Ce que ces évaluations vérifient
Relier un mot de condition au rang, au métier ou à l'état qu'il désigne ; constater qu'une fable peut n'en donner aucun ; ranger des vers selon qu'ils racontent ou qu'ils concluent ; analyser un verbe et nommer son temps ; réécrire un vers à un autre temps sans rien changer d'autre.
Aucun couple de formats n'est celui des fiches d'exercices du même chapitre, les cinq fables sont autres, et aucune des dix n'a servi au chapitre de CM1 sur la morale des fables.
Tout est en noir et blanc, sur deux ou trois pages A4 par sujet selon la longueur de la fable, avec corrigé et barème détaillé.
1 sur 5
Évaluation 1 — une fable qui ne donne de place à personne
Un arbre qui se croit invincible, un roseau qui plie. La Fontaine ne dit ni qui ils sont dans la société, ni quelle leçon il faut en tirer : les deux restent à trouver.
Le chêne parle de haut. Il plaint le roseau, lui offre son feuillage, se compare au Caucase — et le vent finit par le déraciner, quand le roseau se relève.
Ce sujet commence par le tableau d'analyse : quatre vers, quatre verbes, quatre temps à nommer. Un seul de ces vers raconte ; les trois autres sont au présent, dans la bouche du chêne.
Puis viennent les mots de condition des autres fables du chapitre, à relier à leur sens. La question qui suit est la vraie question du sujet : cette fable emploie-t-elle l'un de ces mots ? La réponse est non, et il faut le justifier.
La dernière question demande d'écrire la leçon que la fable n'écrit pas. C'est une demande du programme — « des écritures ou réécritures d'apologues » —, et le corrigé donne son critère : une phrase générale, appuyée sur ce que le récit montre.
Une absence est une réponse.
- Quel verbe, et à quel temps
- Les mots qui donnent une place
- Ce que cette fable ne dit pas
2 sur 5
Évaluation 2 — deux mots, deux conditions
La ville invite les champs à diner. Deux mots suffisent à La Fontaine pour dire d’où vient chacun — et c’est de là que vient toute la fable.
Toute la fable tient dans deux mots, et ils n'arrivent qu'aux vers 19 et 21 : « le citadin », « le rustique ». Avant eux, deux rats dinent ; après eux, deux conditions se séparent.
Le sujet fait d'abord relier huit étiquettes — quatre mots, quatre sens —, dont deux se lisent dans la fable imprimée au-dessus. La légende du texte ne les donne pas : ce serait imprimer sa propre correction.
La réécriture qui suit prend le vers 2 et le fait passer au présent puis à l'imparfait. Le vers continue de raconter la même invitation à diner : le temps a changé, le récit non.
Les trois dernières questions ramènent au texte : où se lisent les deux mots, où est la leçon, et qui la prononce — car ce n'est pas le narrateur, c'est le rat des champs, au moment de prendre congé.
Deux mots, et deux façons de vivre.
- Chaque mot, et la place qu’il donne
- Le même vers, à deux autres temps
- Ce que ces deux mots font au récit
3 sur 5
Évaluation 3 — d’abord l’histoire, ensuite la leçon
Un paysan sauve un serpent gelé ; le serpent se retourne contre lui. Vingt-quatre vers racontent, quatre concluent : la fable sépare nettement les deux.
Un paysan trouve un serpent gelé, le rapporte chez lui, le réchauffe. Le serpent revenu à lui se dresse contre son sauveur. Vingt-quatre vers racontent ; les quatre derniers concluent.
Le sujet ouvre sur la réécriture : le vers 24 au présent, puis à l'imparfait. Il ferme sur le tri, qui range six vers selon qu'ils racontent ou qu'ils énoncent la leçon.
Entre les deux, trois questions de lecture. Le premier vers appelle l'homme « un manant » ; le vers 18 appelle le serpent « ingrat », et c'est le paysan qui le lui dit, juste avant de frapper.
La dernière question porte sur la conduite, comme le programme le demande : le récit donne-t-il tort ou raison au paysan ? Il donne raison, et cela se lit dans un adjectif — le narrateur écrit que le courroux est « juste ».
Le récit d'un cas, puis la règle pour tous.
- Le même vers, à deux autres temps
- Ce qui raconte, ce qui conclut
- Ce que la fable nomme, et ce qu’elle conclut
4 sur 5
Évaluation 4 — la leçon avant, et la leçon après
Le roi des animaux doit sa vie au plus petit de tous. La Fontaine annonce sa leçon dès le premier vers, raconte, puis la redit autrement.
Le roi des animaux épargne un rat sorti de terre par étourderie. Quelques vers plus loin, pris dans des filets, il lui doit la vie.
La fable annonce sa leçon dès le premier vers, raconte, puis la redit autrement à la fin. Le tri de ce sujet fait donc ranger six vers, et il faut aller les chercher aux deux bouts.
L'article de dictionnaire qui suit porte deux mots : « roi » et « sire ». Chacun a deux sens, et un seul convient au vers. C'est l'exercice de consultation que le programme demande — vérifier un sens supposé, plutôt que le deviner.
Le second mot est le plus intéressant : La Fontaine appelle le rat « Sire rat » exactement au vers où il ronge la maille et libère le lion. Le titre d'un roi arrive au moment où le plus petit devient le plus utile.
Le titre arrive au moment utile.
- Ce qui raconte, ce qui conclut
- Deux mots, deux sens
- Un titre pour le plus grand, un titre pour le plus petit
5 sur 5
Évaluation 5 — celui qui promet, et celui qui croit
Deux compagnons au fond d’un puits. L’un promet de tirer l’autre de là — au futur, qui est le temps des promesses — et sort seul.
Un renard et un bouc descendent boire dans un puits, et ne savent plus comment en sortir. Le renard propose un plan, le bouc l'admire, le renard sort seul.
Le dictionnaire ouvre le sujet avec « capitaine » et « compère ». Le premier est le titre que le récit donne au renard dès son premier vers ; le second est celui que le renard donne au bouc, au moment de lui demander service.
Le tableau d'analyse qui suit porte quatre vers, et l'un d'eux est au futur — le seul du chapitre. C'est le temps de la promesse : « De ce lieu-ci je sortirai, / Après quoi je t'en tirerai. »
La dernière question revient sur ce futur, puis sur ce que le bouc dit du renard : « les gens bien sensés comme toi ». La suite du récit ne lui donne pas raison, et il faut deux vers pour le montrer.
Le temps des promesses.
- Deux mots, deux sens
- Quel verbe, et à quel temps
- Le temps de la promesse
Compétences travaillées
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Un mot suffit à situer
« Citadin », « manant », « magister » : une fable donne une place en un mot, et c'est là que se lit le fonctionnement social.
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Toutes n'en donnent pas
Le Chêne et le Roseau ne nomme la condition de personne. Constater une absence est une réponse, pas un échec.
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Le récit d'un côté, la leçon de l'autre
Le récit parle d'un cas ; la leçon parle de tout le monde. C'est ce que dit le vers qui tranche, pas le temps du verbe.
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Réécrire pour comprendre
Mettre un vers du récit au présent ne le transforme pas en leçon : la réécriture le fait voir mieux qu'une explication.
Ce que ces sujets évaluent que les fiches n'évaluent pas
Les fiches d'exercices du même chapitre font juger : cinq copies sont posées devant l'élève, et il dit lesquelles sont fausses. Ici, rien n'est posé devant lui. Il relie un mot à son sens, il consulte un article de dictionnaire pour trancher entre deux acceptions, il range des vers en deux colonnes.
La réécriture change elle aussi de nature. Les fiches font mettre un passage entier à un temps unique ; les sujets tiennent un seul vers et le font passer par deux temps. Ce n'est plus le passage qu'on transpose, c'est le verbe qu'on manœuvre — et l'on voit que le vers, lui, continue de raconter la même chose.
Les cinq fables sont autres, également. Un élève qui aurait retenu un résultat au lieu d'une méthode ne peut s'en servir : ni Le Chêne, ni les deux Rats, ni le Lion, ni le Bouc, ni le Villageois ne paraissent dans l'article d'exercices.
Pourquoi une évaluation peut porter là-dessus
Le programme demande de comprendre « le fonctionnement social » que les personnages dévoilent. C'est une lecture, donc cela se note — à condition de noter ce que le texte dit, et non ce que l'élève ressent. Aucune question ne demande un avis, et le module ne possède aucune fonction capable d'en produire un : les réponses imprimées sortent toutes du texte ou d'un calcul.
La seule question qui demande d'écrire est celle du premier sujet, et son corrigé ne donne pas une phrase : il donne ce qu'une phrase doit porter — une formulation générale, appuyée sur ce que le récit montre. Le barème dit explicitement qu'aucune rédaction n'est exigée. Un correcteur ne peut donc pas refuser une réponse juste au motif qu'elle n'est pas celle du corrigé.
Méthode et vérification
Contenus originaux, cadrés sur le programme de français du cycle 4 fixé par l'arrêté du 18 février 2026, en vigueur en cinquième depuis la rentrée 2026-2027. CE QUE CES SUJETS ÉVALUENT AUTREMENT QUE LES FICHES : le mot de condition s'y relie à son sens ou se cherche dans un article de dictionnaire au lieu de se juger sur des copies, le partage du récit et de la leçon se range en colonnes au lieu de se cocher, et la réécriture y porte sur UN vers mis à plusieurs temps quand les fiches font réécrire un passage entier à un seul temps. LES CINQ FABLES SONT AUTRES : aucune de celles des exercices ne reparait ici, et aucune des dix n'a servi au chapitre de CM1 sur la morale des fables. Les cinq couples de formats sont tous différents de ceux de l'article d'exercices, et un contrôle compare les deux articles avant chaque production. TOUTE FORME VERBALE IMPRIMÉE EST CALCULÉE : les sujets ne portent que l'infinitif, le temps et la personne, et c'est le module de conjugaison de cinquième qui écrit la forme, puis la recherche dans le vers en mot entier. Un corrigé ne peut donc pas annoncer un temps que le texte ne porte pas. Les notions des classes suivantes — la thèse, l'argumentation, le réquisitoire — sont exclues, et ce contrôle est automatisé sur l'ensemble des consignes, questions, réponses et méthodes. Tout est en NOIR ET BLANC, sur deux ou trois pages A4 par sujet — trois quand la fable dépasse trente vers. Le total de chaque sujet est vérifié à 20 points, et chaque barème en prose est recalculé sur les données du schéma qu'il note.
- Programme de français du cycle 4, annexe 1 de l'arrêté du 18 février 2026 (BOEN nº 10 du 5 mars 2026) — classe de cinquième, « Culture littéraire et artistique », entrée « Imaginer, sentir, raisonner : des histoires pour plaire et instruire (récit, fiction) ». C'est le texte EN VIGUEUR en cinquième cette année. Les deux passages qui commandent ces sujets, cités mot pour mot : « l'univers du conte ou de la fable allie les charmes de la narration à la réflexion morale », et l'élève « comprend que les personnages incarnent différentes facettes de l'être humain, interroge leur conduite et le fonctionnement social qu'ils dévoilent ». LES CINQ FABLES SONT DÉCOUPÉES DANS LEUR FAC-SIMILÉ — fr.wikisource.org, Fables de La Fontaine, Bernardin-Béchet, Libraire-Éditeur, Paris, 1874 —, et chacune est citée avec sa page : Le Chêne et le Roseau — Fables, Bernardin-Béchet, 1874, p. 58-59. Le Rat de ville et le Rat des champs — Fables, Bernardin-Béchet, 1874, p. 40-41. Le Lion et le Rat — Fables, Bernardin-Béchet, 1874, p. 74-75. Le Renard et le Bouc — Fables, Bernardin-Béchet, 1874, p. 99-100. Le Villageois et le Serpent — Fables, Bernardin-Béchet, 1874, p. 192-193. Jean de La Fontaine est mort en 1695 : le module des droits ajoute soixante-dix ans à cette année et refuserait le corpus si le délai courait encore.