Ce que ces sujets évaluent
Le découpage d'un mot construit, le tri d'une famille et de ses intrus, le sens qu'ajoute un préfixe, ce que fabrique un suffixe, et l'orthographe justifiée par un mot de la famille.
Onze familles nouvelles et 33 mots : mont, laver, saut, bond, camp, jardin, coller, visible, adroit, venir, possible. Aucun mot n'est repris de l'article d'exercices, et un contrôle le refuse forme par forme.
Ce qui ne s'évalue pas : l'étymologie. « Une montre » vient d'un mot qui veut dire faire voir, et l'élève n'a pas à le savoir. Il a à voir qu'elle ne parle pas d'une hauteur de terre.
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Sujet 1 — découper un mot
Un mont, monter, un montage, un monteur : le même début revient. Le premier sujet fait découper quatre mots en trois morceaux, puis dire ce que « dé- », « re- » et « in- » ajoutent au mot qu'ils précèdent.
« Monter », « un montage », « un monteur », « invisible » : quatre mots construits, à ranger dans trois cases. Le premier sujet commence par là.
Deux cases sur trois sont vides à chaque ligne, et lesquelles change d'une ligne à l'autre : un élève qui verrait toujours la même case vide remplirait sans lire.
Une case sans contenu porte un tiret. « Monter » n'a pas de préfixe, et l'écrire est une réponse qui vaut ses points.
Le QCM porte ensuite sur ce qu'ajoute un début de mot : « décoller », « recoller », « invisible ». Deux de ces débuts retournent le sens, un seul ne le retourne pas.
Les questions finales font expliquer « dé- », retrouver un radical commun et nommer la classe d'un mot d'après sa fin.
Les cases cachées changent d'une ligne à l'autre.
- Un découpage
- Un QCM
- Quatre mots
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Sujet 2 — ce que le préfixe ajoute
« Maladroit », « revenir », « prévenir », « impossible » : deux de ces débuts retournent le sens, deux ne le retournent pas. Ensuite, trois orthographes à corriger en cherchant un mot de la famille.
« Maladroit », « revenir », « prévenir », « impossible » : deux de ces débuts retournent le sens du mot qu'ils précèdent, deux ne le retournent pas.
C'est précisément ce que le programme demande d'identifier, et cela ne s'identifie que par contraste. Un contrôle refuse un sujet dont tous les préfixes seraient de la même sorte.
« Impossible » s'écrit avec deux m ? Non — avec « im- », parce que le préfixe « in- » prend cette forme devant p. La règle est appliquée par le module, jamais recopiée.
La chasse aux erreurs suit sur six points : trois mots écrits par des élèves, deux amputés de leur lettre muette.
Les questions finales font expliquer « mal- », retrouver un radical et prouver une lettre muette par un mot de la famille.
« in- » s'écrit « im- » devant m, b et p.
- Un QCM
- Une chasse aux erreurs
- Deux sortes de préfixes
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Sujet 3 — écrire juste
Le p de « un camp » ne s'entend pas ; celui de « camper » si. Après les trois copies à corriger, un tri où « la lave » d'un volcan s'est glissée parmi les mots de « laver ».
Le p de « un camp » ne s'entend pas ; celui de « camper » si. Trois copies à corriger ouvrent le sujet, et chacune demande le mot de la famille qui le prouve.
Le barème réserve deux points à cette preuve : corriger sans savoir dire pourquoi ne vaut pas la même chose que corriger en le sachant.
Le tri ferme le sujet. Cinq mots de la famille de « laver », et « la lave » d'un volcan, qui vient d'un mot italien et n'a aucun rapport avec le nettoyage.
Le document ne dit pas lesquels sont de la famille : il dit seulement de quoi elle parle. Le tri se décide, il ne se recopie pas.
Les questions finales font justifier l'exclusion de « lave », prouver une lettre muette, et nommer le mot qui prouve une autre orthographe.
Le document donne le sens de la famille, jamais ses membres.
- Une chasse aux erreurs
- Un tri
- Un intrus venu d'Italie
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Sujet 4 — la famille et ses intrus
« Une montre » commence comme « un mont » et n'a rien à voir avec une hauteur de terre. Trier d'abord — six mots, un intrus — puis relier quatre suffixes à ce qu'ils fabriquent.
« Une montre » commence comme « un mont » et ne parle d'aucune hauteur : le mot vient d'un verbe qui veut dire faire voir. Six mots à ranger, un seul intrus.
La famille de « mont » est la plus fournie du sujet : mont, monter, montage, monteur, démonter. Le dernier porte à la fois un préfixe et un suffixe.
Les associations suivent, et changent d'objet : relier quatre suffixes à ce qu'ils fabriquent. « -able », « -ation », « -eur », « -ir » — un adjectif, deux noms qui ne disent pas la même chose, et un verbe.
Deux suffixes qui fabriqueraient la même chose sont refusés par le module : l'association aurait alors deux réponses justes, et l'élève qui choisit la seconde perdrait son point.
Les questions finales font justifier l'exclusion de « montre », dire ce que fabrique « -eur », et prouver le t de « mont ».
« Démonter » porte un préfixe ET un suffixe.
- Un tri
- Des associations
- Six mots
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Sujet 5 — ce que le suffixe fabrique
« -eur » désigne celui qui fait, « -age » l'action, « -ir » fait un verbe. Le dernier sujet fait relier, puis redécouper quatre mots construits, sans aucune aide cette fois.
« -eur » désigne celui qui fait, « -age » l'action elle-même, « -able » ce qui peut être fait, « -er » un verbe. Quatre suffixes, quatre choses différentes.
Le sujet ferme le lot, et il ferme aussi les aides : ni tri pour reconnaitre une famille, ni chasse pour montrer une orthographe. Tout se décide sur ce que la fin du mot dit.
Le découpage vient ensuite, sur quatre mots que les sujets précédents n'ont pas découpés : « lavable », « lavage », « démonter », « jardinage ».
« Démonter » demande de remplir deux cases sur trois avec un préfixe ET un suffixe : c'est le mot le plus complet du lot.
Sa répartition n'est pas celle du sujet 1, où le découpage valait huit points. Le barème se calcule sur les points de l'exercice.
Le barème du découpage change avec les points de l'exercice.
- Des associations
- Un découpage
- Sans aide
Compétences travaillées
Une famille se reconnait au sens, pas aux lettres
« Terrible » commence par les mêmes cinq lettres que « terre », et il n'est pas de sa famille : le mot vient d'un verbe latin qui veut dire effrayer. « Une montre » commence comme « un mont » et ne parle d'aucune hauteur.
C'est le piège que le cours du même chapitre annonce, et ces fiches le font affronter : chaque tri mêle aux mots d'une famille un ou deux imposteurs qui en portent les lettres. Le corrigé ne se contente pas de les écarter, il dit d'où ils viennent.
La règle qui s'en dégage est celle du programme : on identifie la partie commune des mots, puis on vérifie qu'ils parlent bien de la même chose. Les deux conditions, pas une seule.
Le préfixe change le sens, le suffixe change la classe
Le programme demande à l'élève d'« identifier un sens négatif dans les préfixes dé-, mal-, in-, etc. précédant le radical ». Or on n'identifie que ce qui se distingue : si tous les préfixes d'un exercice retournaient le sens, la question n'aurait qu'une réponse et l'élève répondrait sans lire.
Chaque fiche mêle donc les deux sortes. « Défaire » et « immobile » retournent ; « refaire » et « prévoir » non. Un contrôle refuse un exercice qui n'en présenterait qu'une sorte.
Du côté des fins de mots, l'exemple de réussite du texte officiel est repris : « nom observation, verbe observer, adjectif observable ». Le même radical, trois classes, et c'est la fin du mot qui décide à chaque fois.
Méthode et vérification
Aucun mot dérivé de ces fiches n'est tapé à la main : il est assemblé. On déclare un radical, un préfixe, un suffixe, et le module colle les trois en appliquant les deux règles que le français impose et que le CE2 rencontre sans les nommer : « in- » devient « im- » devant m, b et p — d'où « immobile », l'exemple que le programme cite lui-même, et jamais « inmobile » — et « dé- » devient « dés- » devant une voyelle, d'où « désobéir ». Chaque dérivé déclare aussi sa forme attestée, et la déclaration est refusée si l'assemblage ne la retrouve pas : un mot que ces règles ne savent pas produire ne rentre pas dans le corpus, plutôt que d'y être forcé. Le schéma de découpage refuse pour sa part trois morceaux qui, recollés, ne redonnent pas le mot. La lettre muette est elle aussi calculée, et son critère a dû être resserré : « la dernière lettre est une consonne qu'un dérivé fait suivre d'une voyelle » acceptait « fleur → fleurir », alors que le r de fleur s'entend. Seules d, t, s, x, p, g et b se taisent en fin de mot ; c, f, l et r se prononcent, m et n nasalisent. Enfin la phrase du barème est calculée à partir des points de l'exercice, de sorte qu'un même format servant tantôt sur huit points, tantôt sur six, ne puisse pas annoncer une répartition qui ne fait pas le total.
- Programme d'enseignement de français du cycle 2, arrêté du 22 octobre 2024 (BO nº 41 du 31 octobre 2024), en vigueur depuis la rentrée 2025-2026. Cours élémentaire deuxième année, parties « Enrichir son vocabulaire dans toutes les disciplines » et « Mémoriser l'orthographe des mots ».