remplir
- Créer ou naitre
Compétences travaillées
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Lire ce que le texte affirme
Remplir un tableau avec ce que dit le récit, et rien d'autre.
-
Suivre l'ordre d'un récit
Se tromper d'ordre, c'est se tromper de cause.
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Repérer ce que le texte nomme et ce qu'il juge
Les valeurs d'un récit se relèvent là où il juge lui-même.
-
Distinguer créer et naitre
Un monde créé a un auteur ; un monde qui nait a une généalogie.
Ce que ces évaluations notent, et ce qu'elles ne notent pas
Elles notent la lecture : ce que le texte affirme, l'ordre des événements, ce qu'il nomme, ce qu'il juge, et par quels mots il commence. Chaque réponse attendue est une phrase du récit.
Elles ne notent pas l'opinion de l'élève sur ce que les récits racontent. Deux questions demandent une production personnelle — inventer un conte étiologique, raconter une séparation — et le corrigé y donne le critère de forme, en disant explicitement que le contenu inventé n'est pas noté.
Chaque évaluation vaut vingt points, répartis en huit, six et six, et s'imprime en noir et blanc.
Le même corpus, jamais la même question
Une évaluation qui porterait sur d'autres textes que ceux étudiés ne mesurerait pas le chapitre. Les cinq récits sont donc les mêmes, et chaque fiche porte son texte entier.
Mais aucune consigne n'est reprise des exercices, et un contrôle le vérifie en comparant les deux jeux de questions. Là où les exercices suivaient quatre paroles du conte fiote, l'évaluation demande où vit chaque animal et s'il pond des œufs — une colonne qui ne varie pas, et c'est elle qui porte l'explication.
Les cinq couples de formats sont également les cinq autres : tableau et chasse aux erreurs, chasse et tri, tri et questionnaire, questionnaire et associations, associations et tableau.
Méthode et vérification
Une évaluation porte sur le même corpus que les fiches d'exercices — c'est ce qui la rend juste — mais jamais sur les mêmes questions. Un contrôle compare les consignes des deux articles et refuse toute reprise mot pour mot. Un second compare les couples de formats : les cinq employés ici sont exactement les cinq que l'article d'exercices n'emploie pas. Ce qui est noté est toujours DANS LE TEXTE, et un contrôle retrouve chaque phrase attendue dans son récit, au caractère près ; il refuse aussi bien une citation inventée qu'une citation attribuée au mauvais récit du corpus. L'opinion de l'élève sur ce que les récits racontent n'est jamais notée : quand une question demande une production personnelle, le corrigé donne le critère de FORME et dit explicitement que le contenu inventé ne compte pas. Chaque évaluation vaut vingt points, répartis en huit, six et six, et s'imprime en noir et blanc.
- Programme de français pour le cycle 3, arrêté du 10 avril 2025 (BO nº 16 du 17 avril 2025), partie « Culture littéraire et artistique », entrée de la classe de sixième « Créer, recréer le monde : récits des origines (récit, fiction) ». Les cinq textes évalués sont ceux de l'article d'exercices : la Genèse (traduction de Louis Segond), la Théogonie d'Hésiode (traduction de Leconte de Lisle), un récit de création tchiglit recueilli par Émile Petitot en 1886, et deux contes étiologiques africains publiés par René Basset en 1903. Tous viennent de fr.wikisource.org et sont dans le domaine public : le plus tardif l'est depuis 1995.