Ce que ces évaluations vérifient
Lire un rapport de force en établissant deux comptes et en disant ce que leur désaccord révèle ; démontrer un renversement par deux passages cités dans l'ordre ; nommer un procédé du comique sur un passage donné, puis dire ce qu'il montre ; compter une répétition et juger si elle atteint le seuil.
Aucun couple de formats n'est celui des fiches d'exercices du même chapitre, trois sujets sur cinq changent de scène, et le rapport, le renversement et les procédés y sont importés plutôt que recopiés.
Tout est en noir et blanc, sur deux pages A4 par sujet, avec corrigé et barème détaillé.
1 sur 5
Sujet 1 — lire un rapport de force
Deux comptes, et le rapport entre eux.
Une scène de théâtre se mesure avant de s'interpréter. Deux nombres suffisent pour commencer : combien de fois chaque personnage prend la parole, et combien de mots il prononce.
Ce sujet fait établir les deux comptes sur la scène de Beaumarchais, puis demande ce que leur désaccord révèle. Figaro mesure la chambre à voix haute et relance sans cesse ; Suzanne parle moins souvent, et place l'essentiel.
Le tri qui suit range quatre scènes selon que les deux comptes s'y accordent ou non. C'est une question de méthode : l'élève doit aller vérifier, scène par scène, au lieu de généraliser.
Et le résultat surprend. Une seule des quatre scènes du chapitre met les deux comptes d'accord : celle de L'Avare, où Harpagon parle à la fois le plus souvent et le plus longtemps. Les trois autres les séparent. L'accord est donc le cas rare, et c'est lui qu'il faut savoir reconnaitre.
Les nombres du corrigé sont calculés sur le texte imprimé, jamais déclarés. Un compte faux arrêterait la production.
Deux comptes, et ce que leur désaccord révèle.
- Deux personnages à compter
- Quatre scènes à ranger
- Deux questions sur les comptes
2 sur 5
Sujet 2 — démontrer un renversement
Deux passages, et lequel vient d'abord.
C'est le sujet le plus exigeant du lot, et le plus proche de ce que le programme demande : les relations entre dominants et dominés « incarnées sur scène – et renversées ».
L'élève ne coche pas qu'il y a renversement : il le démontre. Il range quatre répliques selon qu'elles sont dites avant ou après le moment où les rôles s'échangent, puis il recopie le début des deux passages qui l'établissent.
Trois conditions font la démonstration, et le corrigé les donne comme critère de notation : deux passages et non un, les deux rôles échangés exactement, le second venant après le premier. Une dispute où chacun garde sa place ne remplit aucune des trois.
Les copies à corriger portent précisément sur ces confusions. L'une conclut d'une dispute ; l'autre se contente d'un seul passage.
Deux passages, et lequel vient d'abord.
- Quatre répliques à ranger
- Trois copies à corriger
- Deux questions sur la démonstration
3 sur 5
Sujet 3 — nommer, puis expliquer
Après le nom vient ce que le rire montre.
Nommer un procédé, c'est passer de « c'est drôle » à « voici pourquoi c'est drôle ». Le chapitre en distingue cinq, et il n'y en a pas de sixième à connaitre en cinquième.
Ici, aucune définition n'est donnée en face : le passage est cité, et l'élève doit le nommer seul. C'est le geste que le programme demande vraiment, et il est plus difficile que de relier.
Une même scène en emploie plusieurs, et l'on n'attend pas qu'il choisisse le seul bon. Ce qu'on attend, c'est qu'il dise lequel il reconnait et à quoi il le reconnait.
Et nommer ne suffit pas. La seconde question demande ce que le rire montre — l'avarice d'un maitre, l'habit qui fait le métier — et c'est là que la note se joue. Les deux questions valent trois points chacune.
Après le nom vient ce que le rire montre.
- Quatre copies à corriger
- Trois lignes à cocher
- Deux questions sur le procédé
4 sur 5
Sujet 4 — le procédé qui se compte
Trois fois au moins, sinon c'est un écho.
Quatre procédés du comique se reconnaissent. Le cinquième ne se reconnait pas : il se compte.
Une expression qui revient ne fait pas rire du premier coup. Elle fait rire quand elle revient assez pour que le spectateur l'attende. En dessous du seuil, c'est un écho ; le chapitre fixe ce seuil à trois retours.
Ce sujet fait donc compter avant de nommer, sur la scène du Bourgeois gentilhomme où une servante ne peut pas s'arrêter de rire. Le compte du corrigé est fait par le module sur le texte imprimé, et non déclaré.
Les colonnes à relier vérifient ensuite que le compte a bien servi à quelque chose : chaque procédé y va vers ce qui permet de le reconnaitre, et un seul d'entre eux demande un nombre.
Trois fois au moins, sinon c'est un écho.
- Quatre lignes à cocher
- Quatre traits à tracer
- Deux questions sur le compte
5 sur 5
Sujet 5 — un miroir tendu aux spectateurs
Le rire dit ce qu'on ne dirait pas.
Le titre du programme dit « la société sens dessus dessous ». Le rire du théâtre ne détruit pas l'ordre établi : il le montre, en le grossissant assez pour qu'on ne puisse plus ne pas le voir.
C'est pour cela qu'une servante peut rire au nez de son maitre, qu'un valet peut prendre la place du sien, qu'une camériste peut refuser d'expliquer son refus. Ce que le rire dit là, personne ne le dirait en face — et il le dit devant tout le monde.
Ce sujet relie chaque scène à ce qu'elle rend visible, puis situe les quatre pièces du chapitre dans le temps. Plus d'un siècle les sépare, et pourtant elles secouent le même ordre.
La dernière question demande ce que le rire permet de dire que le sérieux ne permettrait pas. C'est la question la plus ouverte du lot, et le corrigé donne son critère plutôt qu'une phrase.
Le rire dit ce qu'on ne dirait pas.
- Quatre traits à tracer
- Quatre pièces à situer
- Deux questions sur le miroir
Compétences travaillées
-
Démontrer, pas affirmer
Un renversement se prouve par deux passages cités, et par l'ordre dans lequel ils viennent.
-
Nommer, puis expliquer
Le programme demande le sens du rire, pas son étiquette : après le nom vient ce que le rire montre.
-
Le compte autorise le nom
On n'écrit « comique de répétition » qu'après avoir compté, et le seuil est de trois retours.
-
Deux comptes, deux réponses
Le personnage qui parle le plus souvent n'est pas toujours celui qui parle le plus longtemps.
Ce que ces sujets évaluent que les fiches n'évaluent pas
Les fiches d'exercices du même chapitre font reconnaitre : elles donnent une définition et demandent de la relier au bon cas. C'est le geste qui convient pour apprendre, et il ne suffit pas pour évaluer.
Ici, le renversement se démontre. L'élève ne coche plus « il y a renversement » : il recopie le début des deux passages, celui où l'on voit qui commande et celui où l'on voit que les rôles ont changé, et il dit lequel vient d'abord dans la scène. Une copie qui n'en citerait qu'un ne prouverait rien.
Le procédé, de même, se nomme sur un passage donné, sans définition en face. Et la question qui suit demande ce que le rire montre — parce que le programme demande « le sens et les valeurs de la mécanique du rire », et qu'une étiquette n'est pas un sens.
Enfin trois des cinq sujets interrogent une autre scène que la fiche du même thème : le rapport de force se lit chez Beaumarchais quand la fiche le lisait chez Marivaux, le procédé se nomme chez Molière quand la fiche le nommait chez Beaumarchais, le miroir se tend chez Beaumarchais quand la fiche le tendait chez Molière. Un élève qui aurait retenu le résultat au lieu de la méthode ne peut pas s'en servir.
Les deux autres gardent la scène de leur fiche, et c'est le corpus qui l'impose : il ne porte qu'un seul renversement — celui de L'Île des esclaves — et qu'une seule expression qui franchit le seuil de la répétition. Là, ce n'est pas le texte qui change, c'est ce qu'on demande d'en faire : la fiche faisait cocher, le sujet fait démontrer.
Noter une explication sans imposer une phrase
Chaque sujet finit par deux questions rédigées, et c'est là que la note se joue. Le corrigé ne donne donc pas une formulation à reproduire : il donne le critère qui permet de noter, et une réponse possible parmi d'autres.
Pour le renversement, le critère est objectif : deux passages cités, les deux rôles échangés, le second après le premier. Une copie qui satisfait ces trois points a démontré, quelle que soit sa tournure.
Pour le sens du rire, le critère porte sur ce que la copie montre de la scène, non sur le vocabulaire employé. « Le maitre est ridicule parce qu'il compte ses sous devant ses invités » vaut autant que « comique de caractère fondé sur l'avarice » — la seconde formule nomme, la première explique, et c'est l'explication que le programme demande.
Les barèmes sont détaillés exercice par exercice sur la page de corrigé, et le total de chaque sujet est vérifié à vingt points avant chaque production.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme de français du cycle 4 fixé par l'arrêté du 18 février 2026, en vigueur en cinquième depuis la rentrée 2026-2027. CE QUE CES SUJETS ÉVALUENT AUTREMENT QUE LES FICHES : le renversement s'y démontre au lieu de se cocher — l'élève cite les deux passages et dit lequel vient d'abord —, le procédé se nomme sur un passage donné au lieu d'être relié à sa définition, et trois des cinq sujets interrogent une AUTRE scène que la fiche du même thème, de sorte qu'un élève qui aurait retenu un résultat au lieu d'une méthode ne peut pas s'en servir. Les deux qui gardent la même scène le font parce que le corpus n'en offre pas d'autre : il porte exactement un renversement et exactement une expression qui franchit le seuil de la répétition ; ce qui change alors, c'est la tâche, pas le texte. Les cinq couples de formats sont tous différents de ceux de l'article d'exercices, et un contrôle compare les deux articles avant chaque production : aucun des dix couples possibles ne sert deux fois. Le rapport de domination, le renversement et les procédés ne sont pas recopiés depuis les fiches, ils en sont IMPORTÉS — c'est une identité d'objet, et elle se vérifie. Tout ce qui se compte est compté sur la scène elle-même ; ce qui relève du sens est déclaré, puis éprouvé. Les notions des niveaux suivants sont exclues et ce contrôle est automatisé sur l'ensemble des consignes, questions, réponses et méthodes. Tout est en NOIR ET BLANC, sur deux pages A4 par sujet. Le total de chaque sujet est vérifié à 20 points.
- Programme de français du cycle 4, annexe 1 de l'arrêté du 18 février 2026 (BOEN nº 10 du 5 mars 2026) — classe de cinquième, « Culture littéraire et artistique », entrée « Expérimenter et jouer au théâtre : la société sens dessus dessous ». C'est le texte EN VIGUEUR en cinquième cette année. Les deux passages qui commandent ces sujets, cités mot pour mot : les relations entre dominants et dominés y sont « incarnées sur scène – et renversées », et l'élève y « perçoit le sens et les valeurs de la mécanique du rire ». LES QUATRE SCÈNES SONT RECOPIÉES DE LEUR FAC-SIMILÉ, et chaque édition est nommée avec sa page : Marivaux, L’Île des esclaves, scène 2 — Œuvres complètes, édition Duviquet, Haut Cœur et Gayet jeune, Paris, 1830, tome 4, p. 20-21 (fac-similé Wikisource). Molière, L’Avare, acte III, scène 5 — Œuvres, édition Louandre, Charpentier, Paris, 1910, tome 3, p. 59-60 (fac-similé Wikisource). Molière, Le Bourgeois gentilhomme, acte III, scène 2 — Œuvres, édition Louandre, Charpentier, Paris, 1910, tome 3, p. 266-267 (fac-similé Wikisource). Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, acte I, scène 1 — Œuvres choisies, Paris, 1812, tome 2, p. 190-191 (fac-similé Wikisource). Toutes sont dans le domaine public : le module des droits additionne soixante-dix ans à chaque année de mort déclarée — auteur et compilateur compris — et refuse le corpus si un seul délai court encore.