Ce qu'on note, et ce qu'on ne note pas
Ces cinq évaluations notent ce que le texte montre d'une condition de vie, ce qui a changé depuis, le coin de la vie que cela touche, et la ligne où on le lit.
Elles ne notent jamais si l'élève trouve cette vie enviable ou triste. Le programme demande de se projeter dans une existence nouvelle : se projeter se vérifie par une comparaison exacte, pas par un sentiment.
La dernière question de chaque sujet est la même, et c'est la charnière du chapitre : ce récit se passe-t-il dans un autre monde, ou dans le nôtre à une autre époque ?
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Évaluation 1 — deux places dans une charrette
Un sabotier a tout arrangé : la charrette d’un camarade, un mot pour un ancien garde forestier, et un guide pour la frontière.
Le sabotier a tout arrangé : deux places dans la charrette d'un camarade, un mot de billet pour un ancien garde forestier, et un guide pour passer la frontière par des sentiers.
L'exercice 1 est un tableau à deux entrées : pour chaque fait du texte, dire ce qui se passerait aujourd'hui, puis donner le numéro de ligne. On n'achète pas de billet, on monte dans une charrette.
L'exercice 2 fait relier deux passages à ce qui se passe aujourd'hui, et demande de recopier le passage où André remercie Étienne, avec son numéro de ligne.
Le dernier exercice pose la question du chapitre : un mot écrit, un guide, une nuit chez un inconnu — ce sont des façons de voyager, pas des prodiges.
C'est le second extrait du même livre : le premier ouvre l'article d'exercices.
Le sabotier fabrique des sabots : le métier a presque disparu.
- Un tableau
- Une association
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2 sur 5
Évaluation 2 — en retard pour l’école
Les merles sifflent, les Prussiens font l’exercice dans le pré, et devant la mairie il y a du monde autour des affiches.
Les merles sifflent, les Prussiens font l'exercice dans le pré Rippert, et devant la mairie il y a du monde arrêté près du grillage aux affiches.
L'exercice 1 fait relier deux passages du texte à ce qui se passe aujourd'hui. La question écrite compare le grillage aux affiches — d'où venaient toutes les mauvaises nouvelles — à la radio, à la télévision et au téléphone.
L'exercice 2 est une carte mentale à compléter : ce qui se passe aujourd'hui, le coin de la vie touché, et la ligne. La question écrite porte sur l'apprenti du forgeron, et sur l'âge auquel on entrait en apprentissage.
Le dernier exercice pose la question du chapitre. Manquer la classe et partir à travers champs : cela se pouvait, et personne n'appelait les parents.
L'extrait s'arrête avant l'entrée en classe, là où le conte bascule.
La Dernière classe paraît dans les Contes du lundi, en 1873.
- Une association
- Une carte mentale
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3 sur 5
Évaluation 3 — enfermé jusqu’à huit heures du soir
Le collège sent l’encre et le vieux. On y entre en éteignant sa voix, et l’on en sort à huit heures du soir.
Le collège sent l'encre et le vieux. On y entre en éteignant sa voix et ses pas, et l'on en sort à huit heures du soir.
L'exercice 1 est une carte mentale à compléter. La question écrite compare l'heure de sortie — huit heures du soir — à celle d'aujourd'hui.
L'exercice 2 est un QCM de trois questions sur le père, maître d'étude, qui garde son fils près de sa chaire. La question écrite demande pourquoi l'enfant souffre sans que son père le sache.
Le dernier exercice pose la question du chapitre. Un enfant conduit par une voisine, un père surveillant qui prépare son agrégation : rien d'impossible, tout d'une autre époque.
C'est le seul récit du corpus écrit à la première personne au présent.
Jules Vallès publie L'Enfant en 1879 ; l'édition citée est de 1889.
- Une carte mentale
- Un QCM
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4 sur 5
Évaluation 4 — habiter dans l’usine
Une fabrique de foulards aux portes de la ville, et dans un pan de cette fabrique, une maison ombragée de platanes.
Une fabrique de foulards aux portes de la ville, et dans un pan de cette fabrique une habitation ombragée de platanes, séparée des ateliers par un vaste jardin.
L'exercice 1 est un QCM de trois questions. La question écrite demande où la famille habite et ce que cela a d'inhabituel aujourd'hui : on n'habite pas dans son lieu de travail.
L'exercice 2 est une chasse à l'erreur. La copie de Bilal donne ce qui a changé pour un autre récit de l'article, pas pour celui-ci.
Le dernier exercice pose la question du chapitre. Un client qui disparait en emportant quarante mille francs, une cuisinière qui vit dans la maison : ce sont des faits d'époque.
C'est le seul des dix extraits dont le sujet s'imprime sur trois pages avec celui d'En famille.
La Fabrique est le premier chapitre du Petit Chose ; l'article d'exercices en lit un autre.
- Un QCM
- Une chasse à l'erreur
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5 sur 5
Évaluation 5 — quarante sous pour un médecin
Il faut réveiller quelqu’un pour avoir une adresse, payer d’avance, et attendre le médecin assise sur une borne.
Il faut réveiller quelqu'un pour obtenir une adresse, payer quarante sous d'avance, et attendre le médecin assise sur une borne, devant la porte d'une remise.
L'exercice 1 est une chasse à l'erreur, et la question écrite demande combien coute la visite et quand il faut la payer — le texte le dit deux fois.
L'exercice 2 est un tableau à deux entrées. La question écrite porte sur une phrase qui classe les médecins : « un fameux qui faisait ses visites en voiture, non à pied ».
Le dernier exercice pose la question du chapitre. Payer un médecin d'avance, attendre dans la rue : ce sont des conditions de vie, et elles ont changé.
Perrine n'ose pas demander le prix : le texte dit qu'elle tourne autour de ce qu'elle n'ose pas dire.
En famille paraît en 1893, six ans après Sans famille.
- Une chasse à l'erreur
- Un tableau
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Compétences travaillées
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Ce que le texte montre
Quatre faits par récit, chacun à une ligne qu'on peut citer.
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Et aujourd'hui ?
Le second côté de l'écart : sans lui, rien ne se mesure.
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Quel coin de la vie
Six coins, une liste fermée : l'école, le travail, les déplacements, la maison, la famille, l'argent.
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Autre époque, pas autre monde
Rien de ce que ces récits racontent n'était impossible.
Une autre vie, et non un autre monde
Ces fiches sont les troisièmes d'une série de trois. La première demandait ce qu'un héros veut et où il est faible ; la deuxième, ce qu'un récit contient et que notre monde n'a pas. Celle-ci demande la troisième chose, et c'est la plus difficile : ce qui existe, mais pas pour moi.
La différence avec la précédente n'est pas de nuance. Un âne qui parle est un autre monde ; aller chercher l'eau à la source, dormir dans son champ pour le garder, payer le médecin quarante sous d'avance sont d'autres conditions de vie. Rien de tout cela n'a jamais été impossible : cela a seulement cessé.
Le troisième exercice de chaque fiche pose la question en toutes lettres, et elle a une seule bonne réponse — que l'élève doit justifier par ce qu'il vient de lire.
Un écart a deux côtés
Dire « autrefois, c'était différent » ne s'évalue pas. Dire « la famille allait chercher l'eau à la source, aujourd'hui elle arrive au robinet », si. Chaque écart relevé dans ces dix récits porte donc les deux côtés : le passage du texte, cité, et le fait d'aujourd'hui qu'il déplace.
C'est ce second côté qui fait tout le travail. Il oblige l'élève à regarder sa propre vie pour comprendre celle du texte — ce que le programme appelle se projeter dans une existence nouvelle — et il rend la réponse corrigible, parce qu'on peut la comparer.
Un écart nomme enfin le coin de la vie qu'il touche, parmi six. La liste est fermée : il n'y a pas de case « autre » où ranger ce qu'on n'a pas su situer.
Dix récits, et pourquoi ceux-là
Les dix textes sont dans le domaine public, et aucun ne revient des deux articles précédents : ni Sans famille, ni les contes de Perrault, de Grimm ou d'Andersen. Trois articles voisins ne se lisent pas sur les mêmes récits.
Le corpus va de 1848 à 1893 : George Sand, Victor Hugo, Alphonse Daudet, Hector Malot, Jules Vallès, et G. Bruno — pseudonyme d'Augustine Fouillée, dont Le Tour de la France par deux enfants fut le livre de lecture de plusieurs générations d'écoliers.
Un onzième texte a été écarté après avoir été rapatrié : Les Malheurs de Sophie. Le fac-similé compose les noms des interlocuteurs en petites capitales sur leur propre ligne, et recollés, ils atterrissent au bout du paragraphe précédent. L'extrait produit n'aurait plus été celui de la comtesse de Ségur.
Méthode et vérification
Aucun des dix extraits n'est retapé. Chacun est découpé dans l'édition citée, rapatriée de Wikisource, par sa première et sa dernière phrase, puis comparé au nombre de paragraphes relevé en lisant la page. Le reste est calculé. Chaque récit déclare quatre écarts de condition, chacun cité au caractère près, et chacun accompagné du fait ordinaire d'aujourd'hui qu'il déplace — sans ce second côté, un écart ne se mesure pas, il se sent. Un écart nomme en outre le coin de la vie qu'il touche, pris dans une liste fermée de six : l'école, le travail, les déplacements, la maison, la famille, l'argent. Un écart qui n'en toucherait aucun est refusé. Les deux exercices d'une fiche se partagent les quatre écarts — le premier et le troisième d'un côté, le deuxième et le quatrième de l'autre —, de sorte que chaque exercice traverse tout l'extrait au lieu de s'arrêter à son début. Les numéros de ligne des corrigés viennent du repli réel du texte dans la fiche, et sont relus ensuite dans les vingt PDF produits.