Ce que cette évaluation note, et ce qu'elle ne note jamais
Noter un élève en enseignement moral et civique demande de savoir sur quoi. Le programme le dit dans son préambule : une discussion privilégie « non l'expression polémique d'opinions antagonistes, mais la mobilisation de connaissances utiles à la formulation claire d'arguments rigoureux ».
Ces cinq sujets portent donc sur ce qui se prouve : les trois textes et leurs années, qui bénéficie de quel droit, où la loi place la limite, ce qu'un acte atteint. Chaque question a une seule bonne réponse.
Aucune ne porte sur ce que l'élève pense ou croit. Ce n'est pas une intention : un contrôle relit chaque énoncé et refuse « à ton avis », « es-tu d'accord » et leurs variantes.
1 sur 5
Sujet 1 — les trois textes
Nommer les trois textes, les situer, dire jusqu'où ils portent.
Le premier sujet place les trois textes sur une frise et fait calculer l'écart entre le plus ancien et le plus récent : deux cent onze ans. La seconde question demande lequel a été écrit après la Seconde Guerre mondiale et pour le monde entier — la Déclaration universelle de 1948.
Le QCM de l'exercice 2 vérifie trois points qui reviennent dans tout le chapitre : quel texte est le plus ancien, ce qu'il advient d'un texte quand un plus récent est écrit, et le fait qu'un droit fondamental s'exerce dans le cadre de la loi. Sa question ouverte fait expliquer la deuxième réponse plutôt que de la cocher.
Le dernier exercice pose la question de fond du sujet — pourquoi trois textes plutôt qu'un — et demande de citer un droit qu'ils garantissent. Toute réponse fondée est acceptée : la sûreté, l'opinion, l'expression ou l'association conviennent également.
Aucun couple de formats n'est repris des fiches d'exercices : les cinq sujets emploient les cinq autres combinaisons, et un contrôle compare les deux articles.
- Frise
- QCM
- 8 + 6 + 6
2 sur 5
Sujet 2 — qui a quel droit
Deux conditions, et elles ne jouent que pour deux droits.
Le tableau de ce sujet met trois personnes à l'épreuve de trois droits : le vote, les soins, la sûreté. Les personnes ne sont pas celles des fiches d'exercices — un adolescent français de seize ans, une adulte française de trente-quatre, un adulte étranger de cinquante-deux — pour que l'évaluation ne se réussisse pas de mémoire.
Le cas de seize ans est le plus instructif : la nationalité ne manque pas, seule la majorité fait défaut. La question demande précisément pourquoi cette personne ne peut pas voter, ce qui oblige à nommer la condition qui manque plutôt qu'à répondre non.
L'exercice 2 relie quatre droits à leur sorte — civil, social, politique, environnemental — et fait désigner celle qui demande la nationalité française. Le dernier exercice revient sur les droits sociaux d'un résident étranger, et sur l'âge auquel un citoyen devient éligible.
Un contrôle vérifie qu'aucun prénom des fiches d'exercices ne reparaît ici : une évaluation qui rejouerait les mêmes cas mesurerait la mémoire, non le raisonnement.
- 3 personnes
- 3 droits
- Associations
3 sur 5
Sujet 3 — la limite posée par la loi
L'article 4, et ce qu'il permet de décider.
Ce sujet fait trancher. Quatre actes concrets sont donnés, et l'exercice 1 les range selon qu'ils nuisent ou non au droit d'autrui : écrire qu'on a aimé un spectacle, envoyer un montage moqueur, créer un club ouvert, publier une accusation sans preuve.
Deux d'entre eux dépassent la limite, et la question demande quel droit ils atteignent — le droit à la sûreté dans les deux cas. La seconde question fait recopier la phrase de l'article 4 qui permet de trancher, parce qu'une règle qu'on sait citer est une règle qu'on peut appliquer.
Les trois copies de l'exercice 2 rassemblent les deux erreurs symétriques du chapitre, et le dernier exercice demande si une loi qui limite ce qu'on publie supprime la liberté de la presse. Elle ne la supprime pas : le même texte de 1881 donne la liberté et sa limite.
Le moteur refuse tout acte déclaré hors de la limite qui ne nommerait pas le droit qu'il atteint : c'est ce qui distingue un interdit d'un jugement.
- 4 actes
- Tri
- 3 copies
4 sur 5
Sujet 4 — la parole en ligne
Les mêmes droits, la même limite, et une vérification de plus.
Le texte de ce sujet raconte une histoire ordinaire : un message annonce la fermeture d'un magasin, il est partagé des centaines de fois, Camille le repartage, et le lendemain le magasin dément. Personne n'avait vérifié.
Les trois questions portent sur ce que cette histoire montre : pourquoi le nombre de partages a tenu lieu de preuve, ce qu'il aurait fallu faire avant de repartager, et à quoi un pseudonyme ne change rien. La dernière est la plus exigeante — elle demande de relier une phrase à celle qui la précède.
La carte mentale de l'exercice 2 rassemble les quatre branches du chapitre : les trois textes, les quatre sortes de droits, la limite, et la parole en ligne. Le dernier exercice définit la désinformation et redit qu'un réseau social n'est pas un espace de non-droit.
Le texte est écrit pour cette évaluation, et la mention le dit sous le titre. Aucun extrait d'auteur n'y est reproduit, et aucun magasin réel n'est nommé.
- Un texte
- Carte mentale
- Vérifier
5 sur 5
Sujet 5 — du droit au devoir
Le droit le plus récent, et ce qu'il demande à chacun.
Le dernier sujet part du droit le plus récent — vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, article 1er de la Charte de l'environnement — et suit ce qui en découle jusqu'aux gestes de tous les jours.
La chaîne de l'exercice 1 porte cinq maillons, dont deux sont effacés. Les retrouver demande de comprendre pourquoi un droit que personne ne peut tenir seul s'accompagne toujours d'un devoir. La seconde question fait expliquer le mot « civique » : un devoir qui engage chacun envers tous, et non envers lui-même.
Le tableau de l'exercice 2 replace ce droit parmi les trois autres sortes et fait donner un exemple pour chacune. Le dernier exercice fait recopier l'article 1er et citer deux gestes du devoir environnemental — trier, réparer, économiser l'eau conviennent également.
Les deux maillons effacés sont les déductions, non la prémisse ni la conclusion : ce sont elles qui se reconstruisent à partir de leurs voisines.
- Chaîne causale
- 4 sortes
- Charte de 2004
Compétences travaillées
-
Trois textes
Nommer la Déclaration de 1789, celle de 1948 et la Charte de 2000, les situer dans le temps et dire jusqu'où chacune s'applique.
-
Quatre sortes de droits
Distinguer les droits civils, politiques, sociaux et environnementaux, et savoir que seuls les droits politiques demandent la nationalité française et la majorité.
-
La limite
Énoncer l'article 4, décider si un acte la dépasse, et nommer le droit d'autrui qu'il atteint.
-
En ligne
Savoir qu'un réseau social n'est pas un espace de non-droit, reconnaître une désinformation, et vérifier avant de repartager.
Pourquoi trois textes et non un seul
Le programme nomme trois textes, et il les nomme dans cet ordre : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne de 2000. Deux cent onze ans séparent le premier du dernier.
Ils ne se remplacent pas : ils se complètent, et les trois s'appliquent en France aujourd'hui. Ce qui les distingue est leur portée — la France, le monde entier, l'Union européenne —, et c'est cette portée qui explique qu'il en faille trois plutôt qu'un.
Les fiches font calculer les écarts plutôt que les faire apprendre : cent cinquante-neuf ans, puis cinquante-deux. Le second est trois fois plus court que le premier, et cet écart d'écarts se voit sur la frise sans qu'on ait à le commenter.
Une liberté n'est jamais sans limite
L'article 4 de la Déclaration de 1789 énonce la règle et sa limite dans la même phrase : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. » La première moitié autorise, la seconde arrête.
Le programme demande de montrer que les droits fondamentaux « s'exercent dans le cadre de la loi », et il en donne l'exemple — la liberté d'expression, encadrée par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les fiches font donc juger des actes concrets, et exigent qu'un acte déclaré hors de la limite nomme le droit qu'il atteint.
C'est aussi ce qui vaut en ligne. Un réseau social n'est pas un espace de non-droit : la liberté d'expression y existe, la limite de l'article 4 aussi, et un pseudonyme ne dispense personne de sa responsabilité.
Méthode et vérification
Contenu produit par un moteur : les écarts entre les trois textes sont soustraits, les droits d'une personne déduits de son âge et de sa nationalité, et le verdict d'un acte décidé par le droit d'autrui auquel il porte atteinte. Chaque PDF est relu avant publication, ses marges mesurées, et aucune question ne demande à l'élève son opinion ou sa croyance — un contrôle les refuse.