Une civilisation sans capitale
La Grèce antique n'a jamais été un pays. Là où l'Égypte obéit à un pharaon et Rome sera dirigée depuis une seule ville, le monde grec est fait de centaines de cités indépendantes, chacune avec ses lois, sa monnaie et ses fêtes. Athènes et Sparte ne sont pas deux régions d'un même État : ce sont deux États, qui se font la guerre.
Et pourtant ces Grecs se reconnaissent entre eux. Ils parlent la même langue, honorent les mêmes dieux, connaissent les mêmes récits d'Homère et se retrouvent à Delphes et à Olympie. C'est exactement la question que le programme de sixième pose : que sait-on de l'univers culturel commun de Grecs vivant dans des cités rivales ?
Le programme en pose une seconde, tout aussi importante, et c'est elle qu'on oublie le plus souvent : dans quelles conditions la démocratie naît-elle à Athènes ? Une cité, une seule, invente au VIe siècle av. J.-C. un régime où les citoyens décident ensemble. Un régime réel, et pourtant réservé à une minorité d'habitants.
Ces cinq évaluations traitent les deux questions, dans chacune des cinq fiches. Elles font aussi travailler les compétences que le programme attend à ce niveau : lire une carte, compléter une frise, comprendre un document et rédiger un court paragraphe.
1 sur 5
Évaluation 1 — l'offrande de Delphes
Une entrée par les sanctuaires communs, une carte de la Méditerranée, et un texte d'Hérodote sur ce qui fait qu'on est grec.
La première évaluation part de ce que les Grecs ont en commun. L'exercice 2 fait relier Olympie à Zeus, Delphes à Apollon, Homère à l'Iliade et à l'Odyssée, et les Hellènes au nom que les Grecs se donnaient entre eux. Quatre traits à tracer, et tout l'univers culturel commun tient dedans.
L'exercice 3 est une carte du bassin méditerranéen. Quatre cités sont numérotées sans être nommées, Athènes est donnée comme repère. La dernière question ne demande pas un nom : elle demande une conclusion. Toutes ces cités sont-elles au bord de la mer, et qu'en déduit-on ? C'est la compétence que le programme appelle raisonner.
L'exercice 4 aborde la seconde question du programme, la naissance de la démocratie à Athènes. Il finit sur le point qui compte : environ 40 000 citoyens pour quelque 300 000 habitants. La démocratie athénienne est réelle, et elle est le fait d'une minorité.
L'évaluation se termine sur un extrait d'Hérodote — même sang, même langue, mêmes temples, mêmes manières de vivre. La dernière question demande si ce texte parle d'un État unique. Il n'en parle pas, et c'est précisément ce qui fait la difficulté du chapitre.
Évaluation d'entrée dans le chapitre : les deux questions du programme y sont traitées séparément, exercice par exercice, avant d'être croisées dans les suivantes.
- Sanctuaires panhelléniques
- Carte de la Méditerranée
- Qui est citoyen à Athènes
- Un texte d'Hérodote
2 sur 5
Évaluation 2 — le départ des colons
Un QCM sur la cité, la grande colonisation, un tri entre citoyens et non-citoyens, et une frise de quatre dates.
Cette évaluation entre dans le chapitre par la colonisation. L'exercice 2 traite les trois points attendus : le mot colonie, le mot métropole, et le fait qu'une colonie devient indépendante tout en gardant un lien religieux avec sa cité d'origine — les colons emportaient le feu du foyer.
C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et la question d finit dessus : une colonie n'obéit pas à sa métropole. Le mot n'a pas ici le sens qu'il prendra au XIXe siècle, et le corrigé le dit explicitement.
L'exercice 4 range six personnes en deux colonnes. Un paysan pauvre né dans l'Attique est citoyen ; une Athénienne, un esclave et un marchand venu de Milet ne le sont pas. Le tableau montre d'un coup d'œil que la citoyenneté ne dépend ni de la richesse ni du travail, mais de la naissance.
La frise de l'exercice 5 porte quatre dates : 776, 734, 600 et 508 av. J.-C. La dernière question travaille la difficulté propre à l'histoire ancienne — plus le nombre est grand, plus la date est ancienne — et demande dans quel siècle tombe l'année 776.
La frise et le tri en font une bonne évaluation de milieu de chapitre, quand le vocabulaire est posé mais les repères pas encore fixés.
- Colonie et métropole
- Six personnes à classer
- Quatre dates à situer
- Les siècles avant J.-C.
3 sur 5
Évaluation 3 — les mots du potier
Le vocabulaire grec du chapitre, une frise par siècles, la comparaison d'Athènes et de Sparte, et un discours de Périclès.
L'exercice 1 fait relier quatre mots grecs à leur définition : polis, asty, chôra, métropole. La question qui suit demande d'où vient le mot français « politique ». L'élève qui répond « de polis, la cité » a compris que le vocabulaire du chapitre est encore le nôtre.
La frise de l'exercice 2 est graduée en siècles et non en années, ce qui change l'exercice : il ne s'agit plus de lire un nombre mais de manier une période. La dernière question demande si Périclès a pu connaître Clisthène — la frise ne le dit pas directement, il faut le déduire.
L'exercice 3 compare Athènes et Sparte. Deux cités grecques, deux régimes opposés : à Athènes les citoyens décident ensemble, à Sparte le pouvoir appartient à deux rois et à un petit groupe. C'est la preuve, en une question, que la démocratie n'était pas le régime de toute la Grèce.
L'évaluation se termine sur la phrase de Périclès rapportée par Thucydide. La dernière question est la plus fine du chapitre : « le plus grand nombre » désigne-t-il la majorité des habitants d'Athènes ? Non — la majorité des citoyens, ce qui n'est pas la même chose.
La frise graduée en siècles rend cette évaluation un peu plus exigeante que les autres sur le repérage dans le temps.
- Polis, asty, chôra
- Une frise par siècles
- Athènes n'est pas Sparte
- Un discours de Périclès
4 sur 5
Évaluation 4 — l'enquête de l'archéologue
Un tri entre ce qui unit et ce qui divise, Platon et ses grenouilles, une carte de la Grèce, quatre copies à corriger et un paragraphe à rédiger.
L'exercice 1 met côte à côte ce qui unit les Grecs et ce qui les divise. Une fois le tableau rempli, la réponse à la question du programme est là, visible : langue, dieux et sanctuaires d'un côté ; lois, guerres et monnaies de l'autre.
L'exercice 2 donne la comparaison de Platon — les Grecs installés autour de la mer comme des grenouilles autour d'une mare. L'image est célèbre parce qu'elle est juste : les Grecs occupent les rivages, pas l'intérieur des terres.
L'exercice 3 change d'échelle et passe à une carte de la Grèce seule. Delphes, Olympie et Corinthe sont à nommer, Athènes et Sparte sont données. La dernière question porte sur l'isthme de Corinthe, ce passage étroit dont la maîtrise a fait la fortune d'une cité.
L'évaluation se termine par un court paragraphe à rédiger, avec quatre mots imposés : langue, dieux, sanctuaire, cité. C'est l'exercice d'écriture attendu au cycle 3 — trois ou quatre phrases, une idée par phrase, un exemple à chaque fois.
C'est l'évaluation la plus complète des cinq : elle demande de trier, de lire un texte, de lire une carte, de corriger des erreurs et d'écrire.
- Unir et diviser
- Les grenouilles de Platon
- Carte de la Grèce
- Un paragraphe rédigé
5 sur 5
Évaluation 5 — le récit d'Homère
Quatre affirmations à valider, le lexique du chapitre, une frise de quatre dates, le début de l'Iliade et une dernière carte.
Cette évaluation entre par les récits fondateurs. L'exercice 1 propose quatre affirmations dont deux sont justes : il faut lire chacune, sans supposer qu'elles se ressemblent. La question qui suit demande la différence entre un esclave et un métèque, que beaucoup d'élèves confondent.
La frise de l'exercice 3 va de 776 à 461 av. J.-C. et se termine sur Périclès. Les deux dernières dates concernent la démocratie : elle naît avec Clisthène et s'épanouit avec Périclès, un peu moins de cinquante ans plus tard.
L'exercice 4 donne les premiers mots de l'Iliade. La question centrale est celle que le programme place au cœur du thème : ce récit est-il un document d'historien ? Non — c'est un poème, où interviennent des dieux et des héros, et qui dit ce que les Grecs croyaient plutôt que ce qui s'est passé.
Le corrigé ajoute une nuance qui vaut pour tout le chapitre : le poème reste utile à l'historien, puisqu'il renseigne sur les croyances de ceux qui l'écoutaient. Distinguer le mythe du fait ne signifie pas jeter le mythe.
Évaluation de fin de chapitre : elle suppose le vocabulaire acquis et les repères en place, et sa dernière carte se passe presque entièrement de noms donnés.
- Deux affirmations justes sur quatre
- Esclave ou métèque
- De Clisthène à Périclès
- Mythe et histoire
Compétences travaillées
-
La cité, un État
Comprendre qu'une polis réunit une ville, l'asty, et sa campagne, la chôra, et qu'elle est indépendante de toutes les autres.
-
Un univers commun
Identifier ce qui unit des Grecs pourtant rivaux : la langue, les dieux, les récits d'Homère et les sanctuaires de Delphes et d'Olympie.
-
La démocratie à Athènes
Expliquer dans quelles conditions elle naît, qui est citoyen, et pourquoi elle ne concerne qu'une minorité des habitants.
-
Lire cartes et documents
Localiser le monde grec sur une carte, situer les faits sur une frise avant Jésus-Christ, identifier et interpréter un document.
Une ville, sa campagne, et rien au-dessus
Le mot « cité » induit en erreur, parce qu'en français il évoque une ville. La polis grecque est autre chose : un petit État complet. Elle a un centre urbain fortifié, l'asty, avec ses temples, sa place publique et ses ateliers. Elle a une campagne, la chôra, avec ses champs de blé, ses oliviers et ses hameaux. Et elle a un port, quand la mer est proche, parce que tout circule par bateau.
Au-dessus, il n'y a rien. Pas de roi de Grèce, pas de capitale, pas de loi commune. Chaque cité bat sa monnaie, rend sa justice, décide de la guerre. C'est ce vide au-dessus des cités qui explique à la fois les rivalités permanentes et l'invention politique : c'est parce qu'aucune autorité extérieure ne s'impose à Athènes qu'Athènes peut inventer sa propre façon de se gouverner.
Le port compte autant que les champs. Une cité côtière tire de la mer son blé quand la récolte manque, ses métaux, et les nouvelles des autres cités. C'est aussi par là que partent les colons, et c'est pourquoi les cités grecques se retrouvent toutes au bord de l'eau.
Pourquoi la démocratie n'apparaît qu'à Athènes
La démocratie n'est pas le régime des Grecs : c'est le régime d'une cité. Sparte, à quelques jours de marche, est gouvernée par deux rois et un petit groupe de citoyens. Corinthe, Milet, Syracuse ont chacune leur histoire politique. Le programme demande donc de comprendre des conditions, et non de réciter une définition.
Ces conditions se mettent en place sur près d'un siècle. Vers 594 av. J.-C., Solon supprime l'esclavage pour dettes : un Athénien pauvre ne peut plus devenir la propriété de son créancier, et le corps des citoyens cesse de se vider par le bas. En 508 av. J.-C., Clisthène réorganise la cité et donne aux citoyens les mêmes droits devant la loi. Au Ve siècle, sous Périclès, le régime atteint son plein développement.
Reste ce que ce régime n'était pas. Sur quelque 300 000 habitants, Athènes comptait environ 40 000 citoyens. Les femmes, les métèques et les esclaves — la grande majorité — n'y avaient aucune part. C'est pourquoi les corrigés reviennent trois fois sur cette phrase de Périclès, « le pouvoir au plus grand nombre » : le plus grand nombre des citoyens, non des habitants.
Ce que le programme ne demande pas ici
Trois sujets voisins n'appartiennent pas à ce sous-thème et n'apparaissent donc pas dans ces évaluations. Les conquêtes d'Alexandre le Grand n'entrent au programme de sixième qu'avec le texte publié au Bulletin officiel du 28 mai 2026, applicable à la classe de sixième à la rentrée 2027. L'impérialisme athénien et la guerre du Péloponnèse relèvent du même texte à venir.
Les guerres contre les Perses ne sont pas non plus un attendu du sous-thème, même si Hérodote, cité dans la première évaluation, écrit dans ce contexte. Le programme en vigueur demande deux choses : l'univers culturel commun, et les conditions de naissance de la démocratie athénienne.
Enfin, le « paragraphe argumenté » au sens du brevet n'est pas exigé en sixième. Le cycle 3 attend d'écrire pour structurer sa pensée, de reconnaître un récit historique et d'employer un lexique juste. La quatrième évaluation en tient compte : trois ou quatre phrases avec quatre mots imposés, et non une dissertation.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme d'histoire-géographie du cycle 3 en vigueur, classe de sixième, thème 2, sous-thème « Le monde des cités grecques ». Vérification faite sur le texte officiel avant rédaction. Ce sous-thème pose deux questions — l'univers culturel commun des Grecs vivant dans des cités rivales, et les conditions de naissance de la démocratie à Athènes — et les deux sont traitées dans chacune des cinq évaluations, par des formats différents à chaque fois. Les cartes ne sont pas dessinées à la main : chaque cité y est projetée depuis ses coordonnées réelles, et un contrôle automatique vérifie qu'aucune n'est placée en mer et que les étiquettes de mer et de région tombent du bon côté du rivage. Un second contrôle confronte chaque siècle annoncé à l'année citée à côté — le VIIIe siècle avant J.-C. va de 800 à 701 — et vérifie que les repères des frises se suivent dans l'ordre chronologique. Ce qui relève du programme applicable en sixième à la rentrée 2027 est exclu : conquêtes d'Alexandre, impérialisme athénien.
- Programmes d'enseignement du cycle de consolidation (cycle 3) — Bulletin officiel n° 31 du 30 juillet 2020
- Ressources d'accompagnement du programme d'histoire et géographie au cycle 3 — éduscol
- Programme d'histoire-géographie du cycle 3 publié au Bulletin officiel du 28 mai 2026 (applicable en sixième à la rentrée 2027)